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 No one's gonna take my soul away, I'm living like Jim Morrison ~ Gabrielle Divinovish

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Marionnette errante

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Drop your laundry and slam the door, I don't want your love, so give me more. Oh baby, baby, it's fuck time, You know I really wanna make you mine.


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Grace Phipps

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Echo


MessageSujet: No one's gonna take my soul away, I'm living like Jim Morrison ~ Gabrielle Divinovish   Ven 12 Fév - 18:58


« I want you to abuse me, use me, shut up and do me
'Cause everybody wants something from me »
20 ans † L'envie † Morte † ft. Grace Phipps

Nom:
Divinovish
Prénom(s):
Gabrielle
Date et lieu de naissance:
20 février aux Etats Unis
Situation familiale:
Un grand frère, vivant lui, et extrêmement protecteur qui a décidé de rester pour elle à l'hôtel
Statut civil:
Plutôt compliqué depuis sa mort
Orientation sexuelle :
Hétéro
Classe sociale :
Fait partie de la haute société
Date d'arrivée à l'hôtel et raisons :
Elle est arrivée à l'hôtel il y a 2 ans dans le cadre d'un rendez-vous avec son amant.
Santé:
Morte
Particularité :
Kleptomane
Gabrielle Divinovish


Caractère

Gourmande : Gabrielle est en constante recherche du plaisir, et ce, sous toutes ses formes. Exigeante, la demoiselle n'est jamais totalement rassasiée, ne cessant d'en vouloir toujours bien plus que ce que l'on peut lui offrir, telle l'enfant capricieuse qu'elle a toujours été. Argent, gloire, amour, passion, rien de ces sentiments éphémère ne suffit à l'éternelle insatisfaite qu'elle incarne malgré elle.
Artiste: Chanteuse amateur, la vie de Gabrielle s'est toujours orientée en fonction de cette même thématique de la musique représentant à ses yeux le cœur même de son existence. Passionnée bien qu'encore peu habituée au monde du spectacle et la vie d'artiste, à des années lumières de tout ce qu'elle a pu connaitre dans son enfance, la demoiselle s'y est rapidement faite, préférant cela aux fastes de la vie parfaite que l'on avait pu lui offrir. Constamment surprise à fredonner ses morceaux préférés, ou, armée de son carnet de notes à coucher sur papier n'importe quelle idée de chanson qui pourrait lui passer par la tête; elle ne peut tout simplement pas se passer de ce qui au fil des années se transformera de simple hobby à une véritable passion. C'est tel un diamant brut qu'elle s'est imposée sur scène, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne compte pas la quitter de sitôt : c'est bien le seul endroit où elle peut encore se sentir vivante.
Bavarde : De caractère sociable, la jeune femme n'hésite pas à faire le premier pas en adressant la parole aussi bien aux associés de ses parents lors des réunions d'affaire qu'aux inconnus parcourant les ruelles malfamées dans lesquelles elle passe le plus clair de son temps. Connue partout où elle passe, Gabrielle laisse généralement une bonne impression, pour peu que l'on ne lui tape pas sur les nerfs : tantôt douce et mielleuse, elle peut en un instant changer son langage respectueux pour jurer de manière aussi crue qu'un charretier. Constamment en train de déblatérer sur un sujet ou un autre, Gabrielle a toujours son mot à dire, sur quelque conversation que ce soit. Et gare à ceux qui auraient dans l'idée de la contredire : s'il y a une chose à retenir, c'est qu'indépendamment de la véracité de ses propos, la jeune femme considérera toujours avoir raison.
Râleuse : Que quelqu'un n'aille pas dans son sens ou qu'un obstacle se dresse sur sa route, et vous n'aurez pas fini de l'entendre. Habituée à ce que l'on cède au moindre de ses caprices, la jeune femme ne supporte pas que l'on aille à l'encontre de ses propres désirs. Exprimant sa désapprobation de manière claire, elle ne réfléchira pas à deux fois avant de critiquer ce qu'elle considère comme ridicule, idée que tout le monde autour d'elle devrait, à son humble avis, partager, ou bien inadéquat au personnage important qu'elle incarne. Son comportement de diva, loin de lui faire justice, lui vaut de nombreux différents avec les personnes de son monde aussi bien que celles qu'elle côtoie en dehors du cercle familial, qui ont tendance à prendre ses propos personnellement, alors même que ce n'est qu'une fâcheuse habitude dont la demoiselle ne s'est jamais véritablement débarrassée.  
Impulsive : C'est là l'un de ses plus grand défaut que de celui de se laisser guider librement par ses passions et sentiments du moment. L'intelligence pourtant, elle n'en manque pas; pourtant, il arrive que colère ou joie prenne le pas sur la raison, la fourrant dans des situations imprévues et saugrenues dont elle se serait bien passée. Encore une fois, l'impulsivité n'a pas que de mauvais côtés, et si tant est que cela soit le cas, Gabrielle serait sans doute incapable de supprimer facilement ce trait de caractère dominant. Loin de porter sur elle le même masque de froideur que l'on peut trouver sur le visage de ses géniteurs, la jeune femme se laisse submerger par ses émotions, que l'on devine aisément d'un seul regard sur son visage de poupée.
Egoïste : La seule personne dont se préoccupe Gabrielle, c'est d'elle même. En effet, la demoiselle considère qu'aucun être humain ne mérite sa considération, pas lorsque tout ceux à qui elle avait accordé sa confiance, si difficile à gagner ont fini par la trahir. Si son petit ami occupait un rôle important dans son cœur, il n'aurait jamais pu prendre la place de sa propre personne, qu'elle place au delà de tout. Dans cette logique, elle agira toujours dans son intérêt, sans jamais prendre en considération l'avis de ceux qui l'entourent. Tout du moins est-ce l'image qu'elle souhaite donner. Car même si la jeune femme ne montre en apparence aucune compassion, certains arrivent parfois à la toucher. Néanmoins, il ne faut pas s'attendre à ce qu'un miracle se produise. Après tout chacune de ses tentatives afin de se préoccuper sincèrement d'un autre être humain ont échoué : son amant en a souffert et sa meilleure amie lui a renvoyé sa générosité à la figure. Au jour d'aujourd'hui, la jeune fille ne porte réellement d'intérêt qu'à une poignée de personnes de son entourage, qui ont du trimer pour gagner ce privilège à double tranchant. Plutôt protectrice mais surtout possessive, une fois dans sa ligne de mire, elle ne laissera personne toucher à ceux qu'elle considère comme siens.  
Lunatique : Telle une véritable bombe à retardement, Gabrielle peut passer de sentiments positifs à une rage incommensurable en une quinzaine de secondes. Son humeur du jour influe de manière totalement aléatoire sur ses actions de la journée, ce à quoi se sont habitués ses proches, qui savent rester à leur place lorsqu'ils savent la demoiselle contrariée.
Libre : Gabrielle est une femme qui s'est battue toute sa vie pour gagner son indépendance, ce qu'elle ne se gêne pas à revendiquer haut et fort à qui le voudra. Loin de respecter les convenances dues à son statut, on l'a souvent rabrouée pour son attitude détachée et excentrique, loin de satisfaire ses parents exigeants. Cela ne l'a pourtant pas empêchée de mener une vie libre de toute contrainte autant physique que morale, mais surtout affective. Ne se contentant pas d'une simple relation amoureuse, Gabby ne reste jamais bien longtemps avec la même personne, se lassant très rapidement à partir du moment où commence à s'installer une routine inévitable dans un couple. Alors, la demoiselle s'amuse à changer de partenaire. Pourquoi se gênerait-elle alors même que la seule personne qu'elle a véritablement aimé s'en est allé à la première difficulté ? S'il lui est sans doute encore infidèle aujourd'hui, elle ne voit en aucun cas pourquoi elle devrait elle même respecter ce genre de règles tel un loyal petit toutou. L'amour, pensait-elle, était bien trop surfait. Il nous maintenait prisonnier de sa toile, pour nous dévorer tout entier. Dieu sait qu'elle n'aurait jamais imaginé un jour que seule sa mort lui apporterait ce sentiment de délivrance tant convoité qu'elle avait recherché toute son existence.
Envieuse : Si l'on sait bien que chaque être humain jalousera ce que possède son prochain, le cas de Gabrielle se situe dans les extrêmes. Loin d'être satisfaite par son train de vie de princesse, la demoiselle a toujours vu dans les petites choses composant l'existence des personnes de classe moyenne un attrait particulier, auquel elle a elle-même tenté de goûter à de plusieurs reprises dans sa vie, en se faisant passer pour quelqu'un qu'elle n'était pas. Incontestablement pas pour le moins du monde influençable, elle se contentera de désirer ardemment tout ce que, malgré la fortune des ses parents, elle n'est pas parvenue à posséder, pour la simple et bonne raison que les objets convoités ne sont autres qu'immatériels. Du sentiment de relâchement que pouvait ressentir ces lycéens, à la sortie de l'école, qui buvaient une bière en compagnie de leurs amis à l'arrière d'une voiture à celui de plaisir que pouvait ressentir cette fille qui les bras accrochées autour du coup de son copain s'offrait tout entière à l'homme dont les lèvres étaient posées sur les siennes, sans une seule fois ressentir cette peur inévitable qui l'immergeait chaque fois qu'elle voyait son petit ami à l'insu de ces parents; elle enviait chacune de ses émotions, de ses sensations dont le destin l'avait privée en la faisant naître dans un monde qui n'était tout simplement pas le sien.

Dépendante : Si en apparence, Gabrielle est une femme au caractère fort et bien affirmé, la vérité est loin d'être si simple. Confiante en ses qualités et aptitude, elle ressent le besoin de se les voir rappeler par son entourage, de se sentir soutenue dans ce monde dont elle n'a jamais voulu. Totalement dépendante de son grand frère adoré, celui-ci se verra confier dès son plus jeune âge la tache ardue de veiller sur sa frangine, et de subvenir à ces besoins. Si cette période de sa vie semble être révolue, la jeune demoiselle continue à faire appel à lui chaque fois qu'elle en ressent le besoin ou l'envie, que ce soit uniquement pour le plaisir de l'ennuyer, ou pour se rappeler que, quoi qu'elle puisse faire, quelqu'un sera toujours là pour elle. C'est en quelque sorte pour la même raison qu'elle enchaine les aventures d'un soir à l'hôtel, malgré la désapprobation de son ainé, qui tente vainement de lui faire regagner le droit chemin. Mais c'est peine perdue pour cette jeune femme qui cherche par tous les moyens à combattre la solitude qui découle de son état de fantôme en recherchant la compagnie de quelques hommes qui pourraient, rien que pour un soir, la faire se sentir un peu plus vivante.
Impatiente : Véritable boule d'énergie à elle seule, Gabrielle ne supporte pas l'attente : il faut que tout se produise tout de suite et maintenant, selon ses désirs, sous peine de s'attirer ses foudres. En terme d'exigence dans sa vie sociale, tout comme dans ses relations, la demoiselle n'aime pas qu'on la fasse poireauter en vain, et sera la première à le faire remarquer si ce cas de figure vient à se produire.  
Vantarde : Gabrielle a conscience du rôle qu'elle occupe dans la société, et n'hésite pas à en jouer pour obtenir ce qu'elle souhaite, ou tout simplement, alimenter son orgueil à la taille démesurée. Au plus grand malheur de ses proches, la jeune femme possède la capacité plutôt drôle de reconnaitre ses qualités tout en ignorant de manière systématique ses défauts les plus perceptibles. Ce que l'on remarque chez elle au premier abord, et ce, dès qu'elle ouvre la bouche, c'est cette estime de soi, et cette confiance qu'elle accorde à sa propre personne qui font partie intégrante de son caractère de diva. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la demoiselle ne se prend pas pour n'importe qui, allant jusqu'à exagérer son importance jusqu'à son paroxysme. Si vous l'interrogez à ce sujet, sans doute vous répondra-t-elle sincèrement, et sans même réfléchir à la question qu'elle est bien entendu le petit bijou de l'hôtel, la seule personne à valoir vraiment le détour dans ce bâtiment décrépit.
Insolente : Le respect ? Il se gagne, chez la jeune femme, qui n'en accorde que peu, et encore, à ceux qu'elle en considère comme digne. Caractérisée par un refus total de toute forme d'autorité, elle a prit la fâcheuse habitude de contredire jusqu'à ses ainés, pour peu d'avoir le dernier mot dans quelque dialogue que ce soit. Loin de se rendre ainsi méprisable, elle tente uniquement d'affirmer son caractère, bien que la méthode utilisée par la demoiselle puisse être discutable. Le fait est qu'elle n'hésite pas à donner son avis, de la manière la plus directe qui soit, quitte à vexer par la suite ses interlocuteurs. N'étant pas animée de mauvaises intentions, c'est simplement sa façon, certes inappropriée, de faire comprendre à tous qu'elle existe, et qu'elle est capable comme tout un chacun d'exprimer ses propres convictions.
Nocturne : Gabrielle a toujours été un véritable oiseau de nuit, ne pouvait se libérer de ses obligations de jeune fille bien élevée que le soir venu, à l'abri des réprimandes de ses géniteurs qui se seraient déjà certainement donné la mort depuis longtemps pour peu qu'ils aient su ce qui se tramait dans la vie de leur enfant une fois le soleil couché. Se couchant tardivement pour cause de ses sorties nocturnes qui se prolongeaient jusque des horaires presque inhumains, la brune s'est habituée à ne se lever qu'en début d'après midi, profitant peu d'une matinée qui n'offrait à ses yeux aucune possibilité de véritablement s'amuser, mais qui se traduisait généralement par une véritable torture psychologique chaque fois qu'elle était forcée de passer celle-ci en compagnie de sa famille. Au jour d'aujourd'hui, à l'hôtel, la demoiselle n'a pas pris la peine de modifier son train de vie, et continue à apprécier les grasses matinées bien méritées, suivies de soirées mouvementées au contenu variable.  
Ouverte d'esprit : On pourrait s'attendre à ce que cette petite princesse élevée selon des principes strictes ait un esprit aussi fermé que les yeux de ses parents, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que malgré ses nombreux défauts, Gabrielle est l'une des personnes les plus tolérantes qui puissent être donné de rencontrer. Possédant elle même une dose d'excentricité inégalable, elle serait après tout bien mal placé pour critiquer ceux qui comme elle tentent de s'extirper comme ils le peuvent d'un monde bien trop restreint par des contraintes de style ou de pensée qu'elle voit comme ridicule. Chacun devrait être libre de faire ce qu'il lui plait sans devoir en subir les conséquences, voilà ce que la demoiselle préconise, et le comportement qu'elle apprécie chez ses semblables.
Voleuse : Kleptomane à ses heures perdues, la jeune femme se plait à collectionner toutes sortes d'objets appartenant à ses amants, reconstituant de manière en quelque sorte artistique son tableau de chasse, qu'elle entasse en vrac dans sa chambre, sans se préoccuper un seul instant de rendre à leur propriétaires ce qu'elle a pu leur dérober dans l'un de leurs moments de faiblesse. Cette obsession quelque peu étrange a le don de l'amuser : si cela n'avait commencé que sur un coup de tête, elle s'est surprise à continuer, et ce, sans manquer une seule fois à sa tâche. Ne sachant pas trop à quoi cette tendance est due, on pourra raccrocher cela à son orgueil démesuré, tout comme à son problème de confiance en elle. Elle a tout simplement besoin de savoir qu'elle peut plaire, et surtout, que d'une manière ou d'une autre, vivante ou morte, elle existe encore en ce monde.
Intelligente : Quoi dire d'autre de la jolie brune qu'elle possède une logique implacable, ainsi qu'un raisonnement que l'on aurait du mal à démentir, qu'elle utilise souvent à son avantage. Ayant des facilités de compréhension, elle garde toujours l'œil ouvert, s'informant sur tous les événements qui peuvent se dérouler à l'hôtel, considérant que l'information est la base de toute stratégie. A son sens de la réflexion s'ajoutera une culture impressionnante pour la jeune femme qu'elle est encore. Si les études ne lui ont jamais paru attrayantes, et les chiffres d'affaires dont discutaient ses parents le soir au diner comme d'un ennui mortel, sa passion pour la musique et la philosophie moderne l'ont poussée à se documenter, jusqu'à acquérir des connaissances certes, bien peu utile en action, mais qu'elle se plait à réutiliser dans les discussions qu'elle tient, démontrant ainsi que malgré son apparente superficialité se cache une véritable intelligence.
Sociable : Des amis, Gabby peut s'en faire n'importe où, n'importe quand, et ce, presqu'aussi rapidement qu'elle peut se découvrir des ennemis. La demoiselle possède tout simplement, et ce indépendamment de sa volonté, le don de se faire remarquer, quelques soient les circonstances. Ouverte et toujours prête à entamer une discussion avec même le plus ridicule des pécnos, elle aime se créer un vaste cercle de connaissance, sans pour autant apprécier tout ceux qui le constituent. Méfiante, elle aura énormément de mal à accorder sa confiance, et ce, même auprès de ses plus proches amis, considérant que de la même manière dont tout ceux qu'elle a pu aimer l'ont abandonnée à son sort, ceux-là la quitteront dès qu'ils découvriront la personne qu'elle est réellement, celle qui se cache derrière l'image de l'irrésistible Gabrielle qu'elle affiche aux yeux de tous.
Hautaine : Elle ne s'en rend pas forcément compte, ce qui ne change rien aux conséquences de ses actes : la jeune fille n'est certainement pas appréciée pour sa bienveillance ou son comportement angélique, loin de là. Si son orgueil n'était qu'orienté vers sa propre personne, son entourage n'y trouverait sans doute rien à redire. Sauf que voilà, il fallait que la jeune brune regarde d'un œil méprisant tout ceux qu'elle considère comme inférieurs à elle-même, c'est à dire tout le monde, excepté peut-être son frangin, à qui elle accorde un respect sans nom. Cela ne signifie pas qu'elle ne les apprécie pas néanmoins, c'est simplement sa manière d'être, et de témoigner de son affection, aussi étrange que cela puisse paraitre : plus la demoiselle s'acharne sur vous, plus cela signifie qu'elle vous aime.
Questionnaire

Quelle est votre relation avec la mort?
Le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne m'y serais jamais attendue. Mais c'est arrivé, et on ne peut rien y faire. Alors même si c'est moyen, je fais avec. Ce n'est pas elle qui va m'empêcher de m'amuser.
De quoi avez vous le plus peur?
De la solitude
Où aimeriez-vous être à cet instant précis?
Au club, auprès de Nate.
Préférez-vous errer pour l'éternité ou mourir?
Errer pour l'éternité bien sûr. Il y a toujours quelque chose à faire sur terre.
Mary, génie ou tyran?
Tyran. Sans elle, je ne serais pas coincée ici.
Votre personnage d'horreur préféré?
Sweeney Todd
L'histoire qui vous donne la chair de poule?
Aucune. Ce ne sont que des histoires.
Seriez-vous capable de tuer pour sauver votre peau?
Je ne suis pas une tueuse, mais je pense en être capable en cas de besoin. Si c'est lui ou moi, je n'hésiterais pas.

Derrière l'écran
Pseudo sur le web : Gabrielle/Cassandre/Echo Prénom : Marine Âge irl : 18 ans Personnage : Inventé Crédits : Echo Comment es-tu tombé sur TMH? Via Bazzart Ce compte est-il un double-compte? Nope Un dernier mot : Ce forum est magnifique, les admins sont géniales, continuez comme ça   aime  





Dernière édition par Gabrielle Divinovish le Dim 14 Fév - 15:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: No one's gonna take my soul away, I'm living like Jim Morrison ~ Gabrielle Divinovish   Ven 12 Fév - 20:38


« In the land of gods and monsters I was an angel looking to get fucked hard »
†††




Ain't it fun when you're taking care of number one ?
- Pourquoi diable ne te comportes-tu pas un peu plus comme ton frère ? Entendais-je répéter chaque jour de ma vie, sans que ce sempiternel discours ne change d'un iota. Du personnel de maison à mes propres parents -lorsque ceux-ci daignaient rentrer à la maison afin de passer du temps avec leurs enfants soit-dit-, tels étaient les mots qui m'étaient constamment adressés, chaque fois que l'enfant que j'incarnais avait le malheur de faire un faux pas. Pourquoi ne prends-tu pas exemple sur Wesley ?  M'interrogeaient-il en chantant les louanges du petit garçon parfait que représentait mon ainé, constamment le nez dans les bouquins, à faire tout son possible pour réussir un avenir brillant, faisant honneur au nom que nous portions tout deux. Pourquoi n'étais-je donc pas comme lui ? Cette question, moi aussi je me l'étais posée à de nombreuses reprises, sans pour autant y trouver de réponse. Dépitée, j'avais mis cela sur le compte de gênes défaillants, ou d'un procédé différent, pour, au final, arriver au même but : attirer l'attention de nos géniteurs, les forcer à se rendre compte de notre existence. Cela n'était plus un secret pour nous depuis longtemps -nous savions pertinemment que le seul moyen d'obtenir cette chance était de gagner leur respect et leur admiration : mais comment donc aurais-je pu accéder à ce rang privilégié du haut de mes quatre ou douze ans ?  Certainement pas en leur offrant des coloriages réalisés avec amour -si tant est qu'ils soient familier avec ce concept, qui semblait ne pas s'appliquer à l'éducation qui nous avait été transmise durant nos jeunes années. Si nous n'avions jamais manqué de quoi que ce soit, et, en quelque sorte n'avions par conséquent pas eu à nous plaindre de notre mode de vie typique des banlieues riches de Londres, nous sentions au fond de nous que tout cela n'était pas naturel, qu'il manquait quelque chose à notre famille qu'aucun objet matériel n'aurait pu remplacer : l'affection de nos parents. Si à leurs yeux, nous étions tous deux précieux pour la descendance de la famille Divinovish, nous n'incarnions bien que cela dans leur cœur : des héritiers potentiels. Loin des parents débordants d'amour que l'on pouvait retrouver dans les séries américaines en zappant un peu sur notre téléviseur, leur vision du statut de géniteur différait beaucoup de la traditionnelle relation que l'on s'imaginait au premier abord. Un sourire de leur part requérait une action réussie, si encore, celle-ci relevait d'un exploit inespéré. Nous étions des Divinovish, il était bien plus que naturel que tout ce que nous touchions se transforme en or. Edward, mon père, avait créé sa propre entreprise sans jamais avait eu recourt aux ressources de la famille, se forgeant lui même sa propre popularité parmi les grands du business les plus prestigieux qui puissent être; Alexandra, ma mère, s'était quant à elle fait un nom dans le monde du mannequinat, dirigeant sa propre revue de mode, que chaque femme qui se respectait en se monde devait au moins connaitre de près ou de loin. Autant dire que la pression avait toujours été haute pour les bambins que nous étions, qui ne rêvaient à l'époque que de s'amuser et de découvrir l'univers qui nous entourait. Cela consistait en l'une de nos rares passions communes, à Wesley et à moi, d'explorer le monde.  Nous balader en journée, ou le soir venu, armés d'une lampe torche, errant à travers les ruelles de la ville à la découverte de passages secrets ou autres mystères dont pouvait regorger notre lieu de vie nous amusait bien plus que tous les jouets qui avaient pu nous être offerts. Lui aussi, malgré sa raison qui dominait majoritairement ses émotions appréciait l'adrénaline que ces promenades nous procuraient : nous savions qu'il aurait suffi de nous faire prendre pour que la nourrice nous force à rester cloitrés à la maison des jours durant sans rien faire d'autre que les devoirs que nous ramenions de l'école, mais nous prenions le risque sans hésiter, si cela pouvait nous permettre de nous distraire de nos responsabilités quotidiennes, au moins pour un temps. Si j'étais alors encore trop jeune pour effectuer quoi que ce soit d'autre que des gribouillages informes, notre père avait rapidement estimé Wesley prêt à apprendre les rudiments de l'économie et des lois du marché, lui confiant une tonne de travaux supplémentaires s'ajoutant à ceux, déjà nombreux, qui lui étaient imposés dans le cadre de ses études, réduisant de beaucoup les quelques heures qu'il m'accordait chaque jour en rentrant du collège. Le seul point positif à concrètement, ne pas avoir de vrais parents, c'était qu'entre frangins, on apprenait à se serrer les coudes. Que ce soit en terme de scolarité, de culture, ou tout simplement de conseils de vie, Wesley avait toujours été là pour moi, endossant à lui seul le rôle de frère, ami, confident, mais également de père, de celui que nous n'avions jamais eu. C'était lui, qui insistait pour venir me chercher à pieds à l'école alors que la nourrice arguait qu'elle pouvait très bien appeler un chauffeur qui lui aurait épargné la demi-heure de trajet, c'était lui qui avait pris les fourneaux lorsque notre mère avait congédié le cuisinier un jour trop tôt, nous laissant les estomacs grondants une journée durant; c'était également lui, qui avait été présent pour moi lorsque j'étais tombée de vélo pour la première fois, ou lors de ma première relation amoureuse, pour me conseiller sur la démarche à suivre, sans manquer de menacer mon prétendant d'une mort douloureuse s'il osait me faire du mal. C'était lui qui avait toujours été là, et en cela, je savais que je ne pourrais jamais le remercier assez, si tant est que ma fierté me permette d'exprimer ne serais-ce que la moitié de ma gratitude à son égard. A la place, j'avais toujours poussé à bout ses limites, m'agaçant de ne jamais l'entendre se plaindre face aux traitements désagréables auxquels je le soumettais chaque fois que l'occasion se présentait. Des réunions avec les professeurs dont je faisais de la vie un enfer aux caprices d'enfant auxquels je le savais ne pouvoir céder, je lui en avais toujours fais voir de toutes les couleurs, me rassurant du fait que contrairement au reste de mon entourage, Wesley, lui, ne me quitterait jamais, quoi que je puisse faire, dire, ou penser -il resterait mon grand frère dévoué.

- Gabrielle ! Tu veux bien m'écouter, oui ? Répéta la femme de ménage, en jetant un regard empli de rage sur le sol que je venais de tâcher de mes chaussures boueuses, qui avaient laissé sur le sol des trainées noirâtres qui nécessiteraient un lavage supplémentaire.

Relevant les yeux vers elle, ma seule réaction fut de retirer une manche de mon manteau dégoulinant d'eau stagnante, puis, la deuxième, avant de faire tomber celui-ci à terre, tandis que mon ainé se dirigeait vers moi, ses grands yeux bleus portés sur ma figure mouillée tandis que pouvait se lire dans son regard toute l'inquiétude qu'il nourrissait à l'idée de me savoir frigorifiée. Après m'avoir prise dans ses bras en me signalant qu'il s'en allait chercher des couvertures pour me maintenir au chaud, je ne pus qu'adresser un regard empli de malice à la pauvre employée qui soupirait d'exaspération en constatant la gravité des dégâts que j'avais pu causer sur son travail supposément achevé pour la journée.

- C'est votre boulot, conclus-je en entrant dans le grand salon, sans prendre la peine de retirer mes souliers maculés de terre. Après tout, mes parents vous payent pour ça, non ?

Commentaire auquel elle ne trouva rien de décent à rétorquer, tandis que mon frangin revenait vers moi les bras encombrés d'un plaid, une tasse de chocolat chaud en mains.

-J'ai pensé que cela te ferait plaisir, m'adressa-t-il en souriant tandis que je m'asseyais à ses côtés sur le canapé, déposant sans aucune pensée pour ma précédente interlocutrice mes pieds sur la table basse, m'attirant un regard désapprobateur de la part de l'ange contre qui j'étais appuyée.

-Gabby, tu ne devrais pas ...Commença-t-il, avant que je ne l'interrompe.

-Je suis chez moi, je fais ce que je veux, arguais-je d'un ton ferme qui ne laissait pas place à la discussion. Aussi laissa-t-il de côté le sujet, pour m'interroger sur ma journée, tout en entreprenant la difficile mission de recoiffer mes cheveux, qui s'étaient emmêlés sous la pluie torrentielle qui tombait ce jour-là.

- ...Et là je lui ai répondu que je n'en avais rien à foutre ...expliquais-je emballée, à l'aide de grand geste la situation qui s'était présentée à moi ce matin dans ma classe de CM1.

-Le langage Gabrielle, le langage, me rappela Wesley amusé tandis que je témoignais de mon mécontentement par un léger grognement.

-Jill me répète toujours la même chose, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! me plaignis-je tout en cachant mon visage dans son pull en laine, le tissu caressant doucement ma joue tandis que je me blottissais contre mon frère.

-Jillian est une jeune fille sage et intelligente, tu devrais suivre son exemple, me conseilla-t-il alors, mon corps se raidissant instantanément à l'écoute de cette simple phrase en apparence innocente, mais qui avait toujours eu le don de créer une sensation de malaise en moi, chaque fois que je pouvais l'entendre. Evidemment, lorsque cela n'était pas Wesley, le modèle de perfection qui suivait dans la liste devait être ma meilleure amie, qui, depuis toujours, avait incarné l'exemple idéal de la jeune fille de bonne famille, celle que l'on avait attendu de moi que je sois malgré mon refus catégorique d'endosser ce rôle, qui n'était tout simplement pas fait pour la demoiselle au caractère flamboyant que j'étais. Pourtant, ce trait dominant de sa personnalité ne nous avait jamais empêché de nous entendre comme des sœurs, celles que nous n'avions jamais eues. Au contraire, c'est sans doute grâce à nos personnalités aux antipodes l'une de l'autre que nous nous sommes rapidement bien entendues, suite à une dispute enflammée avec ma meilleure amie précédente, au sujet de la plus belle élève de primaire -qui bien entendu ne pouvait être que moi, la question ne se posait plus à ce niveau là. Envoyant balader celle qui avait osé nier mes qualités indéniables, j'avais crié haut et fort me trouver une meilleure amie qui elle, saurait reconnaitre la princesse que j'étais véritablement. C'était alors sur une petite tête brune aux cheveux charbon semblables aux mien que mon choix s'était porté, lui imposant, sans même lui demander un seul instant son avis sur la question notre nouvelle relation. C'était alors sur une petite tête brune aux cheveux charbon semblables aux mien que mon choix s'était porté, lui imposant, sans même lui demander un seul instant son avis sur la question notre nouvelle relation. Je ne la connaissais ni d'Eve ni d'Adam, mais si ma mère avait souhaité à ce point me présenter cette mannequin, travaillant dans son agence, c'est qu'elle devait venir d'une famille riche, et être un minimum intelligente -elle avait apprit à ne plus offrir de futures victimes à la petite peste que j'étais à ses yeux. Cela suffisait à mon égo encore blessé, qui ne demandait qu'à être conforté par la présence d'une personne autre que mon adorable frangin, qui ne pouvait être constamment près de moi. Ce fut à mon plus grand contentement qu'elle accepta sans broncher, occupant des années durant un rôle que je l'avais forcée à prendre sans pour autant considérer cela comme un fardeau ou quelque tache ardue, se contentant de démontrer une affection sincère, qui eut le don de me désarçonner. Cela n'avait jamais été supposé se dérouler de la sorte -jamais je n'aurais du m'attache à qui que se soit d'autre que mon frère. Les gens n'étaient pas digne de confiance -preuve en était que mes parents nous avaient abandonnés tout deux aux mains de parfaits inconnu pour la simple et bonne raison que leur préoccupation première se situait dans l'avancée de leur carrière bien plus que dans l'évolution de leurs enfants. Je savais que je n'aurais pas du faire confiance à cette enfant à la bouille d'ange, et pourtant, je le désirais de tout son cœur. La vie ne m'aurait-elle pas paru bien plus légère en ayant quelqu'un auprès de qui me confier, quelqu'un pour la partager ? Cédant à la tentation, j'avais laissé la demoiselle entrer dans ma vie, pour devenir aujourd'hui l'un des éléments les plus importants de mon existence. Mais c'était lors des moments de ce genre que je venais à m'interroger, à me poser la question suivante : si la jeune fille comptait tellement pour moi, pourquoi donc cela faisait-il si mal d'entendre mon frère vanter ces qualités dont je ne pourrais moi-même jamais faire preuve ?


Ain't it fun when you tell her she's just a cunt ?

-C'est fini, j'arrête tout, avais-je lancé, les bras croisés sous ma poitrine pour éviter de les laisser pendre le long de mon corps, tandis que je tentais d'appuyer mes propos d'un ton ferme, qui ne laissait pas place à la discussion.

Malgré le sérieux que je m'étais efforcée d'afficher, mon interlocutrice s'était contentée de se moquer bêtement de mes paroles, l'écho de son rire retentissant dans la pièce, alors que je me contentais de la fixer, attendant le moment où je pourrais enfin en placer une.

-Contrairement à toi, cela ne m'amuse pas, lâchai-je en l'observant peu à peu reprendre son calme, une expression de dégoût se peignant sur son visage aux traits semblables aux miens.

-Tu n'y penses pas, se contenta-t-elle de me répondre, balayant mes dires d'un simple geste de la main. Tu n'as ni licence, ni baccalauréat. Ton frère ...

Je la coupais avant qu'elle ne puisse aller au bout de son idée, par la phrase que j'avais tant de fois brûlé de lui cracher à la figure.

-Je ne suis pas Wesley, le lycée, l'université, ...Tout ça, ce n'est pas pour moi, m'expliquai-je en accompagnant mon discours d'un haussement d'épaule nonchalant. J'y ai bien réfléchi, tu sais. Je ne veux pas continuer comme ça, je perds mon temps.

Son visage se tordait d'une grimace démontrant tout le mépris qu'elle pouvait ressentir à mon égard, quand les mains qui sous le choc étaient venues couvrir son visage étaient retombée, me laissant admirer sa réaction loin d'être inattendue : il était clair pour moi qu'il aurait fallu bien plus que quelques mots pour convaincre ma génitrice d'accepter mon choix -bien que je n'avais alors que faire de son accord à présent que ma décision avait été prise. Ce n'était certainement pas un parent absent qui aurait pu se permettre de me faire la leçon sur mes choix de vie, à laquelle elle n'avait jamais participé même indirectement. Cela, seul mon frangin en avait gagné le privilège, dont il n'usait pas comme ma génitrice comptait le faire de son prétendu statut de mère.

-Tu ne t'attends tout de même pas à recevoir ma bénédiction, ma fille ? M'interrogea-t-elle, intriguée par la détermination dont je pouvais faire preuve, comme le prouvait la lueur d'intérêt qui était apparue dans son regard de glace.

-Je n'en ai rien à faire de ton avis, maman, répondis-je en insistant ironiquement sur ce dernier nom, faisant ainsi écho à la tournure de sa précédente phrase. Nous étions deux à pouvoir jouer ce jeu là -mais cela, elle l'ignorait encore.

-Cesse donc tes enfantillages Gabrielle, tu es bien trop vieille pour t'amuser avec les sentiments de ta pauvre mère, continua-t-elle, me forçant à lutter contre le sourire qui menaçait d'apparaitre sur mon visage.

-Tu ne l'es apparemment pas assez pour comprendre que j'avais uniquement crû bon de te prévenir de la suite des événements, certainement pas te demander des conseils. Les tiens ? Je n'en veux pas. Je ne veux pas de ton monde, de cette petite vie parfaite que tu proposes de m'offrir.

Son prochain commentaire, je m'y étais attendue, alors que l'honneur et la fierté, j'avais appris à le comprendre, étaient bien les deux seuls et uniques principes qui pouvaient revêtir de la valeur à ses yeux, bien au delà de sa prétendue affection pour ses propres enfants.

-Je ne te laisserai pas salir le nom de notre famille à cause de tes erreurs de jugement. Arrêter les études à cet âge, tu t'entends ? M'interrogea-t-elle en levant les yeux au ciel, tout en secouant légèrement la tête, traduisant le sentiment d'incrédulité qu'elle pouvait ressentir en l'instant.

-Tu ne vaudrais pas mieux que ces misérables étudiants de banlieue, ma mère finit par conclure, me défiant de lui prouver par quelque argumentation que ce soit la fausseté de ses propos. Mais ce plaisir, je ne le lui donnais pas, utilisant une carte dont elle ne m'aurait certainement pas cru capable alors que je soulignai un fait qu'elle-même ne pourrait nier.

-Qui possèdent bien plus de valeurs que mes actuels camarades de classe, qui ne mériteraient pas même un seul regard de ma part, riai-je en observant son visage changer radicalement d'expression au fur et à mesure des injures que je pouvais proférer à l'encontre de ceux qui composaient à toutes deux nos cercles d'amis communs. Tout ces gens, cette vie, cela faisait parti de son monde idéal, de cette petite existence parfaite qu'ils avaient, avec mon père, montée de toute pièce, à l'aide d'un compte en banque bien rempli et de relations réfléchies. Tout cela était loin d'être la spontanéité et le naturel que je recherchais, lassée de la routine abrutissante et malsaine qui avec le temps, avait commencé à m'étouffer progressivement. Ce mode de vie, elle l'avait imposé à ses deux enfants, sans même leur donner leur avis sur la question, comme le voulait la tradition Divinovish. Nous étions supposé suivre un schéma bien précis, supposé nous mener à la réussite sans possibilité d'échec : l'école prestigieuse dans laquelle nous avions tout deux été envoyés, les révisions intensives qui nous étaient imposées, la culture inculquée de force, abandonnés comme nous l'étions entre les mains des meilleurs enseignants du pays, dont le talent en la matière n'était à présent plus à prouver depuis longtemps;  cela ne m'avait tout simplement pas suffi -était-il si impensable de désirer plus de la vie qu'une multitude d'étapes déjà programmées à l'avance, plus qu'un destin déjà tout tracé auquel il était en apparence impossible de se dérober ?- Je n'étais pas comme mon frère, excité à l'idée de me lever chaque matin pour apprendre des choses que j'avais déjà mémorisées depuis longtemps ou dont je n'avais strictement rien à faire. Je n'avais pas besoin de tout cela afin d'améliorer mes capacités intellectuelles. Je me savais déjà bien plus douée que la plupart de mes camarades, alors à quoi bon persévérer sur une voie qui ne m'apporterait rien de plus que des journées placées sous le signe de l'ennui ? Je laissais volontiers cela à mon ainé qui semblait se complaire dans cette existence sans attraits, appréciant son cursus universitaire bien plus que je ne pourrai jamais aimer mon programme de lycéenne.

-Je pourrais me lancer dans la musique -tu sais bien que j'aime ça. Cela me plairait bien plus que mon école actuelle. Il y a un conservatoire pas très loin de la maison qui donne des cours de chant, je pensais ...Commençais-je à proposer, dans l'espoir que cette alternative puisse suffire à la satisfaire ou -dans le pire des cas envisageable- à calmer la colère qui commençait à bouillir en elle.

-Et puis quoi encore ? Bientôt tu m'annoncera que tu veux faire le trottoir ? Après tout, c'est bien le seul moyen que tu auras de te payer tes leçons ridicules. La musique n'est pas un métier -c'est un hobby tout au plus. Un loisir que je serais ravie de financer si tant est que tu reprennes ton sérieux un instant, et ravales toutes les paroles irréfléchies que tu viens de proférer, s'exprima-t-elle d'un ton ferme et cassant, visant à vexer bien plus qu'à ramener à la raison, mais qui n'eurent pour seul effet que de me fixer sur ma position -il était définitivement hors de question de revenir en arrière à présent que j'avais enfin trouvé le courage d'exprimer ce que j'avais si longtemps tu. Si elle même n'avait pas osé protester auprès de sa propre génitrice et s'était accommodée de ce traitement, je ne comptais pas rester les bras croisés à voir défiler ma vie devant moi -j'étais encore jeune, tant de possibilités s'offraient à moi, que je n'aurais jamais l'occasion de rendre réelles si je ne me bougeais pas le cul pour faire avancer les choses, comme l'alcool que j'avais pu ingurgité avant de m'adresser à ma mère me le permettait à présent. Loin d'être totalement déchirée, les quelques verres de Vodka que je m'étais enfilés m'avaient aidée à placer des mots sur ce que je n'aurais préalablement pu décrire, me poussaient à continuer dans mes efforts, sans regretter un seul instant mes actions ou paroles déplacées -j'étais seule maitresse de mon destin.

-Je préférerai cent fois jouer la pute que de rester un seul instant de plus en compagnie d'une lèche-cul comme toi, avouai-je sans mâcher mes mots. Je devais parvenir à lui faire comprendre que la musique n'était pas qu'une vulgaire folie du moment. C'était ma passion aussi bien que le journalisme était la sienne -et je comptais bien la vivre, avec ou sans son aval.

Cela, elle sembla enfin l'assimiler lorsque mes mots parvinrent enfin jusqu'à elle, la stupeur la faisant presque reculer d'un bond. Si j'avais pris l'habitude de ne lui démontrer aucun respect -encore fallait-il qu'elle le mérite - jamais je ne l'avais insultée directement de la sorte, nos interactions habituelles constituées principalement de critiques basées sur des divergences de points de vue. Mais, prise dans ma lancée, je me sentais pousser des ailes, tandis que je me libérais petit à petit de la toile d'araignée au sein de laquelle j'avais vu le jour.

-Au moins moi, je serais payée pour ça, conclus-je, un rictus mauvais retroussant les commissures de mes lèvres écarlates.

Une fois de plus, je la laissais encaisser mes propos, tandis que je me mis à marcher dans la pièce, tournant autour d'elle tout en enchainant mon monologue, sans prendre le temps de réfléchir, préférant laisser courir le flot de mes pensées qui s'échappait de mes lèvres sans que je ne puisse le retenir.

-Ce serait tout benef' pour toi : tu n'aurais plus à supporter ma présence durant les diners de famille annuels, plus besoin de présenter le vilain petit canard à tout tes amis du journal -ce ne serait pas cool, ça ?-, sans compter le fait que je ne constituerais plus pour ton fils adoré un obstacle sur le chemin de sa  réussite, lui expliquais-je calmement, listant tous les avantages que présenterait mon départ de la maison, dépliant un doigt pour chaque nouvelle idée.

-Les gens se poseraient des questions, contra-t-elle, la crainte altérant sa voix qui tremblota lorsqu'elle vint à reprendre la parole.

L'avis de ses semblables, bien entendu. Il fallait absolument maintenir les apparences, pour peine de se voir rejeter de la haute société. J'aurais du me douter que là serait sa principale préoccupation -loin d'elle l'idée de s'inquiéter un seul instant de savoir sa fille âgée de seize ans à peine à la rue.

-Ca, c'est ton problème, pas le mien, lui répondis-je tout en me dirigeant vers la porte menant vers l'extérieur. L'entrouvrant délicatement afin de lui faire savoir mes intentions, je lui lançais un dernier regard amusé.

-J'me casse, pouffiasse.



Ain't it fun when you get so high well... that you just can't come ?


-Faites place à la petite nouvelle de la famille, la magnifique Gabby ! Annonça la voix amplifiée du guitariste, tandis que le reste du groupe installait le matériel.

Dire que je redoutais ce moment aurait été un euphémisme, alors que, malgré l'apparente assurance que je m'efforçais d'afficher auprès de mes collègues, assis à mes côtés dans les coulisses en attendant ma prestation, mes membres ne demandaient qu'à trembler sous la pression. Certes, j'étais bonne dans ce que je faisais, et cela, je ne l'ignorais pas; mais faire face à une telle foule pour la première fois me foutait la trouille, sans que personne ne puisse rien faire pour calmer mes nerfs à cran.

-C'est à toi, me rappela le patron de la salle dans laquelle je m'apprêtais à chanter, en m'adressant un large sourire rassurant.
-Les première fois sont toujours difficiles, mais tu vas voir, tu vas t'éclater ma grande.

C'est en m'efforçant de croire à ces quelques paroles que je m'étais engagée sur scène, en espérant ne pas perdre contenance devant les centaines d'yeux fixés sur ma personne. Conservant ma maitrise de moi-même, j'avais saisi le micro, et, non sans avoir saluer au préalable le public, annoncé par la suite le programme de la soirée. J'avais jeté un regard à mes musiciens, attendant un signe de leur part signifiant le début du premier morceau que nous allions interpréter -si les gars avaient l'habitude d'effectuer cette performance chaque soir, j'étais tout juste intégrée dans ce monde qui m'avait jusque là été inconnu. J'avais assisté à des festivals, concerts, et autres spectacles musicaux, jusqu'à la petite démo dans le garage miteux d'une connaissance des quartiers les moins bien réputés de la ville, mais chanter moi-même, ça, c'était une première. Dire qu'il avait suffi de quelques clics pour que j'atterrisse malgré moi dans cette bâtisse miteuse, qui en quelques semaines était devenue ma seconde maison ! On aurait tenté de me faire croire une chose pareille que j'aurai rit au visage de mon interlocuteur. En effet, ce bar n'avait au premier abord aucun intérêt particulier -délabré et grisâtre, il n'attirait pas l'œil des passants, ni même la curiosité. Moi-même étais-je déjà passé devant sans m'arrêter un seul instant afin de me renseigner sur celui-ci -après tout, pourquoi aurais-je perdu mon temps dans de tels endroits ?- J'avais certes réévalué mes habitudes de vie après avoir quitté la maison, mais je restais un membre assez important de la société pour m'offrir beaucoup mieux que ce proposait cette salle de concert de fortune, qui était bien loin de tout ce que j'avais pu m'imaginer. Sauf que voilà, les liens avec ma famille rompus, tout aussi bien que mes vivres, au moment même où j'avais passé la porte notre villa, je m'étais rapidement trouvée dans l'obligation de trouver l'argent nécessaire à la location d'un appartement, de manière à ne pas avoir à crécher chez ma meilleure amie, dont les parents -adorables et compréhensifs, il fallait tout de même l'avouer- se seraient vite lassés de ma présence. Alors, nous nous étions lancés sans trop réfléchir -pour ma part, il en va de soi- à la recherche d'un petit boulot, assez bien payé pour pouvoir nous permettre de trouver un logement décent -avec le train de vie que nous menions toutes les deux, nous avions beau être peu exigeantes, il était tout simplement hors de question de dire adieu au petit confort auquel nous étions habituées. Si Jillian s'était tournée vers le mannequinat, mon choix s'était porté automatiquement vers la musique, domaine dans lequel j'avais tout fait pour réussir, malgré la réticence non dissimulée de ma mère, qui n'avait jamais considéré au sérieux ma passion "ridicule", d'après ses propres mots. Alors, utilisant la technologie du 21ème siècle, j'avais tapé quelques mots dans ma barre de recherche google, pour finalement trouver ce petit coin sympa -bien que nécessitant de nombreuses rénovations- qui m'avait acceptée malgré mes seize ans tout juste atteints, sans me poser une seule question concernant la raison de ma venue ici.

-Tout le monde ici possède son propre passé. L'important chez moi, c'est de travailler à son futur, m'avait répondu le propriétaire, lorsque intriguée par son manque de curiosité, je l'avais interrogé à ce sujet.

Tant que je menais ma mission à bien, comme tous les autres musiciens du groupe, je n'avais rien à craindre, qu'il m'avait dit. Ce jour là, j'avais su pouvoir le croire. Aujourd'hui encore, malgré la panique qui semblait vouloir me gagner, je le faisais. S'il avait confiance en moi, si ma meilleure amie, présente dans le public, avait confiance en mon talent, alors je ne devais pas les décevoir.

Ouvrant la bouche pour laisser passer les premières notes de la chanson, je me forçais à garder les yeux ouverts, sans pour autant scruter les réaction de l'audience, comme mon instinct me poussait naturellement à le faire -je n'étais plus dans ma chambre devant le miroir, j'avais un véritable public à satisfaire. Poussée par l'adrénaline, je donnais tout ce que j'avais, jouant avec les personnes présentes dans la salle, amusant jusqu'au bassiste qui laissa échapper un rire résonnant dans toute la salle en réponse à l'une de mes plaisanteries. C'est à ce moment là que je sus que j'avais enfin trouvé ce que je voulais faire de ma vie -pour une fois, je me sentais réellement chez moi parmi ces gens que je ne connaissait ni d'Eve et d'Adam -et après tout ce que j'avais pu supporter durant mon enfance, j'avais l'impression de respirer de nouveau. Ils ignoraient mon identité comme j'ignorais la leur -ils ne pouvaient pas me juger comme ma famille pouvait le faire, ce dont je n'hésitais pas à profiter du mieux que je le pus.

Enchainant soirées et beuveries sans me laisser un seul jour de répits, je m'amusais par la suite à accompagner les garçons du groupes dans leur tournée des bars après chaque concert, quitte à finir la nuit chez l'un d'entre eux, lorsque mes jambes n'étaient plus en état de me porter, et que le monde autour de moi commençait à tourner. Ce qui pouvait bien m'arriver ? Je m'en moquais comme de la dernière pluie, tout ce que je voulais, c'était profiter de la vie dont on m'avait privée durant si longtemps, sans me préoccuper du lendemain. En cela, mon esprit rencontra rapidement celui du guitariste qui m'accompagnait sur scène, partageant le même caractère fougueux qui nous poussa dans les bras l'un de l'autre. De quelques baisers échangés dans les loges suivit une nuit torride qui acheva de fixer les règles de notre romance, que nous ne pouvions nous résoudre d'achever sur une note si positive. J'étais bien avec lui, comme il l'était avec moi -cela n'aurait été qu'un véritable gâchis de laisser tomber l'une des seules personnes capables de me faire sentir vivante dans la vie de débauchée dans laquelle je m'engageais progressivement. Mais les choses étant toujours plus compliqué qu'elles ne paraissent, les sentiments vinrent s'ajouter à l'équation, si bien qu'ils nous suffit de quelques mois seulement avant de craquer, et de possessivement réclamer l'exclusivité de notre relation. Jalouse comme je l'étais, je n'avais pu supporter bien longtemps ses échanges plus que cordiaux avec les -peu nombreuses, Dieu soit loué- clientes du bar, tout comme les altercations entre mon amant et les hommes qui avaient le malheur de démontrer d'un peu trop d'attention envers moi se faisaient régulières, si bien qu'il eut droit aux remontrances du patron, qui n'hésita pas à lui faire entendre son point de vue sur la question, son comportement irréfléchi qui provoquait en moi des frissons faisant baisser considérablement la popularité de l'établissement déjà en difficulté financières. Finalement, il était mien, et j'étais sienne; et à mes yeux rien n'avait plus d'importance.



Ain't it fun when your friends despise what you become ?


Assise sur le corps de mon petit ami, mes jambes enserrant sa taille, je cherchais vainement une façon de lui faire oublier le mouron qu’il se faisait concernant l’après midi à venir. Ma tête enfouie au creux de son cou, ma langue tout contre sa peau, je tentais de le distraire, le faisant se concentrer sur moi, et le plaisir que je pouvais sans effort lui procurer à la place de ses inquiétudes infondées.
Les yeux fermés, et la tête rejetée en arrière en réaction à mes caresses, je le voyais s’efforcer de profiter du moment présent, tandis que mes mains en premier lieu positionnées sur son torse nu s’aventurèrent plus au sud, jouant nonchalamment avec la boucle de la ceinture en cuir retenant le jeans bleu qui lui allait si bien, moulant son corps musclé juste comme il le fallait .
Bientôt –comme je l’avais présagé- chaque pensée qui se formait dans son esprit tordu par le plaisir était dirigée vers moi, le surnom qu’il m’attribuait habituellement s’échappant involontairement de sa bouche, sans qu’il ne puisse rien y faire pour l’en empêcher.
Mes lèvres, occupées à présent à meilleur escient n’eurent plus besoin de murmurer quelque paroles positives afin de le rassurer : je savais que grâce à moi, ses tracas seraient oubliés, tout du moins pour un temps, ce en quoi je me félicitais, bien que cela ne soit pas là un grand exploit. Je savais que, tout comme l’effet que le garçon avait sur moi était enivrant, Nate ne pouvait résister à mon charme et mes étreintes sensuelles.
Comme pour confirmer ma théorie, ses doigts trouvèrent ma chevelure dans laquelle ils élurent domicile, s’y emmêlant férocement tandis que je fondais doucement en sentant le courant d’électricité qui me parcourait à chacun de ses touchers me traverser de la tête au pied. Résistant à l’envie de satisfaire mes propres besoins et de laisser cours à mes pulsions, je me concentrais sur ma mission en me souvenant que c’était lui et lui seul qui avait besoin de se détendre pour pouvoir faire face à la rencontre qu’il redoutait tant.
Malgré tout ce que j’avais pu lui confier au sujet de mon ainé –notamment son irréprochable obéissance aux lois, et son ouverture d’esprit nécessaire lorsqu’on considérait le fait qu’il devait chaque jour pouvoir gérer la sœur dévergondée que j’étais-, il continuait à s’alarmer quant à la réaction que celui-ci pourrait avoir à son égard.
Si j’avais pensé que celui-ci balaierait ses inquiétudes rapidement, eh bien le moins qu’on puisse dire était que j’avais eu faux sur toute la ligne. Je n’avais pas encore décidé si je devais m’en préoccuper ou en être immensément flattée, mais le fait est que mon ami semblait prendre cette rencontre au sérieux.
Encore une chose qui plairait à Wesley, songeais-je en imaginant parfaitement mon frangin donner son approbation à Nate concernant notre relation –bien que nous n’ayons pas attendu son avis avant de nous lancer corps et âme dans cette aventure pour le moins déconseillée.
J’étais une Divinovish, un membre de la haute société, tandis que les membres de la classe moyenne comme mon amant n’étaient que des pions sur l’échiquier des grands que nous incarnions. Pourtant, jamais encore je n'avais laissé ceux-ci contrôler le cours de mon existence, ce n’était pas aujourd’hui que cela allait commencer –pas alors que j’avais peut-être trouvé la seule personne dont je ne me lassais de l’affection.

Perdue dans mes pensées, j’entendis à peine  la sonnerie provenant de l’interphone annonçant l’arrivée tant attendue et pourtant si appréhendée de mon frère, le son étouffé par les grognements et gémissements de plaisir de mon homme.
Ce que nous ne manquâmes pas en revanche fut l’avertissement de Jillian, ma meilleure amie et colocataire qui, prévenante, nous indiqua de faire en sorte de nous rendre présentable le temps qu’elle aille ouvrir à notre invité.

-Merde, cracha Nate tandis que je me séparais de lui.

Je ne sus pas si cela était du au fait que la venue imminente de mon ainé nous stoppait dans ma tentative de distraction ou si son malaise reprenait, ses angoisse revenant en masse maintenant que leur face à face était inévitable, mais il était certain, à la pâleur de son visage et au regard nuageux et troublé qu’il portait à présent sur moi qu’il aurait préféré être ailleurs en cet instant.

De mon côté, j’étais plutôt confiante, ce qui ne m’empêcha pas, me léchant les lèvres par reflexe, de me mettre à la recherche de mon tee-shirt, ce qui n’échappa pas à mon amant qui continua à m’observer sans un mot, une lueur de désir dansant telle une flamme solitaire au fond de ses pupilles azur.

Levant les yeux au ciel, je lui adressais un sourire moqueur avant de lui lancer son propre vêtement manquant en pleine figure, lui intimant silencieusement de se rhabiller.

- Dépêche-toi imbécile. Ne me force pas à t’enfiler moi-même ce haut.

Alors qu’il me répondait en faisant la moue, je ne pus m’empêcher de déposer un léger baiser sur ses lèvres, ne pouvant résister à son expression craquante.

Lorsqu’il me relâcha sa main s’attarda sur ma joue qu’il parcourut de ses doigts rugueux dus à une pratique fréquente de la guitare électrique. Cela, au moins, mon frère ne pourrait le lui reprocher s’il venait à entrer à l’improviste -J’avais beau avoir entièrement confiance en ma meilleure amie pour me couvrir, je doutais qu’elle puisse tenir encore bien longtemps sans que mon ainé ne se pose des questions.
En effet, il n’aurait rien à redire à la situation, si tant est que je me vêtisse de manière convenable de nouveau ; ce qui m’était pour le moment impossible compte tenu du fait que je n’étais plus en possession du haut qui me manquait.
En baissant les yeux sur ma poitrine uniquement couverte d’un soutien-gorge violet en dentelle, Nate parut s’en rendre également compte : déposant une flopée de légers baisers sur la peau mise à nue, il consentit à me rendre mon vêtement, qu’il fit sans difficulté passer par dessus de ma tête pour lui faire regagner sa place d’origine, le faisant glisser sur mes flancs non sans les frôler du bout des doigts, jusqu’à ce qu’il ne soit interrompu par la voix de Wesley sollicitant ma présence afin de le saluer comme il se doit.
En réponse à sa demande, je tentais de me redresser seulement pour me faire stopper par mon ami qui saisissant habilement quelques mèches de mes cheveux, les remit en place de manière à ne rien laisser paraitre de nos précédentes occupations.

- Tu devras te contenter de cela pour l'instant bébé, lui dis-je en souriant alors que nous nous levâmes tout deux pour nous diriger vers l’entrée de l’appartement.

- Je m’y ferais …pour le moment en tout cas, me répondit-il avant de passer un bras autour de ma taille, pressant mon corps fin contre le sien dans un geste à la fois possessif et protecteur que j’avais toujours trouvé extrêmement sexy.


Bientôt, nous vîmes la joyeuse tête blonde de mon frère sur laquelle, en me voyant, se planta le sourire fier et idiot de tous les grands frères poule de la terre.
Me libérant de l’emprise de Nate, je courus sauter dans ses bras, l’écrasant contre moi en riant, tandis que gêné, celui-ci se contentait de me tapoter le dos timidement.

- Ca faisait trop longtemps, me plaignis-je d’une voix enfantine. Tu devrais nous rendre visite plus souvent ! C’est ce que l’on avait convenu lorsque Jill et moi avons pris l’appartement.

Il se gratta la tête, reflexe qu’il tirait de notre géniteur, avant que finalement les mots ne sortent de sa bouche.

- Je n’ai vraiment pas eu l’occasion ces derniers temps, je suis désolé. Avec tout le boulot qu’on nous donne, en ce moment, je ne m’en sors pas.

En observant son visage de plus près, je pus constater qu’il disait vrai –non que je ne ressente le besoin de vérifier qu’il ne me mentait pas. Je savais pertinemment que s’il avait vraiment eu la chance de se reposer un tant soit peu, il l’aurait sacrifié pour passer du temps avec moi-. Ses yeux d’ordinaires lumineux étaient assombris par de vilains cernes violettes qui, sous ses paupières accentuaient l’impression de fatigue immense que donnait sa pâle figure.
Sans doute sentit-il mon regard fixé sur lui puisqu’il se sentit obligé de détourner la tête pudiquement, détestant montrer –surtout à sa petite sœur pour laquelle il semblait avoir pris le rôle de chevalier blanc- quelque signe de faiblesse.

- Tu devrais faire une pause, lui conseillais-je inutilement.

En effet, il était certain que mes paroles ne changeraient rien à la situation. S’il ne pouvait pas récupérer ses nuits, ce n’était pas parce qu’il ne le voulait pas mais parce qu’on ne lui en laissait pas l’occasion, tout simplement. S'il y avait bien quelque chose que je ne supportais pas, c’était que l’on tente d’exploiter mon frère, ce qui je le savais comme chose certaine, se produisait à chaque fois. Ce modèle de pureté et de générosité ne savait tout simplement refuser quoi que ce soit, encore moins à ses supérieurs. Poussé comme il l’était pas notre père à faire parti, comme chaque homme de la famille auparavant, du conseil d'administration, ses collègues ne lui laissaient aucun répit, profitant de son manque de hargne pour lui imposer des règles d’autant plus strictes ainsi que des missions des plus retors, alors même qu’il n’occupait qu’un poste d’assistant auprès de notre père.
Si cela ne tenait qu’à moi, je leur en aurais sans doute touché deux mots, et certainement pas afin d’échanger des paroles courtoises. Mais tout comme Wesley respectait mon choix de vie, je m’efforçais d’accepter- plus ou moins- le sien, et de faire en sorte de ne pas lui porter préjudice dans ses ambitions idiotes. Il n’empêche que je ne manquerais pas d’en faire la remarque à quelques connaissances, histoire de lui faciliter un peu l’existence, ne serais-ce que pour un moment. J’étais sûre de parvenir à marchander quelques services en échange de sa tranquillité d’esprit. Si j’y parvenais, ce ne serait que peu cher payé.

En pleine réflexion, je ne m’aperçus pas que le regard de mon frère avait dévié vers celui de mon amant, expliquant le silence qui s’était installé parmi notre petite assemblée.
Sans pour autant paraître malveillant, mon ainé le jaugeait de la tête au pied, essayant en un regard d’évaluer celui-ci. Le connaissant, cela n’était qu’un premier examen, et non pas un avis définitif. Il savait, tout comme moi que cela ne suffisait pas à juger un être.
Pourtant, comme tous, il y accordait tout de même de l’importance, ce que j’avais prévu, conseillant à Nate de reléguer pour un jour ses jeans déchirés aux placards pour adopter une tenue plus classique et passe partout mais néanmoins décontractée, comme celle qu’avait choisi Wesley.

Aujourd’hui vêtu d’un pull bleu que je lui avais offert à l’occasion de l’un de ses nombreux anniversaires, qui mettait ses yeux clairs en valeur, ainsi que d’un pantalon noir en tissu fin, il incarnait la classe à l’état pure, sans toutefois en faire de trop : nous n’étions pas à une réunion du conseil général, aucune formalité n'avait jamais été nécessaire lorsqu'il passait notre porte. Se rendre présentable était pourtant une habitude qui n'avait jamais quitté Wesley, et qui faisait aujourd'hui parti intégrante de sa personnalité d'homme adulte : s'il y avait bien un reproche que l'on ne pouvait lui adresser, sans doute cela serait-il son manque d'élégance. Alors même que vêtu de  simples vêtements de villes et non des costumes d'apparat dans lesquels on pouvait le trouver lors des assemblées administratives, il semblait incarner rien que par son apparence la puissance et l'autorité que lui attribuait son rang de futur président d'entreprise; ce qui ne manqua pas d'intimider mon amant, remarquais-je dans l'instant.
Il ne l'aurait jamais avoué, que cela soit en présence de mon ainé ou en huit-clos, son orgueil gouvernant encore sa raison, mais ma connaissance poussée de ses réactions corporelles et faciès m'indiquèrent de par ses muscles tendus et ses mouvements de jambes, reléguant son poids d'un pied à l'autre, que l'image de pouvoir néanmoins pur mais non pas pour autant négligeable de mon ainé lui foutait carrément les jetons.

Certes avait-il l'habitude de côtoyer des personnes de mon monde, Jillian faisant partie intégrante de ma vie depuis déjà des années jouant aujourd'hui le rôle de colocataire dans l'étroit -mais cependant confortable- appartement qui servait de lieu d'accueil à nos rendez-vous nocturnes. Mais nous n'étions, placés auprès de la classe et du raffinement de mon frère, que de piètres apprenties. Si rien en nous -excepté peut-être notre attention particulière à notre physique et les valeurs que nous étions supposées posséder- ne reflétait notre appartenance à la haute société, Wesley était le portrait même de ce que l'on attendait des enfants de riches. Des cheveux blonds à la clarté pure, aux yeux bleu caractéristiques à la famille Divinovish et ce depuis des siècles, le moins qu'on puisse dire, c'est que mon adorable grand frère en jetait. Cela, je n'en étais pas peu fière.

-Heureux de te rencontrer, mec, salua alors mon ami, en tentant de soutenir les yeux scrutateurs de mon frangin, brisant volontairement le silence gêné qui s'était installé durant l'examen rapide que ce dernier avait fait du nouveau garçon qui apparaissait sur ma liste de chasse.

A présent que le dialogue était rétabli, tous les yeux se fixèrent sur les deux interlocuteurs, Wesley, qui semblait encore réfléchir à la meilleure façon d'agir, et Nate, qui, la main tendue dans le but évident de serrer celle de mon ainé, avait choisi de faire le premier pas afin de démontrer à notre invité ses bonnes intentions à mon égard. Sachant que ses yeux ne se détourneraient pas de son objectif, et cela même pour me lancer un regard complice, je me contentais de me rapprocher de son corps, sans toutefois porter atteinte à la bienséance que souhaiterait sans aucun doute conserver mon  frère -si me voir pratiquement ne faire qu'un avec mon copain était chose courante pour Jillian, même si rien que l'idée la faisait pourtant rougir, je doutais que mon frangin tolère de tels actes en sa présence- faisant glisser mon bras fin derrière son dos noué par l'angoisse, de manière à l'apaiser en dessinant des cercles de mes doigts.

Si je savais qu'il appréciait le geste, cela ne suffit tout de même pas à lui faire abandonner l'inquiétude qui le contrôlait depuis le moment où l'idée d'une rencontre entre les deux hommes de ma vie m'était venue à l'esprit. Sans doute, me rendis-je compte alors, Wesley avait-il partagé ses ressentiments malgré son assentiment. Rencontrer la personne qui s'amusait sexuellement avec sa sœur n'était sans doute pas la meilleure chose qu'il ait pu faire de sa journée. Je commençais sérieusement à regretter moi-même mon choix inconscient de réunir ces deux là lorsque mon frère prit la parole afin de finalement répondre, renvoyant la politesse malgré un ton pour le moins froid et distant.

-Le plaisir est partagé, répondit-il en retenant une remarque lorsqu'il surprit mon geste. Je suis Wesley.
Alors, avant que mon petit ami n'ait le temps d'ajouter quoi que ce soit, il se sentit obligée d'ajouter quelques paroles qui, si je ne connaissais pas la personnalité de mon frère bien plus que ma propre personne, m'auraient presque semblées porteuses d'une menace sous-jacente.

-Son grand frère.

Un sourire embarrassé se dessina alors sur le visage d'ordinaire détendu du brun qui se faisait visiblement violence afin de garder contenance face à cette atmosphère lugubre qui semblait s'abattre sur lui avant même qu'il n'ait eu le temps de rassembler ses armes. Sans doute avait-il saisi tout aussi bien que moi les sous entendus contenus dans la déclaration en apparence anodine de mon ainé. Aussi ne pus-je m'empêcher d'admirer son courage lorsqu'il ne se laissa pas démonter, et adopta un ton nonchalant afin de ne montrer aucun signe de faiblesse devant la créature qui l'inspectait de toute part.

-Je le sais, Gabby m'a beaucoup parlé de toi, dit-il en se forçant à conserver le rictus qui avait élu domicile sur sa figure tendue.

Le regard qu'il lui lançait à présent était bien plus curieux qu'hostile, alors qu'il continuait d'ignorer la poignée de main qui lui était offerte, forçant Nate a faire retomber timidement son bras contre son corps, cachant celle là même au sein de la poche avant de son jeans bleu, lui valant un regard désapprobateur de son examinateur.

-Je ne doute pas que Gabby ait du vous raconter toutes sortes de choses affreuses sur mon compte, lâcha-t-il dans un semblant de légèreté. Sans doute nous serions nous également amusés de son trait d'humour si ca remarque ne remettait pas en cause de manière indirecte la manière dont mon ami s'était précédemment adressé à lui. En le vouvoyant de la sorte, en plus de fixer de manière claire et concises les limites qu'il ne souhaitait pas dépasser, il plaçait mon amant dans une situation délicate, critiquant sa familiarité qui semblait aux yeux de mon ainé poser problème.

-Rien de tout ça. En fait, je crois plutôt qu'elle t', commença-t-il avant de se faire force pour corriger la tournure de sa phrase, de manière à ce que celle-ci convienne aux exigences de mon grand frère.

-Je crois qu'elle vous adore.
C'est à ce moment là que je me sentis obligée d'intervenir, ne pouvant supporter un instant de plus la tension qui s'était accumulée entre les deux dans l'antichambre, nous compressant bien plus que l'étroitesse de la pièce ne nous le permettait. Leur faisant alors noter ma présence parmi eux -chose qu'à mon plus grand désappointement, les garçons semblaient avoir oublié- je me plaçais symboliquement entre les deux adversaires, le bourreau et sa victime afin de calmer le jeu en utilisant tous les moyens qui étaient en ma possession afin de rétablir un semblant de paix -Bon dieu si l'on m'avait dit que je prononcerais ces paroles un jour ...

-Wow ...On se détend les gars. Pas besoin de tant de manières. Je pense que vous pouvez vous tutoyer maintenant que vous avez été présentés de façon officielle, m'exclamais-je en les taquinant sur leur attitude sérieuse qui en devenait presque risible.

Mais mes conseils n'eurent pas plus d'effet sur Nate que sur Wesley, qui m'ignorèrent tout deux, se contentant de me suivre silencieusement jusqu'au salon, prenant tout deux place -presque par reflexe- à mes côtés.

-Alors ...Que fais-tu dans la vie ? Interrogea finalement mon ainé, brisant le silence qui s'était installé dans la pièce.

-Je suis guitariste, répondit mon amant, avec une fierté non dissimulée, qui fit sourire mon frère.

-Je te parle d'un vrai métier, laissa-t-il échapper, certes, sans mauvaise intention, mais qui eut pour effet de laisser quelques instants bouche bée l'homme qui partageait ma vie.

-Professionnel. Guitariste professionnel, c'est ça mon boulot, expliqua-t-il gêné.

-Oh, se contenta de répondre mon frangin, avant que mon regard ne se pose sur le paquet de cigarettes posé sur la table basse.

-Gabrielle, je croyais t'avoir déjà dit que fumer n'était pas bon pour ta santé. Tu connais les risques pourtant, s'adressa-t-il à moi d'une voix douce, déformée par l'inquiétude.

Sans oser soutenir son regard, j'hésitais un instant à suivre le cours de ses pensées en jouant le jeu, protégeant ainsi mon petit ami déjà embarrassé par la situation. Mais celui-ci ne sembla pas considérer cette solution alors qu'il assumait pleinement la responsabilité de ses actes.

-Le paquet n'est pas à elle, lança-t-il, tout en tripotant nerveusement les cordons de son t-shirt.

L'attention de Wesley se reporta alors sur lui, tandis qu'il balaya ses inquiétudes d'un geste de la main.

-Je ne t'en tiens pas rigueur ! le rassura-t-il, lui adressant un sourire amical, avant de tenter une plaisanterie.

-Tant que tu ne m'annonces pas que tu es tatoué ou percé, tu n'as pas de soucis à te faire !

Le regard de Nate croisa alors le mien, tandis que nous tentions d'évaluer à quel point nous devions nous en faire concernant la fin de cette soirée déjà mal entamée.

-Eh bien, commença-t-il, en se grattant l'arrière de la tête.

Mais ces quelques mots suffirent à mon frère pour comprendre de quoi il en retournait. Jamais je n'oublierai l'expression de déception qui s'était peinte sur son visage à ce moment là.


Ain't it fun when you're always on the run ?

-Je t'assure que Jill ne rentrera pas avant au moins vingt heures ce soir, promis-je à mon petit ami, qui, tel un piquet sur le seuil de la porte, refusait de mettre un pied à la maison de peur de reproduire la catastrophique situation qui s'était produite lors de sa rencontre avec les deux personnes les plus chères à mes yeux. Certes, on ne l'avait pas mis dehors, mais les regards lancés par mon frangin accompagné de la silencieuse désapprobation de ma meilleure amie avait suffi à le convaincre d'écourter sa visite, me murmurant discrètement qu'il reviendrait plus tard, lorsque nous pourrions enfin passer du temps tous les deux sans que lui-même soit soumis à la tension insupportable que mes proches étaient parvenus à créer.

Il dut considérer mes dires comme honnêtes, puisqu'il se décida enfin à entrer dans notre étroit appartement, pour, non sans observer si ce que j'avais pu lui annoncer était vrai, finir par s'installer nonchalamment sur le canapé du salon, attendant impatiemment que je le rejoindre, tandis qu'il m'intimait de me dépêcher de refermer la porte. Moi même emplie d'une joie non masquée à l'idée de pouvoir le retrouver en dehors du cadre professionnel dans lequel nous évoluions tout deux, je balançais presque les clés dans le bocal à cet effet avant de me jeter littéralement dans ses bras, sans prendre la peine d'ouvrir les volets ou d'allumer la lumière, alors que déjà, ses lèvres avides se posaient sur les miennes. De longues semaines étaient passées sans que nous ne puissions obtenir un seul instant pour nous depuis la visite de Wesley, nous forçant à nous contenter de simples baisers rapides entre deux scènes, quant le programme chargé qui nous était imposé nous offrait la chance de nous croiser avant de rentrer chez nous éreintés, pour directement nous affaler sur nos lits. Si je n'aurais sans doute vu aucun inconvénient à inviter Nate pour la nuit -Jillian avait beau ne pas forcément apprécier ma nouvelle conquête, fidèle à elle même, elle n'avait jamais émit aucun commentaire lorsque je lui proposait de rentrer avec moi- je savais qu'il aurait été contreproductif pour nous deux de tenter dormir l'un aux côtés de l'autre alors même qu'il nous aurait été impossible de fermer les yeux en sachant pertinemment partager la même couche -perdre encore quelques heures de sommeil aurait été la possibilité la plus probable, sachant que mon amant ne m'aurait certainement pas laissé l'opportunité de me reposer, même si cela signifiait enchainer les tasses de café le lendemain, tout en arborant des mines fatiguées aux cernes visibles. Aussi n'avions-nous pas hésité un instant lorsque nous avions obtenu tout deux les mêmes jours de congés, gracieusement offerts par notre patron en récompense pour les longues soirées sans fin que nous avions réussi à animer avec seulement la moitié des effectifs, maintenant le chiffre d'affaire au beau fixe.
La seule chose à définir était restée le lieu de notre rendez-vous, moi, vivant avec une colocataire dont la seule préoccupation semblait être les études qui la forçaient à passer des nuits entières à travailler ses cours sans relâche, et lui, logeant encore chez ses parents, qui n'auraient sans doute pas apprécié voir débarquer une inconnue pour la journée, encore moins pour la laisser s'amuser avec son fils sous leur toit.
Autant dire que lorsque j'avais eut vent des plans de Jillian pour ce soir, je n'avais pu m'empêcher de ressentir une certaine satisfaction à l'idée que ma meilleure amie rentre assez tard pour ne pas nous déranger dans nos occupations. J'avais beau l'adorer, je ne pouvais tout simplement pas me passer de celui qui constituait ma nouvelle addiction.

-Gabby, m'interpella justement celui-ci, en se décollant de moi pour me permettre d'atteindre mon portable, vibrant sur la table basse pour m'annoncer la réception d'un nouveau message.

Levant les yeux au ciel, je me contentais de faire passer mon appareil en silencieux.

-Il ne nous dérangera plus, commentais-je alors, tandis que le visage de mon compagnon se fendait d'un sourire amusé.
En effet, le téléphone eut beau se manifester plusieurs fois que nous ne l'entendîmes pas, et continuâmes notre affaire sans prendre connaissances des nouvelles que l'on avait souhaité me faire parvenir. Tout du moins jusqu'à ce que, agacé par la lumière qui ne cessait de s'allumer et de s'éteindre sur l'écran de celui-ci, Nate contrôlé par sa jalousie maladive ne s'en saisisse afin de lire le nom du contact qui ne cessait de me harceler. Alors que je le pensais partir dans une de ces sempiternelles crises de nerfs, je le vis froncer les sourcils, pour finalement lâcher un soupir d'exaspération.

-Eh merde, souffla-t-il, avant de répondre à mon regard interrogatif.

-C'est ta pote, elle est sur la route.

Attrapant le portable qu'il me tendait, je consultais mes derniers messages reçus, avant de finalement lui hurler de se grouiller lorsque je remarquais l'heure à laquelle le dernier m'était parvenu.

-Etait. Elle devrait débarquer dans quelques minutes, l'informai-je en lui lançant ses affaires pour lui permettre de se rhabiller en vitesse. Ce qu'il fit, non sans exprimer à l'aide d'un langage très coloré son mécontentement quant à la tournure des événements.

-Je suis désolée bébé, m'excusai-je en l'embrassant une dernière fois en guise d'au-revoir.

-Je sais, fut sa seule réponse à mon égard avant que nous puissions entendre la poignée de la porte couiner, indiquant l'arrivée imminente de mon amie, qui, une fois entrée, lança un regard circonspect à la silhouette masculine à mes côtés.

Sans s'encombrer des formalités qui auraient été inutiles en ce genre de situation, Nate se contenta d'attraper son sac au vol, avant de lancer à ma colocataire un "c'est bon, j'me casse" en passant par la porte qu'elle venait d'ouvrir.







Dernière édition par Gabrielle Divinovish le Dim 10 Avr - 18:15, édité 2 fois
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Drop your laundry and slam the door, I don't want your love, so give me more. Oh baby, baby, it's fuck time, You know I really wanna make you mine.


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MessageSujet: Re: No one's gonna take my soul away, I'm living like Jim Morrison ~ Gabrielle Divinovish   Ven 12 Fév - 20:39


« We were born to fly, to reach beyond the sky,
to carry on forever after »
†††



Ain't it fun when you stuck it too deep into something that really stung ?



-Tout a été planifié. Cette fois-ci, personne ne pourra nous déranger, affirmais-je sans doute aucun à mon amant, qui ne put empêcher un sourire de se dessiner sur son visage soulagé.

-Il était temps, compléta-t-il, ses paroles faisant écho à ma propre frustration à l'idée de n'avoir pu passer un seul moment seul à seul avec mon petit ami sans que qui que ce soit ne vienne nous interrompre. De ma colocataire avec qui il entretenait une relation plus ou moins tendue aux membres de son groupe, nous commencions à maudire les quelques malheureux qui venaient chaque fois involontairement s'interposer.

-Toi, moi, ce soir, à l'hôtel Fitzgerald, lui indiquais-je tandis que nous nous dirigions vers l'extérieur de la salle de concert, après un show qui nous avait paru s'éterniser. Il ne fit aucun commentaire, se contentant d'allumer nonchalamment une cigarette, un bras se resserrant autour de ma taille alors que nous traversions l'étroit parking pour rejoindre sa moto, parquée quelques mètres plus loin. Sans perdre une seule seconde, il grimpa dès que celle-ci fut en vue et m'intimant de faire de même, je me cramponnais à lui tandis qu'un sourire amusé apparaissait sur son visage.

-Démarre imbécile, le rabrouai-je en lui donnant une légère claque sur les fesses, le faisant lever les mains en signe de reddition.

-A tes ordres mon ange, fut son unique réponse alors qu'il faisait vrombir le moteur de sa bécane, se dirigeant vers le lieu de notre rendez-vous nocturne.

Ce fut seulement lorsque Nate posa pieds à terre que son empressement commença à se faire sentir. Il me trainait presque à travers la ruelle, jusqu'à ce que nous arrivions finalement à l'accueil de l'hôtel, récupérant rapidement les clés de la chambre que nous avions réservée pour la nuit, la rejoignant en quelques secondes à peine. Serrant son corps contre le mien, il ouvrit distraitement la porte d'une main, s'y reprenant à plusieurs fois avant de parvenir à la faire claquer contre le mur tandis qu'il me déposait délicatement sur le lit.

Les vêtements ne tardèrent pas à disparaitre, volant à travers la pièce à mesure que nos baisers s'intensifiaient. Plongée dans une sorte de transe dont nous ne pouvions nous tirer, inutile de dire que notre attention était uniquement dirigée l'un sur l'autre, nous empêchant d'entendre les bruits de pas qui se rapprochaient progressivement de la chambre masqués par le bruit de nos respirations haletantes. Quelques minutes de silence s'installèrent avant que ceux-ci ne se fassent plus urgent tandis que les inconnus montaient lourdement les escaliers, pour finalement toquer à la porte une fois, puis deux, sans que nous ne daignâmes leur accorder quelque attention que ce soit -quels qu'ils soient, il était clair que nous ne souhaitions laisser personne perturber ce que nous partagions tous les deux.

C'est après trois interpellations que le nouvel arrivant fit remarquer sa présence, explosant la poignée de la porte d'un simple coup de poignet tandis qu'il pénétrait dans la pièce, sans chercher à être discret. Un raclement de gorge résonna dans le silence de la nuit. Je vis alors Nate relever la tête agacé, avant de me couvrir à l'aide d'un des draps disposés sur le lit, pour finalement se tourner vers l'intrus qui s'était imposé.

-Tu n'as rien à faire là, dégage bordel, s'énerva-t-il le visage rougi par la colère qui l'animait.

Moi même, je ne paniquais pas malgré ma vue bloquée par le corps de Nate, m'empêchant d'apercevoir le visage de celui qui n'avait pas sa place en ce lieu -après tout, je faisais confiance à mon amant pour faire reculer ce dernier. Mais imperturbable, l'inconnu continua d'avancer sans se préoccuper des avertissement de mon petit ami qui continuait à le menacer, avant de finalement se lever, uniquement pour se prendre un poing en pleine figure, qui le fit reculer d'un pas, le visage sanguinolent. L'expression de mon visage se transforma tandis que face à son agresseur, nos yeux se croisèrent, me permettant de reconnaitre ce regard froid que je pouvais apercevoir chaque jour aux côtés de mes parents. Toute couleur disparut alors de mon visage tandis que je restais pétrifiée, mes membres incapables de bouger, comme endormis.

-Je crois que tu peux ranger ça, s'exprima l'homme de main, désignant le bas du corps dénudé de Nate d'un ton bien trop mielleux pour être sincère.

A ces mots, mon petit ami parut reprendre son calme, s'apprêtant à répliquer. Je l'en empêchais pourtant, avant qu'il ne commette une erreur de plus, qui lui couterait bien plus que les simples yeux au beurre noir dont il avait l'habitude. Wesley un jour, alors que nous étions jeunes encore, m'avait raconté de quelle manière ces gens sans morale traitaient les cibles qui leur avaient été désignées -il avait été témoin d'un épisode similaire lorsqu'il avait mon âge. Si je ne m'inquiétais pas pour ma propre sécurité -j'étais une Divinovish, et ce seul nom suffisait à m'offrir une protection inégalable-, je doutais que cette immunité soit également accordée à mon compagnon, pour qui le comportement enflammé ne jouait pas en sa faveur.

-Obéis, lui ordonnais-je d'une voix ferme, sans me préoccuper des yeux fixés sur nous.

Il me lança un regard interrogatif, avant de finalement se résigner à obtempérer, notant la gravité du ton sur lequel je m'étais adressée à lui. Il termina de se rhabiller, rajustant d'un mouvement rapide son jeans avant de me lancer mes vêtements, me dictant silencieusement de faire de même. Une fois cela fait, je le vis se poster devant moi en une posture défensive, tel un bouclier destiné à me protéger. Si ce comportement aurait pu m'amuser en d'autres circonstances, la seule chose qu'il m'inspirait à présent était une peur sans nom, une peur que je n'avais jamais jusque là encore ressenti. Il aurait fallu être le pire des imbéciles pour ne pas comprendre de quoi la situation retournait, et comment celle-ci allait se régler; et malgré la confiance que j'accordais à Nate, je doutais qu'il parvienne à en découdre avec la montagne de muscles qui s'avançait vers nous, un rictus effrayant dessiné sur son visage froid. En constatant la manière dont mon petit ami avait réagit, son rire retentit, suivi d'un second, qui tout deux résonnèrent dans l'apparent silence de la nuit. Il n'avaient pas besoin d'évaluer la concurrence pour savoir qu'ils ne leur aurait fallu que quelques secondes pour immobiliser le garçon avec qui je m'étais rendue à l'hôtel -tout ce que j'espérais était qu'ils lui laissent l'opportunité de s'enfuir, avant de me ramener à mes parents, et avant tout, que celui-ci est l'humilité de l'accepter, ce qui était plus qu'improbable, le connaissant.

-Que voulez vous ? Les interrogeais-je d'un ton faussement nonchalant, bien que connaissant pertinemment la réponse qu'ils me serviraient, pour l'avoir entendu des dizaines de fois alors que j'étais plus jeune, lorsque j'avais commencé à me rebeller contre l'autorité familiale. Si j'avais pensé que m'éloigner de ceux que je méprisaient le plus au monde m'aurait garanti une liberté particulière, je réalisais à présent que j'avais eu tord. Ils n'avaient jamais cessé de contrôler ma vie -et je venais de commettre l'unique erreur qu'ils ne pouvaient tolérer.

Le premier employé de mon père s'avança jusqu'à atteindre ma hauteur, déposant un léger baiser sur le dos de ma main avant de m'aider à me relever, resserrant son poignet autour du mien de manière à m'empêcher toute évasion.
-La fille Divinovish, se dit-il à lui-même avant de croiser de nouveau mon regard. C'est un honneur de vous revoir.

Je retenais mes remarques sarcastiques, préférant de loin coopérer pour cette fois -à quoi bon se battre alors même que le sort était déjà joué pour moi. Sans doute m'y serais-je tout de même tenté si Nate n'avait pas été auprès de moi ce soir, mais je tenais assez à lui pour me tenir tranquille.

-Abrégeons donc la conversation, lui dis-je en grimaçant quand à sa démonstration de politesse.

A cela, je le vis hocher la tête.

-Je suis parfaitement d'accord, jeune demoiselle.

En d'autres circonstances, il se serait certainement pris une beigne pour oser sous entendre que je n'étais qu'une enfant, mais je devais me faire discrète, noyée dans les ennuis comme je l'étais à présent. Aussi je décidais de laisser passer, tout en me promettant mentalement de trouver le moyen de lui faire ravaler sa langue.

-Pourquoi êtes vous ici ? Répétais-je en espérant cette fois-ci obtenir une réponse claire.

Il sembla réfléchir quelques instants à la meilleure manière de s'exprimer, avant que son compagnon ne se décide finalement à prendre la parole

-Nous venons pour lui, lâcha-t-il en crachant le dernier mot tel une insulte.

Aveuglée par la rage face à l'humiliation qu'il était forcé de subir, je vis Nate se redresser pour se placer en face de l'homme pour lui tenir tête. Honnêtement ? Je ne pouvais qu'admirer sa bravoure; ce qui ne m'empêcha pas de soupirer face à son égo surdimensionné qui réduisait à néant toutes mes tentatives de diplomatie.

-Eh bien je suis là, le provoqua-t-il, un éclat de malice brillant dans ses yeux bleus.

Et ce fut l'acte qui détermina notre sort à tout deux.



Ain't it fun when you can't seem to find your tongue ?


-Vous ne faites pas la leçon à tous les couples d'adolescents que vous surprenez dans un hôtel, rassurez moi, m'exclamais-je en souriant, essayant tant bien que mal de détendre l'atmosphère. J'étais la seule fautive dans cette histoire, Nate ne devrait pas avoir à payer pour les erreurs que j'avais pu commettre : cela se passait uniquement entre mes parents et moi et pour cette raison, j'allais faire tout mon possible pour qu'il ne s'implique pas, même indirectement. Si je rentrais avec ces hommes, sans doute le laisseraient-ils tranquille, tentais-je de me rassurer.

Mais je compris vite que cela était peine perdue lorsque j'aperçu l'éclat d'une arme briller à la lueur des néons qui éclairaient la pièce. Je savais que je devais agir, et vite, mais que pouvais-je donc faire seule face à ces brutes ? Nous battre n'aurait fait qu'envenimer plus encore la situation.

Un sourire se dessina sur le visage de l'homme qui m'avait saisi.

-Tous les couples ne sont pas des Divinovish. Et ça, tu le sais. Nous t'avions pourtant envoyé quelques avertissements.

J'aurais du nier, réagir, mais la seule chose qui m'avait frappée était qu'il n'avait pas encore exprimer l'intention de lui faire du mal. Un soupir de soulagement s'échappa d'entre mes lèvres closes. Peut-être était-il encore possible de les raisonner.

-Je peux rentrer avec vous et ne plus jamais le revoir, lâchais-je sans y réfléchir à deux fois, sous le regard horrifié de mon amant qui lançait des éclairs. Il ne dira rien qui pourra nuire à la réputation de la famille, et tout rentrera dans l'ordre, je m'en porte garante.

L'un des hommes, le plus âgé, secoua la tête avant de reprendre d'un ton faussement désolée.

-Votre parole malheureusement ne vaut rien. Pas plus que vos valeurs plus que douteuses. Je pense qu'un petit rappel à l'ordre est de rigueur, chuchota-t-il à mon oreille avant d'atteindre mon petit ami. Nous avons des consignes, mais vous vous tenez bien, sans doute pourrons nous alléger la sentence.

A ces mots, je ne pus m'empêcher d'exploser, aveuglée par la rage qui m'habitait.

-Ecoutez moi bien, je me moque de vos conseils, d'autant plus de vos ordres. Allez tous vous faire foutre, leur dis-je en souriant, tout en levant mon majeur dans leur direction.

Ils secouèrent alors la tête comme exaspéré, le premier faisant signe au deuxième de m'immobiliser. S'approchant de moi, celui-ci me força à m'agenouiller, maintenant d'une seule main bras et jambes, tandis que je tentais de me débattre, en vain. Me maintenant la tête de manière à ce que j'assiste à leur spectacle ridicule, les doigts de mon agresseur s'enfoncèrent dans mes joues, laissant pour sur des marques rouges derrière eux.

-Ne t'inquiète pas, ce ne sera pas long, se moqua le second employé de ma famille, qui était parvenu à faire tomber Nate à terre, non sans résistance de sa part. Pauvre garçon, tu as visé bien trop haut pour toi, ajouta-t-il en fixant mon amant du regard, avant de reculer d'un bond lorsque celui-ci lui cracha au visage.

-Qu'étais-je en train de dire, s'exclama-t-il en s'essuyant à l'aide d'un mouchoir, pour finalement se tourner vers moi. Il ne te mérite pas.
-Ca c'est à moi d'en juger, connard, m'exprimais-je sans mâcher mes mots, avant de sentir sa main claquer contre ma joue, avant même de l'apercevoir fouetter l'air devant moi. Ma tête, alors lâchée par son cooéquipier roula sur le côté tandis qu'un filet de sang coulait le long de mes lèvres meurtries. Je sentais ma peau brûler à l'endroit où sa paume avait cogné, mais je m'efforçais de garder la tête haute, malgré le goût salé de mon sang qui s'imprégnait dans ma bouche.

J'entendis vaguement Nate hurler mon nom, mais mon esprit alors concentré sur mon nouvel ennemi était bien trop révolté par cette action que personne encore n'avait osé effectuer sur moi -pas même mes parents, alors qu'ils auraient été les mieux placer pour lever la main sur moi. Tout ce qui me traversait l'esprit étaient les différentes manières de me débarrasser de lui, sans que mon copain n'ait à en souffrir.

-Crève, fils de pute.

Le visage de mon interlocuteur se tinta de rouge, tandis qu'il prenait son élan afin de m'assener un second coup. Son poing atterrit contre mon oeil, rendant le paysage flou autour de moi durant de longues minutes, avant que je ne puisse apercevoir de nouveau dans le décor mon petit ami, se débattant pour me rejoindre. Jouant des coudes et des jambes, je finissais pas réussir à me glisser hors de l'emprise de l'homme qui me retenais pour le serrer dans mes bras, avant que l'on nous sépare en quelques secondes à peine. L'objet argenté que j'avais pu remarquer auparavant sorti entièrement de son étui pour menacer mon compagnon de sa lame aiguisée.

Son corps se pétrifia alors, tandis que le mien, mu par une énergie nouvelle se forçait à se placer difficilement devant lui, de manière à éviter tout assaut. Ils pouvaient me battre autant qu'ils le voulaient, ils n'oseraient me tuer, pas alors que mes parents attendaient mon retour. Nate, quand à lui était une cible facile, un meurtre aisé à masquer car jamais forcé d'être rendu public. A leurs yeux, il n'était qu'un pion qu'ils n'auraient pas hésité à éliminer.

Ils me fixèrent un long moment, avant que l'un d'entre eux ne se décide à m'éloigner du conflit, me saisissant par le t-shirt avant de me lancer dans le coin de la pièce le plus proche de manière à m'empêcher de rejoindre mon amant. J'eus beau tenter de me rattraper à l'objet le plus proche, je ne pus prévenir ma chute. Je sentis mes jambes atterrirent contre le sol, mon dos cogner contre le bois du meuble avant de finalement être submergée par une douleur immense au niveau de la tempe, qui s'apaisa en quelques secondes à peine, me plongeant dans un état de sommeil profond. Tout était noir autour de moi, les bruits de coups s'étaient tus pour laisser place à un silence apaisant. C'était fini. Tout était fini.



Ain't it fun when you feel like you just gotta get a gun ?


Se réveiller avec un mal de crâne intolérable, ça, j'avais appris à connaitre, réglée au rythme des soirées organisés par le bar -et avons-le, à celui des cocktails que je pouvais avaler en une nuit; mais ce que je ressentais à présent différait des sensations que je pouvais avoir expérimenté durant ces concerts mouvementés. Posant par reflexe la main sur ma nuque en souvenir des récents événements, je fus surprise de ne trouver aucune trace du filet de sang que j'avais pu sentir couler le long de mes mèches brunes, traversant ma crinière pour s'écraser sur le sol glacé. A présent, même celui-ci semblait différent, moins froid, moins dur contre mon corps blessé, comme inexistant. Pourtant, appuyée comme je l'étais dessus -allongée dirais-je même de tout mon long, je savais que sa matérialité n'était pas à remettre en question -seule la mienne l'était, après le choc qu'avait subi mon crâne la soirée précédente, il aurait fallu un miracle pour que je m'en remette en si peu de temps. Alors certes, mes parents avaient l'avantage de posséder les moyens nécessaires pour se permettre d'engager les meilleurs médecins du coin, mais ne maîtrisaient pas, aux dernières nouvelles, la téléportation qu'il leur aurait fallu pour m'emmener à l'hôpital qui aurait réussi le prodige de me réanimer. Pourtant, j'étais là -la question restait de savoir dans quel état.

Prenant une grande inspiration, j'ouvris les paupières, faisant face au décor qui nous avait accueillis Nate et moi la nuit dernière, sondant la pièce d'un œil scrutateur : rien ne semblait changé, à l'exception peut-être du sol souillé par un liquide rougeâtre -mon sang probablement, à en juger par les trainées laissées sur le parquet à l'origine brun. Tout semblait presque normal, alors que seule dans la chambre dans laquelle nous nous étions fait agresser, je tentais de chercher un quelconque indice de la présence de mon petit ami, pour finalement en conclure que l'absence de celui-ci devait plutôt être bon signe : s'il n'était plus là, c'est qu'il était parvenu à s'échapper, ce que je n'avais cessé de lui souhaiter depuis le début des ennuis dans lesquels nous nous étions malgré nous fourrés. Rassurée quant à l'idée qu'au moins lui s'en était sorti, j'entrepris de me relever, puisant dans mes forces renouvelées pour prendre appui sur mes bras de manière à soulever le reste de mon corps endormi depuis trop longtemps déjà pour fonctionner de nouveau correctement- mais sans doute devais-je m'estimer heureuse d'être encore en vie. Tout de moins ce fut ce que je crus jusqu'à ce qu'en parcourant les couloirs de ce que je pensais être un hôtel plus que classique, je ne vienne à tomber sur toute sorte de formes humanoïdes qui n'avaient rien à faire là, en toute logique. Menant leur propre vie, ces hommes semblaient m'ignorer totalement, tandis que de mon côté, je ne pouvais m'empêcher de les fixer, interrogatives. Qu'étaient-ils ? Et plus important encore : qu'étais-je moi-même ? Si je m'étais toujours montrée rationnelle, force était de constater que ce que j'avais ressenti depuis mon réveil était bien plus puissant qu'une gueule de bois, allant jusqu'à endormir la douleur que j'étais supposée sentir, après m'être pris une table de chevet en bois sur la nuque. Je ne m'y connaissais pas forcément en médecine ou biologie, mais j'étais presque certaine qu'un cou pouvait se briser, et un crâne se fissurer. Lequel des deux avait morflé le premier, je l'ignorais, mais ce dont j'étais presque certaine, c'est que j'y avais laissé ma peau, tout comme les dizaines de personnes que je voyais vaquer naturellement à leurs occupations.

Mes premières pensées allèrent alors à mon frère, celui qui jusque là avait tout fait pour moi et qui ignorait certainement à l'heure qu'il était que je ne reviendrais certainement plus à la maison et à Jillian, ma meilleure amie, à qui j'avais pourtant promis de rendre visite plus tard dans la soirée, pour rattraper le temps perdu. J'avais essayé pourtant, tentant d'ouvrir la porte principale pour finalement me rendre compte que la tâche était vaine : j'avais beau fournir tous les efforts du monde, j'étais coincée ici pour un moment. Et ça, c'était la merde.
D'un côté, j'étais bel et bien libre, une fois pour toute de l'influence néfaste qu'avait eu sur moi le nom des Divinovish, de l'autre, eh bien j'étais condamnée à vivre d'une existence encore plus limitée que celle que mes géniteurs avaient eu l'aimable obligeance de m'accorder. Ce qui bien entendu, n'allait certainement pas m'empêcher d'agir comme je l'avais toujours fait, ravalant mes larmes pour choisir de profiter au maximum des maigres avantages qui m'étaient conférés en tant que fantôme. Mon seul regret aura été de me trouver séparée du seul homme qui avait su gagner mon cœur -mais sans doute était-il bien mieux là où il se trouvait maintenant, et je ne m'inquiétais pas à l'idée de lui trouver un remplaçant, tout du moins étais-ce ce que je me répétais à chaque nouvelle conquête,  tentant de me persuader qu'après tout, les aventures étaient des relations bien moins nocives qu'une véritable histoire d'amour -amour qui après tout, n'existait pas. Tout du moins n'existait plus, depuis que Nate n'était plus là. J'étais loin de croire en un unique amour, mais mon caractère perfectionniste ne laissait que peu de place à offrir dans mon cœur -à l'inverse de mon lit, que je ne pouvais me résoudre à occuper seule le soir. Il fallait que je continue de vivre à ma manière, de vivre comme je n'avais jamais vécu. Après tout, qui aurait cru que la mort m'offrirait bien plus de possibilités que l'existence que j'avais toujours menée ?

Ain't it fun when you know that you're gonna die young ?





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MessageSujet: Re: No one's gonna take my soul away, I'm living like Jim Morrison ~ Gabrielle Divinovish   Dim 14 Fév - 19:59




Bienvenue au
Fitzgerald's Hotel
TU ES VALIDÉE !



Très belle fiche, re-bienvenue à la maison ma toute belle. mimi  coeur8

Tout d'abord, bienvenue à toi, puisque l'Envie t'a attiré jusqu'ici ! Nous t'avons attribuée la chambre N°204 : DIVINOVISH, et nous espérons que tu t'y sentiras à l'aise puisqu'elle sera tienne pour l'éternité. Maintenant que tu fais partie des clients de l'hôtel, n'hésite pas à venir rencontrer tes voisins pour leur demander des liens. Une fois cela fait, n'oublie pas de passer par les demandes de topics et commencer à converser avec les autres clients. Pense également à aller demander un job afin de payer ton loyer. Viens nous dire si tu souhaites que ton nom de famille soit doublé dans ce topic. Si tu as besoin de te faire parrainer pour mieux t'y retrouver sur le forum, c'est ici. Sache aussi que nous t'attendons dans le flood pour parler de tout et de rien !

Et si tu veux aider le forum à grandir, tu peux voter pour nous toutes les deux heures ici, puis poster dans notre sujet PRD et Bazzart.

Mais avant toute chose, amuses-toi bien ici ! Et surtout, fais bien attention aux personnes que tu rencontres. Pense toujours à inspecter ta chambre avant de t'endormir... Bon jeu ! coeur03


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MessageSujet: Re: No one's gonna take my soul away, I'm living like Jim Morrison ~ Gabrielle Divinovish   

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No one's gonna take my soul away, I'm living like Jim Morrison ~ Gabrielle Divinovish
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