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 It's been a long time since i've seen you smile + Charlie

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PETITS PAPIERS :
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Lily-Rose Depp

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MessageSujet: It's been a long time since i've seen you smile + Charlie   Mer 10 Fév - 1:17


« Danse macabre »
17ans † Gula † Vivante † ft. Lily-Rose Depp

   
Nom:
Fitzgerald.
Prénom(s):
Shiraz Charlotte, dite "Charlie".
Date et lieu de naissance:
Au sein de cet hôtel le 25 Décembre 1999.
Situation familiale:
Seule et pourtant toute ma famille se trouve ici. Ils ne savent juste pas qui je suis. Maman d'un petit garçon de quatre mois.
Statut civil:
Célibataire.
Orientation sexuelle :
Hétérosexuelle.
Classe sociale :
Modeste.
Date d'arrivée à l'hôtel et raisons :
Depuis toujours, je n'ai rien demandé. J'y suis née.
Santé:
Vivante.
Particularité :
Détraquée.
S. "Charlie" Fitzgerald


   
Caractère

Charlie est douce, sensible et émotive. Elle l'est, certes, mais en surface. On a tendance à se laisser avoir, on a tendance à se laisser manipuler par son regard doux et son sourire d'ange. Souvent, elle vous regarde, passe une main derrière son oreille et dépose un baiser sur votre joue. Parfois elle vous aime, et est sincère, d'autre fois, elle cherche à vous anéantir. Parce qu'elle est ainsi, elle est destructrice. Et elle n'en a pas conscience. Elle a vécu dans l'obscurité, elle n'a jamais tissé de liens avec des clients de l'hôtel. Elle ne connaît que la solitude et l'abandon. Mystérieuse et taciturne, tout ce qui sort de sa bouche inquiète, fait peur. On aimerait ne pas avoir entendu, on aimerait oublier. Morbide à souhait, elle ne parvient pas à voir de l'espoir dans toute cette obscurité. Inculte et naïve, personne n'a été là pour lui apprendre la vie, et ce qu'elle sait aujourd'hui, elle l'a apprit en écoutant, en observant. Elle ne sait pas lire. Elle essaye, mais n'y parvient pas. Les mots n'ont aucun sens pour elle. Elle est perdue. Avec elle même, mais aussi dans le monde en général. Les années l'ont rendu folle, complètement instable. Manipulatrice, calculatrice, c'est une véritable fouteuse de merde. Elle ne sait pas pourquoi elle fait cela, elle ne se contrôle pas. Son corps et sa voix se manifestent sans qu'elle puisse faire quoique ce soit contre. Et elle ne ressent aucune empathie. Après ce qu'elle a vécu, les sentiments se sont comme envolés. Elle n'est plus humaine. Elle est un monstre, une créature sagement enfouit sous un visage d'ange déchu. Mais quelque part en elle se cache une adolescente qui aimerait être aimée, qui aimerait avoir une vie normale. Et cette adolescente là, s'est perdue dans les abysses infernales de l'horreur. Observatrice et cruelle, elle a pour l'habitude de toujours garder son sang-froid. C'est ce qui la rend inquiétante, dangereuse et imprévisible. Personne ne la connaît véritablement, pas même elle. Rêveuse et délicate, elle éprouve énormément de respect pour le monde qui l'entoure, mais n'a aucune morale quand il s'agit des autres, des humains. Pour elle, la notion d'âme n'a aucun sens. On la voit souvent, nous fixer sans expression sur le visage. Elle surgit de nulle part. Elle est là, et l'instant d'après, elle disparaît. Comme un songe. Comme un mirage. Elle n'existe qu'à moitié.
Questionnaire

Quelle est votre relation avec la mort?
Elle m'a élevée.
De quoi avez vous le plus peur?
Cette voix, dans ma tête.
Où aimeriez-vous être à cet instant précis?
Dehors, à découvrir le monde.
Préférez-vous errer pour l'éternité ou mourir?
J'ai seize ans, je ne me pose pas la question.
Mary, génie ou tyran?
Entre les deux.
Votre personnage d'horreur préféré?
Je ne connais aucune histoire d'horreur, sauf la mienne.
L'histoire qui vous donne la chair de poule?
Le croque-mitaine.
Seriez-vous capable de tuer pour sauver votre peau?
Peut-être.[/i]

   
Derrière l'écran
Pseudo sur le web : .KENZO Prénom : Louise. Âge irl : 19 ans. Personnage : Inventé. Crédits : Alaska + tumblr. Comment es-tu tombé sur TMH? Par la torture de mon cerveau trop rempli par l'imagination. Ce compte est-il un double-compte? Si tu savais. Un dernier mot :  pompom .



   


Dernière édition par S. "Charlie" Fitzgerald le Mer 10 Fév - 1:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It's been a long time since i've seen you smile + Charlie   Mer 10 Fév - 1:19


« In furor brevis est »
†††

   
« T'étais là Charlie, à te regarder. Et t'avais l'air pathétique. Tu te regardais dans ton putain de miroir et tu te touchais les joues. Putain mais d'où tu viens? Dis-le moi? T'étais là Charlie, et tu riais. Parce que savoir d'où tu viens ne changera jamais rien. T'es seule, tu l'as toujours été. Alors pourquoi tu cherches? Pourquoi t'essayes de savoir? Regarde ta gueule, regarde la sienne? C'est pourtant pas évident? Vas-y bats toi. Ca ne changera rien. Tu resteras à jamais seule. C'est ton destin. Dégage. Allez dégage. Tu m'emmerdes avec tes conneries. » Charlie ferme la bouche, serre la mâchoire et frappe dans le miroir qui se trouve devant elle. Elle s'apprête à parler de nouveau, mais elle rit. Elle rit et se retourne. Un homme est étendu nu sur le lit, elle le regarde, sans expression.  « T'es complètement taré, mais tu nikes bien. » elle le regarde, prends une inspiration et attrape le paquet de cigarette posé sur un meuble. Elle l'allume et continue de le fixer. Elle se lèche les lèvres et lance :  « Mon fric. » Il se relève et fronce les sourcils. Il secoue la tête et répond :  « T'es pute maintenant? ». Elle lui tourne le dos, coince sa cigarette entre ses lèvres et commence à se rhabiller. Un silence de mort règne dans la chambre. Elle boutonne son pantalon, récupère sa cigarette entre ses doigts, et fouille les poches du manteau de l'homme. Elle s'apprête à sortir lorsqu'elle lance :  « Non. J'improvise. Disons que... L'idée m'est venue quand je me suis rendue compte que t'étais déjà en train de me baiser. » Elle claque la porte derrière elle.

Chapitre 1 : Parce que je sais.

Assise sur ce tabouret de bar, elle regardait autour d'elle. Elle n'aimait pas cet endroit, ni même l'effet qu'il provoquait sur elle. Elle était arrivée par hasard, comme la plupart des clients de cet hôtel. Elle s'était laissée manipulée par l'apparence accueillante et chaleureuse de l'hôtel, et s'était précipitée dans les bras de la mort. Vivante parmi tous ces âmes, la solitude l'avait rendue folle. Elle avait besoin de quelqu'un. Elle avait besoin d'être aimée, rien qu'un instant. Jeune femme perdue dans l'immensité de l'obscurité. Un homme se trouvait là. Tenant entre ses doigts un verre de whisky, il observait avec attention le fond du verre. Sa jambe gigotait. Il semblait impatient. Ou en attente de quelque chose. Une femme s'approcha de lui, déposa un baiser sur sa joue et glissa quelque chose dans sa main avant de quitter le bar. Elle tendit le cou pour voir ce qu'il tenait. Un sachet. L'homme se décida enfin à finir le verre et quitta le bar. Elle fit de même et lui suivit. Alors qu'ils parcouraient le parc, elle se décida à passer à l'action. « Excusez-moi. Je ne me sens pas bien. J'ai besoin de ce  que vous avez dans la main. Je peux vous payer... » Il eut un sourire, et ouvrit le sachet. Il déposa la pilule sur sa langue et tendit le sachet à la jeune femme. Elle l'attrapa, plongea sa main et mit ses doigts dans sa bouche, sans rien dessus. « C'est un nouveau produit. C'est la première fois, on verra bien. » Dit-il en souriant. Elle le regarda avaler la pilule, et quelques minutes plus tard, il était allongé au sol, inconscient de qui il était. Ni de ce qu'il faisait. Et la jeune femme, assoiffée d'affection, passait ses mains sur son corps presque sans vie. Elle coucha avec lui. Du moins, elle s'empara de son corps sans lui demander son autorisation. Lorsqu'il revint à lui, allongé seul dans le parc, il se frotta le crâne et retourna chez lui, dans sa chambre du premier étage. Sa femme était assise sur le canapé, plongé dans un livre. Il lui embrassa le front, et avant de se diriger vers la salle de bain, il lança en riant : « Je deviens amnésique comme notre fils, Svet. Je ne me souviens absolument pas de ce que j'ai fais hier soir. » Sa femme se mordit les lèvres, inquiète. Elle ne trouvait pas cela drôle. Et il claqua la porte derrière lui.

Elle était tombée enceinte. Comme une punition après avoir honteusement déshonoré un homme. Un Fitzgerald qui plus est. Elle ne l'avait apprit que plus tard, lorsqu'elle avait vu sa femme, mais aussi son fils. Elle s'était cachée. Elle avait changé de couleur de cheveux, changeant son blond cendré pour un brun foncé. Elle s'était cachée dans l'obscurité. Mais le destin s'était occupée d'elle. Elle ne pouvait pas cacher la forme arrondie sous ses vêtements. Elle était tombée enceinte, elle était tombée enceinte d'un mort. Elle avait été inconsciente, stupide, et mauvaise. Elle garda l'enfant, tout simplement parce qu'après plusieurs tentative d'avortement, l'enfant semblait vouloir s'accrocher à la vie. Elle portait en elle un être surnaturel, et n'avait aucun moyen de s'en débarrasser. Sauf au moment venu. L'accouchement. Et ce moment était venu. Elle déposa la petite fille dans une couverture, et la laissa dans les tombeaux. Elle espérait que cette dernière finirait par mourir de solitude et de faim. Elle ne voulait pas d'un autre monstre dans cet hôtel. Elle attrapa un bout de papier qui se trouvait dans sa poche et écrivit un simple prénom "Shiraz". Elle ne savait pas pourquoi elle avait appelé sa fille ainsi, très certainement parce qu'elle n'en aimait pas les sonorités. Elle laissa là le bébé, et partit sans même se retourner.

Elle était là, seule. Bébé gazouillant aux joues rouges. Elevées par les âmes errantes des sous-sols. Personne ne savait qui elle était, ni d'où elle venait. Elle était tout simplement là. Un espoir dans tant d'obscurité. Un rayon de soleil dans le noir. Personne ne savait d'où elle venait. Personne ne savait qu'elle était issue de l'union entre un mort, et une vivante. Son prénom était Shiraz. Personne n'a jamais su pourquoi on l'avait appelé ainsi, ni même qui en avait prit cette décision. Plus tard, elle se rebaptisera Charlotte. Parce que c'est joli. Et qu'elle aime ce prénom.

Un cri. Un cri d'enfant. Il réveilla les enfers, il réveilla les tombeaux. Les âmes sortirent de leurs cachettes. Ces âmes damnés, cachés. Des monstres. Des âmes détruites par la vie. Physiquement, et mentalement. Des âmes qui n'ont plus rien d'humains. Une femme, bossue et squelettique s'approche de l'enfant. Elle aimerait pouvoir dire aux autres de s'approcher, mais elle ne peut pas. Elle n'a pas de langue. Elle se l'est coupée il y a des années de cela. Elle prend dans ses bras le bébé. La petite fille la regarde, et lui sourit. Elle n'a jamais tenu d'enfant dans ses bras. Du moins, pas depuis qu'elle est morte. Elle la sert contre elle et se met à courir maladroitement. Elle est à elle, elle l'a trouvé en premier.

On prit soin d'elle, on la nourrit, on la cacha. Mais elle ne rencontra jamais personne. Elle ne fit la connaissance de personne. Elle fut élevée par des ombres. Elle fut élevée par la mort. Shiraz grandit. Elle apprit à penser par elle-même, et elle comprit très rapidement que la vie qu'elle menait n'était pas normale. Qu'il y avait autre chose en dehors de ces murs. Des choses qu'elle ne pouvait atteindre. Régulièrement, elle allait à la grille, et passait son bras entre les barreaux. Elle pouvait sentir cet air, cet air pur, si différent de ce lui qu'elle avait respiré depuis toujours. Elle voulait s'en imprégner. Elle voulait le respirer. Mais elle ne pouvait pas. Personne ne savait qui elle était, ni d'où elle venait.

Charlie. C'est ainsi que Shiraz avait décidé qu'on l'appellerait. Charlotte pour les intimes. Mais il n'y avait pas d'intimes. Elle marchait, habillé d'une robe déchirée et souillée. Elle regardait autour d'elle et marchait en rasant les murs. « T'inquiètes pas Charlie, personne ne te voit. » Elle sourit et monte les escaliers. Il est deux heures du matin. Elle a treize ans. Elle pousse la porte du Fitz et s'émerveille devant la beauté des lieux. Elle n'a jamais vu cela de toute sa vie. Elle n'a connu que l'obscurité et la pauvreté. Elle court presque jusqu'aux cuisines et ouvre des dizaines de frigo. Elle dépose tout sur un plan de travail, s'assoit, et se met à manger en poussant des soupirs de satisfaction. Elle entend alors un bruit et se retourne. Une femme se trouve là. Charlie recule et tombe de la chaise. Elle se cache derrière cette dernière et observe la femme. C'est elle. C'est Mary Fitzgerald. La méchante de l'hôtel. « N'aies pas peur mon enfant, mange. » Charlie hésite, mais s'assoit à nouveau sur la chaise pour continuer de manger. Elle n'a jamais connu tel bonheur. Tout est bon, tout est beau. Elle aimerait pouvoir passer sa vie à manger. Mais elle ne peut pas. Elle finit par avoir mal au ventre. Elle se lève, range tout en évitant de passer la drôle de femme qui n'a pas cessé de l'observer, et elle quitte les cuisines.

Enfant de la mort, enfant de la noirceur, elle mourut de faim. Et ne demanda jamais plus. Souvent, elle allait voler dans les cuisines, et Mary Fitzgerald était là, à chaque fois. Mais pour une raison inconnue, cette dernière ne disait rien. Elle observait la jeune fille s'empiffrer de tout ce qu'elle trouvait. Jusqu'au jour où elle comprit. Par quelques mots que Mary lui avait soufflé avant de quitter les cuisines. « Tu devrais vivre avec moi. Tu ne mourrais plus de faim. » Elle l'avait regardé partir. Et avait tout vomi. Jusqu'à ces tripes. Car elle savait, elle savait. Elle était une Fitzgerald. Une enfant abandonnée, mal aimée, non désirée.


Elle se regardait dans le miroir. C'était évident. Elle était sa fille. Le mec tatoué, souvent bourré, mais magnifique. C'est lui son père. Ses yeux, sa bouche. La forme de son visage. Et pourtant, il n'a jamais essayé de te rencontrer Charlie. Pourquoi? Il ne t'aime pas. Tu touches tes joues. Elles sont rouges, elles sont chaudes. Les siennes sont froides. Tu es vivante, il est mort. Depuis combien de temps? Etait-il mort lorsqu'il ta conçu? Tu casses le miroir. C'est stupide. Tu n'es la fille de personne. Tu ne sais même pas qui t'as élevé. Elle regarde sa main en sang et souffle dessus, comme si cela pouvait enlever la douleur. Elle se retourne et décide de quitter les tombeaux. Elle monte les escaliers, et se dirige vers le parc. Les Fitzgerald sont là. Damon, Svetlana, Aloysius. Ils parlent. Ils arrivent à rire dans tant d'obscurité. Mais toi tu n'es pas là Charlie. Toi tu les regardes de loin parce qu'ils ne te connaissent pas, parce qu'ils ne t'aiment pas. Parce qu'ils ne savent même pas que tu existes. Damon passe un bras autour des épaules de sa femme et l'embrasse avec douceur. Il l'aime. Il n'aurait jamais pu la tromper. C'est ta mère la salope. Tu le comprends. Tu ne veux jamais la rencontrer. Tu veux connaître ton père.

Elle se mit à les épier. A analyser leur moindre faits et gestes. Elle était convaincue d'une chose. Elle était la fille d'un des deux garçons. Elle savait que les épouses n'auraient pas été capables de cacher leurs grossesses pendant neuf mois. Et puis surtout, les mortes ne pouvaient pas avoir d'enfant. Les morts pouvaient-ils eux? Elle lut la Bible. Un nombre incalculable de fois. Mary Fitzgerald était née de l'union d'un mort, et d'une vivante. Comme elle. Elle prit conscience. Elle prit conscience qu'elle était un danger. Et à peine âgée de treize ans, elle entreprit de se cacher. De rester à l'écart de tous. Elle ne voulait pas devenir comme sa grand-mère.
Hadès pouvait être son père. Il couchait avec énormément de femmes, qu'elles soient d'accord ou non. Mais il ne l'était pas. Elle le sentait. Cela se voyait. Avec les années, ses traits se dessinèrent. Elle était la fille de Damon. Damon, l'enfant de la famille, le drogué des deux frères. Elle observait sa vie de couple, son rôle de père. Il était aimant. Malgré ce qu'il était, il aimait sa femme et son fils par dessus tout. Elle aurait voulu faire parti de leur famille. Mais elle savait ce que cela représentait. Elle savait pourquoi sa mère, quelque part dans cet hôtel, avait décidé de ne pas la garder. Être un Fitzgerald, c'était dangereux.
Sa mère, elle ne l'a jamais rencontré. Mais chaque année, le jour de Noël, apparaissait sur un bâton de plus sur un des murs de la pièce dans laquelle elle avait grandit. Elle voulait connaître sa mère. Elle voulait connaître son père. Mais c'était impossible. Elle devait se montrer.


Chapitre 2 : Parce que je deviens.

Elle entreprit donc de se mêler à la foule. Elle prit un travail de serveuse dans un des bars de l'hôtel, et tenta de se faire une place. Elle mentit sur son âge, sur son prénom, sur son arrivée ici. Pour les gens, elle était une jeune femme perdue qui s'était retrouvée ici dans le but de téléphoner. Elle ne savait pas quoi dire d'autre. Elle ne savait pas ce qui existait en dehors de cet hôtel. Ni même dans quel pays elle se trouvait. Elle ne savait rien. Rien d'autre que ce qu'elle voyait au jour le jour.


Un silence de mort règne dans le bar, il y a quelques heures, bondé de clients bourrés et excités. Charlie essuie les verres et écoute de la musique. Elle a réussit à s'acheter un baladeur mp3 avec quelques sous gagnés en travaillant. Une folie qu'elle s'est autorisée. Elle a découvert ce qu'était la musique, et désormais, elle sait qu'elle ne pourra plus jamais vivre sans. Elle se met à chanter et à danser. « It's shaking the sky and I follow the lightning. I'll recover if you keep me alive, don't leave me behind can you see me I'm shining ! » Une main se pose sur sa bouche et on la plaque contre le bar, sans qu'elle puisse se défendre. L'homme la déshabille. Elle se met à hurler. Mais personne ne l'entend. Elle sent son organise énorme et dégueulasse lui déchirer l'entre jambe et elle hurle de douleur. Elle pleure sous ses va et viens incessants et continue d'hurler. Mais rien ne va, elle est seule. Complètement seule. Ni son père, ni sa mère ne viendront l'aider. Pourtant ils sont là, quelque part dans l'hôtel. Elle continue d'hurler et de pleurer. L'homme s'apprête à en finir. Il baisse sa garde. Elle serre les jambes, de toute ses forces, attrape un verre et le casse sur la tête de l'homme. Il tombe au sol. Elle se rhabille et se met à courir.

Ce soir là, elle tua un homme. Elle avait quatorze ans. Et tandis que cet homme, dont elle ne pu jamais voir le visage, s'emparait de tout ce qu'elle possédait, elle comprit. Elle comprit pourquoi son père si aimant ne s'était jamais intéressé à elle. Elle comprit pourquoi personne ne connaissait son existence, pas même lui. Damon ne savait pas. Il ne savait pas qu'il avait été infidèle à sa femme. Quelque part, il y avait plus de quatorze ans, quelqu'un avait profité de son corps, de son corps très certainement occupé par la drogue. De son esprit troublé. Il ne s'était souvenu de rien. Il ne savait rien. Charlie comprit qu'elle ne pouvait rien dire. Elle ne pouvait pas détruire la vie de son père. Son père qu'elle aimait, sans même le connaître vraiment. Elle s'enferma dans une bulle. Errant jour et nuit dans l'hôtel, à la recherche de quelque chose. Un livre. Une mélodie. Quelque chose. Et puis la folie s'empara d'elle. Elle se mit à parler toute seule. Elle se mit à créer des scénarios, des idées noires dans sa tête. Elle changea radicalement, et se glissa peu à peu dans la vie des Fitzgerald. Elle ne contrôlait plus ses envies. Elle voulait plus que l'anonymat. Elle voulait être vue, reconnue, elle voulait qu'on lui accorde de l'attention.

« Allez, dépêche toi Charlie. Plus vite que ça. Faut frotter, frotter, frotter. » Elle sourit et regarde son œuvre. Djinns a encore fait des bêtises la nuit derrière. Charlie doit nettoyer après lui puisqu'il ne le fait jamais. Elle se met à rire. Elle aimerait pouvoir être comme Djinns. Elle aimerait pouvoir décider de quand tuer, de quand faire du mal. Elle regarde l'éponge pleine de sang. Elle l'essuie sur ses vêtements. Elle aime bien le rouge, c'est sa couleur préférée. Un homme passe alors dans le couloir. Elle lève la tête, et lui jette l'éponge dessus. « Me regarde pas toi. » Il fronce les sourcils. Tu te lèves et tu t'approches de lui. Tu le regarde, embrasse ses lèvres et tu lèves ta robe. « Ben vas-y, j'ai compris. Fais tes affaires, je dirai rien. » Et elle lui sourit, avec douceur. Elle lui caresse le visage, mais l'homme recule, recule, et part en courant. Elle hausse les épaules. Elle trouvera bien quelqu'un ce soir.

Elle demanda de l'aide à Mary. Cette dernière aida sa folie à s'emparer d'elle. Charlie n'était plus elle-même, elle était une tout autre personne. Insensible, froide et dure, elle n'était plus capable de s'accrocher aux gens. Rancunière et cruelle, elle se mit à faire le malheur autour d'elle. Et elle s'en réjouissait. Il n'y a qu'un antéchrist. Mais il y en a deux comme Mary. La deuxième, c'est Charlie. Une seconde abomination dans cet hôtel. Une horreur, un monstre à bannir. Elle s'enferma dans sa folie, et ne laissa personne tenter de l'en sortir.


Chapitre 3 : Parce que nous sommes.

Elle avait l'habitude de coucher avec des hommes. Régulièrement. Elle leur faisait les poches, elle se servait d'eux. Elle n'aimait personne, et personne ne l'aimait. Mais rapidement, elle comprit qu'elle ne serait plus seule pour longtemps. Son ventre s'est arrondit. Elle ne sait pas qui est le père. Mais elle n'avait couché qu'avec des vivants. Elle emménagea au premier étage. Et continua d'observer de loin les Fitzgerald. Elle allait agrandir la famille. Elle allait la faire vivre. Elle qui était si morte depuis des décennies. Peu à peu, elle s'infiltra dans la famille, se faisant connaître de tous les membres. Prétendant être la femme de chambre, elle aguicha Hadès et Tahlia, provoqua la colère d'Andy, se joua de la folie de Keziah. Elle voulait connaître leurs limites. Mais elle ne fit jamais rien contre son père, ou contre son frère. Elle se rapprocha d'eux, jusqu'à ce qu'il se mette à l'apprécier, pour disparaître du jour au lendemain. Elle testa leur amour. Elle les observa, et se rendit compte qu'ils l'oublièrent vite. Son cœur se durcit.
Elle était seule. Incroyablement seule. Pour toujours, et à jamais.



Des âmes détruites par la vie.


   



   
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