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  I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier - Prism

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MessageSujet: I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier - Prism   Mer 10 Fév - 21:57


« Nous sommes des âmes détruites par la vie »
19 ans (36 en réalité) † Acedia † Morte † ft. kristen stewart

   
Nom:
Welinski.
Prénom(s):
Prism Zoëlla.
Date et lieu de naissance:
12 Décembre 1980 dans un hôpital de Soho.
Situation familiale:
Des parents, qui habitent toujours Soho. Chaque 31 Octobre, elle dépose une lettre au pas de leur porte. Mais aussi un petit frère qui aujourd'hui a 30 ans.
Statut civil:
En couple avec un nazi appelé Christoph Hirsch. Presque fiancée, la demande arrive.
Orientation sexuelle :
Ouverte d'esprit.
Classe sociale :
Aisée.
Date d'arrivée à l'hôtel et raisons :
Il y a dix-sept ans, suite à une dispute avec ses parents à propos de son avenir, Prism a quitté la maison et est venue au Fitzgerald's Hotel pour une nuit, pour y rejoindre une vieille connaissance, Gabrielle Divinovish.
Santé:
Morte. Elle fuit la contamination comme la peste.
Particularité :
Toxicomane sur la voie de la guérison. Mais au fond, elle le restera toujours un peu.
Prism Z. Welinski


   
Caractère

(+) J'aime bien manger. Je mange même beaucoup, sans prendre un kilo. Du moins, c'était une chose lorsque j'étais encore vivante, mais désormais que je suis morte, je ne peux tout simplement plus prendre ou perdre du poids. Comme quoi, vaut mieux mourir à son image.
(+) Je ne suis jamais tombé amoureuse. L'amour, c'est pour les nazes et les faibles.
(+) Je ne saurai me définir. Entre hippie, anarchiste et je ne sais quel autre chose encore, je considère que tout est défendable. Du pur connard à la plus blanche des colombes.
(+) J'ai toujours adoré les films d'horreurs.
(+) Un jour, j'ai rencontré un mec qui passait par là. Je ne lui ai dis qu'il ne devait pas entrer. Mais je ne lui ai jamais dit pourquoi il ne devait pas. Il m'apporte de temps à autres des coffrets de séries, et en même temps, de la came. Mais ça, personne ne le sait.

Fêtarde (+) Je ne refuse jamais une invitation. J'ai toujours eut ce besoin de m'amuser. De passer des soirées et des soirées à m'éclater, à danser sur un rythme de musique, le verre à la main et la clope dans l'autre. Je ne sais pas. Peut-être est-ce un moyen pour moi d'oublier ce qui ne va pas.
Drôle (+) Avoir le sens de l'humour m'a toujours permis de mieux faire passer les choses. En général, je n'ai jamais eut de mal pour aborder les gens, mais bien évidemment, il est parfois dur de se faire aimer. Alors il a fallu que je trouve un moyen pour inspirer la sympathie. Et j'ai compris que l'humour était un bon moyen. J'aime rire, faire rire, les films comiques, les dessins animés. J'aime cette sensation dans mon corps, qui me fait sentir vivante.
Toxicomane (+) Je touche à la drogue depuis mes quatorze ans. Au début, c'était occasionnel. En général en soirées, ou lorsque j'étais avec des amis. Et puis le poids de l'existence est devenu trop lourd, et je me suis mit à fumer seule. Puis, lorsque j'ai compris que je ne quitterai plus jamais l'hôtel, j'ai essayé autre chose. Quelque chose de plus dur, de plus violent. Quelque chose qui m'a tué.
Maligne (+) J'ai toujours su comment faire. Un don, quelque chose comme ça, qui m'a toujours permis d'agir comme il le fallait. Je sais analyser la situation, trouver des solutions, habilement.
Vive (+) Je ne tiens jamais en place. Et même lorsque la drogue ralentit mon cerveau, je reste vive, active. J'ai la gigote. Mes parents disaient même que j'étais quelque peu hyperactive. A l'école, je posais problème, car je refusais constamment de rester assise. Et dans les manifestations? J'étais capable de soulever des foules.
Rebelle (+) Je n'ai jamais obéit à mes parents. J'ai toujours eut un avis contraire au leur, une vision du monde différente de bien des gens. Mon habitude de ne jamais  faire ce que l'on me dit m'a valu de nombreux séjours au poste de police. Mais en général, j'en garde de très bons souvenirs de ces moments là.
Révoltée (+) Je trouve ce monde méprisable, dégradant et vicieux. Il y a tellement de causes à défendre et pas assez d'hommes et de femmes levées pour leur planètes, leurs frères, leurs semblables. Il a fallu quelqu'un pour permettre à des gens de se révéler, et je suis fière d'avoir été cette personne. Et de l'être encore aujourd'hui.
Têtue (+) S'il y a bien une chose à savoir, c'est qu'il est presque impossible de me faire changer d'avis. Lorsque j'ai quelque chose en tête, je ne peux l'oublier, je ne sais pas faire de concessions. Ca doit être comme je l'ai décidé.
Bavarde (+) Je suis un véritable moulin parole. Il est presque impossible de me faire taire. Je peux être très silencieuse comme parler pendant des heures du même sujet. Et souvent, il m'arrive de passer du coq à l'âne. Un défaut de plus, certes. Il n'empêche que l'on se sent rarement seul à mes côtés.
Convaincante (+) Lorsque je veux faire passer un message, je n'ai aucun de mal pour cela. Je trouve facilement les bons mots. Ceux qui peuvent toucher et convaincre.
Amicale (+) Je suis ouverte, j'aime faire connaissance, passer du temps avec des gens que je ne connais pas. Je n'ai aucune difficulté à aborder les autres, et je n'ai pas non plus trop de mal à me faire apprécier.
Populaire (+) Je suis connue de tous, souvent aimé, parfois détesté. Mais on me connaît, on aime passer du temps avec moi, et se perdre dans des discussions qui n'ont ni queue ni tête.
Serviable (+) J'aime rendre service aux gens, leur apporter mon aide. C'est d'ailleurs une raison pour laquelle j'aime tant défendre des causes, même indéfendable. J'estime que tout le monde a le droit à une chance, même à plusieurs. Faire des erreurs est humain.
Douce (+) La douceur me qualifie. Je n'aime pas brusquer les gens, ou même me brusquer moi-même. Autant je peux paraître un peu trop passionné lorsque la rébellion s'empare de moi, que je suis incapable de me montrer méchante et violente.
Questionnaire

Quelle est votre relation avec la mort?
Ne m'en parlez pas. Elle m'a arrachée à la vie, mais elle m'a permise de rencontre l'amour de ma vie. Cet amour qui a massacré mes ancêtres. Elle m'a retiré mes deux meilleurs amis. Elle m'a tout enlevé, et m'a tout donné.
De quoi avez vous le plus peur?
De disparaître. Je ne veux pas quitter cette Terre, je veux continuer à me battre. Permettre aux gens de quitter cet hôtel, pour toujours. Mon existence n'a plus de but, mais ma mort peut en avoir un.
Où aimeriez-vous être à cet instant précis?
Avec mon petit frère, Emil.
Préférez-vous errer pour l'éternité ou mourir?
Errer. On a toujours quelque chose à faire. La vie est trop courte et l'éternité m'est donnée. Même si je me sens prisonnière de cet endroit, c'est une chance de pouvoir respirer alors même que nos poumons ne fonctionnent plus.
Mary, génie ou tyran?
Je la haïs certes. C'est un monstre, elle est impitoyable. Mais dans sa cruauté, il y a un certain génie.
Votre personnage d'horreur préféré?
Shaun, de Shaun of the dead. Parce que oui, même au Fitzgerald on passe ce genre de films.
L'histoire qui vous donne la chair de poule?
Le portrait de Dorian Gray. Ironique.
Seriez-vous capable de tuer pour sauver votre peau?
Je suis déjà morte. Et j'ai tué. Je me suis tuée moi-même.

   
Derrière l'écran
Pseudo sur le web : .KENZO Prénom : Louise. Âge irl : 19ans. Personnage : Prédéfini en vérité. Mais je l'ai inventé, alors ça compte pas!  Crédits : January blues + tumblr. Comment es-tu tombé sur TMH? Dieu m'a donné la voie. Ce compte est-il un double-compte?  papier Un dernier mot : Pleins d'amour  panda



   

_________________

Prism Z. Welinski
○ Pauvres mortels éternels. Ennemis et pourtant amants, rien n'aurait été en pouvoir de nous rapprocher si nous ne nous étions pas connus dans cet hôtel. (+) Christoph
crackle bones.


Dernière édition par Prism Z. Welinski le Jeu 11 Fév - 15:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier - Prism   Mer 10 Fév - 22:04


« Pauvres mortels éternels. Ennemis et pourtant amants, rien n'aurait été en mesure de nous rapprocher si nous ne nous étions pas connus et embrassés. »
†††

   

Chapitre 1 :

« Prism, tiens toi droite s'il te plaît ». Je soupire et me redresse. Je lève les yeux vers mon père et je soupire. J'ai cinq ans. Mes journées, j'aimerai les passer à jouer dehors, dans les parcs de Soho. Mais je ne peux pas. Je suis une fille de bonne famille. Je suis la fille de Monsieur Welinski, médecin réputé du quartier. Et la fille du professeur Bloch. Le salon est silencieux. Mon père, les lunettes posées sur le haut de son nez, lit, tout en jouant avec sa moustache, le journal du jour. Ma mère, elle, précieusement assise dans le fauteuil en velours bordeaux tricote un pull que je suis destinée à porter. Mais je n'ai jamais aimé ces vêtements. Je lève les yeux vers l'horloge. Je fronce les sourcils. J'ai toujours eut du mal à lire l'heure. Mais j'ai appris à me repérer. Je sais que, lorsque la grande aiguille se trouve sur le neuf, cela veut dire que l'heure ne va pas tarder à changer. C'est le début de l'après-midi. Nous avons déjà mangé. En silence, autour de la grande table du salon. Mes jambes s'étaient balancées dans le vide, et j'avais longtemps joué avec ma fourchette avant d'avaler ce qu'on me proposait. Je voulais de gros hambugers, des frites trempés dans la sauce ketchup. Je voulais manger et ne plus pouvoir rentrer. Sentir mon ventre gonflé. Je n'aimais pas ce que l'on mangeait, à la maison. Je baisse les yeux vers le livre ouvert que je tiens dans mes mains. Il y a des images. C'est l'histoire d'une petite fille sage et heureuse avec ses parents. Je n'aime pas ce livre. J'en veux un autre. Je veux des histoires qui font peur. J'aime bien ça. Les histoires qui font peur. Je me mordille la lèvre et me racle la gorge. D'une voix douce, je demande : « Maman ? Est-ce que je peux aller jouer dans le jardin ? J'ai fini mon livre. » Ma mère lâche un soupire et lève ses yeux verts sur moi. Je me recroqueville, consciente de ce qui va venir. Une dispute. Des réprimandes. Je veux jouer avec mes petites voitures, monter dans les arbres, courir. Mais ma mère n'accepte pas cela. Ma chambre est remplie de poupées, de maisons roses et de robes aux couleurs pâles. Ça ne m'intéresse pas. Ils ne le comprennent pas. « Tu en as d'autres, des livres ». Je fronce les sourcils et je saute du canapé. Je pose le livre sur la table basse en douceur et cours jusqu'à ma chambre. Je m'y enferme  et me jette sur mon lit en pleurant. Je n'aime pas cette famille. J'aime mes parents, mais pas notre vie. Je veux me sentir libre de mouvements, mais eux m'emprisonnent dans des règles et des conventions que je ne comprends même pas. J'ai cinq ans et je n'ai pas la vie d'une fille de cinq ans. Ils aimeraient que je sois plus mature, que je me prépare à la grande littérature. Que j'envisage d'ores et déjà ma future carrière. Mais j'ai cinq ans, et tout ce que je désire, c'est jouer aux billes et aux petites voitures. Je sèche mes larmes et m'avance vers la fenêtre. En bas, des garçons jouent au ballon. J'aimerai les rejoindre, mais je ne peux pas. Je ne peux pas. Alors je descends de mon lit et attrape un livre posé sur ma table de chevet. Je retourne dans le salon, reprends place dans le canapé et ouvre le livre, sans accorder un regard à mes parents. « Un dernier livre chérie. Et ce soir, on ira au cinéma et on mangera chez Angus' ». Je lève les yeux vers ma mère. Cinéma. Dessin animé. Gros hamburger dans le restaurant rouge à chaque coin de rue. Un large sourire s'étire sur mes lèvres. Je lâche mon livre et me précipite dans ses bras. Je saute sur ses genoux et j'entends mon père lâcher un rire grave. Je me blottis dans les bras de ma mère et elle me serre doucement contre elle, en souriant. Je lève la tête vers elle et d'une petite voix, je demande : « Tu lis avec moi ? ». Ma mère hoche la tête et attrape le livre que mon père lui tend. Je n'aime pas ma vie non. Mais j'aime mes parents.

Chapitre 2 :

« Papaaaaaaaaa ! Je veux le voir. Je veux voir 'Mil ! ». Mon père soupire et attrape ma main. Il passe une main sur sa moustache en souriant et me répond : « E-mil, Prism. Emil. » Je fronce les sourcils. Je n'avais pas entendu le E, seulement le « petit-frère ». Je gigote dans tous les sens sur le siège de l'hôpital. Je suis impatiente. Impatiente de faire la rencontre de mon petit-frère. Je l'ai attendu longtemps, ce petit-frère. Mes jambes se balancent inlassablement dans le vide. Je regarde autour de moi, fais des allers-retours entre les jouets et le siège. Je suis intenable. Impatiente. Le temps me semble terriblement long. Je veux connaître mon petit-frère. Mon père aussi est impatient. Je le vois. Il ne cesse de lisser sa moustache noire et de se gratter la gorge. Il n'a pas encore vu son fils. Il dit que maman est en train de le mettre au monde. Je ne comprends pas ce que ça veut dire, mais je sais qu'il ne va pas tarder à être là. Après un long soupir, je décide de me calme et je grimpe sur les genoux de mon père. Il me serre contre lui et m'embrasse sur le front. « Elle est longue maman. » Je l'imaginais négocier avec les cigognes pour le plus beau des bébés, ou aider la fleur à s'ouvrir. J'imaginais pleins de choses. Et cela me fit m'assoupir. Mon père caressait mes cheveux bruns avec douceur, mais je le sentais s'agiter à chaque battement de porte. Je fermais les yeux, et rêvais de mon petit-frère. Et puis un sursaut me réveilla. Mon père baissa la tête vers moi avec un sourire et je sautais de ses genoux avant de courir jusqu'à la porte « interdite ». Il me suivit et je suivais la sage femme en sautillant. Elle parlait, annonçait des choses à mon père que je ne comprenais pas. On traversa un long couloir. Et puis on s'arrêta devant une porte. Je retins mon souffle, et avançais doucement dans la pièce lumineuse. Ma mère se trouvait allongée sur le lit, l'air fatiguée. Soudainement terrifiée, j'avançais prudemment vers le lit. Elle tenait dans ses bras une petite chose remuante enveloppée dans une couverture. Je vis une main s'élever et dépasser. Des doigts, minuscules. Un gazouillement. La main, était minuscule. Je regardais la mienne. C'était si petit, un petit-frère. J'avançais et grimpais sur la chaise qui se trouvait à côté. D'ordinaire, ma mère m'aurait dit de descendre, car cela ne se faisait pas. Mais cette fois ci, elle était trop heureuse, trop fatiguée et trop émerveillée à la découverte de son deuxième enfant pour dire quoique ce soit. Je vis  de grandes dents blanches apparaître sous la moustache noire de mon père. Il lâcha un sanglot et embrassa ma mère, tout en regardant le petit-frère. Je m'avançais, le cœur battant. Et je découvris son visage. Il était tout fripé et tout rose, mais il était beau. Je lâchais une petite exclamation, surprise et sautillais doucement sur place. « Je peux lui dire bonjour ? » Ma mère hocha la tête tout en souriant et tourna Emil vers moi de façon à ce que je puisse le voir. Puis, après hésitation, elle me fit m'asseoir d'un coup de tête et mon père vint vers moi. Elle lui donna l'enfant. Il le regarda, l'embrassa et le regarda quelques instants. « Mets-tes bras comme ça Prism ». Je mimais les gestes de ma mère et restais immobile. Un petit-frère, c'était fragile. Je le savais. Comme le bébé chien de la voisine. Tous les bébés étaient fragiles. Ma mère lança quelques mots en polonais, comme pour remercier Dieu de ce cadeau. C'est les cigognes qu'il fallait remercier. Mon père s'approcha de moi et déposa le bébé dans mes bras. Je souriais, comblée de bonheur et le serrais doucement contre moi. Mon père s'était accroupit et gardait ses mains en dessous des miennes, pour m'aider à tenir le petit-frère. Je m'avançais vers son visage et l'embrassais sur la joue. « Coucou 'Mil. Emil. Je suis ta grande-soeur, Prism. J'ai six ans et j'aime jouer à chat et aux billes. Je t'apprendrai comment jouer. Mais tu dois manger de la soupe avant. Même si c'est pas bon. Si t'es sage, t'auras des frites et Papa et Maman nous emmèneront au cinéma. » Je marquais une pause puis me rapprochais de lui avant de chuchoter : « Et si un jour tu es triste, je serais là pour te faire un câlin. » J'entendis ma mère rire et mon père m'embrassa sur le front avant de reprendre le petit-frère. Ce jour, aussi long remonte-t-il, a été le plus beau jour de toute ma vie.

Chapitre 3 :

Ma main suivait l'ordre du professeur d'Histoire, mais je ne voulais pas croire. Je ne voulais pas croire ce qu'elle nous racontait. Je posais la main sur mon collier. Il était discret. Il y pendait l'étoile de David. J'avais hérité de la religion de mes parents. De la religion de mes ancêtres que mes parents avaient toujours dit être des « guerriers ». Je ne m'étais jamais posée de questions en voyant ces visages affaiblies de grands parents dans le quartier. Je ne m'étais pas posé de questions en apercevant ces numéros tatoués sur leur peau ridée. Je ne m'étais jamais demandée pourquoi je n'avais jamais connu mes grands-parents. Mon peuple avait été massacré. Par les Allemands. Étaient morts dans des chambres à gaz. Brûlés comme du vulgaire bétail. Comme on brûle des papiers, des dossiers. Un silence de mort régnait dans la salle de classe. Tous les regards étaient rivés sur moi. J'étais juive, et tout le monde le savait. J'étais la fille du médecin Welinski. Il était connu dans le quartier. Je lâchais brusquement le stylo. Je ne voulais pas en savoir plus. S'en était trop pour moi. Mes mains se mirent à trembler. J'avais chaud. Chaque mot du professeur résonnait dans mon cerveau. Non. Je ne voulais pas y croire. Tout ce que je pensais de la vie, tout ce que je croyais réel, en fait, ne l'était pas. Mes grands-parents n'étaient pas des guerriers, mais des victimes. Ils étaient mort à Auschwitz, étaient parvenus à cacher mes parents. Ils avaient survécu, par chance. Ils étaient jeunes à l'époque. Mon cœur battait à cent à l'heure. Je levais une main tremblante et demandais, essoufflée « Est-ce que je peux sortir un instant s'il vous plaît ?». Le professeur hocha la tête en fronçant les sourcils, inquiète. Non. Non. Non. Je ne voulais pas y croire. Mes parents n'en avaient jamais parlé. C'était trop douloureux pour eux, de se rappeler de leurs premières années. Je ne voulais pas y croire. Je me levais, doucement et fis quelques pas. Je manquais de m'évanouir, mais je me repris. Mes ancêtres s'étaient montrés forts, je devais l'être aussi. Je passais la porte, repris ma respiration. Un copain de classe m'avait suivit, pour m'accompagner soit aux toilettes, soit à l'infirmerie. « Prism, ça va ? ». Non. Non ça ne va pas, non. Je le regardais puis je me mis à marcher, avec difficulté, je finis par atteindre la cour du collège. Je m'asseyais sur un banc et laissais les larmes éclater. Je ne voulais pas y croire. Mon monde entier venait de s'écrouler.

Chapitre 4 :

« Laisse-le tranquille ! » Hurlais-je en lâchant mon sac aux pieds de mon amie. Je me précipitais vers l'altercation et m'interposais entre un garçon de ma classe et un élève populaire du collège. « Tiens, Wonderwoman. » Je fronçais les sourcils et le poussais, pour le faire reculer. Je ne supportais pas qu'on s'en prenne aux plus faibles, je ne supportais pas qu'on exerce un contrôle sur les autres. Je m'étais mise, avec le temps à défendre toutes les causes défendables. Je ne voulais pas le chaos, mais j'étais la première à faire la guerre. Pour la paix. Pour la tranquillité. « Tu te lasses jamais Prism ? De te mêler de ce qui te regarde pas ? ». Un sourire ironique s'affiche au coin de mes lèvres. D'autres n'ont fait que s'intéresser à eux-mêmes. Et des gens sont morts. Je le repousse et indique à l'élève derrière moi de s'en aller. C'est un plus jeune. Un véritable enfoiré de la bourgeoisie. Vantard et insupportable. Mais au fond, il souffre. Parce qu'il n'intéresse pas les filles, parce qu'il ne s'intéresse pas aux filles. Parce qu'il n'est pas celui que son père attend qu'il soit. C'est un pauvre gars. Malgré son habitude de toujours se montrer supérieur aux autres, c'est un pauvre gars. Qui n'a aucune confiance en lui. Je regarde l'abruti qui se trouve en face de moi. Un mètre soixante-dix de muscles et de conneries. « Jamais. Et toi, d'être con, ça ne te gêne pas ? C'est pas si difficile de réfléchir pourtant. Tu préfères frapper, c'est plus rapide, plus efficace. » Il contracte sa mâchoire et me plaque contre le mur. « Prism, sérieux ! » Hurle mon ami avec agacement. Il est toujours là, lui, à assister à mes engueulades et mes sauvetages. Il regarde, ne dit rien, ne se joint pas à l'altercation. Je le comprends. Je m'en fous. L'important, c'est qu'il garde mes affaires.  L'abruti me maintient contre le mur, et je ne résiste pas. Avec pitié, je penche la tête et le regarde en souriant. Puis, sans prévenir, je plonge mon genou dans ses parties avant de me dégager de son étreinte. Je lâche un rire satisfait et retourne auprès de mon ami. Mais je le vois alors se figer, et je fais de même. « Mademoiselle Welinski ! Dans mon bureau ! » Je lâche un grognement tout en laissant tomber mes épaules et attrape mon sac des mains de mon ami d'un geste sec. Je lui adressais un sourire désolé et rejoins le proviseur qui se trouve au bout du couloirs. C'est toujours comme ça. Ça finit toujours comme ça.


Chapitre 5 :

« Putain meuf, t'es toujours aussi longue. Passes-moi ça. » Je ris et lui passe le shit. Je lève les yeux et observe autour de moi. L'appartement de mon Max est rempli. Ce soir, et comme tous les Vendredi soir, c'est soirée. Chez Max. Avec tout le monde. La bande, les amis rencontrés dans les manifestations. La vie. Je souris, et tout en titubant, je me dirige vers la cuisine. Ma vue se brouille, et je m'appuie sur les murs pour passer mon chemin. Je croise un garçon de ma classe, il renverse sa bière sur lui et j'explose de rire. J'atteinds l'ilot et m'assois sur le tabouret. Dans un soupir, je pose mes coudes sur le marbre froid et me prend la tête entre les mains. J'entends des voix approcher, alors je la relève. Alice, une copine de manifestation se tient là. C'est une hippie. Toujours coiffée d'un headband et habillée de vêtements trop grands pour elle achetés pour quelques livres à Notting Hill, elle est toujours la première à faire de grands discours sur la paix. Je lui souris et elle s'approche de moi. « Tu bois quoi poulette? » Je me redresse et scrute la table en silence. Je suis lente. Mon esprit est abruti par la drogue. Je fais la moue. De nombreuses bouteilles d'alcool à moitié vides sont éparpillées sur l'ilot. « Malibu multifruit s'teup. » Elle me sert. Comme elle fait toujours. Elle passe ses soirées à servir les autres. C'est une règle d'or chez elle. Je l'aime bien cette Alice. Elle me tend mon verre et je l'apporte à mes lèvres. Je ferme les yeux et me délecte de ce doux liquide. Elle me regarde avec bienveillance puis se dirige vers le frigidaire. « MAAAAAAX! Je fais chauffer les pizzas. » Un "Ok" à peine audible se fait entendre dans la pièce d'à côté. La musique est forte. Led Zeppelin chantent. Je bouge la tête sur le rythme de la musique et je me lève. Je m'approche d'Alice et j'attrape les pizzas congelés. Elle allume le four puis s'appuie contre le plan de travail. « Prête pour demain? » Je fronce les sourcils. Tout d'un coup, je ne sais plus ce qui se passe le lendemain. Et puis je me rappelle. L'orphelinat de Brixton. Les enfants non vaccinés. Je hoche la tête et lui souris. « Ouais. On va gagner, je le sais. Pour une fois, mon père est de notre côté. Il a contacté ses collègues pour administrer les vaccins. » Alice sautille sur place et dépose un baiser sur ma joue. Elle sent la fleur. Comme toujours. Cette fille est un rayon de soleil, d'espoir. Elle n'est pas née à la bonne époque. Je le sais. C'est notre cas à tous. Je lui souris et dépose les pizzas. Je les ouvre, lentement. Je ne peux pas être plus rapide. Elle rit doucement et vient m'aider. Je la remercie et elle pose alors sa main sur la mienne. Je relève la tête vers elle. Elle se rapproche doucement de moi. Mon coeur se met à battre. Bien trop vite en réalité. « Tu devrais devenir avocate Prism. Tu serais douée pour ça, tu sais... » Je me sens rougir. C'est vrai, je pourrais. Mais je ne veux pas. Les longues études, le travail. Me donner pour une vie misérable. J'étais prête à défendre énormément de causes, mais certains ne méritaient pas d'être défendus. Je haussais les épaules et reportais mon attention sur les pizzas. Elle posa alors son autre main sur mon visage et le tourna vers elle. Puis avec douceur, elle déposa un baiser sur mes lèvres. Je la laissais faire. Elle était belle, douce, gentille, altruiste. Elle s'éloigne alors et me regarde, avec tendresse. « Tu auras une belle vie Prism Welinski. » Elle s'éloigne de moi et je baisse les yeux. J'aimerai l'entendre dire la même chose aujourd'hui. J'aimerai. Alice est partie pour l'Afrique noire quelques semaines plus tard, afin d'aider les enfants miséreux. J'aurai aimé partir avec elle, mais mes parents n'ont pas voulu. Ils me disaient d'attendre, d'être patiente. Ils me disaient que j'avais la vie devant moi. En réalité, j'avais l'éternié. Pour réfléchir à ce que je n'avais pas fait, et à ce que je ne pourrai jamais faire.

Chapitre 6 :

Un verre de Mojito à la main, j'observais la chanteuse qui se produisait sur la scène de ce petit bar. J'avais eut envie de changer d'air, et je m'étais rendue ici. Ce n'était pas la première fois que j'assistais aux concerts de Gabrielle. Avec le temps, nous avions prit l'habitude de prendre un verre ensembles. Cette petit routine durait depuis un mois, et j'étais venue plus de cinq fois dans cet endroit. Elle termina sa chanson et avec un sourire aux lèvres, j'applaudissais. Elle salua le peu de monde qui se trouvait dans le bar et quitta la scène. Je la vis approcher en soupirant. Elle semblait épuisée. Je lui souriais et tendais vers elle le verre que j'avais commandé pour elle. Elle s'installa en face de moi et passa une main dans ses cheveux noirs. « C'était cool ce soir! » Lançais-je en apportant la paille de mon verre à mes lèvres. Elle laissa afficher un grand sourire et lissa le bas de sa robe avec désinvolture. « Merci. Mais... Je commence à me lasser de cet endroit. » Je fronçais les sourcils. Je pouvais comprendre qu'à force de chanter plusieurs fois sur la semaine elle pouvait éprouver une envie d'avoir plus. De changer. Néanmoins, chacun de ses concerts était un régal pour les oreilles. Elle ne devait pas partir et risquer de tout perdre. Ou du moins, il fallait qu'elle soit sûre de ce qu'elle gagnerait en retour. Je passais une main dans mes cheveux et posais un coude sur la table. « Et t'envisages quoi? » M'enquis-je alors en regardant autour de nous. Le bar était sombre, faiblement éclairé. On pouvait à peine discerner les visages des clients à l'autre bout de la pièce. Mais un brouhaha bruyant se faisait entendre et rendait le bar vivant, chaleureux, accueillant. Je gigotais quelques instants sur la banquette en cuir marron et reportais mon attention sur mon amie. « Je ne sais pas... Mais on m'a parlé d'un bel hôtel, à vingt minutes de Londres. Le Fitzgerald's Hotel. Apparemment c'est très luxueux et on est bien payé pour quelques minutes de concert. » Je haussais les sourcils, surprise. On ne m'avait jamais parlé de cet hôtel, mais je me sentis tout de suite intriguée. J'avais toujours rêvé de fréquenter ce genre d'hôtel, luxueux, vivant. Je rêvais des bals élégants, des après-midi au soleil, des bons repas autour d'une table de grande réputation. Je rêvais de me payer une belle chambre et de m'y amuser toute une soirée. Je rêvais d'être véritablement insousciente, rien qu'un instant. De faire comme si la vie n'avait pas d'importance. Comme si le mort d'ordre était l'amusement. Je levais les yeux vers elle. « Et tu comptes y aller? » Elle hausse les épaules et se pince les lèvres. « Je pense. » Je souriais. J'étais curieuse de découvrir cet endroit. Et je me fis la promesse de m'y rendre un soir.

Chapitre 7 :

« Papa, arrêtes de hurler! » Je tournais la tête vers Emil et lui fis signe de s'écarter de la conversation. Mon père hurlait, en devenait rouge de rage. Le blanc parsemait désormais sa moustache et ses cheveux autrefois noirs de jais. Je tournais les yeux vers ma mère. Elle n'était d'aucun secours. Elle gardait la tête basse, à observer le sol comme une femme soumise. Mais elle ne l'était pas, soumise. Elle était tout simplement déçue par le comportement de son unique fille. « Papa, je m'en fous d'Oxford et de Cambridge. Je ne veux pas devenir médecin, avocat ou que sais-je. Je veux vivre! » Mon père manque l'infarctus et décida sagement de s'asseoir au fond de son éternel fauteuil en velours bordeau. Il se prit la tête entre les mains et poussa un grognement rauque. « Quand je pense que tu étais si mignonne, si sage avant. » Je fronçais les sourcils. Mon coeur se brisa. Mes parens n'acceptaient pas la personne que j'étais devenue. Je ne portais que des vêtements déchirés, trop grands pour moi. Je me maquillais les yeux de noirs, portais des bracelets en cuir autour des poignets. Je mettais du vernis marrons, des docs martens, des shorts des longs manteaux. J'écoutais du rock, je fumais le pétard, j'allais en soirée, je ne travaillais pas. Non, je n'étais pas la meilleure fille qu'il soit. Mais je continuais de les aimer, malgré nos différences. Eux ne semblaient plus me considérer comme digne d'intérêt et de confiance. Je laissais les larmes rouler sur mes joues, sans retenue. Je les regardais tour à tour. Je pris une longue inspiration et dans un sanglot annonçais : « Si vous n'êtes pas capables de m'accepter, je n'ai plus rien à faire ici. » Je tournais les talons, attrapais la tête de mon petit frère et l'embrassais sur le front avec tendresse. « Je suis désolée, je t'aime. » Je montais faire mes affaires et quittais la maison. Je montais dans ma voiture et restais immobiles quelques instants. Puis je me mis à hurler et à taper sur le volant comme une folle. J'avais besoin d'oublier, de faire la fête. J'allumais donc le moteur et quittais Londres. Et sans réfléchir, je pris le chemin pour le Fitzgerald's Hotel. Je passais la grille, me condamnant alors et me garais sur le parking. Je ne resterai qu'une nuit, juste le temps de savoir quoi faire, quoi devenir. Je me dirigeais vers la réception et on m'attribua une chambre. Numéro 201.

Chapitre 8 :

Tout se passa si vite. Mes yeux ne le quittaient pas tandis qu'il m'expliquait les méthodes de séduction et de rencontre de son époque. Je le suivais hors de la piscine et le laissais faire. J'aimais le contact de ses doigts contre ma peau nue et la délicatesse avec laquelle il me tenait dans ses bras. On se mit à danser, à valser. Et je le laissais me guider. Je n'avais jamais été très bonne en danse de couple, je ne savais jamais comment m'accorder aux pas de mon partenaire, ni même s'il fallait aller à droite ou à gauche. En revanche, avec lui, tout était simple. Je n'avais pas de questions à me poser car danser avec lui semblait être naturel. Je baissais la tête et me sentis rougir. Je n'étais pas habitué. Mais après un moment de réflexion, je devais bien avouer qu'autrefois, ils avaient une manière de se rencontrer très classe, mais aussi très formelle. Et je n'aimais pas la formalité. Car la formalité, c'était emprisonner quelqu'un dans des règles pour avoir la possibilité de rentrer dans un cadre. Je me laissais tout de même prendre au jeu et écoutais sa voix tandis qu'il fredonnait une valse sur laquelle nous aurions pu danser un jour. Je fermai les yeux, et tentais de me laisser aller. J'avais l'impression d'être une de ces princesses. Cendrillon? Non. Je n'avais rien d'une pauvre demoiselle maltraitée. Belle? Oui, j'étais plus belle. Aimée de ceux qui l'entourent mais avec l'envie, l'envie de protéger le monde qui l'entoure. J'étais Belle, et l'homme qui me faisait actuellement valser avait quelque chose de la Bête. La carrure, le côté mystérieux, mais aussi la galanterie. Je souriais. J'étais une princesse Disney, et ça me plaisait. Mais le rêve sembla se briser, se terminer, et j'ouvrais les yeux. Nous ne dansions plus. Mais il me garda dans ses bras, et je souriais, gênée. Je me grattais la gorge et m'extirpais de ses bras avec douceur.
Je passais une mèche de cheveux derrière une de mes oreilles et regardais autour de moi. Je ne pouvais pas agir comme les femmes de mon époque. Elles étaient vulgaires, jalouses et possessives. Elles n'acceptaient pas d'échouer ou de perdre le cœur d'un homme. Elles étaient prêtes à tout et même à perdre leur dignité. Je n'étais pas de ces femmes là. Je ne faisais pas partie des nombreuses prostituées de cet hôtel qui avaient préféré ouvrir leurs cuisses contre de l'argent au lieu de se battre pour leur liberté et leur égalité. Je luttais contre ces femmes de mon époque. Les femmes vénales et superficielles. Alors, je levais les yeux vers lui, et répondais : « Une femme de mon époque aurait mit ses atouts en avant, t'aurais offert un verre, t'aurais embrassé et déshonoré dans les toilettes. En y repensant... Je ne suis pas née à la bonne époque... » Je souriais. En réalité, il m'était déjà arrivé de coucher avec un homme dès le premier soir. Je n'étais pas si prude que cela. Néanmoins, je savais ce que je faisais à chaque fois, et pourquoi je le faisais. Je remarquais alors à quel point j'avais froid. J'avais deux options. Retourner dans la piscine, ou retourner dans ses bras. Non pas ses bras, j'aurai l'air trop désespérée. Je courais donc et sautais dans la piscine. Je ressortais la tête de l'eau en riant comme une enfant et nageais jusqu'au rebord. J'y posais mes bras et regardais mon ami. « En fait... Je ne sais pas à quelle époque j'appartiens. J'agis comme bon me semble. Mais si je devais me comparer à une époque, ce serait celle où les femmes se laissent désirer, où elles envoient des signaux et jouent au chat et à la souris. Mais... » Mais je ne le fais pas actuellement. Je laissais ma phrase en suspend, haussais les épaules et plongeais la tête sous l'eau. Je m'amusais dans l'eau et finis par sortir de l'eau pour y pousser l'homme qui se trouvait avec moi. Il tomba comme une pierre et éclaboussa partout. J'étais la Belle. Il était le clochard la Bête. Il sortit la tête de l'eau et je le regardais avec un air coupable. J'avais peur qu'il se vexe, qu'il cri ou qu'il parte. Mais non, rien de tout cela. Alors je souriais et je pris alors un air sérieux. Je n'avais plus envie de jouer, je n'avais plus envie de faire comme si nous attendions quelque chose. J'avais envie de prendre les choses en main.
Alors, avec douceur, je m'avançais vers lui et m'arrêtais à quelques centimètres de son visage. Je restai quelques instants, à respirer bruyamment. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine, et je commençai à regretter de m'être tant approché de lui. Je le regardais, sans savoir quoi faire et plongeais mon regard dans le sien. Il était si beau, il était si beau et actuellement, il était avec moi, dans cette piscine. Il prenait de son temps, il prenait de son temps pour en passer avec moi. Une pauvre gamine rebelle et perdue. C'est qu'il devait bien m'aimer? C'est qu'il devait m'apprécier? Je fermai les yeux quelques instants et cherchais au fond de moi le courage pour faire un pas. Rien qu'un pas. Et lorsque je rouvris les yeux, je déposais un léger baiser sur ses lèvres, qui ne dura qu'une fraction de seconde. Je le regardais, sans savoir que faire. Avais-je fais une erreur? Aurais-je du attendre un peu plus longtemps avant de faire cela? Je ne savais pas, mais désormais, j'étais morte de peur. Je baissais les yeux vers l'eau, et n'osais pas les relever vers lui.


Chapitre 9 :

Mes parents disaient de moi que j'étais le genre de femme qu'on ne marierait jamais. J'avais trop de caractère, trop de répondant pour que je puisse plaire à un homme et pour que cet homme puisse me supporter. Je ne les avais pas cru, et j'avais eut raison, car désormais, je me baladais main dans la main d'un beau jeune homme dans un hôtel où il avait sûrement eut le temps de rencontrer des femmes. Il restait silencieux à ce que je disais. J'étais bien trop bavarde, et je le savais. C'était l'angoisse, c'était le fait de savoir que je pouvais le perdre au moindre faux pas qui me faisait agir ainsi. Alors je décidais de changer de sujet, de parler d'un sujet de tous les jours. De nos prénoms. Lorsque nous nous étions rencontrés quelques jours plus tôt, nous avions passé la soirée sans savoir ce détail, et nous n'avions pas eut le temps d'en parler. Et je voulais en parler, maintenant. Sa réponse me fis sourire et je répondais en le regardant : « Ma grand-mère s'appelait Victoria. T'façon je crois qu'en Pologne beaucoup de femmes s'appellent comme ça... » Je fronçais les sourcils. Je n'étais sûre de rien. Je n'étais jamais allée là bas, et je n'avais jamais rencontré ma grand-mère Victoria. En fait, je ne savais rien sur mes grands-parents, j'avais préféré ne rien savoir, j'avais préféré ignorer mon histoire familiale. C'était mieux ainsi, je ne devais pas souffrir pour ce qui était déjà passé. C'est alors que Christoph lâcha ma main pour prendre mon bras. Je lui jetais un regard en coin et souriais. Ce n'était qu'un papi. Je réprimais mon envie de rire et regardais ailleurs. Il s'excusait, il s'excusait de ne pas être venu me voir plus tôt. Il n'avait pas à s'excuser, je m'en fichais, car désormais nous étions de nouveau ensembles et rien ne pouvait nous séparer. Absolument rien. Un sourire ne voulait pas quitter mes lèvres, alors je restai là, bras dessus bras dessous, à observer le parc en sa compagnie.
Puis tout se déroula si vite. Je le sentis se raidir, puis il me tira hors du chemin. Il me plaqua contre un arbre et m'entoura de ses bras. Sa main vint caresser mon visage et mon sourire s'effaça. Il avait l'air paniqué, il avait l'air inquiet. Je passais ma main dans ses cheveux châtains avec douceur et secouais la tête. Pourquoi le quitterais-je? Pourquoi le laisserais-je alors que je l'aimais de cette manière? Je ne pouvais plus vivre sans lui, c'était une évidence. Je le regardais dans les yeux, avec incompréhension et répondais : « Et pourquoi te laisserais-je? Christoph, je... » Je ne pouvais pas lui dire ça, je ne pouvais pas lui dire que je l'aimais alors que je connaissais depuis si peu de temps. Que m'arrivait-il? Pourquoi étais-je si convaincu de l'avoir trouvé? Vous savez, le grand amour? Comment pouvais-je ainsi m'ouvrir à lui alors que je ne connaissais rien de lui? Et ses lèvres vinrent couper le fil de mes pensées. Je fermais les yeux. Une boule au ventre se forma dans mon ventre, et je sentis mon cœur bondir, et bondir encore et encore dans ma cage thoracique. Je m'agrippais à lui. Parce que je l'aimais, et que je ne voulais pas le perdre. Mais je sentais que quelque chose allait venir nous séparer. Et pourtant, je ne savais pas quoi. C'est alors que j'entendis une voix s'élever. Je rompais le baiser et tournais la tête. Un homme se trouvait là, nous regardait et riait. Un de mes potes de soirées. Encore lui. Je riais et répondais : « Passe ton chemin mec, on se voit ce soir! » Je lui souriais mais lui ne répondit pas à mon sourire. Je jetais un coup d'œil à Christoph. Il était figé, il ne bougeait pas, il ne respirait plus. Je me hissais sur la pointe des pieds, et déposais un léger baiser sur ses lèvres. Puis je m'avançais vers mon ami et le gars s'éloigna de moi. Il me glissa avant de partir : « Fais gaffe Prism, tu vas finir au four. » Je fronçais les sourcils et le poussais. Il était dégueulasse de faire des blagues racistes de cette manière. Mais un détail attira mon attention. Il ne rigolait pas, il n'était pas là pour rire. Il jeta un regard dégoûté et apeuré à Christoph et je restai là, immobile. Non. Pourquoi avait-il dit ça? De quelle époque venait Christoph? Quel était son nom? Quelles étaient ses origines? Tant de questions se succédaient dans ma tête, et je ne parvenais pas à faire le tri, non je ne parvenais pas. Je sentis ma respiration se couper. Et quelques secondes plus tard, je suffoquais. Je ne parvenais pas à la reprendre. J'étais en colère, je paniquais. Je ne comprenais rien. Je ne pouvais pas croire que je puisse être à ce point destinée à vivre malheureuse. Non, je ne pouvais pas y croire. Je devais vérifier, je devais vérifier. Je devais vérifier. On m'avait de très nombreuses fois parlé de cet homme crucifié pour avoir été nazi. Le numéro du diable, 666, tatoué sur son torse. Le tee-shirt. Etait-il vraiment vieux jeu, ou l'avait-il gardé volontairement? Non. Non. Je ne pouvais pas y croire. Je me tournais alors brusquement, plaquai Christoph contre l'arbre et lui déchirais sa chemise. Et c'est avec horreur que je le découvrais. Ca. Ce numéro. Un nombre qui changerait ma vie à jamais. Pourquoi m'avait-on permis de tomber amoureuse d'un homme comme lui? Qui avait tué mes ancêtres, mes grands-parents que je n'avais jamais connu? Comment? Comment avais-je pu me laisser avoir de cette manière? « Non. Non. Non... Non ce n'est pas possible... Ce n'est pas possible... CHRISTOPH! Dis-moi que c'est faux! Dis-moi que tu n'es pas... Que tu n'es pas ce que je pense... JE T'EN SUPPLIE DIS LE MOI!! » Hurlais-je alors, en le secouant. Je pleurais, je pleurais toutes les larmes de mon corps. Je pleurais toutes les larmes de mon corps, parce que notre amour est impossible, parce qu'il est un nazi, et moi je suis juive. Nous nous détestons, c'est un fait. Nous ne pouvons nous aimer. Nous ne pouvons. Je me retourne, et lui fous un coup de poing. Je ne suis pas du genre à foutre des claques. Les temps ont changés. Puis je lui tourne le dos et je me mets à courir, aussi vite que je le peux. Mais je sais qu'il me suit, je sais qu'il veut me rattraper. Je le hais, je le déteste. S'il n'était pas déjà mort, je l'aurai tué à nouveau. Pour m'avoir laissé tomber amoureuse de lui, pour m'avoir trahi de cette manière. Je ne pouvais pas y croire, non je ne pouvais pas y croire. Mes sanglots déchiraient le silence du parc. Les quelques personnes qui s'y trouvaient me regarder passer sans comprendre. Je voulais m'enfuir. J'arrivais devant la grille et la secouais : « MARY FITZGERALD! OUVRE CETTE PUTAIN DE GRILLE! LAISSE MOI SORTIR SALOPE!!!! Laisse moi sortir!!! » J'étais là, telle une folle furieuse à essayer d'ouvrir cette grille, à essayer de passer mon bras au travers des barreaux. Mais c'était impossible. J'étouffais. Je voulais sortir de là, je voulais sortir. Je manquais d'air, j'étouffais. J'allais mourir. J'allais mourir si je restais là, près de Christoph. Et pourtant, lorsque ses bras m'entourèrent, je me sentis coupable de m'y sentir bien. Mais ce sentiment ne dura que quelques secondes, car très vite je le repoussais et le regardais d'un air de défi. J'aurais voulu le tuer. J'aurais voulu le tuer. Christoph, j'aurais voulu te tuer.


***


C'était tellement douloureux de devoir tourner à l'amour de cette manière. J'aimais Christoph, j'aimais ce qu'il m'avait montré de lui avant que je découvre son passé obscur. Mais il était ce qu'il était, et j'étais ce que j'étais. Notre amour était par conséquent impossible. Et alors que je retournais vers l'hôtel, j'entendis sa voix s'élever et j'éclatais en sanglot, à nouveau. Je me retourne vers lui, dévastée et réponds, la voix brisée : « J'ai bien vu que tu n'étais pas un psychopathe Christoph! J'ai bien vu que tu étais sensible et que tu avais des sentiments! Mais si j'avais été dans ces camps, si on t'avait donné l'ordre de me tuer, est-ce que tu l'aurais fait, ou est-ce que tu aurais tenté de ma sauver? » Je le regardais longuement dans les yeux et baissais le regard. Je ne voulais pas savoir. Je ne voulais pas savoir. Il était si emprisonné dans la peur, dans les règles, alors que moi je me battais contre cela. Et il parla de nouveau. Cette fois je me jetais à son cou et pris sa tête entre mes mains avant de dire, paniquée : « Tu aurais pu ne pas être nazi, tu aurais pu te rendre compte que ça allait trop loin. Mais tu avais trop peur pour cela Christoph, et c'est ce que je te reproche. Tu as laissé passé, tu t'ai laissé dirigé, dominé, sans même respecter tes idées... Je suis sûre que tu ne nous hais pas, je suis sûre de cela. Comment pourrais-tu tenir à moi sinon? » J'avais l'air désespérée. Je restais quelques instants à le regardais, puis laissais tomber lourdement mes bras avant de me passer les mains sur le visage. Je voulais que tout cela se termine. J'en avais assez. Assez, plus qu'assez. Et il commença à partir, m'avouant pour la première moi qu'il m'aimait. Peu importe la personne que j'étais. Et moi aussi je l'aimais. Mais j'accordais bien trop d'importance à ce qu'il avait fait - ou ne pas fait - pendant la guerre pour passer outre. Un nazi. Ces hommes soumis à la volonté d'un homme, d'un fou, d'un dérangé haineux et jaloux. Comment il avait pu se laisser faire? Je ne comprenais pas, je ne comprenais pas cette soumission, cette servitude sans adhérer aux idéologies du Fürher. Et je trouvais ça impardonnable, d'avoir participé sans y adhérer. Car il avait le choix, il avait le choix entre se laisser faire et essayer de faire quelque chose. Et je le regardais. Je sentis mon cœur se briser, je sentis mon cœur se briser véritablement. J'étais vide, vide de tout espoir. Je ne croyais plus en rien, et j'aurais voulu disparaître sous terre. Pour toujours. Mais c'était impossible, et je le regardais partir sans rien dire. Sans rien faire. Moi aussi je t'aime Christoph, mais ce n'est pas suffisant. Rien n'est suffisant. Et je sens que j'étouffe à nouveau. J'ai besoin de quelque chose, j'ai besoin d'air. Je me mets à courir, en sanglotant toujours. Je le dépasse, et je ne le regarde pas. Ce serait trop dur, ce serait trop dur de le regarder ce soir. Je me dirige vers les escaliers et je les monte. Arrivée au deuxième étage, je pousse la porte de ma chambre et je fous tout en l'air, je fous tout en l'air, en hurlant. Je n'en peux plus. Ce que je veux? Tout péter. Libérer ma colère, ma rage. Alors je fous tout en l'air. Ma tête tourne, j'ai la sensation que je vais exploser, j'ai la sensation que ma fin est imminente. Et puis je tombe sur une seringue. Je la regarde, la respiration haletante et la prends dans mes mains. Je m'allonge sur mon lit, prépare ma drogue et me la plante dans le bras. Je n'ai pas fais attention à la dose, je n'ai fais attention à rien. Je veux juste oublier, je veux juste oublier Christoph. Je veux juste oublier qui il est et les sentiments que j'ai pour lui. Je me laisse tomber en arrière et regarde le plafond. Mais je n'oublie pas, et ça m'énerve. Alors je me lève, et je me dirige vers une chambre pas trop loin de la mienne. Laquelle? Je suis con, elle est au troisième étage. Je parcours le troisième étage. Je titube, ma vision se fait floue. Mais je n'oublie pas, ce n'est pas suffisant. Je toque à une porte, le gars du parc se trouve là. Je lui demande de la coke. Il m'en passe, sans me poser de questions. Il sait, il a vu mon visage déformé par la tristesse. Je repars en direction de ma chambre et je sniffe, sans même attendre d'être arrivée. Et je continue toute la soirée. Je cherche juste à oublier. La nuit tombe, je regarde par la fenêtre. J'ai l'impression de voir quelque chose voler, mais je ne sais pas quoi. Je rigole, et mes rires résonnent dans mon esprit. Je regarde autour de moi, c'est drôle. Et son visage me revient. Je repense à ses baisers, mais soudain je vomis. C'est dégueulasse. Je change de côté et reprends une dose d'héroïne. Ca me fait du bien. Mais je sens que quelque chose ne va pas. J'essaye de me lever, et je me casse la gueule. Mes mains tremblent. Tout mon corps tremble. Je me mets à pleurer, à hurler de nouveau. Je n'arrive pas à arrêter, je n'arrive pas à marcher, ni ramper jusqu'à la porte. Quelque chose se passe. Mes membres me lâchent. Ils me lâchent ces connards. Je ne sens plus rien, je ne sens plus rien, et je m'écrase contre le sort. Je vomis à nouveau, mais je n'arrive pas à bouger, j'étouffe. Je m'étouffe. Ma tête me tourne. Christoph! Non. Ma tête me tourne, j'étouffe. Je n'arrive pas à reprendre ma respiration. Je suffoque. Mon corps tressaute, je convulse. Je ne comprends rien, je sens juste un liquide sortir de ma bouche et rouler sur ma joue. Et moi, moi je pense à lui, je pense à mon cœur qui s'accélère, s'accélère, s'accélère... pour cesser de battre. Ma vue se brouille, je sens juste les larmes rouler sur mes joues. Je ne vois plus clair, je ne vois plus rien. J'ai l'impression de sortir de mon corps. Je veux vivre, je veux vivre. Mais je n'y arrive plus, je n'y arrive plus sans lui. Alors je laisse la vie faire. Je me laisse aller. Mais non, ce n'est pas moi. Je ne suis pas comme ça, je me bats, je me suis toujours battu. Je ne veux pas, je ne veux pas. Alors j'ouvre les yeux, mais je ne vois toujours rien. J'essaye de ramper, vers la porte. Mais je ne bouge toujours pas, mon corps ne m'obéit plus. Plus rien ne m'obéit pas. Je meurs. Je meurs. Je meurs ! Je meurs à cause de l'amour, je meurs à cause de la vie! J'ai voulu croire en l'espoir, j'ai voulu croire en quelque chose, mais désormais, désormais je vois qu'il n'y a plus rien. Cet espoir s'est envolé avec notre histoire d'amour, à Christoph et moi. Je hurle, du moins j'essaye. Mais rien ne sort. Mourir est-ce aussi long? J'ai mal quelque part, mais je ne sas pas où. J'ai l'impression de disparaître sous terre, j'ai l'impression qu'on m'entraîne dans les abysses de la mort. Et c'est la vérité. Alors je continue à me battre. J'essaye de pousser un dernier soupire. J'essaye... J'essaye... J'essa.....


***


Ca fait un mal de chien putain. Je tends les bras et je me relève. Puis j'ouvre les yeux. Je regarde autour de moi, je suis... En fait je ne sais pas où je suis, je ne connais pas cet endroit de l'hôtel. J'essaye de me souvenir de mes derniers actes, mais je n'en ai aucune idée. A tous les coups, j'étais bien trop défoncé pour pouvoir m'en rappeler. Je soupire, je suis incorrigible. Je passe les mains dans mes cheveux bruns et les relève. Il fait chaud aussi. Puis je me décide à trouver la sortie. Il y a une porte. Je l'ouvre et monte les escaliers. Qu'Est-ce que je foutais au sous sol? Je soupire. Avec difficulté je monte les escaliers et j'arrive au deuxième étage. Ma chambre est la première, et je l'ouvre, doucement et j'entends alors des sanglots. Je décide de me cacher dans la salle de bain et j'attends. Une voix masculine parle. Je fronce les sourcils, je la connais par cœur. Christoph! Je m'apprête à lui sauter les bras lorsque je me rends compte qu'il pleure. Pourquoi pleure-t-il? Il prononce mon prénom et je me fige. Il me parle, mais sait-il que je suis là? Et que fait-il dans ma chambre? Je fronce les sourcils. Je ne comprends rien, je ne comprends rien du tout. Il est là, à pleurer, à me parler alors qu'il ne me voit pas. Et j'entends « Je ne voulais pas que tu meurs. ». Je commence à rigoler en levant les yeux aux ciel, je ne suis pas morte voyons. Et puis je me rappelle où nous sommes. L'hôtel Fitzgerald. Je reste figée, derrière la porte de la salle de bain et je l'écoute. Il dit ce qu'il aurait aimé faire pour moi et je pleure, parce que c'est beau, parce que cela prouve tout son amour pour moi. Et j'entends « J'aurais voulu pouvoir être un autre... que tu puisses m'aimer... ». Je recule de la porte. Tout me revient. Le tatouage, l'engueulade, les pleurs, notre dernier baiser, la drogue. L'overdose. Je m'écroule au sol. Non, ce n'est pas possible. Je regarde mes mains, je me regarde dans le miroir. J'ai l'air réelle, et pourtant, je ne le suis pas réellement. Je finis par ouvrir la porte et je me place dans la chambre. Je découvre avec horreur mon cadavre entourée des bras de Christoph. Il est dévasté. Il lève les yeux vers moi et reste là, sans bouger. Je le regarde, sans expression et je finis par tourner les talons sans rien dire. Je suis morte parce que je voulais oublier ce qu'il était. J'ai fais une erreur et j'en ai payé de ma vie. Je pleurs, je pleurs toutes les larmes de mon corps. Je me mets à courir. Je dévale les escaliers et je sors de l'hôtel. Je me dirige vers le parc et je continue de courir. Je cours des heures, parce que désormais, mon statut de morte me le permet. Je n'enterrerai pas mon corps. Jamais. Je ne veux pas être morte, je ne veux pas accepter cette mort. C'est à lui de le faire, et il le fera. Tout simplement.


Chapitre 10 :

Dans l'obscurité, un arc-en-ciel passa. Je levais brusquement les yeux et posais mon regard sur la nouvelle arrivante. Salopette, cheveux colorés, casque sur les oreilles. Elle se déplaçait en trotinette, un doudou dans son sac à dos. Je laissais échapper un sourire. « Une bouteille de Sprite! Y'en a pas ici? » Elle semblait chercher quelque chose et se montrait contrariée de ne pas trouver le Sprite. Je m'avançais vers lui et posais ma main sur son épaule. Elle se tourna en sursauta et afficha un grand sourire. « Oh! Bonjour! Moi c'est Primrose. T'aurais pas du Sprite? » Je souriais et regardais autour de nous. Ce n'était certainement pas au Fitz qu'elle trouverait ce genre de choses. « Moi c'est Prism. Non. Mais je peux t'aider à en chercher. » Elle sautilla sur place, et ensembles, on explora l'hôtel à la recherche de son trésor. J'appris bien vite qu'il s'agissait en réalité d'une bouteille de soda au citron. Quelque chose comme de la limonade en plus sucré. Elle me fit rire, sourire. Elle illumina ma vie. Elle était différente des autres. Elle voyait le bien dans le mal. Elle était innocente, douce, attendrissante. Nous sommes devenues meilleures amies. Jamais je n'aurai pu imaginer ma vie sans elle. Elle réchauffait mon coeur inexistant, elle m'aidait à aller mieux. Une douce thérapie pour mon esprit abruti par la drogue. Elle était pure, naïve. J'ai rapidement ressenti le besoin de la protéger, coûte que coûte. Les mois sont passées, et Primrose restait là, à mes côtés. Je m'occupais d'elle. Au fond, elle était restée enfant. Elle refusait de grandir. Mais je savais qu'elle cachait une part d'obscurité qu'elle ne s'avouait pas à elle-même. Elle était torturée, manipulée par l'esprit destructeur de son demi-frère. C'était lui qui l'avait amené ici, qui l'avait condamné à l'éternité. C'était sa faute. Nous étions un soutient l'une pour l'autre. Et je pensais que rien n'était en mesure de nous arriver. De nous séparer. Pourtant, je la menais à sa porte. Aveuglée par mes envies de révoltes, elle s'était jetée sur Mary lorsqu'elle s'était rendue compte que j'avais été touchée, profondémment, par la disparition de mon meilleur ami Théo. Elle s'était jetée sur elle, et s'était évanouit dans l'inconnu. Je ne l'ai pas retrouvé. Elle a disparu. Comme Ange. Comme Saul. Comme Théo. La perdre m'a brisé. M'a rendu faible. Elle était mon pilier dans cet hôtel. Ma source de bonheur. Ma raison d'exister. J'avais un but. Faire en sorte qu'elle puisse sortir de là, qu'elle puisse reprendre sa vie et vivre comme tout le monde. Je craignais que les ténèbres s'emparent d'elle. Et je ne voulais pas voir disparaître son innocence, sa pureté. Je l'ai aimé. Comme une soeur. Comme une fille. Elle était devenue ma famille. Et en une fraction de seconde, elle n'était plus là.

Chapitre 11 :

Christoph restait silencieux. Il devait être en train de réfléchir à mes mots. Il pouvait réfléchir autant qu'il voulait, il ne connaissait pas Lloyd. D'ailleurs, à mes dernières nouvelles, Christoph n'avait pas d'amis. Il était seul. Il n'avait que moi, et moi, je ne voulais pas de lui. Cet homme avait beau avoir un cœur, il n'en était pas moins con. Il n'avait rien compris à la vie, à l'humanité. Il avait certes eut le temps d'y réfléchir, mais était resté emprisonné dans les valeurs racistes de son père. Il n'avait pas conscience que le monde avait changé et que la seconde guerre mondiale avait considérablement changé les mœurs. Lloyd était certes un dealer, mais surtout un mec plus ou moins paumé avec une ambition inexistante. Je soupirais et allais chercher le briquet. Tout me semblait irréel. Je n'arrivais pas à croire que mes meilleurs amis n'étaient plus là, et que je m'oubliais dans les bras de Christoph. Notre semblant d'histoire d'amour ressemblait à ces histoires niaises pour femmes engrossées et mal aimées par leur maris. C'était ridicule, et pourtant, seize ans et demi après, je ne pouvais douter de l'authenticité de ces sentiments. Je repensais alors à notre rencontre. De la façon dont nous nous étions rapprochés l'un de l'autre sans crier garde. De la douceur avec laquelle nous avions dansé ce soir là, au bord de la piscine. De notre premier baiser. J'étais si heureuse, si comblée, et rien ne semblait pouvoir nous séparer. Mais les années l'avait prouvé, l'humanité l'avait prouvé. La guerre nous avait séparé. La religion. La différence. Et même à cette époque là, enfermée dans un putain d'hôtel aux alentours de Londres, de telles choses comptaient. Car il y avait des choses à ne pas oublier, des choses à ne pas négliger. Je soupirais et m'allongeais sur le lit. Ces questions brûlaient mes lèvres, et j'avais besoin de savoir si les choses avaient évoluées. Si je pouvais espérer retrouver l'homme dont j'étais tombé amoureuse. Qui ne s'était pas soucié de savoir quelles étaient mes origines. Mais la réponse me brisa le cœur et je le repoussais violemment. Il pensait pouvoir me tenir dans ses bras après avoir clairement sous entendu que j'étais inférieure à lui ? Certes, j'étais dealeuse, j'habitais au deuxième étage et m'habillais de fringues déchirées, trop grandes ou parfois trop petites. Lui jouait du piano dans le restaurant pour riche de l'hôtel, habitait au troisième étage et portait des fringues de marque. Mais je n'étais en rien supérieure. Au contraire, mon ouverture au monde me rendait bel et bien supérieure, et j'avais honte de le penser. J'avais honte de penser qu'il y avait des gens supérieurs aux autres, mais Christoph acceptait de rester emprisonner dans des conneries, et je n'allais pas le blâmer. Je ne fis pas attention à la ridicule déclaration d'amour qu'il me fit par la suite et me levais, me postant face à lui, je lui décochais une claque qui fit valser sa tête. J'y avais mit ma rage, ma colère, mon désespoir, mais quelque part aussi, mon amour. De nouvelles larmes perlaient au bord de mes yeux, je le regardais et me mis à hurler : « Mais c'est grave d'être con à ce point là Christoph ! Même après dix sept ans, tu en es toujours au même point. Quand est-ce que tu vas évoluer ? T'es là, depuis des dizaines d'années, comme un con. Tout le monde te déteste et aimerait te voir crever pour de bon. Mais moi je suis là, je t'aime, et j'essaye de faire en sorte que tu comprennes certaines choses ! Si ton putain d'Hitler avait été juif, ou peu importe, ta soit disante « race » aurait pu être inférieure. Après tout, c'est vous les dépigmentés. Tu connais le bourrage de crâne ? C'est ce que ton père a fait avec toi. Putain t'as jamais lu Le meilleur des mondes ou 1984 ? T'es si inculte que ça ? T'es si con que ça?! OUVRE TOI AU MONDE MERDE ! Dans cet hôtel, on es tous inférieurs à Mary Fitzgerald. Elle n'est ni aryenne, ni juive. C'est juste le diable en personne. Et tu crois encore à ces conneries ? J'ai fais plus de bien dans ma vie que toi tu en as fait. Je suis plus jeune, je suis juive. Ta pensée est stupide, tout comme tes vieux costumes des années 40. Mets toi à jour, achète toi des trucs que portent les gens aujourd'hui. Fonds toi dans la masse. Arrête d'être si con. Tu te comportes en nazi, et non pas en homme. Alors si tu veux qu'on cesse de te mettre à l'écart, cesse de te foutre à l'écart tout seul. T'as rien compris à la vie Christoph. Absolument rien ! » Je repris mon souffle, soudainement fatiguée par ce discours. C'était toujours ainsi avec lui, il me mettait dans des états seconds et je reprenais ces discours moralisateurs. C'est alors que je sentis la tête me tourner. Et je finis le visage choqué de Christoph. Il m'avait entendu, il avait tout entendu. Pendant un instant, j'eus un sourire sur les lèvres qui ne voulut pas partir. Mais pire encore. Je vis le visage de Christoph. A nouveau. Je le regardais longuement. J'avais l'impression de ne pas avoir vu son visage depuis des années. C'était insupportablement de ne plus le voir. Et quelque chose se passa dans mon estomac. Dans mon cœur. Dans mon esprit. Je l'aimais. A en crever. Peu importe ce qu'il avait, peu importe ce qu'il était. Je n'étais pas comme lui. Qu'il ai été nazi, je m'en foutais. A cet instant. Car nous étions là, je pouvais le voir. Peut-être même l'entendre. Et le senti ? Mon cœur mort s'accéléra dans ma poitrine, prêt à exploser, et je sentis le sang tourner dans mes tempes. Je ne voulais plus être détruite par la guerre, je ne voulais plus considérer les problèmes des anciens comme les miens. Je voulais lui prouver que je n'étais en rien inférieure. Que je savais aimer, faire rire, embrasser comme une foutue aryenne. Que rien ne me différenciait de lui. Alors je balançais le calepin qui était resté dans ma main et me jetais en avant. J'attrapais ses joues dans mes mains, heureuse de le sentir à nouveau, et plaquais mes lèvres sur les siennes. Un baiser, doux, langoureux, plein de passion. Après seize ans. Après seize ans à se faire la guerre, j'acceptai une trève. Car j'en avais besoin, maintenant. Et je voulais qu'il change, je voulais qu'il devienne quelqu'un d'autre, la personne qu'il était réellement. Je voulais qu'il pense par lui même et qu'il cesse de me dire « Je t'aime même si tu es juive et inférieure ». Je voulais qu'il me considère comme son égal, qu'il n'ai plus aucune rancune, et seulement des remords. Qu'il ai honte d'avoir vu ce qu'il a vu, et qu'il comprenne à quel point il avait tout faux. Tout ce temps. Je continuais donc de l'embrasser. Je l'allongeais sur le lit et m'allongeais sur lui. Je sentais mes larmes se mêler à nos baisers et j'avais cette envie de le repousser, mais en même temps de l'attirer à moi un peu plus. J'avais besoin de lui, de ses bras. J'avais envie que nous vivions notre histoire d'amour, j'avais envie que l'on se fasse l'amour toutes les nuits, que l'on rit au lever du soleil en apercevant nos visages. J'avais envie de ces choses avec lui, mais c'était impossible. Et après seize ans, je ne prenais pas le temps de faire attention à ne pas le brusquer. Au contraire, mes baisers se faisant pressant, tentant de le décoincer, tentant de le faire entrer dans le monde actuel dans lequel nous vivions plus ou moins. Mes mains s'agrippaient doucement à ses cheveux, et je plissais les yeux, de douleur, mais aussi d'envie. Je ne voulais plus le quitter, mais je le devais. C'était insupportable. Et soudainement, je manquais d'air. Sensation étrange qui n'était que très peu arrivé en seize ans de mort. Je fus donc contraint de quitter ses lèvres. Je collais mon front au sien et lui dis doucement : « Ce n'est pas pour te faire du mal. Mais j'accepterai de passer le reste de mon existence dans mes bras, quand tu essayeras de penser autrement... » J'embrassais une dernière fois ses lèvres, une fraction de seconde. Me levais et lui donnais dos. Les larmes roulèrent sur mes joues à une allure incontrôlable, et je tentais de réprimer les sanglots qui me déchiraient la gorge dans l'espoir de sortir et de m'abattre une nouvelle fois.




   



   

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MessageSujet: Re: I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier - Prism   Mer 10 Fév - 22:07

Ma Prism à moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii coeur8
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MessageSujet: Re: I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier - Prism   Mer 10 Fév - 22:10

Mon Chris mimi
Tu m'as devancé! Je comptais poster sur ta fiche woa

Pas grave, je t'aime quand même coeur03

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MessageSujet: Re: I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier - Prism   Jeu 11 Fév - 21:16

POUSSEZ VOUS C'EST MA MIENNE A MOOOOOI !  woa  aaaa  aaaa  calin6




MA PRRIIIIIIISM canard coeur01 calin



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MessageSujet: Re: I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier - Prism   Jeu 11 Fév - 21:24

Ma Priiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimouiille d'amour awwwwi awwwwi calin calin calin calin calin calin calin calin calin calin calin coeur03 coeur03 coeur03

Ohlala, ma Prism a de nouveau son bébé arc-en-ciel, c'est trop génial mimi Elle va être tellement heureuse mimi

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