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 Darkness in our hearts + Christoph

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MessageSujet: Darkness in our hearts + Christoph   Mar 14 Juil - 15:48

Darkness in our hearts
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Ils étaient morts. Du moins ils étaient comme morts. Saul, la célébrité Hollywoodienne, elle, elle était vraiment morte. La pauvre poupée blonde était passée sous les roues de la voiture d'Alexander. Je fermais les yeux, je ne voulais pas y penser. Non, je ne voulais pas. C'était trop douloureux de revoir cet instant. Ange et Théo, se précipitant sur Saul pour voir comment elle allait. Mary levant la main, et mon meilleur ami... Je détournais la tête. Théo n'avait jamais rien demandé à personne, il était là, dans cet hôtel, perdu entre deux femmes qui l'aimaient à en mourir, et il ne savait que faire, il ne voyait rien. Et puis Primrose avait couru, couru vers moi car elle m'avait vu m'effondrer. Et puis... Plus rien. Ma meilleure amie avait disparut elle aussi, envolée dans un monde bien différent du mien. J'espérai qu'elle ai réussi à s'en aller, j'espérai qu'elle ai réussi à sortir de cet hôtel. Mais je n'avais pas grand espoir. Comment Mary Fitzgerald aurait-elle pu avoir la gentillesse de sauver ces trois personnes là? Primrose n'était pas sauvée, Primrose était morte, j'en étais convaincue. Mais ce qui m'inquiétait le plus, c'était de voir que Saul n'était pas revenue après sa mort. Elle était morte, tout simplement. La fin du Fitzgerald's Hotel approchait, j'en avais le sentiment. Et pourtant, tout cela semblait être trop irréel. Je tournais la tête et me levais brusquement. Il faisait chaud, j'étouffais dans cette chambre, et surtout, j'avais besoin d'aller vérifier quelque chose. Je relevais mes cheveux, glissais mes pieds dans des espadrilles et quittais ma chambre, habillée d'une simple robe d'été. Je descendais les escaliers et me rendais au tombeau. Je savais que tous les corps finissaient par s'y retrouver. Le mien y était, ainsi que ceux de tous les morts. Je voulais voir celui de Saul, et par la même occasion, je voulais m'assurer que ma meilleure amie ne s'y trouvait pas. Alors je descendais les escaliers, poussais la porte. Il y faisait frais, sombre, et une étrange d'odeur se dégageait de l'endroit. Mamie pourrie ne pouvait pas cacher l'odeur des cadavres en décomposition. Je secouais la tête, m'allumais une cigarette et avançais. Les tombeaux recouvraient une grande partie de l'hôtel, et il était parfois compliqué de s'y retrouver. J'avais entendu parler d'une certaine salle de miroir qui y avait été aménagé à Pâques. Aloysius m'en avait parlé. Ce con avait retrouvé une de ses couille desséché dans un œuf de Pâques. Je riais à cette pensée et continuais d'avancer. Tout était classé par ordre alphabétique. Alors je me dirigeais et m'arrêtais au H. Je cherchais des yeux le nom de famille de Primrose, "Harendel". Mais ne trouvais rien, absolument rien. A la place, je tombais sur Hirsch, et mon cœur se brisa. Je restai quelques instants devant cette misérable plaque et détournais les yeux. Cet homme, j'aurai voulu qu'il disparaisse il y a seize ans, mais malheureusement, il était encore là. Je soupirais et avançais. Je passais au P très rapidement. La plaque de Saul se trouvait là, et derrière elle, se trouvait très certainement son corps. Je ne voulus pas regarder. C'était répugnant. Enfin, mes yeux se posèrent sur les "W". Evidemment, ma plaque se trouvait là où aurait du se trouver celle de Théo. Mais aucun signe de Wilkes à l'horizon. Ils s'étaient tout simplement volatilisés, comme s'ils ne s'étaient jamais trouvé dans cet hôtel. Avec désespoir, je me laissais glisser face à ma plaque et remarquais alors une fleur fanée. Quel imbécile venait régulièrement déposer une putain de fleur sur ma putain de carcasse? Je levais les yeux au ciel, et tirais sur ma clope. Je devais résoudre cette disparition, je devais savoir où se trouvaient mes meilleurs amis. Il me fallait plus d'imagination. Alors je plongeais une main dans mon soutien gorge et en sortais un joint. Je jetais ma clope consumée sur ma plaque et allumais mon joint. Quelques secondes après, j'entendis la porte s'ouvrir.
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mar 14 Juil - 17:17


 
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Il savait qu'une révolution était en marche. Il en avait vaguement entendu parler. Il préférait se tenir éloigner de tout cela. Ils n'avaient aucune chance de gagner contre Mary Fitzgerald. Si elle avait réussi à tous les enfermer ici, à leur faire vivre un enfer, à les empêcher d'aller là où ils devaient aller après leur mort, ce n'était pas une vulgaire révolution qui allait y changer quelque chose. Ils risquaient juste de souffrir davantage. Et c'était ce qui était arrivé.

Il ne se mêlait pas de tout ça mais il n'était pas sourd pour autant. Il entendait les bruits de couloir. Il savait que Prism était à la tête de cette révolution. Sa Prism... sa si jolie Prism... Il n'arrivait pas à se résoudre à l'oublier. Il aurait du. Elle était tout ce qu'il haïssait et inversement. Elle, elle y était bien arrivée. Elle l'avait haï et avait fini par tourner la page. Lui il n'y arrivait pas. Malgré tout ce qu'elle était, tout ce qu'on lui avait appris. Il n'arrivait pas à s'empêcher de l'aimer comme un fou. C'était sans espoir, mais c'était ainsi. Le coeur a ses raisons que la raison ignore, et même si le sien avait cessé de battre depuis bien longtemps il n'arrivait pas à lui faire entendre raison.

Il savait que certaines personnes étaient mortes, définitivement, et dans un sens il les enviait. Quelque soit l'endroit où elles se trouvaient cela ne pouvait pas être pire que là où ils se trouvaient. Il savait aussi que Prism ne faisait pas partie du lot et il en était rassuré.

Il se leva et se prépara avant sa journée de travail. Il se demandait bien pourquoi il prenait encore la peine de s'habiller. Il était invisible. Encore un contre coup de ce que ces abrutis avaient pu faire. Quand il le disait que cela ne servait à rien de se rebeller. Et encore on le traitait de lâche. Il ne les comprendrait jamais.

Il s'habilla donc, car malgré tout il n'était pas exhibitionniste et n'appréciait que modérément de se retrouver nu. On ne savait jamais. Il pourrait prendre l'envie à Mary de le faire redevenir visible à ce moment là.

Il avait le temps avant l'ouverture du restaurant. Il décida de sacrifier à un de ses rituels depuis maintenant seize ans. Personne ne le savait, et maintenant qu'il était invisible il était pratiquement certain de ne pas être surpris.

Il aimait assez l'anonymat que lui procurait cette condition. Si Mary pensait le punir en agissant ainsi, elle se trompait lourdement. Il sortit de sa chambre, profitant de la quiétude des couloirs. Il fit un détour par le parc, choisit la plus belle des roses qu'il trouva et repartit en direction de l'hôtel.

Comme toujours l'odeur des tombeaux était répugnante. Trop de cadavres étaient entassés lui. On ne sentait plus rien venant des plus anciens mais les récents... Il avait senti bien pire dans sa vie. Rien n'était pire que l'odeur de la chair humaine entrain de brûler. Rien... même si celle d'un corps en décomposition la suivait de près.

Il dépassa sans un regard sa propre tombe. Il n'y avait plus que des os depuis longtemps. On aurait pu le jeter au fond du jardin cela n'aurait pas fait une grande différence. Personne ne venait jamais se recueillir sur sa tombe. Parce qu'il était toujours là à hanter les couloirs de cet hôtel et parce que les seules personnes qui auraient pu le faire ne le désirait pas.

Il poussa la porte pour pénétrer finalement dans la partie qui l'intéressait, celle où il avait pénétré pour la première fois il y avait seize ans et qu'il venait régulièrement revisiter. Il se rappelait avec beaucoup trop de détails de la première fois où il était venu. Il sentait encore le poids du corps inerte de Prism dans ses bras, la chaleur quittant petit à petit son corps pour le laisser froid et inerte à jamais.

Il se figea, en se rendant compte que quelqu'un se trouvait déjà là. Et ce n'était pas n'importe qui. Elle était là. Prism... Elle ne pouvait pas le voir et c'était un soulagement d'un côté. Mais il se rappela bien vite qu'elle avait du voir la porte s'ouvrir et qu'elle se doutait que quelqu'un se trouvait là.

Il resta figé à hésiter. S'il parlait... elle saurait que c'était lui, qu'il était là. Et elle fuirait comme toujours. Alors même s'il ne pouvait pas lui parler, rester là avec elle, était déjà beaucoup pour lui.

Il ne lui parla donc pas, se contentant de s'avancer vers sa tombe comme il l'avait prévu au départ. Il retira la rose fanée et déposa à la place celle qu'il venait de cueillir. Il s'assit alors devant la stèle, à distance respectueuse de la jeune femme, et resta ainsi à la fixer, des larmes perlant légèrement à ses yeux. C'était de sa faute. Il ne pouvait s'empêcher de penser autrement depuis seize ans car c'était ainsi. Il était entièrement responsable de la mort de la jeune femme. Cette mort était certainement la pire de celles qu'il avait sur la conscience.

 
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mar 14 Juil - 23:25

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Le cannabis faisait désormais effet sur mon cerveau. J'appréciais cela. J'appréciais le fait, que même après la mort, je puisse ressentir les effets de la drogue, le plaisir du sexe et la satisfaction de manger un bon hamburger. J'appréciais le fait de me sentir vivante même après la mort. Mais j'étais morte, et cette plaque en face de moi était là pour me le rappeler. Je sentis quelqu'un, je sentis que quelqu'un était à côté de moi et je continuais de fumer mon joint comme s'il n'y avait personne. Mais cette présence restait là, près de moi. Je vis la rose fanée s'élever dans l'air pour être remplacée par une belle rose. Cette rose me rappelait quelque chose. Elle me rappelait un instant, une personne. Christoph. Christoph était là, et était cette personne qui déposait, régulièrement une rose sur ma tombe. Depuis seize ans, depuis ma mort. Je soupirais. Pourquoi s'attachait-il encore à moi alors que je ne voulais plus de lui, alors que je lui avais très bien fait comprendre que notre histoire n'aurait pas de suite? J'étendais mes jambes devant moi et lançais à la pénombre : « Christoph, je sais que c'est toi. Alors reprends ta rose et laisse ma dépouille en paix. » J'aime cet homme. J'aime cet homme depuis notre rencontre, il y a de ça seize ans. Mais une chose s'est imposée à moi. Notre amour était et restera à jamais impossible. Mon cœur avait beau s'accélérer à chaque fois que mes yeux se posaient sur son visage, notre histoire resterait impossible. Je terminais mon joint et le lançais sur la plaque. Si lui avait du respect pour mon cadavre, moi, je n'en avais pas. J'étais morte, par accident, par insouciance et imprudence. Tout était de ma faute et personne n'avait à me blâmer. Pas même lui, pas même cet homme qui avait brisé mon cœur et qui m'avait tout espoir. Ce soir là, mon envie n'était pas de le faire souffrir ou de le faire culpabiliser. Je voulais tout simplement oublier l'erreur que j'avais faite de tomber amoureuse d'un homme que je ne connaissais pas. J'en voulais à la vie, j'en voulais au monde entier de m'infliger ça, et il ne méritait pas d'avoir ma mort sur la conscience.
Je passais les mains dans mes cheveux bruns et les laissais retomber sur mes épaules. Je voulais cacher ce tatouage, je voulais cacher tout souvenir nous rappelant cette fameuse journée, ce fameux soir. J'étais, certes, fière de mes origines, mais actuellement, et depuis maintenant seize ans, elles m'empêchaient d'aimer pleinement l'homme de ma vie. Depuis, j'avais enchaîné les coups d'un soir et les histoires sans lendemain. Je n'avais eut que très peu de copains - et de copines - tout simplement parce que je n'étais jamais satisfaite. Il manquait quelque chose. Il manquait cette chose que possédait Christoph et que les autres n'avaient pas. Mon amour, mais surtout, mon cœur. Je baissais les yeux. C'était pathétique, et pourtant, c'était réel. Je repensais alors à Aloysius. Je sentais qu'entre nous deux, quelque chose se passait. Je sentais que nous avions énormément de choses en communs et des sentiments à partager. Mais j'avais la sensation de mentir, de me mentir à moi-même et de lui mentir à lui aussi. J'aimais Christoph, et il serait le seul dans mon cœur jusqu'à la fin de cet univers. Et il ne simplifiait rien. Il ne simplifiait rien à avoir ce genre d'attentions. Je tournais les yeux vers le vide, je ne savais pas où il se trouvait exactement, et je m'en contre fichais. « Pourquoi tu viens ici? Pourquoi tu déposes ces roses? A moi aussi tu me voles quelque chose pour ta petite collection? Tu m'as prit quoi? Un bras, une jambe? Ou peut-être mon cœur, lorsqu'il était encore entier? Oui, ça tu l'as certainement prit. » J'étais vache, méchante et arrogante. Mais je ne supportais plus de le voir, je ne supportais plus de le sentir près de moi et d'entendre son prénom et sa voix. Il comptait trop à mes yeux, et c'était ça le soucis. Un homme tel que lui n'aurait jamais du s'infiltrer dans ma peau, dans mes pensées et dans mon cœur de cette manière. Je n'aurai jamais du le rencontrer, car il aurait du être jugé et condamné pour crime contre l'humanité. Mais lui, il s'en était sorti à temps. Je ne savais pas comment, ni pourquoi, mais il avait eut cette intelligence de se réfugier ici et de trouver une tranquillité qu'il n'aurait jamais eut s'il était resté là bas, en Allemagne. Ou partout ailleurs en ce monde. En réalité, Christoph n'avait plus sa place en ce monde, ou aurait du ne plus l'avoir. Et ça, ça me déchirait le cœur. Car il s'agissait là de l'homme que j'aimais, et j'aurai voulu qu'il s'agisse d'un tout autre homme.
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mer 15 Juil - 21:31


 
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« Christoph, je sais que c'est toi. Alors reprends ta rose et laisse ma dépouille en paix. »

Il soupira mais ne fit pas un geste pour reprendre la rose. Il aurait préféré qu'elle ne sache pas que c'était lui. Maintenant elle allait certainement lui demander de partir, le repousser une fois de plus. Rien que la façon dont elle avait parler de sa façon de fleurir sa tombe... Il faisait ce qu'il voulait encore non? S'il voulait la fleurir, il en avait parfaitement le droit. Si ça ne lui plaisait pas, elle n'avait qu'à la retirer. Cela lui ferait du mal c'était certain et il ne s'arrêterait pas pour autant mais qu'elle le fasse. Ce n'était pas un rejet de plus qui allait le tuer. Il l'était déjà, dans tous les sens possible du terme.

« Pourquoi tu viens ici? Pourquoi tu déposes ces roses? A moi aussi tu me voles quelque chose pour ta petite collection? Tu m'as prit quoi? Un bras, une jambe? Ou peut-être mon cœur, lorsqu'il était encore entier? Oui, ça tu l'as certainement prit. »

Seize années s'étaient écoulées depuis qu'elle avait appris la vérité sur ce qu'il était, et sa rancœur à son égard n'avait pas diminuée. Elle le haïssait toujours autant. Cela se sentait à la façon qu'elle avait de lui parler. Il souffrait de la voir agir ainsi. Il aurait tellement voulu qu'elle le comprenne mais cela semblait impossible. Elle restait fixée sur ses idées toutes faites que les gens biens lui avaient inculquées. Les nazi étaient tous des méchants et de pourris. La vie, ça se passait comme dans les films, si on se battait pour ses idées on finissait toujours par triompher et non par se faire massacrer. Elle préférait écouter les dégénérés qui faisaient parti de sa famille plutôt que de lui laisser une chance. Pire, elle se rangeait à l'avis de tout ceux qui le jugeait sans le connaitre et le condamner sans lui avoir donné une chance de s'expliquer.

- Mes roses te dérangent? Tu aurais préféré que je mette un petit cailloux dessus comme le font ceux de ta race? Désolé si je suis un vieux chrétien de papy et que je préfère fleurir les tombes.

D'accord, c'était mesquin que de l'attaquer sur ce qu'elle était. Mais elle le poussait à bout. Il ne lui avait rien fait cette fois ci. Il ne lui avait pas adressé la parole, se contentant de faire ce qu'il avait eu l'intention de faire bien avant de la voir. Il serait parti, elle l'aurait traité de lâche de ne pas rester pour l'affronter.

Il en arrivait à se demander si elle avait jamais été réellement amoureuse de lui. L'avait-elle aimé pour ce qu'il était? Ou au contraire avait-elle aimé l'image du gentleman d'un autre temps, image qui s'était brisé quand elle s'était rendu que la vie n'était pas un conte de fée et que tout le monde avait une part d'ombre. Le beau prince charmant bien sous tout rapport n'existait que dans les livres, avec les fins heureuses.

- Je ne t'ai rien pris. Pas de bras, pas de jambe... pas même ton coeur. La seule chose que je t'ai prise c'est ta vie...

Et cela il s'en voulait depuis plus de seize ans. Cette pensée était encore plus douloureuse que celle des autres morts. C'était celle là qui le hantait le plus. Celle qui l'empêchait de fermer l'oeil de la nuit.

- Je continuerais à venir fleurir ta tombe. Libre à toi d'enlever mes fleurs ou pas.

 
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mer 15 Juil - 23:05

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Ma tête me tournait. Je voyais flou et au ralenti. Je levais les yeux vers la tombe et claquais de la langue. J'avais faim, et soif. Le cannabis avait fait son effet, et j'étais littéralement, défoncée. Je regardais autour de moi en souriant. Pourquoi fallait-il que nous nous retrouvions ici, dans cet endroit macabre, comme pour nous rappeler ce qui nous séparait. Je posais mes yeux dans le vide et soupirais. En réalité, j'appréciais le fait de ne pouvoir le voir, de ne pouvoir faiblir sous son sourire, son regard. J'avais le sentiment de m'adresser au vide, à une personne irréelle. A quelqu'un qui n'existait pas. Et soudainement, j'eus peur. J'eus peur qu'il disparaisse pour toujours, j'eus peur de ne plus jamais pouvoir le voir, ni l'entendre. C'était absurde. J'avais beau le haïr, je voulais qu'il soit là, je voulais qu'il reste sur cette Terre. J'ajustais ma robe sur mes cuisses et me figeais lorsque j'entendis sa voix s'élever du silence. J'aimais sa voix, je l'avais toujours aimé. Et pourtant, j'aurai voulu le frapper. Lui faire regretter ses paroles. Le soucis, c'est que je ne savais pas où il était exactement. Je ne voulais pas avoir l'air d'une folle. Il pourrait s'en servir comme argument contre ma "race", comme il se plaisait à le dire. « Le problème, ce n'est pas la rose Christoph. Le problème, c'est que ce soit toi qui la dépose. » Je levais les yeux au ciel et me laissais tomber en arrière. M'allongeant alors sur le sol froid. Je regardais le plafond avec patience, secouant la tête et les pieds en l'écoutant me parler. A vrai dire? Je m'en foutais qu'il soit là. Pas parce qu'une certaine indifférence était née en moi, non. Parce que la drogue faisait son effet, et que j'avais envie de faire quelque chose, j'avais envie de rire. J'avais besoin de Primrose, j'avais besoin de ses idées absurdes et de son monde arc en ciel. De sa fantaisie, de son doudou Carl et de sa petite voix de farfadet. J'avais besoin de sa couleur et de sa bonne humeur. Mais j'avais aussi besoin de Théo. J'avais besoin de son éternelle bouteille de Whisky, de ses conneries et de son rire d'imbécile. J'avais besoin de me moquer de son oreille gauche étrangement formée et de sa flemmardise. J'avais besoin de mes meilleurs amis. Et pourtant, aucun était là. Et je n'avais aucune idée de l'endroit où ils pouvaient se trouver. Ni même s'ils existaient encore.
Je me relevais brusquement et répondais à mon nazi tant aimé : « Fais ce que tu veux. Tu ne m'as pas prit ma vie. L'erreur, c'est moi qui l'ai faite. Des choses, je t'en reproche Christoph, mais pas celle là. Tu es le seul à avoir pleuré sur mon corps. Et ça, je ne l'oublierai pas. » Je me hissais difficilement sur mes deux pieds et marchais à travers les tombes. Je devais trouver quelque chose, je devais trouver quelque chose concernant mes meilleurs amis. Alors je cherchai dans les W, je cherchais quelque chose me rappelant mon meilleur ami. Je me penchais entre les plaques et me penchais en avant. Des ossements, il y en avait. Mais seulement des os. Primrose et Théo avaient disparu depuis quelques jours. Ca ne pouvait pas être eux. Mon cœur mort se mit à battre de plus en plus vite. Du moins, ça aurait été le cas si seulement j'étais encore vivante. Et je paniquais. Je bougeais les mains de plus en plus vite, à la recherche de quelque chose. « Non... Non... Non! PUTAIN! Mais y'a rien ici! Où ils sont merde...? » Je sentis des larmes couler sur mes joues, et je me rendis alors compte que Christoph était toujours là. Je ne devais pas montrer ma faiblesse devant lui. Je m'apprêtais à sécher mes larmes lorsqu'une violente douleur me propulsa contre une plaque. Je hurlais de douleur. Ma tête me tournait et une violente envie de vomir me prit. Je connaissais cette douleur. Je me relevais brusquement et touchais mes jambes, mes bras, ma tête, mon ventre. J'étais encore là, je me sentais. Je me relevais et mes yeux tombèrent sur mes jambes, encore visibles. « Bon, t'es toujours là? Quand Est-ce que tu pars? » Demandais-je à Christoph en me remettant à fouiller. Je ne trouvais toujours rien, et je sentais la colère monter en moi. C'était impossible qu'ils aient disparu de cette manière. Je ne comprenais plus rien. C'est alors que je me rendis compte que Christoph n'avait pas répondu. Ca ne lui ressemblait pas. Il avait toujours quelque chose à répondre. Je tournais la tête vers ma plaque et fronçais les sourcils. « Christoph? » Toujours pas de réponse. Je fis des gros yeux, et je me dirigeais sans réfléchir vers ma plaque. Je le cherchais à tâtons et finis par me heurter à son épaisse masse. Je gardais une main posée sur quelque chose qui semblait être son bras pendant quelques instants, et tentais de reprendre mes esprits. J'avais eut si peur qu'il ne soit plus là, si peur qu'il disparaisse pour toujours. Le problème venait de moi : on ne pouvait donc plus m'entendre. Mais je me rendis alors compte de mon comportement et m'éloignais soudainement. Je restai là, à observer le vide avec détresse et incompréhension. J'aurai voulu que quelqu'un soit là pour me guider.
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Jeu 16 Juil - 21:22


 
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« Le problème, ce n'est pas la rose Christoph. Le problème, c'est que ce soit toi qui la dépose. »

Ca il l'avait plutôt bien compris. Le problème c'était et serait toujours lui. Le problème c'était qu'il soit là avec elle. Le problème c'était qu'il lui parle. Le problème c'était les attentions qu'il pouvait avoir pour son corps. Le problème c'était ce qu'il était et ce qu'il avait fait.

De son point de vu le problème était beaucoup plus simple. Le problème c'était qu'elle n'essayait pas de comprendre qu'il n'avait pas eu le choix de faire ce qu'il avait fait. Le problème c'était qu'elle continuait de le voir comme un lâche et qu'elle préférait le voir mort. Cela ne marcherait jamais entre eux mais c'était la faute de Prism et de son obstination.

« Fais ce que tu veux. Tu ne m'as pas prit ma vie. L'erreur, c'est moi qui l'ai faite. Des choses, je t'en reproche Christoph, mais pas celle là. Tu es le seul à avoir pleuré sur mon corps. Et ça, je ne l'oublierai pas. »

Elle pouvait dire ce qu'elle voulait, il persistait à penser qu'il était en grande partie responsable de sa mort. Il n'oubliait pas l'autre responsable, le connard qui lui avait fourni la drogue qui l'avait tué. Mais il restait le principal fautif. Si elle ne l'avait pas connu, si elle n'avait pas appris la vérité sur lui, elle n'aurait pas été désespérée au point de commettre ce geste.

Il la regarda distraitement, ne se gênant pas pour la dévisager vu qu'elle ne le voyait pas faire. Elle fouillait au milieu des tombes, à la recherche de quelque chose. Quoi exactement ça il ne savait pas. Elle commençait à l'inquiéter. Elle semblait perdue et un peu... désespérée dans ses recherches.

« Non... Non... Non! PUTAIN! Mais y'a rien ici! Où ils sont merde...? »

Il lui sembla comprendre ce qui lui arrivait tandis que les larmes se mettaient à couler sur les joues de la jeune femme. Elle recherchait ses amis morts... Elle devait vraiment être abattue pour en venir à faire ça. Elle ne les trouverait pas ici. Ils étaient partis. Mary s'était arrangé pour qu'ils disparaissent de cet endroit, elle n'aurait pas gardé leurs corps.

Il la regarda faire, se disant qu'elle n'accepterait jamais qu'il l'aide. Il n'était plus certain qu'elle pourrait accepter quelque chose de sa part.

Au moment où il se faisait cette réflexion, il la vit trébucher et se mettre à crier de douleur puis... plus rien. Il voyait bien qu'elle semblait être entrain de crier mais il n'entendait rien. Le moment de douleur sembla partir aussi vite qu'il était venu. C'était étrange. Il avait déjà ressenti la même chose, juste avant de devenir invisible mais cette fois rien. Il jeta un coup d'oeil désemparé à son corps, toujours aucun changement. A croire qu'il était définitivement condamné à rester invisible.

Elle se remit alors à fouiller au milieu des tombes. Il la fixa tristement, alors qu'elle tentait de lui parler. Elle semblait même s'énerver de voir qu'il ne comprenait pas ce qu'elle lui disait. Et qu'aurait-elle voulu qu'il lui réponde? Il ne lisait pas sur les lèvres. Il était donc impossible pour lui de comprendre ce qu'elle lui voulait. Un invisible et une muette... ils faisaient une belle équipe.

Il se figea quand il sentit qu'elle venait lui prendre le bras. C'était la première fois depuis qu'elle était morte qu'il la sentait si proche de lui. C'était beaucoup trop pour lui et pourtant...

Il poussa son audace jusqu'à aller la prendre doucement dans ses bras.

- Ils ne sont pas là... tu ne les trouveras pas Prism... elle les a fait disparaitre pour de bon.

Il soupira avant de continuer.

- C'est ce qui arrive quand on se révolte contre plus fort que soit. On se fait tuer... on se retrouve invisible ou muet... on ne gagne jamais contre eux... Tu ne gagneras pas contre Mary, pas plus que je n'aurais gagné contre eux...

Peut être que maintenant elle allait enfin comprendre pourquoi il avait agi ainsi.

 
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Ven 17 Juil - 0:49

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Je me sentais à nue. Perdue. Perdue dans tant de mensonges et de mystères. J'étais amoureuse d'un homme que je devais détester, je m'accrochais à des meilleurs amis disparus, probablement morts, je m'accrochais au petit fils de la femme qui avait ruiné ma vie, petit fils amnésique et psychopathe sur les bords. J'étais perdue, et j'avais la sensation que rien ni personne ne pourrait me sauver de l'abysse dans lequel j'étais en train de plonger tête la première. Désormais muette comme le musicien chevelu du premier étage, je découvrais peu à peu que cela signifiait être réellement seul. Toute ma vie, je m'étais rapprochée des personnes exclues, incomprises, dans le but de les sociabiliser. Mais je ne m'étais jamais préparée à la solitude. J'étais capable d'aider les autres, mais incapable de me gérer moi-même. Même à trente quatre ans. Que serais-je devenue si j'avais vieilli, comme toute personne normale de cette Terre, et si j'étais devenue une femme responsable? Aurais-je été mariée, aurais-je eut des enfants? Je n'en savais rien, mais je restai persuadée que je n'étais pas destinée à avoir une vie normale. J'étais là pour rendre celles des autres plus vivable. Autrefois, je rêvais d'aventure. Je rêvais de parcourir le monde. Mais mes rêves s'étaient réduits à néant, et désormais, j'errai dans cet hôtel avec un vulgaire but qui n'aboutirait jamais à rien. Je soupirais. Il n'y avait rien pour me rattraper.
Rien. Certes. Mais il y avait quelqu'un. Christoph me prit dans ses bras et tenta de me rassurer, de me calmer. Je souriais, touchée par son geste et me reculais doucement. Oui, j'avais de la haine pour lui, néanmoins il restait une personne comme une autre, et je l'aimais. Du plus profond de mon être. Je le regardais et cherchais quelque chose autour de moi. Pour lui répondre. Il n'y avait pas de quoi écrire, pas de stylo, pas de feuille. Il n'y avait pas de sable, pas de terre. Je me levais donc, m'approchais de l'endroit où était Christoph et le fouillais. Je déposais un baiser sur sa joue, comme pour m'excuser d'agir ainsi et me reculais, en ayant dans ma main, un stylo et un calepin. Les vieux se promenaient toujours avec ce genre de choses. Je m'asseyais donc et écrivais tristement : « C'était mes meilleurs amis. Des personnes formidables, détruites par le passé. Théo ne s'est pas révolté, il s'est juste jeté sur le corps d'une femme qu'il aimait beaucoup et qui venait d'être tué. Primrose, elle s'est jetée sur Mary parce qu'elle m'a vu pleurer. Primrose vivait dans un monde d'enfant, son meilleur ami s'appelait Carl et était un doudou. » Je me rendis alors compte que je devais retrouver Carl, que je devais le garder, pour elle. Parce qu'elle aurait voulu qu'il soit entre de bonnes mains. C'est donc en souriant que je me décidais à aller à sa recherche en partant d'ici. Je tendais le calepin à Christoph et attendais un signe me signifiant qu'il avait terminé de lire. Je me demandais alors ce qu'il pouvait bien écrire dans ce calepin, s'il y avait des choses me concernant que je devrais savoir. Je chassais cette pensée de mon esprit et reposais le calepin sur mes genoux pour écrire de nouveau. « Et tu pense que c'est mieux de se laisser faire? Cette femme est un monstre, elle brise notre existence. Elle... Elle fait en sorte que des gens comme toi et moi puissent se rencontrer et tomber amoureux l'un de l'autre. Pour ensuite se détruire. » Je tendais la main et regrettais immédiatement mon geste. Le cannabis faisait de mauvais effets sur mon cerveau. J'en oubliais toute ma haine, toute ma force pour me laisser aller à de telles confessions. Je tournais le regard, et tentais de retenir les larmes qui essayaient de couler sur mes joues. J'avais envie de me jeter dans ses bras, de l'embrasser, de lui dire à quel point je l'aimais. Mais je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas car je me devais d'être loyale en mon peuple. Sa famille et lui avaient tué de nombreux innocents, dont faisaient parti mes grands parents. Je ne pouvais pas l'aimer comme si de rien n'était. Ce n'était pas moi. Ce n'était pas Prism. Je récupérais le calepin et écrivais : « Aide-moi à retrouver quelque chose d'eux. Théo Wilkes et Primrose Harendel. » Je lui tendais le calepin, attendais qu'il l'attrape pour me lever et me mettre à chercher. Je titubais difficilement jusqu'aux plaques H, et cherchais une trace de ma meilleure amie. Je tombais alors sur le nom en question. Heureuse, je me précipitais sur cette petite plaque peu mise en valeur. Mais rapidement, j'éclatais en sanglots. Il s'agissait en fait de celle de son frère, Eliott. Ce connard qui se jouait d'elle. Je ne savais pas qu'il était mort, et je regrettais le fait de ne pas avoir eut le temps de le faire tuer par Lily-Snow avant. Je continuais de pleurer, le visage enfoui dans mes mains, déçue, brisée par ce vide. Primrose et Théo étaient partis, comme si rien n'avait existé. Comme s'ils n'avaient jamais existé. Un instant, je me demandais si je n'étais pas comme la femme de Silas, à avoir des amis imaginaires. Mais non, ils étaient, autrefois bien réels. Comme je l'étais. Et comme l'était l'homme que j'aimais à en mourir - littéralement -, Christoph.
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Ven 17 Juil - 9:44


 
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Elle se dégagea de ses bras. Il devait s'y attendre. Cela lui fit mal, comme toujours. Son léger sourire quand elle se recula atténua un peu la douleur. Un peu seulement. Il se sentait tellement mieux quand elle était dans ses bras. Enfin apaisé, ses soucis oubliés le temps d'un instant, remplacés par la douceur de son corps contre le sien.

Il la regarda faire, vaguement inquiet, se demandant ce qu'elle pouvait bien chercher encore. Ses amis n'étaient pas là, il fallait qu'elle arrête de les chercher ainsi. Il se figea alors quand il la sentit venir se coller contre lui. Il ne comprenait pas ce qu'elle faisait. Ses mains parcouraient son corps, réveillant en lui des sensations qu'il avait cru disparues depuis longtemps. Finalement, il vit avec un frisson d'horreur son calepin et son stylo quitter sa poche tandis qu'elle les prenait avec elle, déposant un simple baiser sur sa joue pour s'excuser.

Il resta inquiet un instant, la peur qu'elle ne découvre ce que renfermait le petit calepin le saisissant. Il fut soulagé quand elle l'ouvrit plusieurs pages plus loin que ce qu'il avait noté à l'intérieur. Il y avait des choses qu'il valait mieux qu'elle ignore encore sur lui. Elle ne les apprécierait pas si elle venait à les découvrir.

Il reprit ensuite le calepin et lut ce qu'elle avait écrit.

« C'était mes meilleurs amis. Des personnes formidables, détruites par le passé. Théo ne s'est pas révolté, il s'est juste jeté sur le corps d'une femme qu'il aimait beaucoup et qui venait d'être tué. Primrose, elle s'est jetée sur Mary parce qu'elle m'a vu pleurer. Primrose vivait dans un monde d'enfant, son meilleur ami s'appelait Carl et était un doudou. »

Avec un soupire triste il lui rendit le calepin pour qu'elle continue d'écrire dessus. Ils ne s'étaient peut être pas rebellés mais elle si. Mary était intelligente et cruelle. Elle savait qu'elle ferait davantage souffrir Prism en s'attaquant à ceux qu'elle aimait plutôt qu'en s'en prenant directement à elle. Elle aurait fait subir le même sort à Prism, elle serait passée hors de son contrôle. Elle n'aurait plus pu la faire souffrir. Elle aurait enfin trouvée le repos éternel. C'était beaucoup trop doux comme punition pour la jeune femme. C'était ce à quoi ils aspiraient tous. Quitter enfin cet endroit, de quelque manière possible. Alors elle s'en prenait à ses proches pour la faire souffrir. Et à voir l'état de la jeune femme, elle y arrivait à merveille.

« Et tu pense que c'est mieux de se laisser faire? Cette femme est un monstre, elle brise notre existence. Elle... Elle fait en sorte que des gens comme toi et moi puissent se rencontrer et tomber amoureux l'un de l'autre. Pour ensuite se détruire. »

Ca il ne pensait pas qu'elle en était responsable. S'amuser à mélanger juif et nazi, ça oui cela devait follement l'amuser. Mais elle n'était en rien responsable de ce que son coeur ressentait. Elle devait trouver follement amusant leur situation mais en être responsable il ne le pensait pas. Il blâmait plutôt le destin, le karma ou autre qui semblait prendre un malin plaisir à vouloir s'acharner sur lui.

« Aide-moi à retrouver quelque chose d'eux. Théo Wilkes et Primrose Harendel. »

C'était une mauvaise idée. Ils n'allaient rien trouver, il en était certain. Si Mary avait voulu faire disparaitre toute trace d'eux, elle y était certainement arrivée. Et il la voyait bien capable d'avoir commis une telle chose. Retirer tout souvenir d'eux à Prism, aller peut être même jusqu'à leur faire douter de leur existence. C'était tout à fait le genre de Mary.

Il prit son calepin et en déchira les premières pages avant de les ranger dans sa poche. Il le rendit alors à Prism, qu'elle puisse continuer de communiquer avec lui.

- Tu ne les trouvera pas ici. Ni eux, ni rien d'eux. Cet endroit est pour nos dépouilles, celles de tous ceux qui sont condamnés à errer ici pour l'éternité. Ils ne seront pas là.

Cela ne servait à rien de s'attarder ici. Cet endroit était beaucoup trop déprimant. Il n'avait rien à voir avec les cimetières ordinaires. Les cimetières étaient fait pour les vivants, ils venaient se recueillir sur des tombes pour avoir un endroit auquel se rattachait à leur cher disparu. Mais l'âme de la personne qu'ils aimaient n'était plus là. Elle avait quitté cette terre au moment de sa mort.

Mais ici... aucun vivant, aucun membre de leur famille ne pourrait jamais venir se recueillir ici. Cet endroit n'était que la somme de toutes leurs peines, leurs regrets et leurs souffrances. Un odieux rappel de toutes les erreurs qu'ils avaient pu commettre. Une torture de plus de la part de Mary.

Il la prit par la main, autant pour qu'elle repère où il se trouvait que pour profiter de son contact. Elle lui manquait tellement, malgré tout ce qu'elle était et ce qu'elle représentait, elle lui manquait.

- Allons dans leurs anciennes chambres. Tu auras peut être plus de chance de trouver quelque chose qui leur appartenait là bas.
 
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Ven 17 Juil - 14:47

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Je continuais de chercher désespérément. J'avais l'air d'une folle, et je le savais. Mais je savais que je l'étais bien moins que la majorité des personnes qui vivaient ici. Christoph restait là, quelque part dans les tombeaux et je n'avais aucune idée de si il était en train de chercher ou non. Mais rapidement, je compris que ce n'était pas le cas. Je sentis une chaleur entourer ma main et je la regardais. Il était là, il me prenait la main. Et le pire dans cette histoire, c'est que je n'avais pas la force pour le repousser. J'étais trop faible pour quoique ce soit. J'avais besoin de lui. Seulement de lui. Je soupirais en entendant ses mots et récupérais mes affaires. Il avait raison. Je le tirais donc en avant et me dirigeais vers la sortie du tombeau. Je continuais de pleurer, silencieusement. De toute manière, personne ne pouvait m'entendre, faire du bruit n'aurait rien changé. Je montais les escaliers et me dirigeais jusqu'à la chambre N°100. Je l'ouvrais. Et découvrais la chambre de Primrose, Ses doudous étaient encore soigneusement rangés sur son lit. Sa trottinette était là, posée contre le bureau. Et je voyais ses éternelles salopettes. Je m'allongeais sur le lit et attrapais Carl. Je le prenais dans mes bras et priais : « Faites en sorte qu'elle aille bien. Par pitié. » Je restai là quelques instants, et je savais que Christoph se trouvait quelque part dans la chambre. Je ne voulais pas que tout cela finisse à la poubelle. Alors je me levais, ouvrais le placard et attrapais son gros sac de voyage. J'y pliais ses vêtements, y mettais ses colorations pour cheveux - du rose, du orange, du bleu et même du vert - et attrapais chaque doudou pour les ranger. Le reste n'était que du détail. Il y avait par là une bouteille de Sprite - elle aurait tué pour du Sprite -, ainsi que des carambars et des fraises tagada. J'attrapais le baladeur posé sur sa table de nuit et passais le sac autour de mon cou. Je pris le calepin, et écrivais : « Tu pourras prendre le sac de Théo? Je veux garder ce à quoi ils tiennent au cas où ils reviendraient un jour. » Je le tendais à Christoph et montais sur la trottinette. Je me mis à rouler, et à nouveau, je laissais les larmes s'emparer de moi. Depuis son arrivée, j'avais tout fait pour protéger ce rayon de lumière qu'était Primrose. Mais, mais j'avais échoué, et désormais je n'avais aucune idée de l'endroit où elle pouvait être. Elle pouvait être morte et avoir rejoint son petit frère qu'elle aimait tant, Gabriel. Ou peut-être était-elle dehors, perdue dans tant d'espace, sans Carl pour la guider. Pire encore, Mary aurait pu l'envoyer dans un endroit bien plus effrayant. Je ne voulais pas y penser. J'appelais l'ascenseur, et quelques minutes plus tard, nous arrivions au troisième étage. Je voyais Christoph grâce au calepin qu'il n'avait pas lâché. Je me mis à rouler dans le couloir jusqu'à l'appartement Phoenix. Je l'ouvrais et découvrais l'immense suite. J'entrais, déposais la trottinette et le sac de Primrose. J'étais venu quelques fois dans cet appartement, et je me souvenais que la chambre de Théo se trouvait à droite. Il y avait dans le couloir, des objets cassés et des trous dans le mur. Saul et Ange s'étaient encore battues, pour changer. Théo m'avait de nombreuses fois raconté à quel point elles se montraient violentes. Je soupirais et ouvrais la porte de sa chambre. Il y avait ses éternels polos. Je souriais. Il avait pour habitude de toujours relever les cols. Un crétin. Je me dirigeais vers le placard et attrapais son sac. Je le posais sur le lit et ramassais les polos qui jonchaient le sol. Je me dirigeais vers la commode et attrapais ses bouteilles d'alcool. Puis je pris ses paquets de cigarette et m'asseyais sur le lit. Je levais les yeux vers la porte et tendais la main pour qu'il me rende le calepin. Je l'attrapais, attrapais le stylo et écrivais : « Comment je vais faire? Comment je vais faire sans eux Christoph? Leurs putains de chambres, on dirait un musée! Ils n'ont pas pu disparaître comme ça, ils sont forcément quelque part. Je vais demander à Lloyd, mon dealer, de les retrouver, et de leur rendre leurs affaires. Tu penses qu'ils sont allés voir la police pour leur dire? Ou... Est-ce qu'il existe un autre endroit comme celui-ci? Il paraît qu'elle possède un manoir à Londres. Peut-être qu'ils sont là bas? » Et je continuais d'écrire, sans m'arrêter, me posant tout un tas de question sur l'endroit où pouvaient bien se trouver mes meilleurs amis. Les larmes coulaient toujours, et je lâchais alors le calepin, me recroquevillant sur moi-même, comme le font les adolescentes dans les films d'amour. Je faisais un bad trip. J'avais besoin de calme, de repos. Je fermais les yeux et me mis à chanter une chanson que Primrose chantait souvent : The Scientist de Coldplay. Je sentis Christoph s'assoir sur le lit et je me décalais pour le sentir contre moi. J'avais besoin de lui, à cet instant précis.
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Dim 19 Juil - 10:23


 
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Elle ne retira pas sa main. Il aurait pu le croire. Il aurait pu penser qu'elle l'abandonnerait là en suivant ou non son conseil. Mais elle garda sa main dans la sienne et l'entraine dans la chambre de l'un de ses amis. Il voyait les larmes continuer de couler sur ses joues tandis qu'elle avançait. Comme à chaque fois qu'il l'avait vu pleurer il se sentait mal pour elle. Il aurait préféré s'arrêter au milieu de ce couloir et l'emmener dans sa chambre. Il aurait voulu l'y enfermer pour empêcher les horreurs de cet hôtel de l'atteindre. Il l'aurait gardé dans ses bras aussi longtemps qu'il fallait, jusqu'à ce que ses larmes aient quittés ses yeux et qu'il revoit le sourire qui l'avait fait tomber amoureux d'elle. Mais c'était impossible et il le savait.

Il s'arrêtèrent finalement dans une chambre du premier étage et y entrèrent. Ce devait être celle de Primrose. Des peluches, des salopettes et même une trottinette. Il n'y avait que peu de doute possible. Il resta à l'écart de Prism, laissant à la jeune femme le temps dont elle avait besoin pour faire le deuil de son amie. Il avait eu raison. Tout se trouvait encore ici, comme si elle était simplement partie de l'hôtel sans emporter ses affaires. C'était peut être le cas après tout. Peut être avait-elle simplement décidé de la chasser de cet endroit? C'était fort peu possible mais il espérait pour Primrose et pour Prism que c'était le cas.

Il la laissa faire tandis qu'elle récupérait des affaires pour les ranger dans un sac. Et après c'était lui qu'on traitait de taré et de connard parce qu'il avait gardé des objets appartenant aux personnes qu'il avait vu mourir dans les camps. Le monde était vraiment malade.

« Tu pourras prendre le sac de Théo? Je veux garder ce à quoi ils tiennent au cas où ils reviendraient un jour. »

Il prit le petit papier qu'elle lui tendait et hocha distraitement la tête, avant de se rappeler qu'elle ne pouvait pas le voir. C'était ridicule de le faire pour ça. Ils ne reviendraient pas, Mary y avait veillé. Mais qu'elle veuille garder des souvenirs d'eux, ça il le comprenait.

Il la suivit à nouveau tandis qu'elle repartait, cette fois sur sa trottinette. Il monta avec elle au troisième étage et pénétra dans la suite Phoenix. Il ignora les objets cassés et les trous que les disputes de ses charmants voisins provoquées dans les murs. Tout l'étage profitait régulièrement de leurs disputes. Ce n'était même plus une surprise de les entendre.

Il la laissa faire, se tenant un peu à l'écart tandis qu'elle triait les affaires de son ami. Il s'approcha pour lui rendre le calepin quand enfin elle s'arrêta et se laissa tomber sur le lit.

« Comment je vais faire? Comment je vais faire sans eux Christoph? Leurs putains de chambres, on dirait un musée! Ils n'ont pas pu disparaître comme ça, ils sont forcément quelque part. Je vais demander à Lloyd, mon dealer, de les retrouver, et de leur rendre leurs affaires. Tu penses qu'ils sont allés voir la police pour leur dire? Ou... Est-ce qu'il existe un autre endroit comme celui-ci? Il paraît qu'elle possède un manoir à Londres. Peut-être qu'ils sont là bas? »

Il s'assit à côté d'elle tandis qu'il la voyait se mettre à fredonner quelque chose. Il ne savait pas quoi, il ne pouvait toujours pas l'entendre. Il tenta sa chance une nouvelle fois et la prit dans ses bras. Il la tint serrer contre lui, caressant doucement son dos pour tenter de l'apaiser.

- Je ne sais pas où ils sont. A part Mary je crois que personne ne le sait. Mais où qu'ils soient je suis certain qu'ils sont mieux qu'ici et que tu leur manques.

Ce n'était pas un mensonge qui lui coutait beaucoup. Au fond elle devait se douter qu'il ne disait ça que pour lui faire plaisir. Mais il sentait que c'était ce dont elle avait besoin en cet instant.

- Tu ne devrais pas faire confiance à ton dealeur pour ça. Il serait capable de les jeter dans un coin et de t'assurer que oui il leur a bien donné. Tu devrais les garder, en souvenir d'eux. Ces objets doivent rester avec une personne qui saura les chérir comme il faut.

Il continua de la garder contre lui, continuant de caresser doucement son dos. Il se mit alors à fredonner la chanson qu'il lui avait fredonné le fameux soir où ils avaient dansé ensemble. Elle ne le quittait plus, pas plus que Prism ne quittait son esprit.


 
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Lun 20 Juil - 1:32

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Christoph était doux avec moi. Il était là, à m'écouter, à suivre une folle qui courrait après des mirages, des souvenirs. Il m'écoutait, et il m'épaulait. Malgré tout ce qu'il était et ce qu'il avait pu être, je ne pouvais me résoudre à le repousser. Je voulais le garder près de moi, je voulais prendre ce qu'il m'offrait sans condition, et profiter de cet instant d'insoucience que je m'autorisais. J'en avais assez d'être Prism Welinski, la juive rebelle et révoltée, qui passait sa vie à se battre contre tout et n'importe quoi. J'en avais assez d'être forte et de prétendre n'avoir besoin de personne pour aller mieux. Car c'était un mensonge. J'avais besoin de Primrose, de Théo, d'Evangeline, mais aussi de Christoph. Des personnes, pour qui, malgré leurs erreurs et leur passé, j'étais capable de donner la vie que je n'avais plus. J'étais capable de souffrir des erreurs, de supporter la torture et les coups pour les protéger. Mais jusqu'ici, je n'avais fait preuve d'aucune bravoure. Je n'avais sauvé la vie de personne. Je fournissais Evangeline à sa demande, en surveillant tout de même ses doses. Je buvais avec Théo, et j'avais laissé Primrose s'attacher à moi. S'attacher à moi à tel point qu'elle s'était jeté sur Mary Fitzgerald en personne, enragée par les pleurs que cette horrible femme avait provoqué chez moi. Et Théo... Théo n'était plus là car à cause de personnes comme Alexander et moi, Mary Fitzgerald avait voulu montrer sa puissance et s'était défoulé sur mon ami et sur ses colocataires. J'avais amené leur fin, j'étais responsable de leur mort. Et c'était le plus dur à avaler. Je laissais donc Christoph me prendre dans ses bras et l'écoutais. Je ne voulais pas leur manquer. Je ne voulais pas qu'ils pensent à la pauvre jeune femme prisonnière que j'étais depuis maintenant dix-sept ans. Je voulais qu'ils vivent leur vie si l'occasion leur avait été donné. Mais j'étais convaincue que ce n'était pas le cas. Mary Fitzgerald était bien trop cruelle pour accepter l'idée que ses petits jouets puissent vivre de nouveau, et qu'ils puissent faire tomber son business. Une idée me vint alors à l'esprit. Il y avait des chances pour qu'ils soient quelque part, vivant, à l'extérieur de cet hôtel. Avec, certes les souvenirs d'avoir vécu quelques temps dans un hôtel immonde où tout le monde mourrait, mais sans aucun souvenir de l'endroit où il se trouvait. Ni aucun souvenir de quoique ce soit qui pourrait mettre en danger la petite entreprise de l'antéchrist. Je soupirais. Je réfléchissais trop. Je ne devais plus réfléchir. Je regardais mon corps blotti dans les bras de Christoph. Il mentait, comme la plupart du temps. Au fond, lui non plus ne croyait pas en ce monde meilleur où pouvait se trouver mes amis. Mais il tentait, maladroitement, de me réconforter. Et j'appréciais cela. Pendant un instant, je regrettai son invisibilité, je regrettais de ne pouvoir le voir pour lui déposer un léger baiser sur les lèvres. Après dix-sept ans, j'avais tout de même besoin à un peu de repos dans cette guerre sans nom que je menais contre le nazi qu'il était.
Sa main caressait mon dos, et mon corps était parcouru par d'étranges sensations. Des frissons. Je souriais. Cela faisait si longtemps que je ne m'étais pas senti si humaine. Si vivante. Il parla alors de Lloyd et je fronçais les sourcils. Je m'éloignais doucement, de quelques centimètres, afin de ne pas perdre ses bras qui m'entouraient, et attrapais le calepin. Il ne connais pas Lloyd, il ne savait pas de qui il parlait. Je pris donc le stylo et écrivais : « Tu ne connais pas Lloyd. C'est un dealer, certes, mais comme moi. C'est un bon gars, et je sais qu'il ne me trahirait pas. Je lui rapporte beaucoup trop pour cela. Et c'est mon ami. » Lloyd prenait de gros risques. Il était là, à me balancer la drogue à travers les grilles du domaine, tous les dimanches soir, en prenant soin de ne jamais trop s'approcher afin que la magie ne l'atteigne pas et ne le coince pas dans cet maudit endroit pour l'éternité. Au fond, je ne savais rien de lui, mais je l'aimais bien. J'aimais tout le monde. Même ceux que je ne devais pas aimer... Un souvenir me revint. Je me levais et allais fouiller dans une commode. Au fond d'un des tiroirs se trouvait un briquet. Théo m'en avait de nombreuses fois parlé. Il s'agissait de celui de son père. Il le gardait précieusement afin de se rappeler qu'il ne devait pas devenir comme son père. Je le mis donc dans ma poche, en me jurant de ne jamais l'utiliser, même si Mary Fitzgerald, dans un moment de folie, se décidait à faire disparaître tous les autres briquets de l'hôtel. Je retournais près du lit et restais quelques instants là. Puis hésitante, je cherchais les bras de Christoph pour ensuite me raviser. Je devais arrêter d'être aussi proche de lui. Ce n'était pas bon, ce n'était pas ce que j'étais sensée faire. Je soupirais, attrapais le calepin et écrivais : « Est-ce que tu détestes toujours les juifs ? Est-ce que tu détestes toujours ce que je suis ? Pourquoi nous détestes tu ? Je suis comme toi, je respire, je parle – enfin pas en ce moment-, je ris, je pleurs, je meurs. Pourquoi ? Nous croyons en des choses différentes et c'est ce qui nous différencie... » Je voulais bien croire qu'il n'avait jamais adhérer au génocide, mais je ne pouvais accepter l'amour d'un homme qui ne m'aimait pas entièrement. Qui n'aurait pas pu aimer mes parents et mon grand-frère Viktor s'il avait eut l'occasion de les rencontrer. Je ne pouvais pas, car c'était contre mes principes, et qu'en amour, je devais aimer et vivre cet amour comme s'il n'était pas emprisonné entre quatre grilles magiques. Je m'allongeais sur le lit de Théo, lasse. J'avais cessé de pleurer, mais je reniflais toujours. J'étais humaine. J'étais, quelque part, toujours vivante.
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mer 22 Juil - 9:19


 
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Il profitait de la sentir là contre lui. C'était si bon, si doux. Elle ne le repoussait pas. Au contraire, il sentait qu'elle se laissait aller contre lui, qu'elle semblait même apprécier ses caresses. C'était plus que ce qu'il aurait pu espérer vu les dernières années qu'ils avaient passé ensemble. Mais bien trop vite à son goût, cela cessa à nouveau. Elle se recula légèrement pour aller chercher le calepin et écrire dedans. L'ombre de Mary venant brusquement s'interposer entre eux. Elle ne pouvait pas le voir, il ne pouvait pas l'entendre, et cette barrière lui rappelait cruellement à cet instant l'endroit où ils se trouvaient. Ils étaient prisonniers de cet hôtel pour l'éternité, soumis aux caprices de cet être malveillant. Mais malgré tout... il n'arrivait pas à la haïr. Il n'oubliait pas quand sans elle, sans cet hôtel... jamais il n'aurait rencontré Prism...

« Tu ne connais pas Lloyd. C'est un dealer, certes, mais comme moi. C'est un bon gars, et je sais qu'il ne me trahirait pas. Je lui rapporte beaucoup trop pour cela. Et c'est mon ami. »

Il fronça les sourcils mais n'ajouta rien. Un dealeur qui soit bon, il en doutait fortement. Elle lui apportait beaucoup ça s'était certain mais à la moindre occasion il la lâcherait pour peu que cela lui rapporte un profit plus intéressant. Elle était coincé ici, lui vivait librement à l'extérieur de l'hôtel, elle ne pouvait pas prétendre le connaitre réellement. Des gens comme lui il en avait côtoyé des dizaines chez les SS. Ce n'étaient ceux qui semblaient le plus amicale qui étaient les meilleurs. Il avait rencontré des médecins réputés et tout à fait charmant qui pouvaient faire tomber sous les charmes les femmes les plus dures. Mais une fois le masque tombé, une fois entré dans leur laboratoire... il les avait vu commettre des horreurs qui hantaient encore ses cauchemars, leurs visages souriant exprimant la joie malsaine qu'ils ressentaient. Elle ne devait pas faire confiance à un homme qu'elle connaissait à peine et dont le métier était de vendre de la petite mort aux âmes innocentes. Elle faisait confiance beaucoup trop facilement. Il en était la preuve...

Il la regarda tristement s'éloigner et quitter ses bras tandis qu'elle partait fouiller à nouveau les affaires du jeune homme. Elle revint finalement, tenant un briquet dans ses mains, une petite relique de plus. Il attendit à nouveau, l'anxiété lui tordant le coeur, de voir si elle reviendrait se blottir dans ses bras. Elle ne le fit pas. Elle se contenta de s'allonger dans le lit. La fatigue brouillait ses si beaux traits. Elle écrivit à nouveau sur son petit calepin et le lui tendit à nouveau qu'il puisse lire.

« Est-ce que tu détestes toujours les juifs ? Est-ce que tu détestes toujours ce que je suis ? Pourquoi nous détestes tu ? Je suis comme toi, je respire, je parle – enfin pas en ce moment-, je ris, je pleurs, je meurs. Pourquoi ? Nous croyons en des choses différentes et c'est ce qui nous différencie... »

Il lui rendit le calepin et ne dit rien. Cette question cela faisait plus de seize ans qu'il se la posait le soir dans son lit. Qu'il la tordait et la retournait dans tous les sens. Pourquoi il détestait autant ce qu'elle était? La réponse la plus simple qu'il lui venait, était que c'était ce qu'on lui avait appris toute sa vie. Dés son plus jeune âge son père l'avait mis en garde contre les juifs. Ils étaient mauvais, tous plus pourris les uns que les autres. Il fallait s'en méfier comme de la peste. Il se revoyait encore avec son innocence d'enfance lui demander pourquoi ils étaient comme ça? S'ils faisaient exprès d'être méchant comme un de ses camarades de classe et si c'était le cas pourquoi on ne pouvait pas leur expliquer qu'ils agissaient mal comme pour son copain qui avait arrêté de l'embêter du coup. Mais il lui avait expliqué que ce n'était pas si simple. Les juifs étaient nés comme ça. Il n'avait pas compris à nouveau. Comment certains pouvaient naître d'une façon et d'autre naître différemment. Au final, c'était comme pour les chiens. Il y en avait de toutes les races différentes. Eux, ils étaient de la race la plus pure, la race aryenne. Les juifs eux, ils étaient comme les bâtards qui trainaient par moment dans les rues. Il fallait les tuer quand ils étaient petits. Un bâtard avait beau avoir l'air mignon, il n'en restait pas moins un dégénérescence de la nature et un jour ou l'autre il finirait par attaquer les humains. C'était la même chose pour les juifs. L'enfant qu'il était, avait hoché la tête alors qu'il ne comprenait toujours pas. Il l'aimait bien le bâtard qu'il croisait dans la rue en allant à l'école. Il le léchait toujours partout quand il lui apportait des restes de son repas. Jusqu'au jour où il avait essayé de le mordre...

Il ne pouvait pas expliquer ça à Prism. Elle ne comprendrait pas, elle ne l'accepterait pas. Personne n'aime entendre qu'il est une sous espèce dont il faut se méfier. Mais il l'aimait parce qu'elle était différente. Il l'aimait malgré la façon dont elle était née. Il n'aurait pas du. Cela ne faisaient que les faire souffrir à tous les deux. Mais il aimait malgré tout ce qu'il croyait.

Après de longues minutes de réflexion il s'approcha d'elle. Avec une hésitation, il posa sa main sur son bras pour venir le caresser doucement. Il avait besoin d'elle. Il en souffrait par tous les pores de sa peau de ne plus pouvoir être avec elle.

- Ne pose pas des questions dont tu n'aimeras pas les réponses. C'est tellement plus compliqué qu'une simple histoire de croyance. C'est dans ta naissance, dans ton sang, dans ce que tu es... Décider du jour au lendemain de ne plus être juive n'y changera rien. De toute façon tu ne pourras pas. Parce que ça fait partie de toi au même titre que moi je suis et resterais un allemand, un pur aryen.

Un tel mélange était impossible. C'était contre nature. Et pourtant...

- Mais je t'aime... seize années loin de toi n'ont pas suffit à me faire oublier ce que je ressentais. J'ai beau retourné sans cesse le problème dans mon esprit tous les jours, cela ne change rien. Je t'aime... même si tu es juive je t'aime et je t'aimerais toujours...

 
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mer 22 Juil - 12:46

Darkness in our hearts
Christoph Hirsch ✧ Prism Z. Welinski
Christoph restait silencieux. Il devait être en train de réfléchir à mes mots. Il pouvait réfléchir autant qu'il voulait, il ne connaissait pas Lloyd. D'ailleurs, à mes dernières nouvelles, Christoph n'avait pas d'amis. Il était seul. Il n'avait que moi, et moi, je ne voulais pas de lui. Cet homme avait beau avoir un cœur, il n'en était pas moins con. Il n'avait rien compris à la vie, à l'humanité. Il avait certes eut le temps d'y réfléchir, mais était resté emprisonné dans les valeurs racistes de son père. Il n'avait pas conscience que le monde avait changé et que la seconde guerre mondiale avait considérablement changé les mœurs. Lloyd était certes un dealer, mais surtout un mec plus ou moins paumé avec une ambition inexistante. Je soupirais et allais chercher le briquet. Tout me semblait irréel. Je n'arrivais pas à croire que mes meilleurs amis n'étaient plus là, et que je m'oubliais dans les bras de Christoph. Notre semblant d'histoire d'amour ressemblait à ces histoires niaises pour femmes engrossées et mal aimées par leur maris. C'était ridicule, et pourtant, seize ans et demi après, je ne pouvais douter de l'authenticité de ces sentiments. Je repensais alors à notre rencontre. De la façon dont nous nous étions rapprochés l'un de l'autre sans crier garde. De la douceur avec laquelle nous avions dansé ce soir là, au bord de la piscine. De notre premier baiser. J'étais si heureuse, si comblée, et rien ne semblait pouvoir nous séparer. Mais les années l'avait prouvé, l'humanité l'avait prouvé. La guerre nous avait séparé. La religion. La différence. Et même à cette époque là, enfermée dans un putain d'hôtel aux alentours de Londres, de telles choses comptaient. Car il y avait des choses à ne pas oublier, des choses à ne pas négliger. Je soupirais et m'allongeais sur le lit. Ces questions brûlaient mes lèvres, et j'avais besoin de savoir si les choses avaient évoluées. Si je pouvais espérer retrouver l'homme dont j'étais tombé amoureuse. Qui ne s'était pas soucié de savoir quelles étaient mes origines. Mais la réponse me brisa le cœur et je le repoussais violemment. Il pensait pouvoir me tenir dans ses bras après avoir clairement sous entendu que j'étais inférieure à lui ? Certes, j'étais dealeuse, j'habitais au deuxième étage et m'habillais de fringues déchirées, trop grandes ou parfois trop petites. Lui jouait du piano dans le restaurant pour riche de l'hôtel, habitait au troisième étage et portait des fringues de marque. Mais je n'étais en rien supérieure. Au contraire, mon ouverture au monde me rendait bel et bien supérieure, et j'avais honte de le penser. J'avais honte de penser qu'il y avait des gens supérieurs aux autres, mais Christoph acceptait de rester emprisonner dans des conneries, et je n'allais pas le blâmer. Je ne fis pas attention à la ridicule déclaration d'amour qu'il me fit par la suite et me levais, me postant face à lui, je lui décochais une claque qui fit valser sa tête. J'y avais mit ma rage, ma colère, mon désespoir, mais quelque part aussi, mon amour. De nouvelles larmes perlaient au bord de mes yeux, je le regardais et me mis à hurler : « Mais c'est grave d'être con à ce point là Christoph ! Même après dix sept ans, tu en es toujours au même point. Quand est-ce que tu vas évoluer ? T'es là, depuis des dizaines d'années, comme un con. Tout le monde te déteste et aimerait te voir crever pour de bon. Mais moi je suis là, je t'aime, et j'essaye de faire en sorte que tu comprennes certaines choses ! Si ton putain d'Hitler avait été juif, ou peu importe, ta soit disante « race » aurait pu être inférieure. Après tout, c'est vous les dépigmentés. Tu connais le bourrage de crâne ? C'est ce que ton père a fait avec toi. Putain t'as jamais lu Le meilleur des mondes ou 1984 ? T'es si inculte que ça ? T'es si con que ça?! OUVRE TOI AU MONDE MERDE ! Dans cet hôtel, on es tous inférieurs à Mary Fitzgerald. Elle n'est ni aryenne, ni juive. C'est juste le diable en personne. Et tu crois encore à ces conneries ? J'ai fais plus de bien dans ma vie que toi tu en as fait. Je suis plus jeune, je suis juive. Ta pensée est stupide, tout comme tes vieux costumes des années 40. Mets toi à jour, achète toi des trucs que portent les gens aujourd'hui. Fonds toi dans la masse. Arrête d'être si con. Tu te comportes en nazi, et non pas en homme. Alors si tu veux qu'on cesse de te mettre à l'écart, cesse de te foutre à l'écart tout seul. T'as rien compris à la vie Christoph. Absolument rien ! » Je repris mon souffle, soudainement fatiguée par ce discours. C'était toujours ainsi avec lui, il me mettait dans des états seconds et je reprenais ces discours moralisateurs. C'est alors que je sentis la tête me tourner. Et je finis le visage choqué de Christoph. Il m'avait entendu, il avait tout entendu. Pendant un instant, j'eus un sourire sur les lèvres qui ne voulut pas partir. Mais pire encore. Je vis le visage de Christoph. A nouveau. Je le regardais longuement. J'avais l'impression de ne pas avoir vu son visage depuis des années. C'était insupportablement de ne plus le voir. Et quelque chose se passa dans mon estomac. Dans mon cœur. Dans mon esprit. Je l'aimais. A en crever. Peu importe ce qu'il avait, peu importe ce qu'il était. Je n'étais pas comme lui. Qu'il ai été nazi, je m'en foutais. A cet instant. Car nous étions là, je pouvais le voir. Peut-être même l'entendre. Et le senti ? Mon cœur mort s'accéléra dans ma poitrine, prêt à exploser, et je sentis le sang tourner dans mes tempes. Je ne voulais plus être détruite par la guerre, je ne voulais plus considérer les problèmes des anciens comme les miens. Je voulais lui prouver que je n'étais en rien inférieure. Que je savais aimer, faire rire, embrasser comme une foutue aryenne. Que rien ne me différenciait de lui. Alors je balançais le calepin qui était resté dans ma main et me jetais en avant. J'attrapais ses joues dans mes mains, heureuse de le sentir à nouveau, et plaquais mes lèvres sur les siennes. Un baiser, doux, langoureux, plein de passion. Après seize ans. Après seize ans à se faire la guerre, j'acceptai une trève. Car j'en avais besoin, maintenant. Et je voulais qu'il change, je voulais qu'il devienne quelqu'un d'autre, la personne qu'il était réellement. Je voulais qu'il pense par lui même et qu'il cesse de me dire « Je t'aime même si tu es juive et inférieure ». Je voulais qu'il me considère comme son égal, qu'il n'ai plus aucune rancune, et seulement des remords. Qu'il ai honte d'avoir vu ce qu'il a vu, et qu'il comprenne à quel point il avait tout faux. Tout ce temps. Je continuais donc de l'embrasser. Je l'allongeais sur le lit et m'allongeais sur lui. Je sentais mes larmes se mêler à nos baisers et j'avais cette envie de le repousser, mais en même temps de l'attirer à moi un peu plus. J'avais besoin de lui, de ses bras. J'avais envie que nous vivions notre histoire d'amour, j'avais envie que l'on se fasse l'amour toutes les nuits, que l'on rit au lever du soleil en apercevant nos visages. J'avais envie de ces choses avec lui, mais c'était impossible. Et après seize ans, je ne prenais pas le temps de faire attention à ne pas le brusquer. Au contraire, mes baisers se faisant pressant, tentant de le décoincer, tentant de le faire entrer dans le monde actuel dans lequel nous vivions plus ou moins. Mes mains s'agrippaient doucement à ses cheveux, et je plissais les yeux, de douleur, mais aussi d'envie. Je ne voulais plus le quitter, mais je le devais. C'était insupportable. Et soudainement, je manquais d'air. Sensation étrange qui n'était que très peu arrivé en seize ans de mort. Je fus donc contraint de quitter ses lèvres. Je collais mon front au sien et lui dis doucement : « Ce n'est pas pour te faire du mal. Mais j'accepterai de passer le reste de mon existence dans mes bras, quand tu essayeras de penser autrement...» J'embrassais une dernière fois ses lèvres, une fraction de seconde. Me levais et lui donnais dos. Les larmes roulèrent sur mes joues à une allure incontrôlable, et je tentais de réprimer les sanglots qui me déchiraient la gorge dans l'espoir de sortir et de m'abattre une nouvelle fois.
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mer 22 Juil - 14:29


 
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Il n'était pas certain qu'elle comprenne, elle allait très certainement le prendre mal encore une fois. Ils n'y pouvaient rien pourtant s'ils étaient nés différents. Oh, il y avait bien des moments où il aurait préféré être né à cet époque. Peut être que s'il avait été un jeune anglais du vingt et unième siècle avec un piercing à la langue et des jeans déchirés, peut être l'aurait-elle aimé davantage.

Mais elle l'avait mal pris et une fois de plus elle venait le gifler. Cela devenait vraiment une désagréable habitude chez elle.

« Mais c'est grave d'être con à ce point là Christoph ! Même après dix sept ans, tu en es toujours au même point. Quand est-ce que tu vas évoluer ? T'es là, depuis des dizaines d'années, comme un con. Tout le monde te déteste et aimerait te voir crever pour de bon. Mais moi je suis là, je t'aime, et j'essaye de faire en sorte que tu comprennes certaines choses ! Si ton putain d'Hitler avait été juif, ou peu importe, ta soit disante « race » aurait pu être inférieure. Après tout, c'est vous les dépigmentés. Tu connais le bourrage de crâne ? C'est ce que ton père a fait avec toi. Putain t'as jamais lu Le meilleur des mondes ou 1984 ? T'es si inculte que ça ? T'es si con que ça?! OUVRE TOI AU MONDE MERDE ! Dans cet hôtel, on est tous inférieurs à Mary Fitzgerald. Elle n'est ni aryenne, ni juive. C'est juste le diable en personne. Et tu crois encore à ces conneries ? J'ai fais plus de bien dans ma vie que toi tu en as fait. Je suis plus jeune, je suis juive. Ta pensée est stupide, tout comme tes vieux costumes des années 40. Mets toi à jour, achète toi des trucs que portent les gens aujourd'hui. Fonds toi dans la masse. Arrête d'être si con. Tu te comportes en nazi, et non pas en homme. Alors si tu veux qu'on cesse de te mettre à l'écart, cesse de te foutre à l'écart tout seul. T'as rien compris à la vie Christoph. Absolument rien ! »

Elle le faisait rire avec ses idées d'idéaliste. Se fondre dans la masse? Le prenait-elle pour un abruti? En fait oui c'était ce qu'elle lui avait dit. Elle pensait qu'il n'avait pas essayé de dissimuler son passé quand il était arrivé à l'hôtel? Il avait voulu prendre un nouveau départ. Puisqu'il allait être enfermé avec ces gens pour l'éternité autant ne pas leur révéler ce qu'il était. Il avait aspiré à se fondre dans la masse. Mais ils avaient fini par découvrir la vérité, d'une façon ou d'une autre, il ne savait plus exactement comment ils avaient fait mais ils avaient tout découvert. Et ils l'avaient crucifié. Désormais plus personne n'ignorait ce qu'il était. On se méfiait de lui à cause de l'étiquette qui lui était accroché et qui semblait ne plus vouloir le quitter. Il n'y avait eu qu'elle pour ignorer qui il était. Elle qui lui avait permis de croire un instant qu'il pourrait être aimé pour celui qu'il était vraiment et non pour l'étiquette qu'on ne lui laissait pas la chance de laisser tomber. Et qu'avait-elle fait? Elle s'était braqué exactement tous les autres sans lui laisser une chance de s'expliquer.

Il sentait la rage monter en lui tandis qu'elle le noyait sous ses insultes lui et son père. Il avait envie de se jeter sur elle, de lui faire regretter les mots si cruels qu'elle prononçait. Comment une bouche si belle pouvait proférer de telles insanités? Il ne réalisa même pas qu'il l'entendait parler.

Il aurait voulu lui répondre, lui crier dessus comme elle le faisait, lui faire entendre de force son point de vu. Mais il fut interrompu par elle une nouvelle fois. Il était trop surpris, beaucoup trop agréablement surpris pour dire quoi que ce soit ou même penser à la repousser. Au contraire, il la serra dans ses bras et et répondit avec envie à son baiser. Il en rêvait depuis plus de seize ans, depuis la dernière fois où il avait senti ses lèvres contre les siennes. Il se sentait revenir au paradis. Et tout d'un coup plus rien n'avait d'importance, qu'elle soit juive, qu'il ait été élevé pour la détester et la tuer.

Il se laissa allonger sur le lit, ne pensant même pas au fait que cela allait beaucoup trop vite entre eux. Il ne voulait pas faire comme les gens de cette époque et la baiser sauvagement dans un lit qui n'était même pas le sien. Mais c'était tellement délicieux de la sentir à nouveau contre lui. Il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait mais il s'en moquait. Un instant elle lui hurlait dessus et l'instant d'après elle se jetait sur lui. C'était à n'y rien comprendre mais il préférait tellement la voir ainsi. Il aurait voulu pouvoir enterrer le passé loin d'eux et l'oublier, l'enterrer sous ses baisers pour ne jamais le voir revenir à la surface. Il s'en moquait de ce qu'elle était. Plus rien n'avait d'importance dans cet endroit. Il voulait seulement qu'elle accepte de l'aimer comme il était. Si seulement elle pouvait essayer de faire cela.

Finalement quand ils furent à bout de souffle, quelle sensation merveilleuse et si étrange depuis le temps qu'il ne l'avait pas ressenti, elle se recula. L'instant de bonheur disparut tandis qu'elle se levait pour lui tourner le dos.

« Ce n'est pas pour te faire du mal. Mais j'accepterai de passer le reste de mon existence dans mes bras, quand tu essayeras de penser autrement...»

Si seulement cela pouvait être vrai, si elle pouvait l'accepter. Il ne demandait rien de plus, juste la garder dans ses bras, sentir son odeur sur sa peau et ne jamais la laisser partir. Il n'avait besoin que de ça pour être heureux.

Il s'approcha doucement d'elle et dans son dos passa ses bras autour de sa taille pour la serrer contre lui. Il posa sa tête sur son épaule et déposa un léger baiser dans son cou avant de parler.

- Cette époque n'est pas la mienne, c'est difficile pour moi d'arrêter d'être un homme des années 40 avec ses costumes, de même qu'il est difficile pour toi de cesser d'être la Prism rebelle. Appelle ça bourrage de crâne si tu veux mais l'époque était ainsi. Mon père, l'école, mes camarades de classe, mes amis... nous pensions tous ainsi. C'était la norme et nous avions du mal à imaginer que l'on puisse penser autrement mais...

Il se recula et sortit de sa poche les papiers qu'il avait arraché de son calepin. Il les déplia et regarda les mots qu'il avait écrit il y avait bien longtemps. Il sentit ses mains se mettre à trembler.

- Jacob, trente ans, brun. Marié sans enfants. C'était le premier. Il avait tenté de s'enfuir. Cela faisait deux jours que je venais d'arriver au camp. Mon chef était un sadique. Il tirait dans tous les membres de ses victimes, tirant dans les parties intimes des hommes avant de les achever d'une balle dans la tête. Il m'a demandé de le tuer parce qu'il avait tenté de s'enfuir. Je n'y arrivais pas. Il me fixait de ses grands yeux bruns. Mais il m'a obligé à le faire. Si je ne le faisais pas il s'en chargerait et il promettait de faire de ma vie un enfer. Il m'a dit qu'il y avait un nouveau médecin qui rêvait de s'entrainer à la vasectomie. J'en avais deux, la seconde ne me manquerait. J'ai fermé les yeux et j'ai tiré dans la tête. Pour ne pas qu'il souffre...

Il sentit une larme couler sur sa joue avant de venir s'écraser sur le papier. Il ne savait pas si Prism s'était retourné ou non vers lui. Il ne voulait pas voir le dégout dans ses yeux une fois de plus. Mais il fallait qu'elle sache à quel point il regrettait.

- Rose, vingt huit ans, brune avec de longues tresses. Mariée à un autre juif. Pas d'enfants... C'était la femme de Jacob...Je l'ai rencontré un soir pendant l'une de mes tournées. Elle travaillait à la cuisine. Elle pleurait la mort de son mari. Je l'ai prise dans mes bras. Je lui ai assuré qu'il n'avait pas souffert. Elle a passé plus d'une heure à pleurer dans mes bras. Je lui ai offert l'alliance que j'avais récupéré sur le corps de son mari. Le lendemain j'ai du l'amener chez le médecin. On nous avait vu. Ils lui ont fait une hystérectomie. Elle est morte des suites de son opération.

Il se laissa tomber au sol, le corps commençant à être secoué par ses sanglots. Il avait du mal à s'arrêter. Il les revoyait tous. Tout ceux qui étaient morts par sa faute. Parce qu'il leur avait parlé, parce qu'il les avait regardé, parce qu'il avait tenté de résister à un moment donné. Il avait finalement laissé tomber l'idée. Mais les morts n'avaient pas cessés de s'accumuler.

- Jo... Johanna... douze ans... blonde comme les blés... ses parents avaient déjà été exécutés... On nous a surpris quand... quand je lui parlais. Je tentais de lui donner des nouvelles de ses parents. Je... je n'arrivais pas à me résoudre à lui dire qu'on les avait conduits dans les chambres la veille. Alors je... je lui disais qu'ils avaient été transférés dans un autre camp... Elle pleurait elle aussi. Les larmes trempaient ses cheveux blonds avant de couler sur ma chemise... Ils l'ont arrachés de mes bras. Ils m'ont battu et ce jour là j'ai bien cru que j'allais y rester. Puis ils m'ont mis le fusil dans les mains et...

Il laissa tomber la liste au sol, se cachant le visage entre ses mains. Il pleurait désormais sans aucune retenue. Les papiers comportaient une dizaine de prénoms, d'âge et de description physique à côté. La liste de tout ceux qu'il n'avait pas pu aider. Tout ceux qui étaient morts par sa faute.

- C'était ce qu'on m'avait appris mais... je ne pouvais pas croire que... que tout ces gens... Rose et Jacob... la petite Johanna... je ne peux pas croire qu'ils aient fait quelque chose de mal au point de finir ainsi mais... j'ai fait ce que j'ai pu pour les aider mais ils... m'auraient tué... ou torturé davantage... si j'avais tenté plus... notre dortoir était rempli des photos des cadavres de ceux qui avaient tenté de se rebeller et qui... mais je les vois... tous les soirs... dés que je ferme les yeux... ils sont là...

Il se tut, la gorge bloquée par un nouveau sanglot, plus déchirant que les autres.

- Je ne te déteste pas. Je ne vous déteste pas. Vous êtes... vous êtes ce que vous êtes et vous n'y êtes pour rien. J'aurais voulu pouvoir les sauver... si tu savais...

Et davantage maintenant qu'il savait qu'elle le détesterait à jamais de ne pas avoir réussi à faire davantage pour eux.

 
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mer 22 Juil - 18:16

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C'était dûr de le repousser, de rester loin de lui de cette manière alors que je rêvais nuit et jour de ses bras, de ses lèvres, de sa voix. Je ne pouvais vivre sans lui, c'état une évidence, mais nous avions encore trop de choses à régler. J'abandonnais aujourd'hui mon sarcasme habituel et mon goût pour les mauvaises blagues. C'était ma manière, depuis ce fameux soir de ma mort, de l'éloigner de moi. De me comporter en peste pour qu'il ne m'aime plus, pour qu'il n'éprouve plus cette envie d'être avec moi. Mais visiblement, ça ne fonctionnait pas. Peu importe ce qui se passait, Christoph revenait toujours vers moi. Nous étions faits l'un pour l'autre, et pourtant nous étions nés pour nous haïr. Un drôle de paradoxe qui désormais détruisait deux cœurs, deux vies, deux âmes. Je le sentis s'approcher de moi. Il m'entoura de ses bras et je fermais les yeux. Il posa sa tête sur mon épaule, et je sentis ses lèvres déposer un doux baiser dans le creux de mon cou. J'espérai qu'il me dise qu'il allait faire des efforts, qu'il allait essayer de voir les choses d'une autre manière. Oui, j'espérai que les choses se passent comme cela. Mais il eut une toute autre attitude à laquelle je ne m'attendais pas. Il me répondit que c'était dûr pour lui de changer ses habitudes. Mais j'étais convaincu qu'il en était capable, s'il s'y mettait, s'il savait que je l'attendais après. J'avais évolué avec le temps, j'avais accepté l'idée que tous les nazis n'étaient pas des connards, et je voulais le sauver. Comme je voulais sauver tous les autres. Mais j'attendais plus de ce sauvetage, bien plus. Je voulais être heureuse, et je savais que je pouvais l'être seulement dans ses bras. Je le sentis alors s'éloigner de moi et j'ouvrais les yeux. Je voulais le garder contre moi. Mais avant même que j'eus le temps de dire quoique ce soit, j'entendis un bruit de papier, et sa voix s'éleva dans la chambre de Théo. Et je compris très vite de quoi il s'agissait. Je retenais ma respiration, me retournant doucement vers lui, en tremblant. Et je vis très rapidement que lui aussi tremblait. Dans ses mains, des bouts de papiers arrachés qui venaient du calepin que je lui avais emprunté plus tôt. Le même calepin qui nous avait permis de communiquer lorsque Mary et ses lubies s'étaient interposées entre nous. Jacob, c'était son nom. Le nom d'un de mes cousins. Un nom comme un autre. Et Christoph se trouvait là. Christoph l'avait tué. Je fermais les yeux, posais la main sur mon cœur comme si cela pouvait le soigner et me pliais quelque peu en avant, j'avais envie de vomir. Mais je n'avais rien à vomir. J'étais morte. Les morts ne vomissaient pas. Je m'attendais à ce que l'homme que j'aimais ai fais une chose abominable. Mais non, il l'avait tué. Il l'avait sauvé de bien pire. Il lui avait permis de mourir en étant un homme, et pas une chose. Un homme qui s'était différencié des autres car il avait tenté de s'enfuir. Il n'était pas resté là, passif, à attendre que les choses se passent. Christoph l'avait sauvé de bien pire. Je levais les yeux vers lui. Si eux, les nazis, pensaient à l'époque gagner en tirant des balles dans la tête des gens de mon peuple, ils se trompaient. C'était mieux, c'était mieux de mourir fusillé après avoir essayé de vivre, que de mourir en pensant prendre une douche, après avoir supporté les coups, l'humiliation. Un léger bruit attira mon attention et je relevais les yeux vers Christoph. Il pleurait. La dernière fois que je l'avais vu pleurer, c'était lorsqu'il avait trouvé mon corps. Christoph considérait les juifs comme inférieurs à lui, mais il pleurait pour eux. Oui, à chaque fois, il pleurait pour eux. Et il continua, il ne s'arrêta pas. M'accablant de ces horreurs. Je me mis à pleurer, moi aussi. A pleurer ces morts pour qui je ne pouvais plus rien, mais qui avaient été plus ou moins tués par l'homme que j'aimais. Mon amour, l'homme que j'aimais. Il s'effondra au sol et je me rendis compte d'une chose. Il était gentil avec eux, il leur donnait du réconfort, de l'espoir. Il était naïf, si naïf. Son corps fut secoué par des sanglots, et je restais là, immobile à ne savoir que faire. Johanna. Une enfant... Douze ans... C'était immonde, c'était horrible. Je m'avançais alors vers lui et je le pris dans mes bras, tentant veinement de le consoler. Je caressais son visage, ses cheveux avec douceur et lui dis : « Il y a seize ans, je pensais que tu pouvais faire quelque chose pour eux... Je ne le pense plus. Je suis désolée Chris... Désolée...» J'attrapais son visage entre mes mains et le regardais avec douceur. Puis je déposais mes lèvres sur les siennes et lorsque je me reculais, je soufflais : « Je t'aime...» .
C'était la première fois que je lui disais réellement. Et à cet instant, je ne pouvais plus le détester. Je l'aimais par dessus tout. C'était un blessé de guerre. Il avait fait une erreur, suivre son père, ses idéologies. Il avait voulu, comme la plupart d'entre nous, rendre fier son père, et avait suivit ses idéologies. Mais il ne s'était pas rendu compte de la merde dans laquelle il était en train de se foutre, et s'était retrouvé entre l'envie de se rebeller et de mourir et de ne rien changer à ce qui allait se passer. J'étais désolée. Désolée de ne pas avoir compris les choses tout de suite. Désolée qu'il ai du vivre ça. Et désolée pour toutes ces personnes qui étaient mortes sans raison aucune. J'étais désolée, et accablée.
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mer 22 Juil - 19:59


 
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C'était horrible. Il les revoyait tous. Il les revoyait sans cesse. Mais cette fois était pire. Il les revoyait avec beaucoup trop de netteté, comme dans ces cauchemars, comme le jour où ils l'avaient crucifié. Il sentait à nouveau les coups pleuvoir sur lui tandis que les hurlements de la petite fille résonnaient à ses oreilles. Il les sentait le tirer et le forcer à se remettre sur pied pour lui faire face. Il revoyait les grands yeux de Johanna se poser sur lui. Il revoyait la question muette qu'ils lui posaient. Il n'allait pas le faire n'est ce pas? Il ne comptait pas vraiment faire ça. Il avait masqué ses larmes. Il s'était retenu de pleurer. Il n'avait pas fermé les yeux cette fois là. Il l'avait fixé jusqu'à la fin. Il avait vu l'incertitude la quitter tandis que la terrible vérité la frappait. Elle allait mourir. Il l'avait tué comme tous les autres d'une balle dans la tête. Il avait ensuite passé une semaine enfermé en punition de sa faiblesse. On ne fraternisait pas avec les juifs. On ne leur parlait pas. Ils n'étaient que de la vermine. Ils s'étaient fait plus discret dans ses échanges avec eux. Il ne voulait pas mourir. Il ne voulait plus avoir à les tuer, à le regarder dans les yeux en appuyant sur la gâchette. Ca ne l'avait pas complètement protégé. Il avait du continuer à le faire, moins souvent, pas en punition, mais il lui arrivait quand même de le faire. C'était plus facile quand il se contentait de les emmener aux douches. Il n'appuyait pas sur le bouton. C'était un privilège de le faire. Il n'avait cherché à avoir cet honneur. On le traitait de lâche et de faible. Ca lui convenait. Ca lui épargnait les cris d'agonie des chambres à gaz.

Il se laissa aller dans ses bras tandis qu'elle venait le prendre dans ses bras.

« Il y a seize ans, je pensais que tu pouvais faire quelque chose pour eux... Je ne le pense plus. Je suis désolée Chris... Désolée...»

Enfin... cela faisait plus de seize ans qu'il attendait ces mots, qu'il espérait qu'elle comprenne. Il n'avait pas eu le choix. On ne le lui avait pas laissé. C'était bien beau ces discours moralisateurs mais la vérité était tout autre.

« Je t'aime...»

Il ravala ses larmes. Leurs visages disparaissaient petit à petit. Il quitta ses bras et se releva. Il avait attendu tout ça pendant plus de seize ans mais maintenant qu'il les entendait, il avait l'impression de les entendre trop tard. Elle avait dit trop d'horreur avant. Elle l'avait frappé à plusieurs reprises mais ce n'était pas ce qu'il lui avait fait le plus de mal. Elle l'avait traité de con. Elle l'avait rabaissé. Elle l'avait traité de monstre. Elle avait refusé d'entendre ses explications. Pire... elle avait souhaité le voir mort. Elle avait ensuite passée seize années à le repousser, à le blesser volontairement en espérant le faire partir. Et maintenant...

Il se recula, essayant de s'éloigner d'elle. Il avait attendu ce moment tellement longtemps et maintenant qu'il était là... il ne savait plus comment agir.

- Pourquoi maintenant Prism? Pourquoi au bout de seize ans tu décides enfin de me comprendre? Pourquoi tu ne l'as pas fait la première fois que je t'ai supplié de m'écouter? Tu as préféré croire tout ces connards qui me jugent sans savoir. Tu veux que je sorte de mon isolement et que je me mêle aux autres? Mais c'est vous tous qui me mettez à l'écart. M'entendre jouer ça convient mais le reste... Tout le monde me crache dessus à cause de l'éducation que j'ai reçu. Et peu importe ce qu'il s'est passé pendant la guerre vous continuez de me juger parce que je n'étais pas dans le bon camp. J'étais dans celui des perdants et ça a suffit à me faire condamner à vos yeux à tous. Je préfère rester dans mon coin plutôt que d'être rabaissé par tout ces gens biens. Et ce n'est pas en mettant des shorts que ça changera quelque chose.

Et elle en avait fait partie, de tout ces gens qui l'avaient insulté. Elle ne l'aimait pas. Il en avait été certain ce jour là quand elle l'avait repoussé. Lui, il n'avait cessé de l'aimer, quoi qu'elle ait été, quoi qu'elle ait pu faire ou dire, cela n'avait rien changé. Mais il avait suffit qu'on lui dise qu'il avait été nazi pour qu'elle se fasse une opinion sur lui et se mette à le haïr. Ce n'était pas de l'amour ça.

- Je t'avais dit que je n'avais pas le choix. Et toi... que m'as tu répondu déjà... ah oui... que si j'avais été mort peut être que ça aurait pu sauver tes grand parents. Je te l'avais dit. Je te le redis. Cela n'aurait rien changé. Mais... peut être qu'il faut que je te donne les détails glauques pour que tu comprennes. C'est ça que j'aurais du faire? Alors attends je vais continuer.

Il agissait comme un fou mais cela n'avait pas d'importance. Il avait perdu toute raison depuis longtemps. Quand il avait tué. Quand on l'avait crucifié et torturé. Quand il avait brisé son coeur en mille morceau. Le peu de bien être et de bonheur qui aurait pu le maintenir à flot avait été détruit depuis longtemps.

Il ramassa ses papiers et s'arrêta sur un autre nom.

- Eliana... elle avait plus de soixante dix ans il me semble. Une gentille petite mamie sans histoire. Elle se languissait de ne plus pouvoir tricoter. C'était son seul plaisir dans la vie. J'avais réussi à lui trouver un peu de laine et des aiguilles à tricoter. Elle me regardait toujours avec un sourire triste au visage. Comme si c'était moi qui vivait un enfer et non elle. Je l'ai conduit dans la chambre. Elle m'a caressé la joue au passage avec un léger sourire. Elle savait très bien où elle allait. Elle n'a rien dit. Elle s'est contenté de continuer de me sourire. Et je revois encore son sourire derrière la vitre. J'ai gardé ses aiguilles et l'écharpe qu'elle n'a jamais eu le temps de finir dans ma petite collection de taré.

Il releva les yeux de son papier et les plongea dans les siens.

- C'est assez pour toi? Tu penses toujours que j'aurais pu changer quelque chose à tout ça? Tu penses que j'aurais pu sauver Eliana? Admettons que je l'aide à s'échapper. Admettons qu'on réussisse à tromper la vigilance des autres gardes, que je parvienne à voler de la nourriture pour l'aider à survivre quelques jours. Admettons encore que ni elle ni moi ne nous fassions descendre par les gardes au sommet des tours qui surveillent jour et nuit. Admettons encore qu'il parvienne à franchir les grilles et qu'ils ne m'aient pas surpris entrain de l'aider, que je ne me sois pas retrouvé capture, emprisonné, torturé et tué... Admettons tout ça... je ne sais même pas si elle aurait survécu seule sans argent, vêtements et vivres. Et il y aurait eu tellement de choses qui auraient pu ne pas marcher. J'aurais pu être obligé de la tuer, me faire tuer, la voir se faire torturer. Je ne l'aurais pas supporté. Le mieux que j'ai pu faire c'était de lui donner des aiguilles. Traite moi de lâche mais... de me comporter ainsi, cela m'évitait d'avoir à appuyé sur le bouton ou sur la gâchette. Et quand je le faisais... c'était pour éviter que quelqu'un d'autre ne le fasse et beaucoup moins rapidement que moi.

Parce que des sadiques il y en avait eu beaucoup. Il y en avait qui méritait amplement d'être haï par les juifs, qui auraient mérités de se retrouver sur cette croix. Il méritait lui aussi de souffrir et il le savait. Mais il n'était pas un monstre.

 
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Sam 1 Aoû - 13:10

Darkness in our hearts
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J'étais paralysée. Je ne savais plus quoi dire, je ne savais plus ce que je devais faire. Quel était mon rôle, où était ma place. Ni même qui j'étais. Adolescente rebelle et déterminée, j'avais tenu tête à mes parents, qu'importe les menaces. Ce que je voulais, je finissais par l'obtenir. Car j'avais la rage, l'envie, la soif de vivre. Et depuis que je m'étais accidentellement échoué dans cet hôtel, plus rien ne tournait rond. Mes engagements ne tenaient plus, car malgré mes efforts, je finissais avec le cœur arraché ou pire, à la recherche des restes de mes meilleurs amis. Mes convictions elles non plus n'avaient plus de valeur. Dans cet hôtel, nous ne pouvions plus croire en rien. En rien, sauf en les capacité de Mary Fitzgerald à rendre nos existences plus misérables encore. Je levais les yeux vers Christoph. Je m'étais enfin décidée à lui pardonner, à essayer d'oublier qui il avait été et le mal qu'il avait fait. L'horreur m'avait frappé de plein fouet, m'avait montré à quel point il s'était trouvé emprisonné entre la mort et la mort. La mort des autres, et sa mort. Leurs morts à tous en fin de compte. Il n'avait pas eut de choix, et tout était si horrible. Il avait été torturé, assassiné comme un vulgaire monstre, alors que malgré ses défauts, malgré son obédience et sa tendance mythomane, il n'était coupable que de la cruauté des autres. Il avait du, à contre cœur, presser sur la détente et ôter la vie à de pauvres innocents. Il savait qu'il ne pouvait rien faire, que même s'il se rebellait, il mourrait, et les pauvres victimes avec lui. Il finirait entassé, parmi les corps squelettiques et décharnés. Je fermais les yeux et laissais les larmes rouler sur mes joues. J'aurai aimé avoir le pouvoir de revenir en arrière et de le détacher de cette croix. Mais malheureusement, dans cet hôtel, la magie copulait avec le mal, et seulement avec le mal. Il n'y avait rien, dans cette magie noire, qui pouvait servir le bien et l'intérêt des clients de cet hôtel. Nous étions condamnés à vivre malheureux. C'était écrit.
Et contre toute attente, cet homme que j'aimais, pour qui j'étais désormais capable de renier mes origines, s'énerva, et c'est désemparée que je levais les yeux vers lui. Il avait l'air d'un fou, un avait l'air fou. Il semblait, quelque part, revivre l'instant de panique qui l'avait prit dans ces années là, cet instant de panique que je perçus dans sa voix lorsqu'il me parla de cette autre victime. Cette grand-mère qui n'avait rien demandé. Je me relevais brusquement et le regardais. Les larmes coulaient abondamment sur mes joues et le long de mon corps. Je voulais qu'il cesse. Mais il continuait et je commençais à le pousser, à le pousser pour qu'il se taise, pour qu'il cesse de raconter ces horreurs comme un vulgaire souvenir. C'était grave, c'était horrible. Je ne voulais pas qu'il continue à les raconter. J'en avais assez entendu. C'était déjà trop pour moi. J'attrapais ses bouts de papiers, les jetais sur le lit et l'obligeais à me faire face, à me regarder dans les yeux. Je finis alors par hurler : « Parce que j'ai mûri ! Parce que quand tu m'as rencontré, je n'étais qu'une gamine de dix-neuf ans, complètement paumée, défoncée à chaque seconde de son existence car elle ne supportait pas l'idée d'être enfermée ici ! Ca fait dix-sept ans maintenant Christoph ! J'ai vu l'horreur, à cause de cette putain de femme. Elle m'a arraché le cœur Christoph ! Elle m'a arraché le cœur parce que j'ai fais une fête clandestine !Personne n'a cédé à sa demande, elle a du me l'arracher seule. Mais s'il s'agissait de ton cœur que je devais arracher pour sauver tous les vivants de cet hôtel, je le ferai. Car de toute manière, ton cœur finira par être arraché ! Je comprends maintenant, je comprends ce que c'était ! » Je repris ma respiration et regardais mes pieds. Je restais longtemps silencieuse, et puis soudainement je repris, la voix tremblante : «  Je t'aime. C'est une évidence, et ça depuis l'instant où mes yeux se sont posés pour toi. Je t'ai idéalisé, je me suis imaginé que tu étais le prince charmant venu d'une autre époque pour me sauver de la noirceur de cet hôtel. Je me suis livré à toi sans retenue. Et j'ai découvert, avant même que mon conte de fée commence, que tu étais en réalité le méchant de l'histoire. Celui qui voulait me tuer. Je n'ai pas su accepter la chose, je n'ai pas su encaisser tant de choses à la suite. Et je t'en ai voulu toutes ces années d'avoir été mon prince, mais aussi mon bourreau. Aujourd'hui, je ne sais plus en quoi je dois croire, et j'ai peur, j'ai peur que tu partes, que tu disparaisses, et qu'il ne reste rien de toi. Que je sois seule, avec mes idées utopiques et ma rage de vivre. Et je ne veux pas accumuler les regrets. Je veux être heureuse, et si je peux l'être avec un homme qui autrefois levait le bras en signe d'approbation, soit. » Je relevais les yeux, attrapais les affaires de Théo et de Primrose, et quittais la chambre, puis l'appartement. Sans expression sur le visage, tentant de contenir en moi cette tristesse. Je devais être forte, mais je n'y parvenais pas. Christoph avait le choix entre me suivre, ou me quitter. Je ne l'obligeais à rien. Mais j'avais besoin de sortir de cette chambre, de cet endroit qui ne signifiait pour moi désormais que l'absence, la mort. Le passé. Et j'avais besoin d'autre chose.
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mer 5 Aoû - 16:50


 
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Il ne comprenait pas pourquoi elle avait mis tant de temps à comprendre. Il avait attendu tellement longtemps ce moment. Il avait espéré pendant des années puis il avait cessé d'y croire. Cela n'arriverait jamais. Elle ne faisait que le rejeter, le repousser toujours davantage. Il doutait même un jour qu'elle l'ait réellement aimé. Elle ne l'aurait pas repoussé si cela avait été le cas. Alors il avait agi comme elle l'avait fait. Il lui avait balancé toutes les horreurs qu'il avait en stock. Il fallait qu'elle comprenne enfin.

Et il lui fit du mal. Il vit les larmes roulaient sur les joues de la jeune femme. Puis elle se mit à le pousser, probablement pour le faire taire, pour qu'il arrêter de raconter ses souvenirs. On ne vous racontait pas tout ça dans les livres d'histoire. Les chiffres n'arrivent pas à rendre compte de l'horreur des camps. Il fallait l'avoir vécu pour en parler. Il fallait avoir été là bas pour comprendre. Elle avait mal mais ce qu'il lui racontait ce n'était rien comparé à là bas. Il ne dit rien mais fronça les sourcils en la voyant jeter ses morceaux de papier.

« Parce que j'ai mûri ! Parce que quand tu m'as rencontré, je n'étais qu'une gamine de dix-neuf ans, complètement paumée, défoncée à chaque seconde de son existence car elle ne supportait pas l'idée d'être enfermée ici ! Ca fait dix-sept ans maintenant Christoph ! J'ai vu l'horreur, à cause de cette putain de femme. Elle m'a arraché le cœur Christoph ! Elle m'a arraché le cœur parce que j'ai fais une fête clandestine !Personne n'a cédé à sa demande, elle a du me l'arracher seule. Mais s'il s'agissait de ton cœur que je devais arracher pour sauver tous les vivants de cet hôtel, je le ferai. Car de toute manière, ton cœur finira par être arraché ! Je comprends maintenant, je comprends ce que c'était ! »

Elle n'avait pas été épargnée sa petite Prism. Il l'avait observé de loin. Il l'avait vu lutter contre cette femme. Et il l'avait vu s'y briser les ailes. Il avait assisté impuissant à la souffrance de celle qu'il aimait, incapable de faire quoi que ce soit pour la réconforter. Elle ne voudrait pas de lui. Elle ne voulait pas de lui près d'elle. Et pourtant il aurait voulu pouvoir la prendre dans ses bras à chaque fois qu'elle perdait. Il aurait voulu effacer les traces de larmes de ses joues avec ses baisers. Elle comprenait ce qu'était la souffrance. Elle l'avait vécu et même si ce n'était pas la même chose que les camps, elle savait ce que c'était que d'être enfermé impuissant, réduit à subir les désirs de plus fort que soit.

« Je t'aime. C'est une évidence, et ça depuis l'instant où mes yeux se sont posés pour toi. Je t'ai idéalisé, je me suis imaginé que tu étais le prince charmant venu d'une autre époque pour me sauver de la noirceur de cet hôtel. Je me suis livré à toi sans retenue. Et j'ai découvert, avant même que mon conte de fée commence, que tu étais en réalité le méchant de l'histoire. Celui qui voulait me tuer. Je n'ai pas su accepter la chose, je n'ai pas su encaisser tant de choses à la suite. Et je t'en ai voulu toutes ces années d'avoir été mon prince, mais aussi mon bourreau. Aujourd'hui, je ne sais plus en quoi je dois croire, et j'ai peur, j'ai peur que tu partes, que tu disparaisses, et qu'il ne reste rien de toi. Que je sois seule, avec mes idées utopiques et ma rage de vivre. Et je ne veux pas accumuler les regrets. Je veux être heureuse, et si je peux l'être avec un homme qui autrefois levait le bras en signe d'approbation, soit. »

Elle avait été trop jeune. A dix neuf elle avait cru au prince charmant. Mais il ne l'était pas. Il n'était pas non plus le méchant de l'histoire. Il était simplement un gars qui s'était retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, emporté par une guerre à laquelle il n'adhérait, victime malheureuse de la folie d'un homme.

Il ne savait plus quoi faire. Il ne pouvait pas être son prince. Il ne le pouvait pas à l'époque et il ne le pourrait jamais. Il avait tué trop des siens. Il les détestait trop fort pour qu'elle le lui pardonne. Il avait levé le bras en effet mais cela lui semblait si lointain. Il l'avait fait par automatisme, comme on suivait ses copains parce qu'ils sautaient par dessus un ruisseau. C'était ainsi. Tout le monde faisait ce salut, alors lui aussi.

Il la regarda partir, hésitant encore un instant. Il ne pouvait pas être celui qu'elle rêvait qu'il soit. Il ne pouvait pas être le prince charmant des contes de fée qui viendrait la délivrer. Mais il pouvait peut être, être avec elle. Il pouvait peut être enfin la reprendre dans ses bras pour apaiser ses larmes.

Alors il cessa d'hésiter. Il récupéra ses papiers, sortit de la chambre et alla la rejoindre dans le couloir. Il la prit par le bras et la retourna pour qu'elle lui fasse face. Il se jeta sur elle, la serrant fortement dans ses bras. Il avait tellement besoin d'elle. Il se laissa aller et enfouit son visage dans ses cheveux, se remplissant de son odeur. Si cela ne pouvait pas durer, il garderait au moins à l'esprit ce bref instant où il l'avait serré contre lui.

Il profita encore un moment avant de se reculer légèrement. Il caressa doucement sa joue avant de laisser retomber son bras. Il resta près d'elle, lui laissant cependant le choix de reprendre ou non leur étreinte.

- Ce n'est pas parce que j'ai des manières... d'un autre temps que je suis un prince charmant.

Il lui sourit tendrement pour adoucir un peu sa remarque.

- Je n'ai rien d'un prince charmant et je ne le serais jamais, pas plus que nous sortirons de cet endroit. Nous sommes condamner à errer ici jusqu'à ce qu'elle décide de nous envoyer ailleurs. Un jour viendra où nous disparaitrons pour de bon. Peut être en même temps ou l'un après l'autre. Peut être décidera-t-elle de nous faire souffrir en nous séparant. Je l'ignore.

Cela pourrait très bien avoir lieu aujourd'hui, demain ou dans une centaine d'années. Mais il savait qu'ils étaient condamnés à avoir une fin malheureuse. Les histoires d'amour ne finissaient jamais bien et encore plus dans cet endroit. Elle ne supporterait pas de les voir heureux.

- Des regrets j'en ai énormément. J'en ai toute une liste écrite, tu l'as vu. J'ai eu le temps d'y repenser tandis que j'étais cloué sur ma croix... J'ai eu les dix sept dernières années pour continuer de regretter de ne pas avoir été quelqu'un de différent, quelqu'un que tu aurais pu continuer à aimer. Mais si tu acceptes de me laisser une autre chance...

Il ne pouvait pas en espérer tant. Avoir une nouvelle chance d'être heureux, pouvoir reprendre là où ils s'étaient arrêté avant de tomber sur ce connard, faire avec elle tout ce dont il avait toujours rêvé et être avec elle tout simplement...

 
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Mer 12 Aoû - 15:36

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Cette histoire semblait devenir de plus en plus compliqué à mesure que les années passaient. Je n'étais désormais plus capable de vivre sans Christoph, Sans savoir qu'il était là, quelque part dans cet immense hôtel dont les murs semblaient se rapprocher petit à petit. Je commençais à m'étouffer, je commençais à me perdre, et il était la seule personne qui me rappelait qui j'étais. Et pourtant, il me faisait aussi oublier tous mes principes, toutes mes convictions, car je l'aimais, et je ne pouvais changer cela. Il vint me rejoindre dans le couloir et me prit dans ses bras. Surprise, je lâchais le sac de Primrose et le laissais me prendre dans ses bras. Je fermais les yeux et me laissais aller. Je sentis des larmes rouler sur mes joues et l'écoutais me parler. Je le regardais alors. Je semblais au bord du gouffre. J'avais besoin de lui, c'était une évidence. Et c'était si dur de lui résister encore. « Tu es l'homme que j'aime Christoph, et lorsque je t'ai rencontré, j'ai cru que tu me sortirais de tout ça... Et aujourd'hui, je pense que nous pouvons... Que nous pouvons nous sortir de tout ça... Mary manque d'une chose : l'amour. Et nous, nous possédons cette chose. » On pouvait lui résister, on pouvait lui montrer que même morts, nous étions capables d'aimer, d'être heureux, d'avoir une vie. Je baissais les yeux. Il y avait des choses qu'on ne pouvait plus faire. Je n'aurai jamais d'enfant, je n'aurai jamais de famille. Je baissais les yeux. Il y a dix-sept ans, lorsque j'étais arrivé dans cet hôtel, je n'avais pas l'ambition d'un jour être mère. Je ne pensais qu'à ma jeunesse, qu'à m'amuser. Mais avec les années, les choses ont changées, et bien que mon corps soit toujours celui d'une jeune femme de dix-neuf ans, au fond de moi, c'est une femme qui vit. Qui mûrit, et qui ressent au plus profond de soi l'envie d'être mère. Mais c'est impossible, et cette réalité sera à jamais le plus grand regret de ma vie. Mais j'avais Christoph, et je ne devais pas le laisser passer, je ne devais pas laisser l'occasion à Mary Fitzgerald de me prendre la seule personne qui pourrait me rendre heureuse. Je relevais alors la tête vers lui. Une seconde chance. J'avais cédé, je lui avais dit que j'étais capable d'accepter que l'amour de ma vie soit lui. Mais je continuais d'hésiter. Etait-ce une bonne idée de me jeter ainsi dans un amour inconditionnel? Je le regardais quelques instants. Et je repensais à notre rencontre. A son sourire, à notre premier baiser. Mon cœur sembla se ranimer, poussé par une force incontrôlable et venu du plus profond de mon être. Je l'aimais. Je l'aimais. Je l'aimais. Je laissais tout tomber et me jetais à son cou. Je l'embrassais avec passion, et à nouveau, les larmes vinrent se joindre à notre baiser. Je restais aggripée à lui et laissais glisser mon visage jusqu'au creux de son cou. Et je me mis à pleurer, à sangloter. Non pas parce que je l'avais retrouvé, mais parce que j'avais besoin de pleurer la mort de Primrose et de Théo. Je ne parvenais pas à m'arrêter, et je le sentis me serrer contre lui. Je finis par murmurer à son oreille : « Je n'en peux plus d'être loin de toi... ». Et je fermais les yeux, car il n'y avait pas plus doux instant que celui-ci. Celui de deux âmes déchirés qui se retrouvent après tant d'années.
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Sam 15 Aoû - 17:11


 
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Il ne pouvait pas espérer qu'elle reste avec lui, qu'elle accepte de lui laisser une chance. Elle comprenait ce qu'il avait fait mais de là à lui pardonner, d'aller comprendre qu'il ne pourrait jamais être celui qu'elle attendait qu'il soit. Il ne changerait pas d'avis. Il ne renierait pas celui qu'il était. Il l'aimait. Il arrivait à accepter qu'ils n'étaient pas tous horribles, qu'il y avait des exceptions, comme elle. Mais il ne changerait pas profondément pour autant. Ce qu'il avait fait... les morts qu'il avait causé... étaient toujours marqué à l'encre sur son torse. Il n'était pas certain qu'elle supporterait cette vision très longtemps. Elle l'avait détesté une fois, elle pouvait parfaitement recommencer.

« Tu es l'homme que j'aime Christoph, et lorsque je t'ai rencontré, j'ai cru que tu me sortirais de tout ça... Et aujourd'hui, je pense que nous pouvons... Que nous pouvons nous sortir de tout ça... Mary manque d'une chose : l'amour. Et nous, nous possédons cette chose. »

Elle avait tord. Ils ne sortiraient jamais de l'enfer dans lequel ils étaient enfermés. Ils ne pourraient jamais lutter contre Mary. Elle était trop forte pour eux. Ils ne pouvaient que tenter de vivre leur vie, ou ce qui leur tenait lieu de vie, en espérant qu'elle les laisse en paix. C'était beaucoup demandé, ou trop peu selon les points de vue. C'était ce qu'il souhaitait pourtant. Rien de plus que de profiter d'elle et la gardait à ses côtés tant que c'était possible.

Il la serra davantage contre lui, cherchant à l'empêcher de s'enfuir. Il ne voulait pas la perdre. Il l'aimait tellement. Il pouvait sentir ses larmes coulaient sur ses joues et venir tâcher sa chemise. Et il se maudissait de ne pouvoir être celui qu'elle méritait. Un homme bien, qui la comprendrait, qui la soutiendrait, qui l'aimerait sans condition, qui ferait d'elle la femme la plus importante au monde, qui ne la ferait pas pleurer sans cesse. Un homme qui ne serait pas un nazi...

Il laissa aller ses regrets l'espace d'un instant et se laissa faire tandis qu'elle venait se pendre à son cou pour l'embrasser avec passion. Il répondit à son baiser, profitant de la caresse de ses lèvres comme il ne l'avait jamais fait auparavant. Parce que la dernière fois qu'elle l'avait embrassé comme ça c'était il y avait dix sept ans. A l'époque il pensait que leur amour serait éternel, que rien ne pourrait jamais les séparer. Il ne pensait pas qu'elle était capable un jour de le fuir. Et il avait perdu tout ça... aujourd'hui il voulait simplement profiter de chaque seconde passée avec elle comme si c'était la dernière. Parce que c'était potentiellement ce qu'elles pouvaient être...

Il la serra plus fort encore contre lui tandis qu'elle se remettait à pleurer. Il ne pouvait faire que ça, la garder contre lui et caresser doucement son dos pour essayer de chasser la peine qui nouait son corps.

« Je n'en peux plus d'être loin de toi... »

Et il sentit son coeur se briser un peu plus. Il n'en pouvait plus non plus. Ces dix sept dernières avaient été plus horribles pour lui que toutes celles qui les avaient précédées.

- Je te comprends... je ressens la même chose...

Il ne lui dit pas qu'elle était en partie responsable de leur éloignement. Cela ne servirait qu'à les faire souffrir davantage. Elle était là... et pour le moment c'était tout ce qui comptait à ses yeux.

- Mais je dois partir...

Il s'empressa de compléter sa phrase afin de ne pas l'effrayer complètement.

- Je dois prendre mon service... au Fitz...

C'était la plus simple vérité. Il ne pouvait se dérober à son travail. Son absence ne manquerait pas d'être remarquée. Il ne voulait pas attirer davantage sur eux l'attention de Mary. Il préférait être discret, jouer son jeu, et pouvoir profiter de petits moments comme ça avec Prism.

Il prit doucement son visage dans sa main et caressa ses joues pour en chasser les larmes qui avaient coulé dessus.

- Mais je veux te revoir après. Là où tu veux... Attends moi s'il te plait... Je ne veux pas te laisser maintenant que je t'ai retrouvé.

Il se pencha alors et effleura doucement ses lèvres des siennes. Il ne voulait pas partir...
 
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MessageSujet: Re: Darkness in our hearts + Christoph   Dim 23 Aoû - 20:41

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Christoph Hirsch ✧ Prism Z. Welinski
Il avait fallu un deuil. Il avait fallu une perte. Deux pertes. Pour que je comprenne, pour que j'accepte que nous étions désormais perdus. Il n'y avait malheureusement plus d'espoir. Mary Fitzgerald avait gagné, elle avait tout prit, l'avait comme absorbé et l'avait fait disparaître. Il n'y avait plus rien à faire, il n'y avait qu'à attendre. Attendre que les choses se passent. Attendre que le cauchemar soit enfin terminé. En réalité, la vie au Fitzgerald's Hotel appartenait à un tout autre monde. Un monde sans limites. Sauf pour nous, pauvres mortels immortels. Ici, on apprenait de nos erreurs, on apprenait à être meilleurs, on apprenait à se surpasser. Les guerres, les conflits extérieurs n'avaient plus lieu d'être, puisqu'ici, nous avions notre propre guerre. Notre guerre contre la mort. Notre guerre contre l'injustice. Notre guerre pour notre vie, et notre liberté. Et je comprenais désormais l'erreur que j'avais faite en repoussant Christoph, l'erreur que j'avais faite en l'insultant, en le méprisant. Si j'étais née dans cet hôtel, et s'il en était de même de Christoph, j'aurais été fille de juive et lui fils de nazi. C'est notre appartenance qui nous a séparé, mais pas ce que nous sommes réellement. Si ma mère m'avait inculqué d'autres valeurs, j'aurai pu être bouddhiste, musulmane ou encore chrétienne. Mais non, j'étais née juive. Et de la même manière que Christoph aurait pu venir d'une secte, il n'avait pas eut d'autre choix que de suivre les valeurs qu'on lui inculquait. Malgré toutes les conséquences.
Il me serrait contre lui, et je fermais les yeux. Profitant de ce nouvel instant. D'un certain côté, Christoph m'avait toujours appartenu, car il m'avait toujours aimé. Il avait bien des défauts, mais il n'avait pas celui de faire souffrir les gens pour le plaisir. Il avait déjà touché à la souffrance, il n'avait pas aimé. Je fermais les yeux, laissant mes paupières recouvrir mes larmes. Et je sentis sa voix résonner dans son torse. J'eus un large sourire. Nous nous aimions, et enfin, après dix-sept ans, nous l'acceptions. Et puis la suite me glaça le sang. Jusqu'à ce qu'il s'explique. Résignée, je me séparais de lui et le regardais, un sourire sur les lèvres. Je comprenais. On devait survivre dans cet hôtel de fou. Et même nous, fantômes que nous étions, avions besoin de gaieté dans notre vie pour survivre, pour y arriver, pour survivre. Je soupire et ses mains viennent alors se poser sur mes joues. D'un geste doux, il sèche du pouce ma peau humide et me sourit. Et en un rien de temps, ses lèvres furent sur les miennes. Je fermais les yeux et profitais de cet instant de douceur. Il sembla durer des décennies. Mais il prit fin, et avec une moue triste je répondais : « J'espère qu'après dix-sept ans, tu t'es racheté un nouveau maillot de bain. Parce que l'ancien, c'est plus possible Papi.» Je lui tire la langue et l'embrasse une dernière fois avant de récupérer le gros sac et de monter sur la trottinette. Je laisse le faible vent s'engouffrer dans mes cheveux et sécher mes joues encore humides malgré tout. Et j'espère qu'il aura compris mon message. J'espère qu'il aura compris le lien de nos retrouvailles. Le lieu de notre rencontre, mais aussi celui de notre premier baiser.

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Prism Z. Welinski
○ Pauvres mortels éternels. Ennemis et pourtant amants, rien n'aurait été en pouvoir de nous rapprocher si nous ne nous étions pas connus dans cet hôtel. (+) Christoph
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