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 « Si je bois, c'est pour rendre les autres intéressants. » (Alistair)

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MessageSujet: « Si je bois, c'est pour rendre les autres intéressants. » (Alistair)   Sam 28 Fév - 11:37


Un autre soir, une autre bouteille...

A chaque fois j'avais la désagréable sensation d'avoir plus soif que la veille. C'était comme si les heures écoulées entre deux verres devenaient peu à peu des jours entiers alors qu'en réalité je pouvais désormais les compter en minute. Malgré mes premières années en tant que mort, j'avais eu tort sur ce qu'était la vie d'un défunt. Le temps me semblait long et être assis à ce bar avait un goût amer de déjà vu. Même la saveur âpre du whisky ne laissait pas ma gorge oublier ce parfum immonde. Si j'avais pu le vomir, j'en aurais presque été heureux, et pourtant, ce n'était pas dans mes habitudes de me réjouir à l'idée de me mettre plus bas que terre en recrachant tout ce que mon estomac avait pu contenir. Je laissais ça aux petits joueurs et leur faiblesse face à l'alcool.
Mon verre se retrouvait de nouveau vide et je n'avais eu qu'à le tapoter en adressant un regard au barman pour qu'il saisisse ce qui me manquait cruellement à cet instant précis. Mes yeux se perdirent alors sur la plastique exhibée de la blonde à l'autre bout du bar. Un fin sourire se dessinait déjà sur mon visage et termina son esquisse quand un bout de dentelle se laissa apercevoir de son décolleté dans un mouvement de nuque de la demoiselle. D'habitude je ne m'emballais pas si vite mais j'ai toujours eu un faible pour les blondes.

Whisky, pas trop tôt.

J'avais juste eu le temps de poser les yeux sur mon verre que la poupée s'en allait déjà en ramassant sa veste en simili cuir au passage. J'aurais pu la rattraper et m'offrir une belle nuit à plaisanter mais une autre addiction m'appelait déjà. Une cigarette entre les lèvres, la flamme de mon zippo à l'autre bout. Je crachais lentement ma fumée hors de mes poumons à peine ma cigarette hors du chemin et très vite le goût de cendres fut remplacé par le précieux liquide vieux de quelques décennies. Je ne savais plus vraiment dire s'il était plus vieux que moi ou non. Ca devenait plus rare de trouver quelque chose au moins aussi âgé que moi d'année en année. Quel dommage...
Ma cigarette trouva sa place dans le cendrier à proximité en attendant qu'une autre envie me prenne. J'éprouvais un certain amusement à la voir brûler seule. Lentement. Douloureusement. Un bref instant, je repensais à Emily et la torture qu'elle devait vivre en me sachant dans les bras d'une autre alors que j'étais simplement assis au bar comme presque tous les soirs. Ma pauvre Emily...

Et mon pauvre verre vide.

Ca se vidait de plus en plus vite contrairement au bar qui se remplissait doucement à cette heure tardive. Je regardais les gens passer comme s'ils n'étaient que des fantômes. Ironique quand la moitié en sont véritablement. J'espérais juste ne croiser personne de ma connaissance ce soir-là. Je ne voulais que du calme et enchaîné les verres jusqu'à oublier que j'étais marié dans la vie comme dans la mort.
Ma cigarette repris sa place entre mes doigts, m'occupant la main autant que mon esprit à mesure que mes poumons ramassaient la cendre. Une partie de moi espérait qu'une petite brune fluette et docile finirait perdue dans ce bar, m'offrant ainsi une proie facile que j'imaginais déjà sous toutes les coutures. Parfois j'en venais à comprendre l'addiction de certains pour les jeux d'argent. La séduction s'y apparentait tellement souvent. Tout dans le bluff et le mensonge, on manipule, on cherche la faiblesse de l'autre et quand on peut, on le met au tapis en un battement de cartes.

Et là on leur prend tout.

J'aurais aimer être un marionnettiste pour prendre à des pantins tout ce qu'ils ont de plus cher et les forcer à jouer selon mes règles. Je voulais des jouets, des proies, des marionnettes.
Un dernier souffle enfumé et j'en avais finit ce cette clope. Sa petite soeur l'avait très vite remplacé, en même temps qu'un nouveau verre qui me prouvait que la soirée avait déjà bien trop avancé. J'aurais sans doute du rentrer ou aller ailleurs si je voulais m'amuser ce soir mais l'ébriété ambiante et le retour de la poupée de tout à l'heure m'avait fait changer d'avis. J'essayais de savoir si les clients autour du bar étaient vivants ou non, cherchant le moindre petit indice, du cou un peu trop bleu jusqu'aux cicatrices aux poignets. Mais le type à ma gauche me laissait perplexe. C'était sans doute le whisky qui faisait enfin assez d'effet pour que je me laisse aller, ou bien je me sentais vraiment trop seul et d'ici une heure je serais partit avec la blonde de gré ou de force, mais je n'avais pas pu m'empêcher de poser la question pour être sûr.

"Alors... Mort ou vivant?"


Dernière édition par Hadès Fitzgerald le Mar 3 Mar - 23:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Si je bois, c'est pour rendre les autres intéressants. » (Alistair)   Lun 2 Mar - 1:00

Dehors il pleut. Tu observes les gouttes de pluie s’écraser péniblement sur la grande fenêtre de ta chambre. Tu as ouvert les rideaux, ce n’est pas souvent. C’est vrai que tu ne les aurais pas ouverts si tu n’avais pas entendu le doux bruit du déluge qui se profilait dehors. La pluie, c’est ce que tu aimes le plus dans la météo. Tu aimes l’entendre se fracasser sur le plexiglass, les voire se jeter à plusieurs pour s’assembler en flaque d’eau sur le sol et tu aimes aussi tendre la main par la fenêtre pour sentir leurs coups sur ta peau. Ainsi tu ouvres la fenêtre, fermant les yeux face à la fraicheur de l’extérieur qui te frappe le torse et le visage –car oui, tu ne portes jamais de haut lorsque tu es seul, tu n’en vois pas l’utilité en même temps- mais ça ne te fait pas de mal, au contraire ça te réveil de ta cuite de la veille. Une fois ton corps habitué à la température, tu passes ta main à travers le trou béant et frissonnes aux premières gouttelettes qui viennent battre ta peau. Finalement, tu t’y habitues et tu t’en lasses. Tu retires ta main, fermes la fenêtre et l’essuies. Tu pars te servir un verre de whisky et  t’installes sur le lit en regardant encore l’extérieur te demandant ce qu’il conviendrait de faire aujourd’hui pour t’occuper. Sûrement la même chose qu’hier, avant-hier, et encore avant. Serait-ce ainsi que tu passeras tes jours désormais ? Boire et coucher avec n’importe quelle fille passant par ici ? Tout à fait. Ce sera  ton quotidien, ta routine.

Tu balances le verre d’alcool sur le mur, laissant une marque sur le papier peint et des bouts de verres partout. Tu t’en fous tellement pourtant. Ca ne te dérange pas. Une adrénaline nouvelle coule dans tes veines, différentes de celle que te procure la drogue ou l’alcool, non celle-ci est naturelle et simplement alimenter par ta colère. La rage de l’enfermement, de la solitude, de l’ennui, de l’emprisonnement. Tu n’as pas le choix, tu n’es plus lire de rien et cela te dérange au plus haut point. Tu regrettes tellement d’avoir déserté le foyer familial, tu aurais dû rester auprès de ceux que tu aimais, tu vieillirais avec eux et tu serais tellement bien avec eux. Tu imagines dans ta tête le cliché de la famille moderne parfaite mais ce ne sont que des illusions. Tu sais au fond de toi que le tableau ne sera pas une pub de propagande pour les familles.

Tu as besoin de te changer les idées. Tu pars dans la salle de bain, ne t’occupant pas des bouts de verres qui te rentrent dans la plante des pieds. Tu arrives dans la douche et les retire un par un, grimaçant lorsqu’ils étaient malheureusement trop enfoncés dans ta chair. Le sang coule dans la baignoire mais ça ne te préoccupe pas, ou au contraire il te captive. Il te rappel celui de ton mentor, George, qui avait pensé pouvoir arnaquer la mauvaise personne. Mais pourquoi ne t’en avait-il pas parler ? Tu l’aurais contredit, tu lui aurais expliqué le risque bien trop important par rapport au bénéfice, qu’il n’y avait aucune véritable raison de faire ça mais ça ne s’était pas passé. Il avait encore joué sous l’effet de la surprise et tu l’avais cru encore maître de ses actes. Pour toi, il savait tout faire et ne pouvait pas accomplir ne serait-ce qu’une simple erreur. Et pourtant, il en a commis une qui lui a couté sa vie.

Tu laisses l’eau couler sur toi pendant un long moment, ne prenant pas conscience de la température. Elle n’est pas brulante mais tout au contraire glacée et c’est peut être ce dont tu as besoin : une douche d’eau gelée. Elle te permet de te laver les idées, d’oublier ce qui a été, ce qui est et ce qui sera ta vie désormais. De prisonnier. Tu ne mérites que ça après tout, tu n’as jamais été un saint et tu l’es encore moins à présent.  Tu bois, tu te drogues, tu couches à tort et à travers avec n’importe quelle damoiselle passant par là. Heureusement, tu en prends des suffisamment saoulent pour qu’elles ne se rappellent plus très bien de ton visage, n’oublions pas qu’elles sont elles aussi enfermées dans cet hôtel de malheur pour l’éternité et que tu risques bien de les croiser tous les jours ! Si elles venaient à te reconnaître elles te jetteraient des pierres pour tes fuites à l’anglaise le matin alors qu’elles sont encore plongées dans un sommeil profond.

Lorsque tu commences à avoir bien trop froid, tu sors, une serviette à ta taille. Tu retraverses la chambre en prenant garde à ne pas te couper les pieds cette fois. Tu regardes l’heure sur le réveil et constate qu’il est déjà bien tard. Cependant, même si tu aimerais enfiler un costume cravate, tu ne le fais pas. Pourquoi ? Parce que tu n’as pas envie d’aller draguer quelques dames ce soir, tu veux juste aller boire un verre. Ainsi tu enfiles un jean, un sweat à capuche et sors de ta chambre en claquant la porte comme d’habitude. Tu passes devant la femme de ménage et lui commandes d’aller nettoyer le bazar que tu as causé il y a quelques minutes. Elle accepte et elle déclare le faire pour ce soir, avant que tu ne reviennes de tes sauteries nocturnes. Tu la remercies et continues ta route vers le bar. En arrivant, le barman te salut en bon habitué que tu es et te sers ta boisson sans même que tu aies besoin de parler. En un sens, c’est agréable de se sentir connu ainsi mais dans un autre, tu n’en tires aucun mérite.  Tu commences à boire ton verre lorsque ton regard parcours la salle. Alors tu découvres que la fille avec qui tu as passé une nuit est là, se trémoussant devant son verre à une table. Une blonde, bien bâti et chaleureusement agréable au lit, il faut bien le dire, mais c’est une de ces filles qui n’étaient peut être assez pas saoules le fameux soir et qui risque fortement de se remémorer de ton visage. Elle, tu l’avais très souvent évité et tu vas faire de même ce soir. Néanmoins, quelqu’un t’as arrêté dans ton départ en te demandant si tu es vivant ou mort. « Mort, si je ne m’enfuis pas rapidement d’ici » Tu montres du regard la blondinette pour faire comprendre à l’homme ce que tu veux dire par là, mais tu n’aurais pas dû. Ni une ni deux, ton regard croise celui de la blonde qui te reconnaît à ton plus grand malheur. « Alistair ? » Tu fais mine de ne pas la reconnaître, faire comme si de rien n’était mais elle sait que tu mens. Elle soupire et avec un sourire d’agacement, elle te gifle, si fort que tu sens le sang couler à l’intérieur de ta bouche. Et la dame s’en va sans demander son reste. Tu poses ta main sur ta joue endolorie et te tournes vers l’homme à côté de toi. « Ca ne s’est pas passé si mal … si ? » Tu commandes quelques glaçons pour anesthésier quelques peu la douleur et les poses dessus. « Alistair Robinson » Tu tends ta main à l’homme assis à côté de toi. Il semblerait que tu sois d’humeur sociable ce soir.
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MessageSujet: Re: « Si je bois, c'est pour rendre les autres intéressants. » (Alistair)   Lun 9 Mar - 0:35


Le petit gars était un Don Juan, intéressant...

J'avais regardé la scène se dérouler comme si j'étais dans le siège confortable d'un théâtre. Ce charmant petit Vaudeville avait su esquisser un rictus sur mon visage, un brin de sadisme dans le regard en voyant le vivant client du bar se voir rougir la joue par la blondinette au décolleté indécent. J'adorais de plus en plus le tempérament de cette impétueuse lady.
Si la claque résonnant encore entre les murs de l'établissement ne m'arracha pas le moindre petit rire, la question du jeune homme ne manque pas de me faire souffler mon amusement avec la fumée de ma cigarette. C'est vrai, j'avais déjà vu des histoires de femmes se terminer avec bien moins de délicatesse que celle-ci. Cependant, on ne pouvait pas réellement dire que ce Alistair s'était divinement bien débrouillé. Je ne savais pas où était son erreur mais j'espérais pour la blondinette qu'il avait réussit à aller jusqu'au bout avec elle et ne l'avait pas laissé, navré, dans des draps à peine froissés. Moi au moins j'avais la décence de leur faire oublier tout le reste après une nuit, mais tout le monde n'avait pas mon charisme et mon talent pour la séduction.

"Hadès. Et sans me vanter, à côté de toi j'ai l'air d'un dieu du flirt plutôt que des Enfers."

J'aurais même pu me vanter de ne jamais avoir reçu de coups de la part d'une ex-conquête mais j'avais décidé d'épargner son ego déjà endolori au moins autant que sa joue. Je profitais de mes quelques mots de présentations pour le regarder de haut en bas une seconde. Je ne me voulais pas dédaigneux, mais son allure gentiment débraillée ne m'avait pas permis de mentir dans mon attitude. Il fallait dire ce qui était, il avait l'air d'un gamin un peu là par hasard. Enfin je disais gamin parce que je doutais fortement être plus jeune que lui et que d'après l'âge que son allure générale lui donnait, il devait avoir tout juste passé la vingtaine.
Je me revoyais clairement à cet âge, Emily était encore loin, mon avenir m'indifférait, je n'avais rien à perdre nulle part. Dix ans plus tard j'étais un homme marié et un père bien malgré moi. J'avais presque envie de lui dire de profiter mais qui étais-je pour lui dire de telles choses?

Sans compter que je préférais le voir plein de regrets un jour prochain, assis à ce même bar.

Je repris une nouvelle bouffée de ma cigarette, l'expirant comme si c'était la toute dernière qu'il m'était donné de respirer avant de couler très profondément au fond de mon whisky. J'avais terriblement envie de me noyer dans les bras d'une minette en manque d'amour mais mes plans pour la soirée avaient brusquement changé en voyant cette dispute théâtrale. Mes pensées s'amusaient déjà à chercher une explication à la montée de violence de la blondinette. Je pariais avec moi-même sur la raison exacte.

Depuis quand ce petit passe-temps avait-il cessé de m'amuser?

Je m'étais habitué à avoir un goût de cendres en bouche quoique j'essayais d'avaler mais malgré ça, je ne parvenais toujours pas à accepter que les autres et leurs petites vies minables ne m'amusaient plus autant qu'avant. Mes petits rats de compagnie me paraissaient alors n'être tous que des fantômes comme moi. Et si je m'estimais pourtant heureux de valoir mieux qu'eux, je déplorais leur manque d'intérêt et l'ennui qu'ils provoquaient chez moi après une malheureuse minute d'amusement. Après un siècle à les observer, j'avais constaté qu'ils n'évoluaient pas. Même après tout ce temps entre les murs de cet hôtel, je voyais chaque jour un malheureux entrer et signer sa perte sur le registre. Le gamin à côté de moi était peut-être encore vivant, même si la blonde voulait sa perte, mais au fond, en entrant ici, il était déjà mort.
Alors, après m'être questionné sur les raisons de sa relation avec la demoiselle, c'était son avenir proche qui attisait ma curiosité. J'avais déjà envie de savoir dans quelles circonstances sa vie lui serait enlevé. Plaisir malsain, intérêt morbide. Avec un autre whisky, merci.

"T'as de la chance. Elle aurait pu avoir un fiancé plus coriace qu'elle."

J'adore les femmes. C'est pourquoi à sa place j'aurais préféré me prendre une petite claque de gonzesse plutôt qu'une bonne raclée de mari jaloux. Il devrait donc s'estimer heureux et voir le positif dans sa situation. Sans compter que si madame n'était pas satisfaite, c'était que ça ne pouvait durablement pas coller. De toutes façons, j'étais le mieux placé pour savoir qu'un soir c'est largement suffisant...

"En même temps..." commençai-je en soufflant la fumée de ma cigarette "Vu son allure, elle ne doit pas miser sur la durée quand il s'agit de relations..."

Les potes avant les... Vous voyez.
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MessageSujet: Re: « Si je bois, c'est pour rendre les autres intéressants. » (Alistair)   Sam 14 Mar - 10:15

Elle devait s’appeler Annabelle, ou Anna, ou quelque chose de ce genre. C’est amusant à quel point ta mémoire pouvait te faire défaut de temps à autre. Tu n’arrivais plus à décider de qui elle était ni de ce qu’elle avait porté le soir de votre rencontre. Tu ne savais plus de quoi vous aviez parlé non plus. Tout était dans un flou complet. C’était ça quand on buvait trop, ou quand on sortait avec une fille différente chaque soir. Il faudrait que tu arrêtes mais la seule occupation intéressante dans cette foutue prison était bien le sexe. Que pouvais-tu faire d’autre ? Tu ne pouvais aller te promener que dans le jardin mais tu aurais préféré aller marcher dans des rues bondées de monde devant des vitrines décorées à l’occasion de fêtes. Mais tu t’étais résigné à vivre cette vie de prisonnier jusqu’à la fin de ta vie et même plus encore. Etait-ce pire que la mort ? Parfois, tu aurais préféré mourir lors de cette fusillade plutôt que de t’enfuir comme un lâche et atterrir ici.

Hadès. C’était ainsi que l’homme à tes côtés se nommait. Il t’avait taquiné en te rappelant ton échec vis à vis de la demoiselle mais tu n’avais pas relevé. Tu ne voulais pas être un Dieu du Sexe ou autre chose de ce genre, tu étais juste une pauvre âme en peine qui cherchait un peu de réconfort de temps en temps, c’était tout. Un silence s’était installé entre vous, tout deux sirotant et aspirant la fumée d’une cigarette nouvellement allumée. Tu t’étais mis à fumer à l’arrivée dans cet hôtel mais tu détestais ça. Tu avais alors écrasé le mégot aussi rapidement que possible en te disant que ça gâchait considérablement le gout de l’alcool. Il ne fallait pas discuter avec l’alcool, surtout pas avec le whisky. Tu avais pris une gorgée de cette boisson en espérant que le gout amer et brutal touche ta langue pour la réanimer mais tout ce que tu arrivais à obtenir était un mélange de fumé et de whisky, c’était déprimant. Mais si tu détestais tant la cigarette, pourquoi en prenais-tu ? Sûrement pour faciliter ton ascension vers la mort. Il faudrait bien que tu meurs de quelque chose et maintenant tu étais assuré de loger dans cet hôtel jusqu’à la fin des temps alors ça ne te dérangeais pas pour le moins du monde.

La voix de l’homme avait cassé le blanc qui s’était installé entre vous et t’avait légèrement surpris. Tu l’écoutais sans vraiment le faire mais au bout d’un moment ses paroles avaient été plus claires, ton esprit se ramenant peu à peu à la dure réalité de l’instant présent. « Comme tu dis, ces filles là sont pires que nous ! Elles prennent le premier venu mais le lendemain elles nous en veulent de les laisser tomber alors que c’était tout ce qu’elles voulaient. » Et c’était vrai, cette demoiselle n’avait pas cherché à te recontacter ou quoique ce soit dans le même style. Bon, il est vrai que tu n’arrivais même pas à te souvenir de son identité mais si elle avait eu une relation avec toi c’était bien pour quelque chose, non ?! Elle devait bien savoir qu’il ne fallait rien attendre de toi en échange d’une folle nuit de sexe ! Tu avais lancé un regard complice à Hadès agrémenté d’un léger sourire narquois. « Les femmes et leur mystère ! La personne qui arrivera à les décoder aura un prix Nobel c’est sûr ! »

Parler ainsi avec un inconnu te faisait du bien. Cela te rappelait le temps où tu arpentais les bars avec ton mentor, faisant la fête chaque soir et ne cherchant rien d’autre que de vivre une vie inoubliable. Il est sûr que tu n’oublieras rien de ta vie, elle restera à jamais marqué dans ton esprit mais elle sera désormais un lointain souvenir, comme un rêve éveillé. Tu aurais tellement voulu retourner en arrière, tu voudrais que les choses se soient passées différemment et n’être jamais rentré dans ce bâtiment mais il n’en était pas ainsi. Le destin, ce sale enfoiré, avait promis de te pourrir la vie et la mort jusqu’à la fin. La fin de quoi ? Des temps ? Sûrement, car il n’y avait pas de prochaine suite après la mort si ce n’est la mort en elle même. « Mort ou vivant ? » En fait ta question n’avait pas vraiment de sens. Lui demandais-tu s’il était mort ou vivant ? Ou bien voulais-tu savoir son type de femmes ? Tu n’en savais rien, c’était une question qui avait traversé ton esprit et tu n’avais pas envie de trop réfléchir. Une douleur se fait sentir dans tes pieds et tu retires tes chaussures afin de laisser à l’air libre les coupures qui cisaillent ta plante. Ce n’est pas très joli à voir et ça n’a même rien de sexy, sûrement que ça te laissera des cicatrices mais tu n’en as absolument rien à faire.
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MessageSujet: Re: « Si je bois, c'est pour rendre les autres intéressants. » (Alistair)   Lun 30 Mar - 14:38


Pour un gamin, il avait beaucoup d'esprit...

Il avait raison en tous points: les femmes, c'était le plus grand mystère de l'humanité. En particulier les mijaurées qui se croient trop bien pour les coups d'un soir une fois qu'elles se réveillent de leur cuite. Et dire que je passe pour un salaud simplement parce qu'il m'arrive de fréquenter d'autres femmes que la mienne. Allons, il y a pire tout de même. Ce n'était pas comme si je les volais à quelqu'un ou que je les forçais à quoi que ce soit. Elles viennent de leur plein gré, elles partent de leur plein gré, et malheureusement elles se plaignent comme bon leur semble. Ingrates...
La question du petit gars m'avait rappelé un point crucial de mon existence qui était ma mort. Ca aussi c'était une excellente raison de profiter de ces dames. On ne pouvait pas dire qu'être un défunt était palpitant, au sens propre comme au figuré. Alors oui, la chaleur et l'étreinte d'une vivante le temps d'une nuit, ça avait quelque chose de très attrayant. Mort ou vivant, on essaye tous d'échapper à la même chose et d'oublier la fuite du temps.

"Mort. Et j'en suis plus qu'heureux."

La cendre que j'empilais à mesure que la soirée avançait ne faisait que prouver mon faible attachement à la vie. Enfin ça et les verres vides qui s'accumulaient eux aussi. Si je n'étais pas mort tué, sans doute quand la nicotine accumulée dans mes poumons et mon foie maltraité auraient eu raison de moi avant l'immonde vieillesse.
En parlant de blessures, un rapide coup d'oeil vers les chaussures délaissées du jeune homme me fit comprendre que le malheureux s'était écorché récemment. Un coup de la blondinette? Sans doute pas. Aussi sotte qu'elle puisse être, je la voyais mal en venir aux mains pour une simple nuit, bien que la claque qu'elle avait donné au brun était la preuve gratuite qu'elle était sujette à des sautes d'humeur quand elle était vexée ou énervée. Pauvre fille, un rien la briserait dans peu de temps si elle continuait sur cette lancée. A moins que ce ne soit que son petit amusement personnel destiné à enjoliver ses soirées isolées à écumer les bars de l'hôtel.

Il avait du jouer les fakirs.

Je ne voyais que ça. Pas que j'avais un quelconque reproche à émettre, c'était une simple remarque. J'en avais connu des gens qui se blessaient volontairement. Un mal pour un bien sans doute, je pouvais le comprendre même si moi je gardais le bien et laissais sympathiquement le mal pour les autres, les poupées d'un soir que je délaissais au petit matin. C'était ça aussi la mort, un délicieux renouveau chaque soir exempté de la perte prématurée d'une jeunesse adulée. On prend les mêmes et on recommence. En mieux.

"Dis-moi... T'as l'air plutôt malin pour un gamin de ton âge. Je suis étonné que t'aies pas pu reconquérir ta demoiselle..."

J'adressais au brun un sourire fier, presque de défi pour signifier par un regard qu'à sa place, elle n'aurait pas eu le temps de me baffer qu'elle serait retournée dans mon lit. Et je n'exagérais même pas. J'avais quelques talents pour la manipulation, un précieux atout dans le jeu de la séduction.

"Avant qu'elle ne t'en colle une en tout cas. A ta place, je n'aurais pas tellement apprécié mais y'en a quelques uns qui aiment ça..."

Je repris une gorgée de mon verre, ne sachant contenir mon sourire moqueur autrement. Je n'avais rien contre le petit playboy mais je m'ennuyais trop ce soir pour ne pas profiter d'un peu d'animation. Juste un brin de discorde pour rendre la situation - et la conversation - plus distrayante.
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