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 Jillian, ou comment un ange c'est retrouvé en enfer

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PETITS PAPIERS :
4

CÉLÉBRITÉ :
Liv Tyler

COPYRIGHT :
Coclico


MessageSujet: Jillian, ou comment un ange c'est retrouvé en enfer   Dim 10 Avr - 18:59


« Qui apaise la colère éteint un feu ; qui attise la colère, sera le premier à périr dans les flammes. »
25 ans † Ira † mort † ft. Liv Tyler

Nom:
Von Dryl
Prénom(s):
Jillian
Date et lieu de naissance:
23 Août 1989, londres
Situation familiale:
Toute seule, ses parents n'ont pas subis son sort
Statut civil:
Célbataire
Orientation sexuelle :
Hétérosexuelle
Classe sociale :
Aisée, de son vivant
Date d'arrivée à l'hôtel et raisons :
été 2014, elle a été agressée et emmenée à l'hôtel de force
Santé:
Morte
Particularité :
Alcoolique (?)
Jillian Von Dryl


Caractère

Méfiez vous des apparences car, si Jillian ressemble encore à une gentille fille, douce et bienveillante, il n'en est plus rien. Cette fille là est morte le même jour que son corps. Ce qu'il en reste maintenant, c'est une fille irascible, toujours à la recherche d'un moyen de se passer les nerfs. Elle se moque bien des règles et des conventions dans lesquels elle a été élevée, préférant les bafouer une à une que de se raccrocher à ce passer qu'elle ne récupérera pas. Ne cherchant pas à se faire des amis ou des alliés, elle n'hésitera pas à se moquer de la première personne qui se trouvera sur sa route, rien que pour se sentir supérieur. Quand elle est rejetée, elle ne se remet pas en question et ne cherche pas à endosser la faute. Elle rejette tout en bloque, comme elle l'a fait pour la cause de sa mort. Mais cela ne l'empêche pas d'avoir quelques qualités, malgré tout. Elle préfère cependant les garder bien cachées, pour ne pas risquer de redevenir "faible". Tout d'abords, elle est honnête. S'il est un reproche que l'on ne peut lui faire, c'est celui de mentir. Elle a, certes, tendance à ne pas prendre de pincettes pour dire les choses, mais elle ne modifiera pas la réalité. Du moins pas tant que celle-ci ne la force pas à remettre en cause son nouveau comportement. Autre chose, la brune a été bien éduquée. Elle a de la culture et est capable de beaucoup : avant sa mort, elle menait une thèse en pharmacologie. Renier ces faits ne les faits pas disparaitre.
Questionnaire

Quelle est votre relation avec la mort?
Jillian est extrêmement frustrée d'être morte, elle qui état promise à un avenir si brillant.
De quoi avez vous le plus peur?
Ici.
Où aimeriez-vous être à cet instant précis?
De retour dans le passer pour écrire son mémoire de thèse au lieu d'aller traîner dans un bar !
Préférez-vous errer pour l'éternité ou mourir?
Mourir, et pour de vrai, cette fois.
Mary, génie ou tyran?
Tout le monde est un peu des deux
Votre personnage d'horreur préféré?
Les flims d'horreur, ça n'a jamais été le domane de Jill
L'histoire qui vous donne la chair de poule?
Jillian n'a pas connu les colonies de vacances où l'on se raconte des histoire d'horreur au coin du feu,donc encore une fois, pas vraiment son truc. /!\ Attention aux anachronismes!
Seriez-vous capable de tuer pour sauver votre peau?
Sans le moindre doute. Après tout, on l'a bien tuée, elle, alors pourquoi ne pourrait-elle pas le faire ?

Derrière l'écran
Pseudo sur le web : Lexie Prénom : Alexia Âge irl : 19 ans Personnage : inventé Crédits : rebelsflower Comment es-tu tombé sur TMH? Comme Gabby est venue y jouer... Gabby, j'étais obligée de venir jouer Jill. Ce compte est-il un double-compte? Nop. Un dernier mot : Je me dépêche, Gabby, je me dépêche !





Dernière édition par Jillian Von Dryl le Dim 10 Avr - 19:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jillian, ou comment un ange c'est retrouvé en enfer   Dim 10 Avr - 19:03


« Agir dans la colère, c’est s’embarquer dans la tempête. »
†††

On peut dire que Jillian est née chanceuse…


L’APPAREIL PHOTO

« Jillian, la carte de visite sur la table, elle est à toi ? » Me demanda ma mère, sur le pas de la porte.
« Oui. Un homme dans la rue me l’a donnée. Surement un pervers, » conclus-je d’une voix sans appel.
« Tu as lu le nom, sur la carte ?
- Non, pourquoi ?
- C’est celle de Terry Race !
- Qui ça ?
- Jill, n’as-tu donc aucune référence ? C’est celui qui travail pour la marque X et fait les couvertures du Daily Icons ! »

Je fis un bond sur ma chaise et abandonnais mes cahiers et mes livres. Je rejoignis ma mère au pas de course pour jeter moi-même un coup d’œil à la carte de visite. J’avais besoin de vérifier que qu’elle disait. Non pas que je n’ai pas confiance en ma mère, simplement… Simplement ce qu’elle disait été absolument inconcevable.  Moi ? Me faire aborder dans la rue par un photographe célèbre ? Le niveau d’improbabilité était encore plus élevé que pour n’importe quelle autre fille du pays.
Je fus plus étonnée encore quand ma mère me mit dans les mains le téléphone de la maison et me força presque à appeler ce Monsieur Race. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi ravie qu’un photographe me repère. Malgré tout, aussi sûre de moi que je le pouvais, je pris contact avec la personne qui m’avait remis la carte et acceptais un rendez-vous dans son studio, la semaine suivante, en présence de ma mère, bien évidemment.

Le jour vint et Monsieur Race exigea que ma mère et moi l’appelions Terry. Pour être honnête, cet homme était le stéréotype d’un artiste : grand, longiligne, passablement efféminé… Il parlait vite et dû sans doute fournir beaucoup d’effort pour ne pas employer de surnom que ma mère aurait sans doute trouvé déplacé. Il me confia à une habilleuse qui me fit porter la plus jolie robe que j’ai pu mettre de toute ma vie. Non pas que ma garde-robe soit de mauvaise qualité, fort au contraire. Cette robe si devait même sans doute être de moins bonne facture que la majorité des affaires qui attendaient chez moi, mais je la trouvais jolie et plus agréables que mes affaires ordinaires. La maquilleuse et la coiffeuse prirent le relais, parce que je ne pouvais pas me retrouver sous les lumières du studio sans que mon visage ne soit couvert de fond de teint ou bien alors que mes cheveux ne tenaient pas impeccablement en place.

Préparée, je me prêtais bien plus facilement que je ne m’y serais attendue au jeu des lumières et des pauses. Les premières photos furent plutôt compliquées, mais sous le regard confiant de ma mère, je trouvai sans trop de difficultés la bonne manière de me comporter. Finalement, l’après-midi s’éternisa et je changeais plusieurs fois de tenue avant qu’enfin Terry ne se décide à passer sur son ordinateur. Il me montra les photos et, avant même qu’elles ne soient retouchées, je me découvris sur un jour très différent de celui sous lequel je me connaissais. Ma manière de rayonner n’avait rien à voir avec celle de cette fille studieuse, somme toute assez solitaire, que l’on regardait de loin au lycée. Cette fille-là était heureuse, et cette fille-là, c’était moi.

« Bon, je ne peux pas faire de toi la couverture du Daily Icons, tu es encore trop jeune, ma jolie. » M’expliqua Terry. « Par contre, avec toutes les photos que l’on a faites, je vais faire ton book. Avec ça, et une lettre de recommandation, n’importe quelle agence de mannequinat rampera à tes pieds pour t’embaucher. »

Je restai bouche bée, ne sachant pas trop ce que je devais en penser. D’une part, je m’étais tellement amusée ces dernières heures que je mourrais d’envie de reproduire l’expérience, mais, d’autre part, je n’étais pas certaine de vouloir mettre mes études en jeu pour continuer ce genre de divertissement. Ce qui me décida à accepter fut l’enthousiasme de ma mère, qui me voyait déjà en haut de l’affiche.

« Fais de ton mieux. » Me dit-elle.

Quand je lui adressai un sourire en retour, ma décision était prise.


Deux semaines plus tard, les agences de mannequinat à qui j’avais transmis le book et la lettre de recommandation de Terry se bousculaient au portillon pour obtenir un contrat avec moi, ne se privant pas pour cela de faire du charme à mes parents. Le choix fut fait, justement par mes parents, somme toute assez rapidement et dès qu’une occasion se présenta, je fus renvoyer faire une séance photo au studio de Terry, avec quelques autre modèles, pour une grande marque de prêt-à-porter. Durant le shooting, une femme vint discuter avec Terry. Je ne l’avais jamais vue, mais je ne tardais pas à faire sa connaissance, puisque ce dernier me demanda rapidement de venir le rejoindre.

« Madame Divinovish, s’il vous faut une adolescente, la voici ! Présentes-toi, ma douce, » me conseilla-t-il.
« Bonjour, Madame. » Commençai-je avec un signe respectueux de la tête. « Mon nom est Jillian Von Dryl. J’ai seize ans, et je suis en première scientifique au lycée Shakespeare.
- Shakespeare, tu dis ? » M’interrogea-t-elle, surprise.
« Oui, Madame.
- C’est un excellent lycée. Je pense que c’est celui où j’inscrirai ma fille, quand elle en aura l’âge. Il serait vraiment agréable qu’elle devienne une fille aussi polie que toi…
- Je vous remercie, Madame.
- Donc, Terry, vous disiez ? » Reprit-elle après m’avoir adressé un sourire.

Alors Terry ne tarit pas d’éloge à mon sujet et ils se mirent d’accord pour m’accorder la couverture du Daily Icons. Ils prévoyaient une édition spéciale vie adolescente, c’est pourquoi une demoiselle de seize ans serait la bienvenue. Je restai bouchée bée, sous les regards envieux des autres jeunes modèles qui se montrèrent par la suite extrêmement désagréable envers moi alors même qu’elles ne pouvaient avoir entendu la teneur de la conversation.

Quand Terry baissa enfin son appareil photo et passa sur son ordinateur, Madame Divinosvish revint vers moi. J’en fus extrêmement surprise, mais je fis de mon mieux pour me montrer aussi aimable et souriante que possible.  Elle me demanda de but en blanc si, après la séance photo pour la couverture du Daily Icons, j’accepterais de venir rencontrer sa fille, Gabrielle.

« Elle n’a pas vraiment de modèle féminin à qui s’identifier, comme je suis très peu présente à la maison… Et puis elle n’a qu’un frère aîné. D’ailleurs, vous avez à peu près l’âge de mon fils. Comme Gabrielle est très proche de son frère, elle pourrait sans doute beaucoup vous apprécier. Comme je l’ai laissé échapper, j’aimerais énormément que Gabrielle vous ressemble, quand elle aura seize ans. »

Déstabilisée, j’acceptai néanmoins. Comment refuser de venir rencontrer les enfants du PDG du Daily Icons ? Et, envers et contre tout, cette enfant turbulente qu’était Gabrielle Divinovish devint beaucoup plus vite que de raison ma meilleure amie. Elle parvenait de manière bluffante à faire oublier son jeune âge et je ne pouvais qu’admirer cela.

LE RUBAN

Ce fut un SOS téléphonique de Gabby qui me tira de mes révisions. Si j’avais conscience du  fait que les relations entre ses parents – en particulier sa mère – et elle étaient pour le moins orageuses, je ne m’attendais pas à ce qu’elle quitte du jour au lendemain le domicile familial… Encore moins pour me demander de me mettre en colocation avec elle. En elle-même, l’idée n’était pas pour me déplaire, mais les enjeux étaient bien trop grands. Cette année, je devais obtenir mon Master et décrocher ma thèse : je n’aurais pas de temps à perdre avec des travaux domestiques, mon travail de mannequin me prenait déjà un temps précieux. Gabrielle avait beau juré ses grands Dieux qu’elle me laisserait travailler comme je le souhaitais, je ne la croyais pas le moins du monde. Elle n’était pas une menteuse par nature, mais par le seul fait de connaitre son tempérament fêtard, je savais qu’elle ne résisterait pas à l’idée de m’embarquer avec elle « une fois de temps en temps ». Et j’avais parfaitement conscience du fait que je n’y résisterais pas non plus.

Elle vint d’abord vivre un peu chez mes parents, et cet hébergement eut tôt fait de me convaincre. Ou devrais-je dire « de me vaincre ». Nous nous mîmes donc à chercher un appartement à mi-chemin entre mon laboratoire et ma faculté, puisque ma meilleure amie se moquait ben de l’endroit, pourvu qu’elle ait un toit. Il me fallut bien plus d’ardeur que je n’en aurais supposée pour que mes parents acceptent que je paye moi-même le loyer, avec mon salaire de mannequin. Cela ne me permettait pas d’avoir un appartement du standing que mes géniteurs auraient souhaités, mais de toute manière, dans la mesure où le salaire de Gabrielle était misérablement bas, nous n’aurions pas pu avoir ce dont j’aurais moi-même rêvé.

Nous emménageâmes – aux frais de mes parents –  peu après les fêtes de fin d’année dans un trois pièces où auraient pu vivre des gens de la classe moyenne. En soit, ce n’était pas pour me déranger, mais j’eus malgré tout du mal à m’habituer à ce petit espace. Une femme de ménage venait s’occuper à ma place des basses besognes et, même si j’aurais été en mesure de le faire, j’y gagnais plusieurs heures par semaines. Autant de temps précieux à mes études. D’ailleurs, Gabby tint sagement parole et j’eus en effet tout le temps que je voulais pour travailler à mon bon vouloir. D’un autre côté, elle n’était pas souvent présente, passant plus de temps avec son groupe et son petit ami qu’à l’appartement. Je ne manquai pas de lui faire sentir ma désapprobation, mais je ne cherchais pas pour autant à le retenir. Elle agirait de toute façon comme elle l’entendait, alors ne pas chercher à me mettre en travers de sa route était sans doute la meilleure solution. Autant ne pas risquer de détruire cette amitié si incongrue et pourtant si forte.

Mes efforts furent payants et je décrochai mon Master haut la main, ainsi que ma thèse et des fonds de recherche mirobolant pour mener celle-ci à bien. Les trois prochaines années me demanderaient encore plus da travail, mais je ferais de mon mieux. Mon seul objectif était bien là : faire au mieux. Pas que pour moi, pour les autres aussi. Pour qu’ils puissent être fiers de moi. Et ils le seront, je le savais, quand mon nom figurera sur un article scientifique. Mes fonds de recherche m’y aideront.


A force de rester tout mon temps le nez dans les livres ou sur mon ordinateur, je n’avais pas été capable de voir l’année défiler. Les fêtes approchaient et cette année, je retournerais passer Noël avec mes parents, en compagnie de Gabby. J’avais proposé à son frère aîné se joindre à nous, pour que la notion de « fête de famille » ait également un sens pour mon amie, mais il était contraint de rester auprès de ses parents, pour la même raison. J’aurais dû m’en douter, vu la piété de cette famille, mais je m’étais plu à penser qu’il pourrait, pour une fois dans sa vie, transgresser une règle pour cette demoiselle si chère à son cœur. Visiblement, le fait que la sœur en question soit tombée en disgrâce aux yeux de ses géniteurs le privait de toute possibilité d’accepter ma demande. Pourtant, à sa voix à travers le téléphone, j’aurais juré qu’il en avait envie.

Evidemment, quelques temps avant le rassemblement, la question des cadeaux se présenta à ma colocataire et moi. Sans la moindre hésitation, nous nous promîmes de ne rien nous offrir. Elle n’avait pas l’argent pour me faire un cadeau, je n’avais pas le temps de faire les boutiques. Au moins, la solution était simple, concernant ce problème. Ce fut du moins ce que je croyais jusqu’à ce que ma mère me traine dans les magasins avec elle pour trouver un cadeau à mon père. En passant devant une bijouterie, un bracelet attira mon attention. Ses pierres brillantes, rouges et noires, semblaient spécialement taillées pour le poignet de ma meilleure amie. Bien loin de me soucier du faire de rompre une promesse, je fis chauffer ma carte de crédit plus que de raison pour lui offrir. Si une seule de nous deux ne tenait pas parole, ce n’était pas un drame. Et puis il n’y aurait pas mort d’homme.

Puis vint le jour bénit et avec lui, l’ouverture des cadeaux. Si je connaissais déjà la forme et la contenance des paquets provenant de mes parents, je fus surprise de trouver un petit écrin supplémentaire. Enfin surprise… Pas longtemps. A la seconde où je dénouai le ruban, je compris que ma cadette avait, tout comme moi, manqué à sa parole. A l’intérieur se trouvait un bracelet d’argent, presque rond avec deux pierres translucides et brillantes sur chacune des extrémités. Je ne pus me retenir d’éclater de rire : non seulement nous avions toutes les deux mis de côté une promesse, mais en plus, nous avions toutes les deux portés nos yeux sur des bracelets. C’était ridicule. Mais aussi risible la situation pouvait-elle être, je passais le bijou à mon poignet, sachant très bien que désormais, il ne le quitterait pour rien au monde.

LE DRAP

Trois mois. Il ne me restait que trois mois avant de soutenir ma thèse, et pourtant, je me retrouvais là, devant mon miroir, à appliquer une couche supplémentaire de rouge à lèvre. « Mais il faut bien fêter tes 25 ans ! » Voilà le seul argument déployé pour que je me retrouve dans une telle situation. Mon cerveau avait parfaitement fait le reste tout seul. « Ton mémoire est déjà presque complet, et puis tu n’as pas eu de shooting photo, récemment. Tu vois ? Tu peux bien sortir prendre un verre. Combien de temps ça fait que tu ne t’es pas permis ce genre d’écart ? Ce n’est une soirée entre amies qui va te priver de ton diplôme de docteur. » J’étais décidément bien faible, c’était navrant. Mais malgré ça, je m’adressai un sourire à travers la glace : tant qu’à ne pas travailler, autant passer une soirée mémorable. Pour sûr, le bar dans lequel nous avions rendez-vous, Gabby et moi, ne serait que notre point de départ. Un quart de siècle, c’est le début de la vieillesse, alors autant se satisfaire de l’idée que ça ne soit que le début et continuer de se comporter encore un peu comme une "jeune".

Par précaution, je ne pris pas la voiture pour aller au bar, je préférai m’y rendre en transport. Maintenant que Gabrielle avait 18 ans et qu’elle pouvait boire légalement en lieu publique, elle n’allait pas s’en priver. N’ayant pas à faire mine d’être solidaire, je n’allais pas non plus m’en tenir au soft. Quand bien même j’aurais essayé, mon amie aurait finir par commander à ma place rien que pour me voir ivre. Dans cette optique, risquer d’avoir la voiture à proximité n’était pas l’idée du siècle.

« Puis-je prendre votre commande ? » Fut évidemment la première question du serveur, après que je sois arrivée.

Gabrielle n’était pas là, ce dont j’aurais dû me douter, et je dû négocier fermement pour qu’il m’accorde un quart d’heure. Ce n’était pas grand-chose, mais avec un peu de chance, ce serait suffisant. Bon, si ma meilleure amie n’était pas à l’appartement, cela signifiait nécessairement qu’elle se trouvait avec son petit ami et donc qu’elle aurait du mal à le lâcher, mais ce ne devrait pas être une épreuve insurmontable. Ce fut en voyant le serveur revenir à la charge que je compris qu’en fait, si, ça l’était. Juste après avoir commandé un Martini, je me jetai sur mon téléphone pour sonner les cloches de ma cadette. Elle m’invitait et je devais l’attendre ? Elle aurait aussi bien fait de me laisser prendre de l’avance sur mon mémoire de thèse.

Répondeur.

Désespérée, je raccrochai. Voilà une soirée qui commençai idéalement. En plus de me retrouver à boire seule – activité somme toute assez triste –, je devais supporter les regards déplacés des autres clients du bar. Les femmes semblaient dire « Oh, la pauvre… » et les hommes, eux, « Je la consolerais bien dans un lit, moi… ». J’avais bien d’autres choses à faire que de m’occuper de leurs idées mal placées, mais le fait me mit quand même suffisamment sur les nerfs pour que je boive mon verre plus rapidement que de raison. Je n’étais pas de nature colérique, cependant cette fois me semblait la fois de trop. Non pas qu’elle me posait régulièrement des lapins, mais ses fréquentations la rendaient encore plus intenable qu’elle ne l’était plus jeune. Nous aurons une conversation à ce sujet, me promis-je et lui passant un nouveau coup de téléphone.

Répondeur.

De plus en plus proche de m’énerver réellement, je commandai un verre supplémentaire tout en la rappelant frénétiquement toutes les cinq minutes. Puis toutes les deux minutes. Puis dès qu’un appel venait à échouer. Je me forçais à ne pas regarder l’heure trop souvent, afin de ne pas passer pour une folle ou ne mettre à râler, mais je m’agitais de plus en plus et je m’entendis demander au serveur un troisième verre. L’autre brune n’était toujours pas là, bien qu’elle finit par décrocher. Enfin… Sa voix traversa le mobile en une fraction de seconde, à tel point que je compris à peine ce qu’elle me dit. Elle paraissait agacée et cela ne fit que renforcer mon propre mécontentement. « Je suis occupée, là ! » qu’elle avait braillé avant de me raccrocher au nez. Occupée ? Alors qu’elle avait voulu que je me libère ? Certes, elle n’avait pas eu à insister beaucoup, mais la demande venait d’elle, pas de moi, alors son mécontentement n’avait rien de légitime. Le mien, si. Et sur cette note de frustration, je terminai mon verre et laissai sur le comptoir une somme qui aurait sans doute pu payer les consommations de tous les clients présents en même temps que moi dans ce bar. Je n’avais aucune envie de compter, presque pas de monnaie, et l’argent n’était pas un problème pour moi. Si je payais mon loyer, ma nourriture et mes factures sur mon salaire de mannequin, mes parents ne manquaient pas d’approvisionner mon compte régulièrement, pour toutes les « dépenses annexes ».

Quand je me décidai à regarder l’heure, finalement, j’eus le plaisir de constater que le dernier métro était déjà partit depuis un moment et que si je voulais rentrer, il me faudrait y aller à pied, ou attendre cinq heure du matin. Furieuse, cette fois, je me lançai dans les rues et décidai sur un coup de tête qu’au point où j’en étais ce soir, je pouvais bien passer par les ruelles étroites et mal éclairées. Au pire, on me volerait mon portefeuille et mon téléphone : rien de bien dramatique. Perchée sur des talons bien trop hauts pour ce genre d’exercice, je me mis en marche dans le noir avec pour seule lumière celle de la lune. Au moins, la nuit était claire. C’était là mon seul réconfort de la soirée et contempler le ciel me fit ralentir le pas. Ma colère première devint bientôt une déception amère. En tant d’années, aucun faux pas ne c’était présenté ; tout au plus nous étions nous chamaillées. Alors pourquoi fallait-il que soudainement, une si belle amitié dérive ? Ce qui venait de se passer n’avait rien d’un drame et j’avais bien l’impression d’en faire des tonnes pour rien, mais je ne parvenais pas à m’en empêcher. C’était stupide.

Une sensation de piqûre dans le bas du dos me tira de mes pensées et je me stoppai net. Avant que j’eus le temps de faire volteface pour comprendre la situation, un homme apparu devant moi, un pistolet à la main, se faufilant à travers les ombres de la ruelle. Je ne parvenais pas à comprendre pourquoi je ne l’avais entendu ou vu avant. Mécaniquement, je tentai de reculer et la sensation de piqûre devint coupure. Un couteau. J’étais encerclée. D’un coup, la possibilité de me faire raquetter, que j’avais si facilement ignorée plus tôt, me fit peur. Avoir une arme braquée sur la poitrine et une autre derrière soi était beaucoup plus terrifiante que je ne l’aurais cru. Néanmoins, je ne cherchais pas à fuir. Donne-leur ce qu’ils veulent, ne fais pas d’histoire, et tu en sortiras vivante, tentai-je de me convaincre.

« Hey, hey, hey ! Mais c’est un joli morceau que l’on a là ! » Rit celui qui me faisait face.
« Je pourrais en juger plus facilement si tu me lassais jeter un coup d’œil à autre chose que son cul ! » Grogna le second.

Je retins un mouvement de panique. Je me savais jolie, le seul fait d’être mannequin le prouvait, mais si j’étais habituée à me faire siffler dans la rue, de temps en temps, je fréquentais généralement des endroits assez… Hum… Chics, pour m’épargner ce genre de comportements.

« Quoi que le cul est déjà pas mal ! » Grinça le type avant de me faire claquer sa main sur mon postérieur.

Surprise, je hoquetai et fis mécaniquement un pas en avant pour me dégager de lui. Si le pistolet ne c’était pas retrouvé presque contre ma peau, à cet instant, j’aurais surement tenté de fuir. J’avais toujours su courir en talons. Enfin… Je n’aurais de toute manière pas tenu longtemps, puisque mon mouvement, trop vif, ne tarda pas à me faire tourner la tête. Seul l’adrénaline parvint à me réveiller suffisamment pour que je ne titube ou ne trébuches pas.

« Pas si vite, ma jolie. On vient juste de commencer. » Roucoula celui qui se tenait derrière l’arme à feu. « Tu ne veux pas jouer avec nous ? Promis, ça va être marrant. »
« Que voulez-vous ? » Demandai-je d’une voix tremblante. « Je peux vous donner de l’argent. Beaucoup d’argent. Mais je n’ai plus de liquide sur moi. Il va falloir que je reste en vie jusqu’à un distributeur. Ou… Ou alors je vous donne ma carte de crédit et mon code. »

Je n’aurais jamais cru me retrouver réduite à négocier pour ma vie. Seulement ma tentative ne fit que faire rire mes agresseurs. La panique monta d’un cran quand la morsure froide du couteau revint contre ma peau. La lame remonta de mes reins à ma nuque, découpant soigneusement ma robe au passage, au même titre que ma peau. Je tremblai sans pouvoir me calmer. Jamais je n’avais connu une situation si dramatique. Je n’avais même jamais supposé me retrouver confrontée à des circonstances aussi terrifiantes. Chaque seconde qui passait semblait inéluctablement me rapprocher de ma dernière heure. Et tout ça, c’était de la faute de Gabby.

« Bien sûr que l’on va te prendre ton argent ! Et tes bijoux. Mais ça serait stupide de s’arrêter en si bon chemin. » Expliqua celui qui avait déjà la parole.

La dernière chose que je perçus, après ça, fut un coup porté sur mon crâne.


Je repris conscience au moment où on me jeta un lit déjà défait. J’aurais aimé que la matière du drap soit similaire à celle des miens, afin que je puisse au moins croire qu’il s’agissait en réalité de mon lit, dans mon appartement. Je que puisse me bercer de l’illusion d’avoir été sauvée par un prince charmant. Seulement la fortune ne me laissa même pas cette seconde de répit et préféra ramener à ma mémoire tout ce qui c’était passé avant que je ne perde connaissance. De nouveau, mon esprit choisit la solution la plus simple à sa protection. Tout ça, c’est de sa faute, me rappela-t-il quand je parvins à ouvrir les yeux.

Je ne tentai pas de me redresser, certaine que l’alcool et le choc que j’avais reçus ne me permettraient pas de le faire sans perdre de nouveau connaissance. Je devais à tout prix éviter cela. Dans ce but, je fis d’abord l’inventaire de ce qui allait et n’allait pas dans mon corps. C’était l’une des premières choses à faire pour gérer un stress : identifier précisément les causes et les contrebalancer par quelque chose de positif. J’avais mal à la tête, mais ma vision était claire. Pas de difficulté respiratoire. Pas de douleur musculaire. A priori, pas d’os cassé ou fêlé. Une coupure le long de la colonne vertébrale, peu douloureuse, donc superficielle. Le bilan étant plutôt correct, je l’étendis à mon environnement proche. Mon dos n’était pas en contact avec la même matière que le reste de ma peau, donc ma robe était déchirée. Je ne reconnaissais pas la décoration, donc l’endroit ne m’était pas familier. Les deux hommes ne semblaient pas à proximité. Présence d’une fenêtre, mais j’étais bien incapable de définir la hauteur.

« Un hôtel, mec ? T’es sûr de ton coup ? »
- Mais ouais, mon gars. On s’amuse, on l’assomme, on prend sa thune et on se casse ! Demain, elle aura oublié !
- Mais il y a plein de témoins potentiels, ici. T’imagine si elle gueule ?
- Elle doit être encore dans les vapes. Et puis on a qu’à la bâillonner. Maintenant fout-moi la paix ! J’ai une jolie donzelle à prendre dans tous les coins de cette chambre. »

J’étais incapable de définir lequel avait parlé quand, mais les propos tenus me firent me lever sans aucune précaution. Je devais par tous les moyens tenter une fuite. Je n’eus pas le temps de jeter un coup d’œil à la fenêtre avant que l’homme au pistolet n’entre dans la chambre en défaisant sa ceinture. Je tenais mal sur mes jambes et il en profita pour me mettre en joug. Ma vie était finie. Il s’approcha de moi en minaudant que je récupérais vite pour une fille frêle. Quand il vint se coller à moi, le pistolet en avant, l’instinct ne me laissa pas le temps de réfléchir. Je saisis l’arme et tentai de modifier sa trajectoire. Le temps se ralentis une fraction de seconde : juste assez pour que je vis le canon me faire face. Le coup partit au même instant. Et tout ça, c’était de sa faute.

LE VERRE

« A quel moment mon existence à commencer à devenir de la merde ? » M’interrogeai-je à voix haute en me débarrassant de mon uniforme de barmaid.
«  A ta naissance ? » Ironisa celle qui prenait le service après moi et était en train de s’habiller.
- Je sais pas trop. Ma vie était pourrie, mais je l’aimais bien. Ma mort, par contre…
- Je ne crois pas que beaucoup d’entre nous trouvent leurs morts palpitantes. »

Elle n’avait pas tort. Ces deux dernières années, à part essayer de passer cette colère latente en moi sur le premier imbécile venu, je n’avais pas fait grand-chose. J’avais même était contrainte de prendre un travail à mi-temps pour payer ma chambre. Si ça ce n’était pas un comble ! Vivante, j’étais riche, j’aurais pu m’offrir une place dans ce trou pour l’éternité tout en pouvant me cloîtrer dans cette chambre qui était devenue plus ou moins chez moi. Vivre dans une chambre d’hôtel… Je n’avais rien vécu d’aussi pathétique, même pas dans l’appartement miteux où je m’étais retrouvée en colocation avec la cause de ma déchéance. J’étais promise à un avenir brillant, et elle m’avait tout volé. Après tous les sacrifices que j’avais fait, le comportement exemplaire que j’avais eu toute ma vie - littéralement -, j’aurais bien mérité d’aller au paradis, mais non, cet enfer me retenait prisonnière. Simplement parce que j’étais folle de rage contre cette autre brune, celle que j’avais considérée comme partie intégrante de ma famille. N’avais-je pas le droit d’être en colère ?

Fulminant, je jetai mes affaires dans mon casier, faisant rire ma collègue. Par chance, je m’étais trouvée une place pas trop mal, à travailler au bar entre sept heure du matin et quatorze heure. Peu de monde, pas grand-chose à faire, et un salaire suffisant pour financer cette piaule dont je n’avais pas voulu. Il ne m’en fallait pas plus. Je sortis des vestiaires et me fit offrir mon verre de fin de service par celle qui occupait maintenant ma place de l’autre côté du comptoir. Boire un verre en quittant mon poste était devenu une sorte de petit rituel pour moi. Un moyen de me gagner du temps sur cette journée supplémentaire où j’aurais encore vingt-cinq ans. Comme le jour d’avant. Comme l’année d’avant. Si j’aurais pu m’estimer heureuse de ne pas vieillir, j’aurais largement préféré disparaître ou me réincarner à vivre dans cette situation où l’ennuie guettait à chaque seconde.

Au moment où je levai mon verre, les pierres de mon bracelet étincelèrent à mon poignet. Je n’avais pas su me résoudre à m’en débarrasser. D’une certaine manière, il me forçait à me rappeler que la trahison pouvait venir de n’importe qui. Si je n’avais pas pour habitude de faire confiance aux gens, vivante, je ne l’accorderais plus jamais à personne. A quoi bon ? J’avais bien assez d’une seule personne à qui vouer ma haine. Cette personne que je faisais désormais de mon mieux pour ne plus croiser, alors que j’avais vécu deux ans en sa compagnie.


… Mais la chance ne fait pas tout.







Dernière édition par Jillian Von Dryl le Dim 10 Avr - 20:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jillian, ou comment un ange c'est retrouvé en enfer   Dim 10 Avr - 20:16

Il fallait que je sois la première à souhaiter la bienvenue à ma meilleure ennemie ! ii

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MessageSujet: Re: Jillian, ou comment un ange c'est retrouvé en enfer   Dim 10 Avr - 20:23

Et tu as tout à fait raison, puisqu'une moitié de ta signature illustre ma fiche ! x)
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MessageSujet: Re: Jillian, ou comment un ange c'est retrouvé en enfer   Dim 10 Avr - 20:41

J'étais obligée. C'est pas de ma faute si t'es plus adorable morte que vivante

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