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 Valar Morghulis + Maddox

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MessageSujet: Valar Morghulis + Maddox   Mer 10 Fév - 0:48


« I'm not Mad, just lost in nightmares »
25 ans † Ira † Vivant † ft. Miles McMillan

   
Nom:
Ó Broin‏‏.
Prénom(s):
Lennon Maddox.
Date et lieu de naissance:
12 Juillet en Ecosse.
Situation familiale:
Seul. Une demi-soeur "adoptive" aujourd'hui morte par sa faute.
Statut civil:
Célibataire.
Orientation sexuelle :
Hétérosexuel.
Classe sociale :
Pauvre.
Date d'arrivée à l'hôtel et raisons :
Mars 2015 pour venger la femme qu'il aimait, Anja.
Santé:
Contaminé par le virus. Il ne s'y attendait pas, et pourtant, sans qu'il puisse y faire quoique ce soit, Holden Lowe s'est approché de lui et l'a contaminé.
Particularité :
Psychopathe.
L. Maddox Ó Broin‏‏


   
Caractère

Maddox est un rêveur. Ses parents lui ont apprit très jeune les beautés de la vie. Ils lui ont fait comprendre que l'argent n'avait pas le bonheur, qu'on devait mériter tout ce qu'on obtenait et qu'on avait le choix entre se laisser vivre, et se battre. Alors il s'est battu. Débrouillard, il a apprit par cœur des livres qui lui tenait à cœur. C'est un homme fort, qui a encaissé les malheurs de la vie avec courage et grandeur. Il a une attache particulière avec le fait d'être libre, ainsi on le trouve régulièrement sans chaussures, comme si le fait de ne pas en porter montrait sa volonté de ne pas rentrer dans les règles, dans les normes. Il est loyal et sensible et n'abandonnera jamais les gens qu'il aime. Mais très renfermé, il ne montre que très rarement ses sentiments et ne dit presque jamais ce qu'il pense. Il a pour particularité de ne jamais rien ressentir, et pense n'être qu'un corps dont le cœur n'est destiné qu'à une seule personne : la femme qu'il aime. On ne le voit jamais pleurer. Mais il est très rancunier et est capable de tout par amour. Néanmoins, c'est une personne altruiste et généreuse. Il a une très basse estime de lui-même et ne veut pas croire au fait qu'il puisse être quelqu'un de bien. Il se dévalorise sans arrêt, mais ne le dit jamais. Enfin, depuis qu'il a tué Judith, la fille de son parrain, il a pour habitude de péter les plombs, de se montrer violent et dangereux pour obtenir ce qu'il désire. Son enfance et cet évènement l'ont profondément marqué, et désormais, il n'agit plus de la même manière. Il a tendance à oublier qui il est réellement, et sombre, de temps à autre, dans une folie destructrice.
Questionnaire

Quelle est votre relation avec la mort?
Elle a été trop présente tout au long de ma vie.
De quoi avez vous le plus peur?
Qu'elle me haïsse pour l'éternité.
Où aimeriez-vous être à cet instant précis?
Partout ailleurs, sauf ici.
Préférez-vous errer pour l'éternité ou mourir?
Mourir. Ma vie n'a aucun intérêt.
Mary, génie ou tyran?
Tyran.
Votre personnage d'horreur préféré?
Frankenstein.
L'histoire qui vous donne la chair de poule?
Dracula. Ironique non?
Seriez-vous capable de tuer pour sauver votre peau?
Je ne sais pas. Je n'ai jamais été à cette situation, mais je ne peux vous dire non, puisque j'ai déjà tué.[/i]

   
Derrière l'écran
Pseudo sur le web : .KENZO Prénom : Louise. Âge irl : 19 ans. Personnage : inventé Crédits : blitz + tumblr. Comment es-tu tombé sur TMH? I have a dream... Ce compte est-il un double-compte? Quelle question mdr Un dernier mot : J'vous aime coeur03



   


Dernière édition par L. Maddox Ó Broin‏‏ le Mer 10 Fév - 0:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Valar Morghulis + Maddox   Mer 10 Fév - 0:50


« Les clochards célestes »
†††

   

I -

« Chérie, où va-t-on aujourd'hui ? » Mon père sourit à ma mère. Nous avons les cheveux au vent. Il a une main sur le volant, l'autre sur la main de ma mère. Ils écoutent un album des Beatles. L'odeur du cigare de mon père m'arrive aux narines, et je souris. On avait l'habitude de voyager, comme ça, sans se prendre la tête. Mon père aimait les voitures, et avait économisé longtemps avant de s'acheter sa Cadillac bleue. La même de Dean Moriarty, l'ami de Sal Paradise. Mon père avait toujours été passionné par la Beat Generation, et par les livres de Jack Kerouac. Il se baladait, presque tout le temps, avec un de ses livres : Les clochards célestes. Il me lisait des passages, parfois, pour m'instruire, pour me transmettre sa pensée. Je n'y comprenais rien, mais j'appréciais ces instants. Mes parents m'aimaient, mais ils aimaient tout autant la liberté d'être sur la route. Et ça les a tué. Ce jour là, j'étais resté à la maison. Je lisais une bande dessinée. Une avec des supers héros. J'adorais les supers héros. Avant. Avant qu'ils meurent. Et eux, étaient partis faire des courses, un beau matin de dimanche. Je les attendais. Et puis, las, fatigué, épuisé par cette longue lecture. Je me suis endormi sur mes images. Ce fut quatre coups contre la porte du studio miteux dans lequel nous habitions qui me tirèrent de mon sommeil. La police entra, et m'annonça que mes parents étaient morts dans un accident de voiture. Je pleurais toutes les larmes de mon corps. Et ce fut la dernière fois que je pleurai. De toute ma vie. Je les suivis, jusqu'au poste. J'étais là, dans un bureau, à attendre qu'une dame vienne me chercher. L'assistante sociale. Non. Non je ne voulais pas qu'on s'occupe de moi. J'étais assez grand pour m'occuper de moi. Je savais lire, je savais compter. Je connaissais de bons ouvrages et j'écoutais de la bonne musique. Je courais vite, j'étais malin, et je passais partout sans qu'on me remarque. L'assistante sociale m'annonça que mon Parrain, le Sénateur Monroe, viendrait me chercher, pour s'occuper de moi. Je fis de gros yeux et demandais à aller aux toilettes. A cet âge là, tout le monde trouve normal qu'un enfant perturbé passe son temps aux toilettes. Alors elle m'a laissé quitté le bureau. Et je me suis enfui par une fenêtre des toilettes. J'ai couru. De longues minutes, avant de me cacher dans une petite ruelle. Et j'ai trouvé un endroit où dormir, pour la nuit. Sans savoir ce qui m'arriverait le lendemain. Sans savoir ce que deviendrait ma vie désormais que mes parents n'étaient plus là. Je voulais ressentir ces sensations : l'odeur du cigare de mon père, le vent dans mes cheveux, les Beatles chantant « Hey Jude », et le bruit des pages de Kerouac qui tournent à mesure que mon père poursuit sa lecture. Je voulais retrouver tout cela, mais c'était désormais impossible. J'étais désormais orphelin.  Et la seule personne qui me restait, était Monroe, autrefois un ami de mon père, qui même après leur dispute, était resté mon Parrain. Lui avait fait fortune, mon père était resté ce jeune vagabond rêveur. Nos univers n'avaient rien à voir. Moi, j'étais un clochard céleste, lui, était Gatsby. Et il me faisait peur. Terriblement peur.

II -

L'odeur de la cigarette. L'odeur de l'alcool. De la pisse, de la saleté. Je vis là dedans. Mes cheveux sont longs, gras, mal coiffés. J'ai horreur de ça. Mon lit est un vulgaire matelas. J'ai une couette, mais c'est l'été, il fait trop chaud. Je n'ai plus de bandes dessinées. Je n'aime plus les bandes dessinées. Les supers héros ne servent à rien. Ils n'ont pas pu sauver mes parents. J'ai dans mes mains Les clochards célestes, mon père l'avait laissé à la maison ce jour là. Et j'y étais retourné, pour récupérer ce fameux livre. Comme s'il savait qu'il allait mourir, comme s'il voulait me laisser cette seule chose. J'ai lu le livre. Je comprenais les mots, mais pas le sens. Il m'a fallu des mois pour le terminer. C'était trop compliqué pour moi. Je n'avais que six ans. Bientôt sept ans. Jake, Calum et Béa m'avait accueillit dans leur squat, peu de temps après la fugue. Ils s'étaient comportés avec moi comme de véritables frères et sœurs. Ils m'avaient appris à voler, à faire des affaires. Ils m'avaient appris à vivre. A survivre. Ils étaient mes modèles. Des hooligans aux idées parfois douteuses, l'esprit régulièrement ravagés par des substances que je ne pouvais pas toucher : ils me l'interdisaient. Ils étaient perdus, mais protecteurs. Protecteurs envers un enfant qui leur ressemblait tant. J'étais devenu un petit voyou. Je mendiais, je récitais des pages entières du livre de Kerouac pour quelques sous. Et puis j'ai élargis mes horizons. Béa m'a prêté son recueil de poème de Walt Whitman. J'en ai appris la moitié. Et j'avais plus de succès encore. Je ne les comprenais pas, mais en grandissant, les mots ont prit un sens. Ils m'ont fait découvrir U2,  les Rollings Stones, Métallica. J'aimais presque tout, j'étais intéressé, curieux, volontaire. Nous avons laissé pousser mes cheveux. Partout dans la ville, se trouvait des vieilles affiches de cet enfant disparu : moi. Comme si Monroe me cherchait. Et puis, ce jour là, je suis sortie. J'ai prévenu mes grands amis, qui, trop défoncés par ces substances interdites, m'ont fait signe de la main et m'ont laissé m'échapper avec mes deux livres favoris. Je voulais me promener, je voulais aller dans un parc pour enfants. Mes pieds nus foulaient le sol chaud de la ville, et je regardais ma peau sale. Je changeais de direction et me dirigeais vers la fontaine sur la grande place. J'y plongeais mes mains, me nettoyais le visage, les bras, les pieds. Les gens me regardaient avec horreur, et je les ignorais. Ils s'indignaient devant un enfant clochard se lavant dans une fontaine municipale, mais personne, oh non personne, ne venait me sortir de cet enfer. Et puis, soudain, des bras forts m'attrapèrent les mains et me tirèrent en arrière. Ma voix cassée a rententit dans toute la place. Je me débattais, frappant dans le vide. Et soudain, le Sénateur Monroe se trouvait là. Je lui crachais au visage, et un policier m'attrapa par le coude et m'emmena sans me ménager. Pour eux, je n'étais qu'un voyou. Et un voyou ne méritait aucune considération. On me demanda de parler de mes amis. Je n'avouais rien. Mes amis, étaient mes amis. Plus tard, Monroe m'accorda une heure pour aller remercier mes amis. J'allais à la casa – c'est ainsi qu'ils l'appelaient – et toquais. Mais personne ne répondit. Alors je déposais le livre de Walt Whitman au sol, et lorsque je me retournais, la porte s'ouvrit. Calum était là, les yeux rouges. Il m'apprit, qu'après mon départ, Béa avait fait une erreur. Une overdose. Elle était morte et enterrée. Je ne pleurais pas, et récupérais le livre avant de le serrer contre mon cœur. Il me dit adieu, « bon vent », toutes ces choses. Ils allaient quitter la ville, prendre un nouveau départ. Sans moi. Et je suis reparti chez mon Parrain, le livre toujours serré sur le cœur. Le seul souvenir de mon amie. De la sœur que je n'avais jamais eut, et qui m'avait apprit la vie.


III -

« Hors de ma vue sale gosse! Allez! Dégage! » Et un coup de plus. Je me protège le visage et encaisse les coups qui s'enchainent. Sur mon dos, sur ma tête, sur mes jambes. Mon corps est parsemé de bleus. A l'école, on me demande pourquoi je ne parle pas. Et je ne réponds rien. Que pourrais-je bien dire? Que mes parents sont morts, et que mon parrain me bat? Les gamins de mon âge, et de mon genre, on les prend pour des menteurs. Le sénateur Monroe est connu de tous, connu et aimé. Je sais que je n'ai pas ma place dans sa vie parfaite et bien rangée. Je n'ai pas les cheveux soigneusement peignés comme sa femme, Claire. Elle est là, les bras croisés, à regarder son mari me frapper. Je suis la seul enfant de la maison, et je dois, désormais obéir à ses ordres. Mais jamais je n'accepterai de me couper les cheveux, de troquer mes deux vieux livres pour des neufs. Jamais je ne porterai des mocassins. Je préfère être pieds nus, dans des vêtements trop grands et déchirés. Les polos, les pull over, qu'ils se les foutent dans le cul. Je ne suis pas comme ça. Je ne suis pas comme lui. Je veux écouter "Hey Jude" dans la Cadillac bleue de mon père. Le sénateur n'arrive pas à mettre enceinte sa femme. Il doit avoir les spermatozoïdes trop pourris pour cela; et c'est pour cela qu'il me déteste. Car je suis là, mais qu'il ne veut pas de moi. Je lève des yeux haineux vers lui et lui donne un coup de pied dans le tibia. Je m'enfuis, je cours aussi vite que je peux. Je ne veux plus jamais remettre les pieds dans cette maison. Je cours. Je cours. Je ne veux plus jamais encaisser les coups de cette manière. Je ne suis pas un chien - et même un chien, on ne le traite pas de cette manière à moins d'être un monstre -, je suis un enfant de sept ans. Un enfant de sept ans, qui, pour faire chier Monroe, a séché les cours, a continué ses vols, ses marchandages. Qui a continué à réciter des poèmes de Walt Whitman. J'ai crevé ses pneus, dessiné sur ses murs, mis le feu à sa poubelle. J'ai fais tout ce que j'ai pu. J'ai fais tout ce que j'ai pu pour qu'il me foute dehors. Mais il m'a gardé là. Près de lui. Et j'ai le sentiment que je ne suis pour lui qu'un vulgaire animal qu'il engraisse avant de le déguster savoureusement. Avant de se servir de lui et de s'en débarrasser. Je cours. Je cours. Je veux me sentir libre. Libre comme mes parents au volant de la Cadillac bleue. Libre comme Jack Kerouac sur les routes américaines. Libres de mes mouvements, de mes désirs. Je ne veux pas aller à l'école, apprendre à compter à côté d'attardés. Je sais déjà ça. Je veux apprendre la vie. La véritable vie. Je déteste cette vie. Je cours. Je cours. Puis, je m'arrête. Un grand bâtiment de briques se trouve devant moi. Je lève les yeux. Un orphelinat. J'enlève mes chaussures et les balance. Ce n'est pas moi ça, avoir des chaussures. Essoufflé, je me dirige vers l'entrée et pousse la porte. Une dame se trouve là et me demande ce qu'elle peut bien faire pour moi. Je m'avance vers le comptoir, me hisse sur la pointe des pieds et demande : « Bonjour Madame, je suis orphelin. » La dame fronce les sourcils et m'indique d'attendre ici. Alors j'attends. J'attends et je regarde autour de moi. Au loin, j'aperçois une longue chevelure blonde. La petite fille joue avec un autre garçon blond. Je la regarde, la bouche ouverte, et me lève tout doucement. J'aimerai aller la voir. Mais elle ne me voit pas. Elle ne sait pas qui je suis. J'aimerai savoir à quoi elle joue, et pourquoi elle est là. Ses parents sont morts elle aussi? Est-ce qu'elle connaît les Beatles? Et Jack Kerouac? Et l'odeur du cigare? Une porte claque et une dame au visage doux sort d'un bureau. Je la regarde, soudainement de retour à la réalité. « Suis-moi petit. » Alors d'un pas rapide, j'entre dans le bureau, et jette un dernier regard à la petite blonde. Je m'assois sur le fauteuil, et laisse mes pieds nus se balancer dans le vide. « Dis-moi tout. » Me demande la dame en s'asseyant en face de moi. Je la regarde longuement et prends une longue inspiration bien visible. « Mon nom c'est Lenon Maddox Ó Broin‏‏. Mais mes parents m'appelaient Maddox. J'ai sept ans, j'ai perdu presque toutes mes dents de laits. J'attends que les autres repoussent. Béa, mon amie hooligan qui est au ciel maintenant, m'a raconté que la petite souris venait toute les nuits pour les aider à pousser. Mais je n'arrive pas à la voir... J'aime Jack Kerouac et Walt Withman. Je peux vous réciter des passages par cœur si vous voulez! Mes parents sont morts il y a un an, et j'ai vécu dans la rue parce que mon Parrain est méchant, il me fait peur. Il m'a fait ça regardez... » Et je me lève, et lui montre mon dos, puis mes bras. Elle pousse un cri de stupeur et viens toucher ma peau avec délicatesse. Je vois des larmes dans ses yeux, et je suis sûr d'avoir trouvé ma nouvelle maison. Alors je reprends : « Et sa femme elle ne dit jamais rien... Alors je suis venu ici, parce que je veux vivre avec vous, avec tous ces enfants... » Elle me regarde, et j'ai l'impression qu'elle va pleurer. Je la regarde avec de grands yeux et me lève pour aller prendre un mouchoir sur une commode du bureau. Je lui tends et elle s'essuie les yeux. Puis, elle s'accroupit et pose ses deux mains sur ma taille. Un grand sourire plein d'espoir est sur mes lèvres. Je veux quitter Monroe. « Chaton... On ne peut pas t'accueillir ici... Au nom de la loi, on ne peut pas, ton responsable est ce cher Monsieur. » Je ne comprends pas, je fronce les sourcils et pose un doigt sur ma bouche. Je réfléchis. « Ca veut dire quoi? On s'en fiche de la loi, non? » Elle secoue la tête d'un air désolé et me sers contre elle. Elle caresse mes longs cheveux noirs et glisse à mon oreille : « Ca veut dire que ce serait te kidnapper, te retirer à un homme qui est désormais comme ton père. » Et je sens mon épaule humide. Elle pleure. Et moi pas. Je ne pleure pas car je n'ai pas de larmes à gâcher. Je me sens vide. Tout espoir a disparu. Je la regarde, les yeux tristes, la bouche à l'envers, et me dirige vers la porte en baragouinant un "merci". Mais elle m'arrête et ajoute : « Mais tous les jours, viens ici. Tu ne pourras pas y dormir, mais on prendra soin de toi. Tu pourras nous aider à nous occuper des plus petits que toi, et nous parler de ces livres dont tu aimes tant. » Elle me sourit et je lui saute dans les bras. Elle me donne une chance d'échapper au sénateur. Elle me donne une chance d'être en sécurité, même quelques heures de la journée. En partant, elle compose un numéro et signale la présence d'un enfant battu : moi. Mais Monroe est un Sénateur, et il sera toujours le seul à gagner. En quittant l'Orphelinat, je jette un regard vers le couloir où jouait la petite fille blonde. Elle n'est plus là. Mais ce n'est pas grave, je la verrai demain. Je souris et quitte l'endroit. Rapidement, je fus considéré à l'école comme le voyou mythomane et masochiste. Personne ne croyait en mes paroles. Personne, sauf cette dame : Madame O'Connell.

IV -

Un regard. Les cheveux blonds au vent. Un sourire sur les lèvres. Et un regard inquiet mais excité. C'est tout ce qu'elle a laissé lorsqu'elle est partie. Beathan à son bras, comme toujours. Et pas moi. Pas moi non. Moi, je suis resté là, tête baissée. Je refusais de la regarder partir. C'était comme si elle m'abandonnait. C'était comme si elle me laissait. Je n'avais aucun moyen de la retrouver. Aucun. Et pourtant, elle devait partir. Il était temps pour elle de découvrir la véritable vie. Je ne pouvais pas me montrer si égoïste, je ne pouvais m'attrister de son départ. J'étais certes, prisonnier de l'emprise de Monroe, mais elle ne l'était pas, et elle n'avait pas à l'être. Alors je me levais, et me dirigeais vers la sortie. Elle se retourna vers moi, et je lui fis signe de la main. Mais quelque chose sembla se déchirer à l'intérieur de moi. Je la regardais partir, jusqu'à ce que sa chevelure blonde ne soit plus visible. Puis, je retournais à l'intérieur. Un enfant vint me courir dans les jambes. Je le pris dans mes bras et me dirigeais vers cette grande salle de jeu. Là où j'avais été confronté, pour la première fois, à tous les orphelins de cette bâtisse. Je jouais avec le petit garçon, une voiture dans la main, l'autre soutenant ma tête lourde. J'étais las. Je n'avais plus cette vitalité qui me m'avait rendu si débrouillard. Si unique. Je ne me souvenais plus de l'odeur du cigare de mon père, ni du refrain de « Hey Jude ». Je n'aimais plus monter en voiture, et encore moins lire des bandes dessinées. A vrai dire, je n'aimais plus grand chose. Et cette vitalité s'en était allé à mesure que les poings de Monroe avaient arraché ma peau. Les cicatrices s'étaient multipliées, et moi, je m'étais perdu. Je ne m'accrochais plus qu'à cet orphelinat, où je me sentais le bienvenue. Mais rien d'autre ne me tenait ici. Désormais. Désormais que Ganja était partie. Je baissais les yeux. J'avais provoqué sa rencontre, et désormais, j'étais incapable d'empêcher son départ. Je secouais la tête et me pris la tête entre les mains. « Maddox ? » Je m'étais retourné et avais regardé Madame O'Connell. Elle m'avait tendu la main, et je l'avais attrapé. Elle m'avait fait pénétrer dans une grande salle où des enfants jouaient. Elle me regarda, dégagea mon visage de mes cheveux noirs et déposa un léger baiser sur mon front. Elle me laissa là, et je ne compris pas. Je la regardai partir. Je pensais devoir travailler, je pensais devoir faire quelque chose pour aider. Mais non, en réalité, j'étais là pour être en sécurité. Alors je regardais autour de moi. Je cherchai la petite fille blonde, mais je ne la trouvai pas. Alors, je me dirigeai vers des bacs à jouets et en attrapais un. J'essayais de jouer avec. Mais non. Je ne savais plus jouer désormais. Alors je soupirais et m'adossais au mur avant de fermer les yeux. « Tu es nouveau ? » J'ouvrai les yeux. La petite fille blonde était là, et me regardait d'un air curieux. Derrière elle se trouvait un garçon du même âge qui lui ressemblait. Il me regardait avec méfiance, et je décidais de ne pas m'y intéresser. J'étais là, bouche ouverte, à regarder la petite fille blonde. « T'es muet ? Je m'appelle Greer. » Je souriais et baissais les yeux vers mes pieds nus. Ils étaient noirs de saleté, à force de marcher pieds nus. Et j'eus honte de moi. Mais je levais vers elle des yeux timide et répondais : « Maddox. ».

V -

Le ventre de Claire s'est arrondit. Un enfant allait rejoindre cette famille, enfin. Et j'espérai que Monroe m'abandonne, qu'il me laisse seul, qu'il me jette dehors, sans chaussures et sans vêtements. Je savais déjà où aller. J'allais retrouver Ganja et Beathan. Mais surtout Ganja. J'avais, dans un coin de ma chambre, un sac où était réunit tout ce dont j'avais besoin pour partir. Il était prêt depuis mes dix ans. Mais je ne l'avais jamais touché depuis. Je comptais les jours jusqu'à sa naissance. Et je priais chaque soir en un dieu auquel, habituellement, je ne croyais pas. Mais tous mes espoirs s'effondrèrent. Une fille vint au monde, et à partir de là, je fus non seulement le filleul mal aimé, mais aussi l'exemple pour Judith de ce que je ne devais pas devenir. J'étais un voyou, un menteur, un manipulateur. J'avais tous les défauts, et la petite, me regardait avec ses grands yeux bleus. Elle me regardait comme pour essayer de percer mes secrets. Elle me terrifiait, bien plus que son père. Elle avait cette innocence qui sonnait pour moi comme un danger. Et j'eus raison de m'en méfier. Rapidement, elle devint insupportable, capricieuse, et exigeante. Mais pas avec moi. Avec moi, elle ne disait rien, elle se contentait de me toiser durement. Elle était insupportable avec tous les autres. Avec tous ceux qui n'étaient pas de sa famille. Et pour Monroe, sa fille était un ange. Mais je compris rapidement qu'elle détestait son père, qu'elle l'avait percé à jour. Elle devint mon alliée. Mon alliée secrète. Nous ne nous disions rien, nous ne parlions jamais, mais nos regards suffisaient. Et elle laissait croire qu'elle se fichait de moi. Qu'elle se fichait de moi lorsque son père prenait  ses ceintures pour me frapper. Lorsqu'il s'acharnait sur moi pendant des minutes pour me briser les os, pour faire couler le sang sur mon visage. Et il hurlait « Voyou ! ». Et ses coups m'atteignaient de pleins fouets, brisant mon nez un nombre incalculable de fois. Rompant mes os, contractant mes muscles, marquant ma peau de traînées bleutées. Il m'arrivait de me rendre à l'orphelinat, et de ne plus réussir à marcher droit. Je n'allais plus à l'école. Je n'y allais plus depuis mes treize ans. Depuis qu'un camarade de classe, s'était rendu compte en cours de sport, que ma peau comportait de nombreuses cicatrices. Je n'y allais plus. Pas parce que je ne voulais plus. Parce que je ne pouvais plus. J'avais tenté d'y remettre un pied, mais Monroe l'avait su, et m'avais battu. Je n'avais plus d'autres choix que de lui obéir. Et puis vint un jour où je m'effondrai devant l'orphelinat. Exténué par ces minutes de souffrance. Ma tête avait prit un violent choc de jour là, et ce fut Madame O'Connell qui prévint la police. Elle mena un combat sans nom durant des mois, pour que je puisse quitter cette maison. Pour qu'on me trouve un endroit où m'accueillir, un travail à me donner. Une chance de devenir quelqu'un. J'avais le niveau scolaire d'un enfant de treize ans, une passion pour la littérature, une belle plume, des cheveux longs et des pieds nus. C'était tout. Personne ne voulu me donner une chance de m'en sortir. Alors je restai chez Monroe. Je n'essayai plus de m'enfuir. Ce séjour à l'hôpital me fit comprendre que je devais désormais attendre. Attendre quelque chose. Je n'allais plus à l'orphelinat. Je n'en avais plus le droit. Je n'avais plus d'amis. Je n'avais plus de famille. J'étais comme prisonnier. « Maddox. Habille-toi, tu sors. » Je m'étais retourné, sans comprendre et m'étais exécuté. Sans rien demander. Désormais, je mettais des chaussures. Il m'y obligeait. Je m'étais coupé les cheveux. Mes deux livres favoris traînaient quelque part dans ma chambre. Je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Alors je le laissais me conduire, sans rien demander. Je m'imaginais déjà, quelque part sur les routes, presque mort. C'était le bon moment. C'était le bon moment pour m'abandonner. Je souriais. J'étais pressé d'en finir désormais. Je n'avais plus l'humanité pour pleurer. Je ne l'avais plus depuis que mes parents étaient morts. Et ce qui restait de l'homme que j'aurai pu devenir s'en était allé pour ne laisser plus qu'un corps. J'étais prêt, prêt à laisser mon corps pourrir, disparaître. J'étais sûr de vivre mes derniers instants et je les savourais. Mais lorsque je rouvrais les yeux, je n'étais pas quelque part au bord d'une forêt. J'étais dans un vieux quartier où des femmes légèrement habillées décoraient les trottoirs. Monroe s'était garé. Il attendait. « Dégage. T'attends quoi ? » Je le regarde et sors. Il me jette une liasse de billet. Mais pourquoi me laisse-t-il ici ? Il veut que je me prostitue maintenant ? Mais je ne ressens aucune attirance pour les hommes. Du moins... Je crois. Je regarde autour de moi. Quel sexe m'attire ? Qu'est-ce que je désire ? Qu'est-ce que je veux ? Absolument rien. Rien. Le vide. Le néant. Ma main est toujours sur la portière, et j'ai beau être à deux doigts d'être libre, je ne parviens pas à la fermer. « Ferme cette putain de porte ! Demande Lloyd. Je lui ai parlé de toi. Reviens quand tu seras un homme ». Et il démarre, la portière à peine fermée. Je reste là quelques instants. Je pensais que s'en était fini. Je pensais ne plus rien lui devoir. Mais je m'étais trompé. Aujourd'hui, aujourd'hui je devais rencontrer une femme, et la laisser me faire ce qu'elle voulait. Mais je n'en avais pas envie. Je ne voulais pas qu'on me touche, je ne voulais pas qu'on voit mon corps couvert de cicatrices. Néanmoins, je marchai, comme guidé par une force surhumaine. Mon corps ne m'obéissait plus. J'arrivais près d'un gars, la clope au bec, les cheveux gominés et en arrière, le visage étrangement écrasé. Il faisait flipper. Il n'avait pas ce visage passe partout, il avait ce visage qui attirait les regards. C'était lui, Lloyd. Il me regarda de haut en bas et me demanda : « De la part de Monroe ? ». Je hochais la tête, incapable de répondre quoique ce soit. Il me dirigea jusqu'à une chambre et je marchais, tête baissée. J'avais la sensation d'aller à l'abattoir. Il me fit entrer dans une chambre et referma la porte derrière lui. Je tremblais, j'étouffais. Je voulais sortir de là. Je n'avais pas imaginé passer à l'acte de cette manière. J'avais imaginé... En fait, je n'y avais jamais pensé. Je me lève et j'éteins la lumière. Je en veux pas voir la personne qui me volera ça, cette chose si précieuse. Je me rasseyais sur le lit. Et puis la porte s'ouvrit. « Je… J’ai préféré éteindre la lumière. Je…suis…euh…je m’appelle… » Je lance alors. Mais la voix qui me répond, oui, celle qui me répond, je ne m'attendais pas à l'entendre de nouveau. Ganja. Et je me rends compte que je ne peux pas. Je ne peux pas me soumettre aux volontés de Monroe. Je ne peux pas coucher avec elle, de cette manière. Alors je lui tends l'argent, et nous parlons. Des heures durant. Et je la quitte. Mais sur le chemin du retour, j'enlève mes chaussures et les laisse sur le coin de la route. Je n'en veux plus. Je me retourne alors. Est-ce ce qui m'attend si je quitte Monroe ? Serais-je donc contraint, moi aussi, à vendre mon corps pour survivre ? Je ferme les yeux. Je ne veux pas y penser. Alors je fais demi-tour, et prends à la main mes chaussures. Je ne veux pas devenir comme elle, malgré toute l'affection que j'ai pour elle, et que j'ai toujours eut. En rentrant, je souris timidement à Monroe et monte dans ma chambre, mes chaussures aux pieds. Il m'obligea à y retourner, et je continuais de payer Anja pour que l'on puisse parler. Je ne ressentais aucun désir sexuel pour elle. Comment aurais-je pu ? Son corps était souillé, connu de beaucoup d'hommes. Le sien aussi était recouverts de cicatrices et de bleues, mais elle, elle s'était fait payer pour en avoir. Néanmoins, j'étais amoureux d'elle, et cela depuis que j'étais arrivé à l'Orphelinat. Rapidement, on s'embrassa. C'était officiel, elle était avec moi. Et pourtant... Je regardais souvent la chambre, et je ne ressentais rien. Pas de jalousie, pas de tristesse. Je n'était qu'un corps sans âme... Avec un cœur... Avec un cœur destiné à Anja. Elle était la seule chose qui me prouvait que je vivais encore. Et je ne disais rien. Comme toujours. Je ne disais rien. Car je ne ressentais rien. Et je n'avais rien à dire.

VI -

Il y a des choses qu'on ne contrôle pas, et qu'on ne contrôlera jamais. Je n'aurai jamais dû me trouver là, devoir supporter cela. Mais en réalité, je le supportai très bien. Anormalement bien. Je la regardais, et j'essayais de me rappeler comme j'en étais arrivé là. Orphelin, solitaire, les pieds nus, les cheveux longs et le cœur lourd, je l'avais rencontré et j'avais espéré, qu'un jour, elle puisse m'aimer. Et désormais, désormais c'était le cas. Elle m'aimait, enfin, j'y croyais en cet amour. Et je l'aimais aussi. Mais c'était trop simple, bien trop simple pour que je puisse être heureux. J'étais arrivé, ce matin là, avec une idée en tête. Je voulais l'emmener, l'emmener ailleurs, qu'on aille se balader. Sortir de cet endroit macabre où elle vivait et gagnait sa vie. Mais en arrivant, je l'avais trouvé là, pâle, assise sur son lit. Et je ne savais plus quoi faire. Mon projet était tombé à l'eau. Elle s'était dirigée en courant vers les toilettes, pour vomir. Et j'avais compris. Je n'allais pas être père, mais elle, elle allait être mère. Je suis resté là, à la regarder. Et je suis encore là, à la regarder vomir. Je ne voulais pas relever ses cheveux et lui dire que tout irait bien. Je ne voulais pas la prendre dans mes bras. En réalité, elle me dégoûtait. Elle était tombée enceinte, elle allait mettre au monde un gosse qui n'était pas le mien. Alors je suis parti, en claquant la porte. Sans me retourner. Mais je n'ai pas pleuré. J'ai juste marché, pendant des heures. J'ai balancé mes chaussures quelque part en chemin. J'ai détaché mes cheveux, et j'ai couru. Des heures. Jusqu'à n'en plus pouvoir. Jusqu'à n'en plus pouvoir. Et je suis revenu. Vers elle. Vers eux. L'enfant et elle. Et je l'ai regardé, endormie, pendant des heures. Je l'ai protégé cette nuit là. De tous ceux qui voulaient profiter d'elle. Je me suis attribué ce rôle. Et je n'ai pas dormi. Non, je n'ai pas dormi. Je l'ai regardé. Je l'ai imaginé avec un enfant dans ses bras, et moi, je me suis imaginé à côté d'elle, à regarder cet enfant, cet accident que je n'aimais pas et que je n'aimerai sûrement jamais. Mais je me suis vu l'aimer, et tout encaisser. J'ai fermé les yeux. Je voulais croire en autre chose, je voulais repartir de zéro. Mais c'était impossible. Alors je suis resté là, à attendre. A attendre. Attendre.

VII -

On est partis. Rapidement. Anja disait être en danger, elle disait vouloir protéger sa fille. Je n'ai pas compris, mais je suis parti. Rien ne me retenait. Alors j'ai fais mon sac, me suis introduit dans la chambre de Judith, l'ai embrassé sur le front et j'ai quitté cette maison que je détestais tant. On a quitté l'Ecosse pour la Finlande. Les Murphy Finlandais nous ont accueillit, et nous avons vécu là, quelques temps. Je prenais soin d'Anja, mais je ne disais rien. En réalité, je n'avais pas envie de parler, je n'avais rien à dire, absolument rien à dire. Je n'avais plus la force de dire ce que je pensais. Monroe m'avait tout prit, et je savais désormais qu'il n'était plus le seul que je devais craindre. Il y avait cet homme, cet homme qui avait mit enceinte la femme que j'aimais et qui la traquait. Anja avait le projet de rester vivre en Finlande, sûrement espérait-elle de moi que je devienne père. Je ne voulais pas être père, mais si tel était son désir, je me pensais capable de faire un effort. Et puis il nous a retrouvé. Et nous avons quitté la Finlande pour l'Angleterre. Beathan était avec nous, mais pas Lloyd. Lui était resté en Ecosse, et c'était peut-être mieux ainsi. Anja a accouché d'une jolie petite fille, qu'elle a appelée Jude. Hey Jude. Cela aurait du me faire plaisir, mais je n'ai rien ressenti. Je vivais sans réellement vivre. J'avais le sentiment que quelque chose au fond de moi, allait exploser, à n'importe quel moment. Mais je continuais d'encaisser, de tout garder pour moi. Parce que le plus important, c'était sauver Anja. Mais je n'ai pas réussit. Ce jour là, j'étais parti en ville pour faire des courses. Mais j'ai senti, en partant, que je ne devais pas partir. Un pressentiment, un mauvais pressentiment. Néanmoins, je suis parti, et lorsque je me suis retrouvé à quelques mètres de l'hôpital dans lequel se trouvait Anja, j'ai entendu les coups de feux. Et j'ai lâché mes courses et me suis mit à courir. Et je suis entrée dans la chambre Elle était là, baignant dans son propre sang, son bébé posé sur elle, elle aussi baignant dans le sang de sa mère. Pour la seconde fois de sa vie. Deux hommes se trouvaient là. Des infirmiers finirent par entrer, tentant de retenir Beathan qui emmenait sa jumelle et sa nièce loin de là. Où allait-il? Quel endroit était mieux qu'un hôpital pour soigner Anja? Je regardais autour de moi et je sentis alors une présence, une présence que je ne supportais pas. Je quittais la chambre et marchais dans l'hôpital, il fallait que je les retrouve. Mais je m'arrêtai net. Monroe était là, à la sortie de l'hôpital. Et il fumait sa clope. Je ne l'avais pas vu en entrant. Je ne l'avais pas vu car je ne pensais qu'à Anja. Alors c'était lui? C'était lui le connard qui avait baisé la fille que j'aimais et qui l'avait foutu en cloque? C'était lui qui lui avait tiré dessus? C'était donc lui, depuis le début? Il s'était foutu de ma gueule! Il m'avait envoyé la voir exprès! Il savait depuis le début que j'allais à l'orphelinat, il savait que je l'aimais! Il savait tout! Et gardait le silence pour me détruire. Je le détestais. Je le haïssais. Je voulais sa mort. Oui, je voulais sa mort, plus que tout au monde. Je voulais le voir agoniser, je voulais le voir souffrir, je voulais voir la douleur et la peur dans ses yeux. Je voulais couvrir sa peau des mêmes bleus et des mêmes cicatrices qui décoraient désormais mon corps. Pourquoi mon parrain s'était-il donné cette tâche de m'écraser, de me ruiner, de me piétiner? Je sentis quelque chose couler sur mes joues. Des larmes. Mais pas de tristesse, de rage. De haine. De colère. Je n'avais pas pleuré depuis un peu moins de vingt ans, je n'avais pas pleuré depuis. Je n'avais pas pleuré sous les coups, je n'avais pas pleuré sous la douleur, sous la déception. Je n'avais pas pleuré, non. Tout ce temps. Mais elle était là, cette sensation qui semblait vouloir exploser au fond de moi, elle était là. C'était des larmes. C'était ça. Je m'écroulais au sol, et je levais alors les yeux vers la voiture de Beathan, qui disparaissait au loin. Emmenant la femme que j'aimais. Et que je n'avais jamais réellement possédé. Que je ne posséderai jamais. Elle partit, et moi, je fus seul. Complètement seul. Totalement seul.

VIII -

« FERME TA GUEULE ! » Je suis là, debout, je tremble. Je pointe mon couteau contre la gorge de Monroe. J'ai envie de planter la lame dans sa gorge, et de mettre fin à sa vie misérable. Mais c'est trop simple. Bien trop simple. Je vois du sang, de vois des cadavres, des tombes, je ris nerveusement, je vois flou, j'ai chaud, je transpire, je respire mal, je suffoque. Je me tourne. Judith est là, elle hurle. Claire accourt et attrape sa fille. Elle hurle à son tour et je me dirige vers elle, j'attrape ses cheveux et la jette contre le bureau. Elle s'évanouit. Judith a peur de moi, elle me regarde avec ses grands yeux marrons. Mais je m'en contre fout. Son père est là, dans son fauteuil, attaché. Il ne peut pas bouger. Il a le visage en sang. Et mes poings sont en sang. Je l'ai frappé, aussi fort que je le pouvais. J'aurai aimé pouvoir traverser son crâne en le frappant. J'aurai aimé le faire souffrir comme il m'avait fait souffrir, tout ce temps. Je lâche le couteau, je veux le frapper à nouveau. Alors je ne me gêne pas. Judith hurle. Je me tourne alors vers elle et hurle : « Tourne-toi Judith! Ne regarde pas ça! » Elle s'exécute et met les mains sur ses yeux. Elle se met à pleurer et ça me déchire le cœur. Je sens quelque chose. Et j'aurai aimé ne jamais ressentir cela. Mais je le sens, et je ne peux l'ignorer. C'est alors que Monroe crache du sang, et je sens qu'il veut dire quelque chose. Je sens mon cœur battre, et j'ai le sentiment que c'est moi qui vais mourir, pas lui. Il ouvre la bouche pour parler, mais c'est la petite voix de Judith qui me parvient. « Pourquoi tu fais ça Maddox? Qu'Est-ce que papa a fait? » Je la regarde et je rigole. Nerveusement. J'ai l'air d'un fou. Je me lèche les lèvres. Et je me tourne vers Monroe. « Il a voulu tuer sa fille. Pas toi. L'autre.  » Judith se met à pleurer. Elle le savait, elle le savait que son père était un monstre. Mais elle sait désormais qu'elle va le perdre, parce que c'est un monstre. Elle sait, elle comprend tout, et elle n'y peut rien. Mais je vais lui retirer son père. Et elle sait qu'il le mérite. Alors je la laisse pleurer. Un instant, j'aimerai reculer. Mais non, je ne peux pas. C'est une pourriture, il doit mourir. Il ne doit plus avoir l'occasion de faire souffrir. Je m'avance alors vers lui, le couteau à la main et je lui plante la lame dans le ventre. Je ne pleure pas cette fois. Je n'ai plus versé de larmes à l'instant où j'ai compris que je devais venger Anja. Il crache du sang sur ma chemise et il relève la tête. Il a des yeux haineux. Je la regarde, pose ma lame sur son torse, sans pour autant l'enfoncer dans son corps. Le sang coule sur ses vêtements et sur sa moquette. Sa moquette dégueulasse. Il me glisse alors : « J'emporterai une chose avec moi : la satisfaction d'avoir baisé la chatte de ta pute. » Le coup est parti. Une fois, deux fois, trois, quatre, cinq, six, dix. Et alors qu'il est presque mort, je lui enfonce mon couteau dans la gorge. Doucement, pour qu'il puisse ressentir la douleur. Et je lâche le couteau. Je le lâche, et me dirige vers la salle de bain. Je me déshabille, et je prends une douche. Je me débarrasse de son sang, j'ai peur qu'il s'infiltre dans les pores de ma peau, et qu'il puisse renaître à travers moi.

IX -

Claire s'est réveillée et a hurlé. Je me suis dirigé vers le bureau et j'ai regardé le cadavre de mon parrain. Elle m'a regardé et a dit tremblante : « Ne nous fait pas de mal et je te dirai où sont allés tes amis. » Je n'ai pas hésité. J'ai fais le tour de la maison, à la recherche du flingue de de Monroe. Je savais qu'il en avait un. Je le savais. C'est Judith qui me le tendit. Ce connard le cachait sous le lit de sa fille. Alors j'ai pris mon sac, et je suis sorti de la maison, Claire et Judith devant moi. On a prit la voiture, puis le train. Direction l'Angleterre. Claire tremblait, Judith pleurait, et moi, j'avais retrouvé ce visage fermé et impassible. Le voyage a été long. Enfin non, pas vraiment. Mais cette attente me parut longue. On reprit la voiture, pour quitter Londres. Et Claire se gara devant un grand et luxueux Hôtel. Je sortis instantanément de la voiture et courais vers la grille. Je restais quelques instants devant, et je sentis alors deux mains me pousser à l'intérieur. Je tombais au sol et mon visage rencontra le sol. Je restai face contre terres quelques secondes, pendant lesquelles Claire hurla : « Il y a pire que la mort, et maintenant tu le sauras. Je ne sais pas où est ta pute, sûrement déjà morte. » Je me retourne, et je tire. Je tire sur Claire. Du moins je pensais. Judith était accourue vers moi, en me voyant tomber. Je la pensais dans la voiture, je la pensais derrière. Mais c'est elle qui se trouvait désormais à terre, le ventre en sang. Je rampais vers elle, et posais les mains sur sa plaie. Elle n'avait que six ans, que six ans. Et sa mère, elle, avait fuit, elle avait fuit, sans même se retourner sur sa fille désormais morte. Je pleurais à nouveau. Je ne voulais pas qu'elle meurt. Pas elle. Elle avait toujours été mon allié. Elle aurait pu être ma sœur. Je hurlais, je hurlais à l'aide. Mais personne ne venait. Et c'est alors que je me retourne, et que je la vois. Elle. Anja. Et à côté d'elle, Judith. Je regarde le corps devant moi. Et je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Qui est là? Elle n'est donc pas morte? ELLE N'EST DONC PAS MORTE??! Je deviens fou. J'ai tué un mirage. Une chose qui n'existait pas. Alors je me jette vers Anja et je lui dis : « Je t’ai trouvé Ganja. Je t’ai vengé. » J'ai les larmes aux yeux, l'air misérable, mais je l'ai fais. Je l'ai vengé. Je l'ai vengé. Je l'ai vengé. Et j'ai tué une petite fille, une innocente. J'ai tué la seule personne sur cette terre qui ne m'a jamais fait de mal, qui ne m'a jamais trahi. J'ai tué ma plus grande alliée. Une gamine de six ans, pleine de vie.



   



   
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